
| Fonctions Communautaires de l'Hôpital face aux Désastres (Centre for Research on the Epidemiology of Disasters, 1975, 8 p.) |
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JORNADAS INTERNACIONALES SOBRE ORGANIZACION HOSPITALARIA FRENTE A LOS DESASTRES
Lima, 26 de Octubre - 3 de Noviembre, 1975
Professeur Michel F. LECHAT
Docteur C. de VILLE de GOYET
Centre de Recherche sur lEpidologie des
Dstres
Universite Louvain,
Belgique
A loccasion de ces importantes Journ Internationales sur lOrganisation Hospitali face aux Dstres, je voudrais souligner une se de fonctions de lhal qui dssent la mcine curative.
La planification hospitali pour les dstres ne peut se limiter organisation des services durgence. Elle doit sinscrire dans lensemble du contexte dologique de la communautouchpar une catastrophe. En effet, les probls curatifs ne constituent quune partie minime, des probls de santurgissant a suite de catastrophes naturelles.
Le terme ddologie des dstres sert gner lensemble des probls lia santui surgissent dans des populations frapp par une catastrophe. Ceux-ci sont multiples:
- ds dlimpact, particuliment ven cas davalanche, de tremblements de terre affectant une zone urbaine pendant les heures de travail, ou de raz-de-marbalayant un delta aute densitgricole;
- exposition brutale aux intempes dans des conditions trprires (survivants accrochdans les arbres pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, lors dinondations; population sans abri bloqupar des avalanches suite n tremblement de terre), avec incidence vdaccidents, de gelures, de morsures de serpents dans certains cas, et daffections respiratoires;
- prie alimentaire aiguans lattente des secours, qui peut e lourde de consences chez les enfants en bas ;
- interruption de lapprovisionnement en eau et/ou contamination de leau, avec dissnation ntuelle de germes entques pathogs;
- incidence vde maladies infectieuses ransmission directe ou foeco-orale par suite de la promiscuitans des installations de fortune ou des camps dhrgement;
- contamination par des rdus ou polluants libs dans lenvironnement, ntuellement par des produits radioactifs;
- desse psychologique de gravitariable chez lindividu (syndrome de dstres) et plus rarement rtion psycho-sociologique de masse (panique)
- accroissement de la mortalitt de la morbidituite interruption des soins mcaux courants (accouchements compliqu diabques, urgences chirurgicales, urgences cardio-respiratoires);
- apparition, rparition ou accroissement de zoonoses et/ou des maladies transmises par arthropodes, par suite de la proliftion du rrvoir animal (rat) ou des insectes vecteurs gitant dans les dis, et de linterruption ntuelle des mesures de contr
- malnutrition proto-calorique et carences spfiques ong terme suite ivers facteurs tels que linterruption prturou intempestive de laide alimentaire, une distribution inadate des aliments dappoint aux groupes les moins vulnbles, labsence de contrdes prix entrant stockage, splation et disette, ou destruction des rrves de semences;
- augmentation ong terme de la mortalitt de la morbiditpfiques pour des maladies li effondrement du niveau socio-nomique (tuberculose);
- accidents, frustrations, et affections iatrogs suite a lintroduction de produits peu courants au dloppement dexigences nouvelles ou abandon de vastes quantitde mcaments.
Limportance de ces diffnts effets variera daprle type de catastrophe: tremblements de terre, avalanches, raz-de-mar inondations, ptions volcaniques, cyclones etc... Quel que soit le type de dstre, il apparacependant de plus en plus clairement que les probls peuvent e systtis En particulie les consences dologiques peuvent e analys en fonction des phases successives du dstre: au moment de limpact, immatement aprlimpact, ou lus long terme.
Les soins durgence en cas de catastrophe sont essentiels; ils ont pour but de rire la mortalitt de diminuer les invalidita long terme.
Lhal joue et rd un rcentral. Pour que ce rsoit efficace, une se de conditions doivent nmoins e remplies. Il faut:
1. que le blessrrive hal, et quil y arrive vivant. Ceci pose le probl des ipes de secours durgence, du ramassage dos victimes, et de leur transport rapide et dans des conditions appropri;
2. que lhal fasse ce quil y a lieu de faire. Ceci, qui paradent, pose cependant le probl de la pratique mcale en cas dafflux massif de blessComme on le sait, les principes qui rssent la mcine de catastrophe sont radicalement diffnts de ceux qui gouvernent la pratique mcale habituelle: il sagit, comme en mcine militaire, de choisir les victimes qui ont le plus de chances de sauv. Si les mcins ne sont pas convaincus de la nssitune telle attitude, et ny ont pas form lhal perdra considblement de son efficacit
3. que lhal poss lipement nssaire et quil nait pas duit
Outre ces conditions, dentes, il en est une, plus dente encore: il faut que la victime ait surv impact.
Cest une erreur commune, bassur une fausse analogie avec les catastrophes artificielles caus par lhomme (incendies, explosions) ou avec les conflits arm de croire que les dstres naturels font un grand nombre de bless Les ouragans, les cyclones, les inondations et les avalanches font le plus souvent fort peu de bless La mort, ou la survie sans blessures graves paraissent lalternative la plus courante. Au Bangladesh, en 1970, la mortalitors du cyclone a la plus vaux deux extrs de la vie, 29 % de tuchez les enfants s de 0 ans et de 20% au-dele 70 ans, alors que la tranche d de 35 9 ans a accus% de morts. Dans une se dinondations, on a signalntre 0.2 et 2% seulement de victimes requnt des soins mcaux. Lors de la terrible catastrophe du Callejan de Huaylas, qui a fait 70.000 morts, le nombre de blessgraves se serait v 4.600, soit 1 pour 15.2 tu(daprcertaines estimations, le nombre de blesslrs aurait atteint 143.000).
Le nombre de blessapparabeaucoup plus important lors de tremblements de terre: fractures, asement des parties molles, direments musculaires, dilaction des nerfs, et crush-syndrome. Lors du sme de Managua, en 1972, on a notn grand nombre de cas de crush-syndrome, ce type de lon, avec les dommages causaux nerfs pphques, dssant de loin en importance les fractures. En ce qui concerne ces dernis, a Anchorage, Alaska, lors du tremblement de terre (dintensitssant 8 sur lelle de Richter) survenu en 1964, 20% des blessures trait hal ient survenues, aprle tremblement de terre, chez des rescaptravaillant au daiement ou errant dans les dmbres. Daprles donn recueillies aprle tremblement de terre gadir (Maroc) et en Iran, le rapport des blessaux tuvarie de 1 9, 0.
Il faudrait rlter davantage de donn e sujet, afin dorienter lassistance exteure et de planifier les blissements hospitaliers. On a cependant limpression que lenvoi aux rons sinistr dhaux mobiles et dipes chirurgicales spalis est disproportionnvec les besoins rs.
La fonction de lhal en cas de catastrophe dsse donc la mcine curative et les soins durgence. Parmi les autres fonctions quil peut exercer, il en est une qui paracapitale, cest de au centre de la surveillance dologique.
On entend par surveillance dologique le recueil, lanalyse, lexploitation et linterprtion des donn se rapportant a santt environnement, en vue de prendre des dsions concernant la lutte contre les facteurs de maladie.
Dans le domaine des maladies transmissibles, le concept de surveillance dologique prend de plus en plus dimportance. Il sagit de dcter aussi rapidement que possible les foyers de maladies infectieuses afin de les juguler. Le concept de surveillance dologique est au niveau des populations ce que le dstage est pour lindividu. Dans certains cas, lorsque le risque dapparition dune de est faible, ou pour des raisons optionnelles, on peut m remplacer la vaccination par la surveillance.
Dans la plupart des situations de dstres, les maladies infectieuses constituent une menace. Comme on la vu au Nigeria et dans les pays du Sahel, des des de rougeole et de gastro-entte accompagnent la famine.
Nmoins, il semble bien aujourdhui que le risque ddes aprdes catastrophes brutales ait considblement exag.
Dans de nombreux pays, le danger de voir se propager une de de chol a suite dinondations a quCertains rapports officiels ont fait t de traes dques de la maladie alors que la pode dincubation nssaire a lapparition de cas nit pas achev En fait, aucune donnna jusqurnt recueillie qui permette de croire ne quelconque relation entre raz-de-mar cyclones, ou inondations catastrophiques, et une incidence accrue de chol.
Lors de dstre survenant dans les pays industrialis on sempresse de vacciner la population contre la typho, alors que souvent la prlence de le maladie est nulle, quil nexiste vraisemblablement aucun porteur dans la population atteinte et quil nexiste donc aucun risque de voir apparae la maladie. Le seul rltat dune telle mesure est de distraire un personnel mcal preux de tes plus essentielles, sans compter le risque de favoriser la transmission de lhtite.
Au Nicaragua, immatement aprle sme de 1972, on a craint une de de typho. Environ un million de doses furent exp par avion de langer. Les autoritlocales, en accord avec des experts, ddnt quil it inutile et inopportun de procr ne vaccination de masse contre la typho, vu les autres mesures prises sur le plan dologique. Malgres instructions, 250.000 vaccinations furent effectu.
Aux Etats-Unis, lors des inondations survenues apid City (Sth. Dakota) et qui firent 238 tu les experts recommandnt de ne pas vacciner, dautant plus que lapprovisionnement en eau potable avait rapidement rbli. En dt de cet avis, sous la pression de lopinion publique, les services de santocaux entreprirent une vaste option de vaccination.
Lassistance en cas de dstre est entachpar un grand nombre de mythes: les mcins, le sang, les vitamines. Les vaccinations indiscrimin sont lun de ces mythes.
Si la vaccination est souvent indiqu il sagit cependant de savoir qui vacciner, quand, et our ceci, on doit disposer dun syst de surveillance dologique.
Lhal est admirablement placour jouer un ressentiel dans cette surveillance. Il dispose gralement dun syst de communication effectif qui le relie exteur de la zone sinistr Il peut aussi faire appel u personnel compnt. Par ailleurs, il est au centre du cheminement des informations se rapportant a santans la communautinistr
Parmi les fonctions que doit assurer lhal en cas de dstres, la surveillance dologique est lune des plus importantes. Elle nest pas la seule.
La planification hospitali pour les dstres doit tenir compte dune se dautres fonctions, dont lluation des besoins en approvisionnements (mcaments ipements et personnel aux elons pphques, et leur acheminement. Ceci suppose une syst de traitement adat de linformation.
Dans le cas dun rau hospitalier intlhal central devra lement assurer la rrtition des blessdans les haux satellites, en fonction de leur capacitde leur taux doccupation, du personnel, et des services spalisdont ils disposent. Ceci suppose une mise our centrale permanente de la situation de tous les haux de la ron sinistr Si ceci est signalci, cest quil sagit dun des points les plus faibles du syst de secours lors de dstres. Dans de trnombreux cas, on assiste ne rrtition inle et inadate des malades et ne utilisation aberrante de la capacitospitali, certains haux restent eu prvides, dautres nt saturau double de leur capacit
Il est essentiel quun tel syst de rrtition hospitali soit pr avance, et que les responsabilitsoient prs en vue dassurer la coordination tant sur le plan national quavec lassistance exteure.