
| Le maïs blanc: Céréale alimentaire traditionnelle dans les pays en développement. (1997) |
On estime que la production mondiale de maïs blanc oscille entre 65 et 70 millions de tonnes environ, ce qui est relativement peu par rapport à la production annuelle de 500 millions de tonnes de maïs jaune. Toutefois, le maïs blanc est presque exclusivement cultivé pour la consommation humaine et son importance est considérable pour la nutrition et la sécurité alimentaire dans de nombreux de pays en développement, surtout en Afrique. Le volume du commerce international de maïs blanc, estimé en moyenne à 1,5-2 millions de tonnes par an, est pratiquement négligeable par rapport aux expéditions de maïs jaune, qui a atteint environ 70 millions de tonnes ces dernières années, principalement destinées à lalimentation des animaux. Les cours du maïs blanc sont habituellement légèrement supérieurs à ceux du maïs jaune, bien que les écarts de prix varient considérablement selon la situation générale de loffre et de la demande.
Lobjectif principal de presque tous les pays producteurs de maïs blanc est de satisfaire la demande nationale avec la production intérieure. La plupart du temps, des exportations ont lieu lorsquil y a excédent de production dans les années où le climat est favorable et quand les stocks intérieurs dépassent le niveau jugé nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire. Pour maintenir un bon niveau dautosuffisance, de nombreux pays exportateurs potentiels ont appliqué des politiques visant à maintenir des prix minimums de production relativement élevés, ce qui a compromis leur compétitivité sur le marché international. En outre, le maïs blanc provenant dAfrique australe et de lEst, principales zones productrices et consommatrices, doit être transporté sur de longues distances entre les grandes zones de production et les installations portuaires, ce qui augmente souvent les coûts de transport. Cest pourquoi les excédents nont pu être exportés, sans provoquer de pertes, que les années où les prix étaient élevés. Cette situation explique que plusieurs pays ne soient compétitifs que dans le cadre daccords de troc ou de transactions triangulaires de livraisons vers des pays voisins.
Les récents efforts visant à déréglementer les secteurs céréaliers nationaux et à renforcer la libéralisation des marchés pourraient avoir des effets sensibles sur la situation future de loffre et de la demande de maïs blanc. La production de maïs blanc dans les pays en développement devrait croître à un rythme de 3,3 pour cent par an entre 1987-89 et lan 2000, mais ces taux dépendent dune augmentation durable de la production en Afrique subsaharienne. Dans certains pays de la région où lextension des superficies nest plus une composante importante de laugmentation de la production, il nest pas certain que les augmentations de rendement à venir permettent de maintenir les taux de croissance relativement élevés qui ont été prévus.
Le marché international, essentiellement approvisionné par lAfrique australe et les Etats-Unis, devrait rester volatil à lavenir. Loffre dépendra des disponibilités exportables de quelques producteurs et la plupart des pays continueront à importer, uniquement les années où les disponibilités intérieures sont insuffisantes à cause de mauvaises récoltes.
Concernant les recherches sur le maïs au profit des pays en développement, lamélioration des variétés à grain blanc et des hybrides a été plus intense que dans les pays développés, où presque toutes les recherches phytogénétiques ont porté sur le maïs jaune. Néanmoins, dans de nombreux pays où le maïs blanc est important, lintroduction de matériel amélioré a été lente et limitée. Lun des principaux obstacles est le développement de systèmes densemencement qui soient utiles aux petits agriculteurs. Des recherches sur la conduite des récoltes qui permettent de résoudre le problème de la fertilité des sols et de limprévisibilité des précipitations seront également déterminantes pour que la production de maïs blanc continue daugmenter. Surtout en Afrique subsaharienne, de nouvelles politiques ainsi que des progrès institutionnels et techniques sont nécessaires, si lon veut que le maïs blanc continue de répondre aux besoins alimentaires dune population qui augmente rapidement.