Périmètres irrigués villageois en Afrique sahélienne. (CTA, 1990, 234 p.)
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close this folder5 - Le périmètre irrigué villageois de Toya
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II semble qu'à Toya, comme sur un certain nombre de périmètres irrigués, certaines difficultés doivent être surmontées pour atteindre un coefficient élevé d'occupation de la terre; la seconde saison n'est le plus souvent que partielle, voire inexistante. Deux contraintes majeures y font obstacle: les difficultés rencontrées par les cultivateurs pour respecter le calendrier cultural et pour assurer le recouvrement de leur fonds de roulement.

Le respect du calendrier cultural ne s'acquiert normalement qu'après plusieurs années de fonctionnement, c'est-à-dire lorsque les petits problèmes d'organisation de la nouvelle vie rurale sont résolus les uns après les autres; lorsque, aussi, les paysans réduisent leurs emblavures traditionnelles au profit des parcelles irriguées auxquelles ils consacrent ainsi plus de temps et d'efforts.

L'impossibilité actuelle d'une commercialisation rapide des récoltes (voir ce chapitre) retarde la reconstitution des réserves financières nécessaires à la campagne qui suit.

A ces difficultés s'ajoute l'insécurité d'approvisionnement en eau lors des étiages sévères, difficultés qui entraînent des coûts de pompages plus élevés.

Les semis sont réalisés en pépinière vers la mi-juillet. Le repiquage a lieu en août et la récolte commence en novembre pour se terminer début décembre. L'année 1987 a vu l'introduction d'une variété à cycle plus court (120 jours) - BG 90-2 - en remplacement de la variété Gambakia d'un cycle de 150 jours. L'emploi de telles variétés à cycle court ou relativement court permet des économies de pompage substantielles. Le renouvellement des semences est nécessaire tous les trois ans.

Le prix des engrais est automatiquement compris dans la redevance ce qui «oblige» le paysan à les utiliser dès le départ! Les engrais classiques, (non subventionnés à Tombouctou!) coûtent environ 200 F CFA/kg, mais leur remplacement partiel par des produits nationaux (phosphates de Tilemsi) peut réduire ce prix dans des proportions appréciables.

La traction animale n'étant pas utilisée à Toya, tous les travaux culturaux sont manuels y compris le labour et le battage; le temps de travail est estimé à 225 hj/ha.

Des rendements de 4,6 et 4,7 t/ha ont été enregistrés à Toya au cours des deux dernières années, rendements supérieurs aux prévisions qui étaient de 4 et 4,5 tonnes par hectare. La production totale atteignit près de 500 tonnes de paddy en 1987.

Le projet des petits périmètres du FENU dans la région de Tombouctou n'avait pas pour ambition de couvrir tous les besoins alimentaires de la région mais seulement de contribuer efficacement à la réduction des difficultés alimentaires des populations.

Les mauvaises conditions physiques des dernières années ayant éliminé toute autre potentialité de production, des parcelles d'une superficie unitaire d'une vingtaine d'ares, comme elles étaient prévues au début pour l'ensemble du projet FENU, apparurent rapidement trop petites pour assurer une production familiale suffisante. De telles superficies permettent seulement de couvrir 70 % des besoins et 50 % si on déduit la redevance, limitée à un tiers de la production. On estime théoriquement à 43 ares, dans les conditions du projet, la superficie nécessaire pour couvrir des besoins calculés à la hauteur de 180 kg/pers/an (norme FAO), redevance payée.

A Toya, où les parcelles font en moyenne 37 ares et où la redevance est inférieure à la moyenne, on atteint l'autosuffisance céréalière, charges déduites.