Périmètres irrigués villageois en Afrique sahélienne. (CTA, 1990, 234 p.)
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close this folder5 - Le périmètre irrigué villageois de Toya
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A Toya, la moyenne du montant des redevances pour la campagne d'hivernage 1987 s'est située aux environs de 75 000 F CFA. Si l'on ne tient pas compte des diverses subventions des premières campagnes, le montant réel de la redevance pour l'ensemble des PIV du FENU approche les 130 000 F. Sur la base d'un rendement de 4,5 t/ha et d'un prix du paddy de 100 F/kg, ce chiffre représente environ un tiers du produit brut à l'hectare (tableau 5.1).

Le problème fondamental de la commercialisation à Toya, et en général dans toute la région, reste paradoxalement le débouché. Malgré les carences régionales de production, les paysans et les Comités de gestion ne parviennent pas toujours à vendre le paddy stocké à des prix attractifs. La concurrence provient des aides alimentaires internationales, qui, dans certains cas, ont tendance à développer chez certaines populations des mentalités d'assistés.

Par ailleurs, la demande des populations urbaines, souvent déshéritées et régulièrement assistées n'est guère importante, alors que ces centres urbains pourraient constituer le principal potentiel d'achat de la production rurale.

Finalement, le paddy stocké n'est pratiquement racheté que par les villageois eux-mêmes; ainsi, les rentrées se font de façon incomplète et, seule est récupérée la partie du fonds de roulement correspondant aux intrants alors que les amortissements ne sont pas toujours versés. La viabilité du système est donc compromise à court terme si aucune garantie n'est trouvée pour la commercialisation.

Malgré ces problèmes, l'exploitation d'un PIV, type Toya, peut apparaître rentable au niveau du paysan. Les exploitants parviennent à une autosuffisance céréalière après avoir retiré l'équivalent de la redevance. Comme une partie de la production est destinée à l'autoconsommation, il est difficile de parler de véritable revenu mais peut-être bien de revenu induit.

Tableau 5.1: estimation d'une redevance actuelle complète.
(Source: FENU)

Rubriques

F CFA/ha

%

F CFA/kg paddy

Frais élémentaires





Semence

3 500

3

0,7


Engrais

38 500

29

8,6

GMP:





Fonctionnement

34 500

26

7,7


Entretien

19 000

14

4,2

TOTAL (a)

95 350

72

21,1

Amortissements (b)

23 000

18

5,0

Autres dépenses





Salaires

11 250

8,5

2,5


Produits phyto.

500

0,4

0,1


Entretien PIV

1 000

0,7

0,2


Gestion

500

0,4

0,1

TOTAL (c)

13 250

10

2,9

TOTAL a + b + c

131 600

100

29

Le prix de revient du kg de paddy se situerait à 29 F CFA. Sur base d'un rendement paddy de 4,5 t/ha, valorisé à 100 F CFA/kg, les frais d'exploitation représenteraient 29 % du revenu à l'ha (131 600 x 100/450 000).

A Toya en 1987, ce revenu pouvait être évalué à 1 774 F par journée de travail, mais il s'agit d'un des plus élevés parmi l'ensemble des périmètres du programme.