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close this bookPlanification et Gestion des Soins de Santé dans les Epidémies : L'Epidémie de Fièvre Jaune au Mali septembre-novembre 1987 (Centre for Research on the Epidemiology of Disasters, 1988, 51 p.)
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Annexe 2 - Conclusions et Recommandations de l’Etude Epidémiologique et Entomologique 4 - 14 Octobre 1987

R. CORDELLIER

Consultant OMS
Directeur de Recherche, ORSTOM
Chef du Laboratoire d’Entomologie Mcale
Institut Pasteur de Cd’Ivoire, Abidjan

L’enqu entomo-dologique, qui a effectudu 5 au 11 octobre 1987, a permis de dger les conclusions suivantes:

- La transmission du virus amaril est assur dans toute la zone dque, par des vecteurs selvatiques, et essentiellement par Aedes (‘Diceromyia’) furcifer. Les villageois, qui appartiennent aux groupes ethniques Bambara (Kati) et MalinkKita), pratiquent un stockage de l’eau sage domestique sans qu’il conduise n quelconque vage d’Aedes (Stegomyia) aegypti, en raison du soin qu’ils apportent au nettoyage de leur rpients, et du fait qu’ils les vident complment tous les deux rois jours au maximum.

- Cette transmission de type intermaire, ou pseudo-dque, implique l’existence d’une circulation selvatique inter-simienne dans toute la zone concernpar l’de. Les cas humains rltent de l’rgence continue du virus artir de cette circulation, par le canal d’A. furcifer capable de se dacer dans les villages, jusqu’’inteur des habitations, pour piquer l’homme, puis de retourner dans son environnement boisauvage d’origine. De cette mani, les tranches d’ les plus vulnbles (moins de 15 ans) se trouvent expos aux piq ce qui est infiniment moins frent lorsque les contaminations doivent se faire en faciselvatique, mode de transmission qui n’est pas exclu ici mais dont le danger s’av nettement plus faible.

- Un risque de transmission classique, de type urbain, existe dans Bamako. Ce risque est trvariable selon les quartiers de la ville.

Il est liu rythme saisonnier, compte tenu de la nature des gs, tous p ou para-domestiques. Bamako n’nt situu’ne trentaine de kilomes de la limite Est de l’aire dque, ce risque est rendre en considtion, m si l’introduction du virus dans l’syst urbain demeure trfaible.

- L’origine de l’de est incontestablement mdionale. Le foyer naturel de la fie jaune se trouve dans la Ron Guinne, otransmission est possible toute l’ann et saisonniment, avec la saison des pluies, ce foyer s’nd vers le nord par un syst de relais entre les singes et les vecteurs.

Lorsque les conditions sont particuliment favorables ette dynamique, le virus amaril peut parvenir dans des zones otrouve un vecteur, soit domestique soit selvatique, susceptible de le faire entrer dans les villages, avec une transmission inter-humaine directe ou indirecte.

- L’extension maximale de l’aire dque, dans le cas qui nous occupe, se trouve sous la dndance de plusieurs facteurs:

- physiques,
- phyto-climatiques,
- bio-logiques.


On peut considr que la circulation intersimienne ne franchira pas les bornes que constituent le Niger ’Est, et le Bafing ’Ouest. On peut m supposer que le Bakoye est d suffisamment important pour stopper la progression virale. Vers le nord, le probl se pose en termes plus complexes. Le syst des relais assurant la progression du virus amaril vers le nord est soumis n grand nombre de contraintes bio-logiques. Nous dirons pour simplifier, qu’arriv cette latitude et en cette saison, le virus ne peut plus gu encore progresser vers le nord, faute d’y trouver en quantituffisante les vecteurs indispensables tout a fois a dissnation et ’amplification. On peut considr que le 15 parall constitue la limite extr de la progression, toutes les chances nt dvorables.

IL RESULTE DE CES CONCLUSIONS LES RECOMMANDATIONS SUIVANTES:

1. Dans l’immat

1.1. Vacciner l’ensemble de la population de la zone sous menace amarile, avoir:

- la ron actuellement touch dans les Cercles de Kati et de Kita,

- toute la pphe de cette ron, depuis la fronti avec la Rblique de Guinau Sud, jusqu’au quinzi parall au Nord, et du Niger ’Est, jusqu’au Bafing et une ligne joignant Bafoulab Sandar l’Ouest.

- la ville de Bamako, sur les deux rives du Niger, et pour une sritaximale, la zone de 50 Km de rayon centrsur Bamako, ’Est et au Sud-Est.

1.2. Opr la dustication systtique de toutes les formations sanitaires sous menace amarile, y compris et surtout celles de Bamako.

1.3. Mettre isposition de ces formations sanitaires un nombre suffisant de moustiquaires pour y placer les malades suspects.

1.4. Sensibiliser et informer tous les personnels de ces formations sanitaires en ce qui concerne la symptomatologie, souvent atypique, de la fie jaune.

1.5. Recommander que, sous aucun prxte, il ne soit proc ’cuation sanitaire des suspects, et de toute ict file en gral; ceci nt tout particuliment strict en ce qui concerne Bamako.

1.6. Eviter de procr a lutte anti-vectorielle, aussi bien dans la zone dque oe serait inadate, que dans la ville de Bamako oe serait inefficace, faute de pouvoir e extsur des bases de connaissances suffisantes des peuplements Culicidiens et de leur sensibilitux insecticides.

2. A terme

2.1. Introduire la vaccination contre la fie jaune dans le Programme Elargi de Vaccination:

- en prioritbsolue dans les rons frontalis au sud du 14 parall,
- et dans la mesure des moyens disponibles, sur toute l’ndue du territoire.

2.2. Surveiller attentivement la zone dque, du Sgal jusqu’au Burkina Faso, dle dt de la saison des pluies 1988, afin de dcter trprcement d’ntuels cas isolde fie jaune.

2.3. Constituer et diffuser auprde tous les mcins et infirmiers, sur toute l’ndue du territoire, un dossier simple mais complet relatif ous les aspects de la fie jaune, en insistant sur la variabilite la symptomatologie de cette maladie.

2.4. S’informer auprdes spalistes de l’Institut Pasteur de Dakar, par le canal de la Reprntation de l’O.M.S. au Sgal, sur l’existence d’une quelconque activitmarile en 1987, dans la ron de Kugou au Sgal Oriental.

2.5. Informer les autoritGuinnes du risque amaril potentiel sur leur fronti avec le Mali; risque qui pourrait manifester ou s’e d concrsar un certain nombre de cas isolet dispers

2.6. Conseiller es ms autoritla vaccination de la zone nord du pays, au moins pour la tranche de populations aut risque (moins de 20 ans).

2.7. Riser en Guinune de dologique approfondie. A cet effet, l’O.M.S. pourrait proposer le dacement d’un Consultant pour

- 1. Discuter avec les Responsables Guin des modalitd’action susceptibles de rudre le probl.

- 2. Effectuer, lors du dt de la prochaine saison des pluies, une enqu entomo-dologique et virologique, selon un transect allant de la zone proresti jusqu’a fronti avec le Mali, en tenant compte de la composante “montagnarde” susceptible de modifier l’logie des vecteurs potentiels de fie jaune dans cette ron.

Bamako, le 14 octobre 1987