
| 2° PARTIE. REALISATIONS ET BESOINS EN MATIERE DE REDUCTION DES RISQUES ET DES CONSEQUENCES DES CATASTROPHES NATURELLES |
![]() | V. MODES ACTUELS DAPPLICATION DES POLITIQUES DE REDUCTION DES RISQUES: DE LAPPROCHE SECTORIELLE A LAPPROCHE INTEGREE |
Les solutions techniques destin ire les consences des catastrophes sont souvent battues en bre par les realitsociales. Cette expression souvent formulpar les spalistes des risques, oeuvrant sur le terrain, illustre lidselon laquelle il est difficile de prnir ou de prrer de mani efficace lorsque le contexte humain nest pas favorable ou lorsquon ne le prend pas suffisamment en considtion.
Dans certains cas, les personnes expos es menaces naturelles ignorent vivre dans des secteurs dangereux, mais cela est de plus en plus rare et les risques naturels sont au moins per, sils ne font d partie du quotidien. Cependant, les menaces naturelles ne sont pas forcnt pers et ves depuis linteur dune communautenac comme on pourrait limaginer depuis lexteur. Elles entrent en effet en concurrence avec dautres contraintes, dordre nomique, social ou politique, et du coup, sen trouvent relativis. Les risques naturels, notamment lorsque la probabilitoccurrence dnements destructeurs est faible, sont ainsi souvent moins obsnts que dautres risques dits sociaux comme la pauvretle che, linsritles conflits, la drogue, etc. Or, ces risques sociaux dominent largement les prcupations dans de nombreux pays de la ron, m si certains semblent trouver une solution (processus de paix en Amque Centrale notamment), Il est donc difficile de mobiliser les esprits, de mani prntive, sur des questions qui passent souvent au second plan et qui ne prennent toute leur dimension que lorsque la catastrophe est survenue. Cest pourquoi, il parautile de rattacher, chaque fois que cela est possible, toute action de prntion et de prration es options plus larges touchant de plus praux intts immats des personnes et communautconcern. En dautres termes, ils sagit dinter ces actions elles qui, de mani plus grale, relnt du dloppement.
Lintt dune telle drche est au moins triple:
- dune part, les actions visant ire les risques sont mieux accept et assimil et donc plus efficaces, si elles accompagnent un processus damoration des conditions de vie, reconnu comme tel par les populations impliqu;- dautre part, il est reconnu que tout processus de dloppement est compromis lorsque les consences des catastrophes naturelles sont trop plisantes, ce qui est le cas de nombreux pays de la ron;
- enfin, il est tout aussi dent, que de nombreuses solutions visant ire les risques ne se rencontrent pas directement dans le domaine du risque lui-m (les solutions techniques), mais dans les facteurs indirects qui contribuent ccroe la vulnbilit/BLOCKQUOTE>
Quelques exemple permettront dillustrer cette id
Cest ainsi que la lutte contre la pauvretdont le lien avec la vulnbilitux catastrophes est clairement bli (m si non exclusif), est en m temps une action de rction des risques. Celle-ci peut savr tout aussi efficace, sinon plus, quune formation destinffronter un nement catastrophique donnne constituant pas une vtable prioritour le public auquel la formation est destin Lid est de pouvoir associer ldication de la pauvrett la rction des risques naturels, ce qui est tentu Costa Rica (Plan Nacional Combate a la Pobreza), mais pas a Jamae, par exemple, oquestion des risques nest pas encore retenue dans le programme de lutte contre la pauvretue le PNUD est en train de lancer.
Autre exemple de situation couramment v par les autoritlocales ou municipales. Ces autorit tout aussi conscientes quelles soient des risques courus par leur communauttout aussi responsables quelles soient de la srite cette communautde par la loi, ou dans un contexte de dntralisation (comme cela est actuellement v en Amque Centrale), seront impuissantes pour tenter de rire les risques sans les moyens nssaires. Ces moyens relnt de la compnce (dordes formations) mais aussi de bases financis suffisantes. Cest ainsi que les programmes actuels de mis jour des cadastres municipaux (notamment au Guatemala), afin de fournir aux collectivitlocales la possibilite relever les imputiles eur fonctionnement, sont non seulement des actions utiles pour le dloppement de ces collectivit mais aussi, la mise en place de conditions utiles, erme, pour la rction des risques.
Dans un autre registre, il est par exemple illusoire de vouloir rire ponctuellement les risques encourus par quelques familles install dans des quartiers marginaux particuliment expos(par la risation de petits ouvrages de soutment, par lamoration du drainage, par une petite formation de prration...) si par ailleurs la ville continue de croe de mani irrationnelle, en labsence de toute planification prntive du dloppement urbain. Cest la certitude que nous avons eue en considnt le cas critique de la ville de Guatemala, mais lement celui de nombreuses autres villes de la ron.
Les exemples de ce type sont extrment nombreux et vont tous dans le m sens: la rction des risques ne peut e isoldun cadre plus global de dloppement et cela doit se concrser dans les programmes financpar les organismes internationaux.
Or, pour linstant, sil existe des programmes de dloppement et des programmes de rction des risques, ces programmes sont gralement indndants les uns des autres, ce qui suppose que la rction des risques nest pas encore comprise comme faisant partie du processus de dloppement. Parfois m, les programmes de dloppement tendent ccroe les risques lorsque ces derniers nont pas pris en considtion. Par exemple, le gouvernement de Saint-Vincent a mis en place un programme de dloppement rural dans le Nord-Est de rue, sur les flancs de la Soufri (derni ption en 1979), dans la zone proximale, en bficiant notamment des cooptions de la Communauturopne, de la France et de la Chine (projet dOrange Hills, 8,35 millions dUs). Ici, la planification occulte complment lalvolcanique et ses consences potentielles et accrode fa notable a fois la vulnbilitt le risque.
Nous avons par ailleurs notexistence dun grand nombre de programmes de dloppement financpar la Communauturopne qui auraient gagn inter la dimension risque. En effet, les catastrophes peuvent compromettre la rsite de ces programmes, mais de plus, ces programmes tendent oduler la vulnbilitux risques (dans un sens positif comme dans un sens ntif) sans que cela soit luIl sagit aussi dopportunitqui auraient vraisemblablement permis une bonne assimilation des questions portant sur la rction des risques, de la part des population concern, dans la mesure oes sinsient dans un cadre de prcupations plus global.
Ci-dessous, quelques exemples de programmes de dloppement actuellement financpar la Communauturopne en Amque Centrale, pouvant servir dillustration26.
26Quelques exemples tirdune liste de programmes de dloppement fournie par la Dgation de la Communauturopne de San Jos· Programa de Desarrollo Sostenible en Zonas de Fronteras Agricolas en Centroamca. Objetivo: Frenar el proceso de colonizacincontrolable y su resultante impacto destructor sobre los recursos naturales de la region; ofreciendo alternativas economicas y ecologicamente sostenibles a los habitantes de la regiara mejorar sus niveles de vida.· Proyecto de conservaciel bosque tropical humeo y actividades complementarias de ecoturismo en las cuencas de los Rios San Juan, Indio y Maiz (Costa Rica et Nicaragua).
· Conservaciel bosque y desarrollo sostenible en zonas de amortiguamento en el Atlantica Norte costarricence.
· Establishment of Field and Training Sites for Reforestation of Abandoned Pasture and Natural Forest Systems in the Tropics, Costa Rica.
· Proyecto piloto de desarrollo de la regiel trifinio (Honduras, Salvador, Guatemala)
· Desarrollo comunitario de orientacimbiental en las regiones rurales de Masaya, Nicaragua.
· Proyecto para el desarrollo comunal en San Andr Peten, Guatemala.
· Rehabilitacie puentes, Nicaragua.
· Saneamiento del Rio Torres y del Rio Grande de Tarcoles, Costa Rica.
· Abastecimiento de agua y alcantarillado en nucleos urbanos en Nicaragua.· Mejoramiento del sistema de abastecimiento de agua potable en San Jose Masatepe (Nicaragua).
· Higiene y salud de base en la regiccidental (Salvador).
Outre les occasions perdues, trpeu de projets sont actuellement en cours, allant dans le sens dune vtable approche intdu risque dans le cadre dune politique de dloppement. En revanche, un certain nombre dinitiatives ou did sont en train de se dlopper et mtent de encourag. Parmi ces dernis:
· La trintssante de rispar le CCVAH/CEPREDENAC/OEA (d signaldans la section vulnbilitechnique), intitulPlan Regional para la prevencimitigaci atencie desastres provocados por los fenos naturales en los asentamientos humanos y las viviendas en Centroamca, propose un ensemble de ths de projets visant une planification urbaine rationnelle en Amque Centrale, intant la question de la rction des risques.· Dans le cadre du programme Plan Nacional Combate a la Pobreza, le gouvernement du Costa Rica (et notamment son Unidad Tica de Desarrollo Local de la Segunda Vice Presidencia) a commenc incorporer la prntion des risques naturels dans ses programmes de dloppement social et de dloppement durable.
6 districts du pays ont sctionnet inclus dans le programme Comunidades Vulnerables. Le but est de reloger des milliers de familles et de construire des infrastructures as co o146;on peut rire les risques de mani substantielle. Dans quelques communauturbaines (comme Los Guidos, Tejercillos et Rincrande de Pavas), ces plans ont dessinet sont entren application avec la construction en cours de 2500 maisons et de diverses infrastructures (santsriteau...). En m temps, les rivis sont nettoy et les zones aut risque sont rrv a reforestation et aux activitrives. A terme, suivant les disponibilitfinancis, plusieurs autres milliers de familles devraient bficier de cette initiative.
· En Ha, le Centre des Nations Unies pour les Etablissements Humains (CNUEH), en collaboration avec le Minist de la Planification et de la Cooption externe, est en train de travailler ne approche intde lamgement du territoire haen. Il sagit dun programme ambitieux, sans cier (une vision ong terme), qui a pour objet la risation de schs damgement du territoire: un sch national et dix schs drtementaux. Il vise lement le redoiement des villes haennes, afin de gr au mieux lexplosion urbaine et ses travers (bidonvilles dans des secteurs isques...). Ce programme doit tenir en compte les risques naturels, cependant il doit dabord couvrir de nombreux besoins: il est ainsi nssaire de riser la cartographie compl de lutilisation du sol et de lt de lenvironnement artie dimagerie satellitaire; les cartes dal sont encore inexistantes (seul le Bureau des Mines et de lEnergie disposerait dune de portant sur lluation de lalsismique). Il y a vraisemblablement lati ntervention pour la dnition des besoins et la formulation de projets nssaires a prise en compte des risques naturels dans les plans damgement.
· A noter lement les strates de formation au niveau local dlopp par des organismes comme INIFOM (Instituto Nicaraguense de Fomento Municipal) et FEMICA (Federacie Municipios del Istmo Centroamcano) en Amque Centrale. Ces strates ne visent pas directement la rction des catastrophes naturelles, mais y contribuent fortement dans la mesure oes ont pour objet de renforcer les collectivitlocales, notamment dans le contexte actuel de dntralisation. FEMICA a prrn certain nombre de projets regroupsous lappellation globale Proyecto de desarrollo urbano y combate a la pobreza en Centroamca para ser presentado ante la comunidad internacional de cooperantes. Parmi ces derniers, le projet Consulta urbana para la formulacie un plan de desarrollo metropolitano vise, propose, dans le cadre dune planification intale et participative, de riser le Plan de Dloppement Urbain de deux villes dAmque Centrale. Les divers domaines du dloppement urbain sont retenus y compris la prntion des catastrophes naturelles.