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Espoirs brisés à Madagascar

Au milieu de la route, un homme accroupi se penche sur un nid de poule. Avec une boîte de conserve, il ramasse l’eau, la verse dans un seau en plastique. Il a plu la nuit précédente: averse providence sur cette terre sèche sans rivière, sans puits, sans source. Plus loin, trois enfants courbés sur les trous d’une piste où le goudron ne ressemble plus qu’à une dentelle déchirée répètent le même geste. Avec lenteur et précaution. L’eau est si rare, si précieuse, dans cette région du sud de Madagascar, entre Tuléar et Ranohira.


Un retrait du PNUD signifierait des milliers d’emplois perdus, des routes, puits et écoles jamais construits

Comment comprendraient-ils, ces paysans qui survivent de quelques épis de maïs, que l’adduction d’eau dont on leur avait parlé pourrait ne pas être construite? Ces pauvres parmi les pauvres, qu’entendent-ils à une réduction d’un quart du budget du PNUD, décidée en juin dernier? Et pourtant, si cette décision est mise en application, ce sont une trentaine de micro-projets qui seront annulés, représentant plus d’1,1 million de dollars d’investissements. 482 603 personnes vivant dans 9 districts les plus déshérités de Madagascar verront s’envoler leurs espoirs de lendemains meilleurs. Si, en dépit des protestations des responsables locaux du PNUD, cette décision est mise en application, une quinzaine d’écoles ne seront pas réhabilitées, dix centres de santé ne verront pas le jour, vingt-cinq puits ne seront pas construits, pas plus que des systèmes d’épuration d’eau, trois petits barrages seront annulés, et encore cinq centres de vaccination du bétail, et puis six marchés, ut aussi deux réhabilitations forestières... Ce seront près de 300 000 jours de travail et des milliers d’emplois permanents qui seront perdus. Et les enfantas iront encore boire l’eau de la route dans les trous qu’ils se gardent bien de combler...

Dominique Hoeltgen