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close this bookUtilisation des fourrages grossiers en régions chaudes. (Étude FAO Production et santé animales - 135) (1997)
close this folderVI. La complémentation
close this folder6.2. Applications pratiques
View the document(introduction...)
View the document6.2.1. Complémentation avec l’urée seule
View the document6.2.2. Mélanges mélasse-urée
Open this folder and view contents6.2.3. Cas particulier: Complémentation avec des blocs multinutritionnels
View the document6.2.4. Complémentation avec des fourrages verts et des résidus de culture
Open this folder and view contents6.2.5. Complémentation avec des sous-produits locaux
View the document6.2.6. Complémentation “classique” avec des concentrés commerciaux

6.2.4. Complémentation avec des fourrages verts et des résidus de culture

II est également possible de complémenter les pailles avec d’autres fourrages, plus riches. Ce sont,

· soit les fourrages verts ou les feuilles de légumineuses arbustives ou d’une manière générale d’arbustes fourragers,

· soit les fanes de légumineuses vivrières comme les pois, les arachides, le niébé,... qui sont plus digestibles que les pailles et, surtout, plus riches en matières azotées.

Cette complémentation, quoique souvent évoquée (PRESTON et LENG, 1984; DEVENDRA, 1991; PRESTON, 1995) comme nutritionnellement justifiée et bénéfique, est en général sous-estimée et sous utilisée. Il est vrai qu’elle ne s’applique pas toujours aux régions à saison sèche marquée mais plutôt aux systèmes de production mixtes agriculture-élevage des régions tropicales humides.

Les compléments fourragers sont nombreux et très divers. Ils vont de l’herbe verte fauchée ou pâturée le long des chemins, des routes ou des bordures et diguettes de rizières aux feuilles des légumineuses arbustives utilisées comme haies ou clôtures (Acacia spp., Erythrina spp., Gliricidia spp., Leucaena leucocephala, Sesbania spp.,...) en passant par les feuillages et fanes de cultures vivrières comme le manioc (Maniholt esculenta), le pois d’Angole (Cajanus cajan), etc...

Les légumineuses arbustives présentent toutefois l’intérêt, par rapport aux ressources fourragères classiques, de persister et d’être disponibles pendant la saison sèche. Elles font l’objet de travaux de recherche et de développement de plus grande envergure qu’auparavant (SPEEDY et PUGLIESE, 1992). Un des principaux objectifs actuels est de mieux les intégrer aux systèmes agricoles comme en Asie.

Tableau 18: Influence de la complémentation de pailles de riz en l’état (NT) ou traitée à l’urée (T) par des légumineuses herbacées ou arbustives sur les quantités ingérées, la digestibilité et les croissances.

(1) et (2) Straw utilization Project (1986) (3) Suriyajantratong et Willaipon (1985)

Régime

1

2

3

4

(1) Tourillons (98-109 kg)

MS ingérée (kg MS/100 kg PV)

paille de riz (NT)

2.7

2.8

2.5

2.2

Gliricidia

03

0.6

1.1

Digestibilité MS (%)

47

46

49

55

GMQ (g/j)

-113

-54

-94

10

(2) Taurillons (98-109 kg)

MS ingérée (kg MS/100 kg PV)

paille de riz (T)

3.2

3.1

3.4

2.8

Gliricidia

0.3

0.5

1.0

Digestibilité MS (%)

41

45

50

52

GMQ (g/j)

-28

63

134

130

(3) Bouvillons (140-150 kg)

MS ingérée (kg MS/100 kg PV)

paille de riz (NT)

3.02

3.21

3.22

337

Vérano

0.44

0.96

1.36

GMQ (g/j)

-165

11

60

104

Le tableau 18, donnant les résultats de quelques essais asiatiques, illustre bien l’intérêt de la complémentation des pailles avec des feuilles de légumineuses herbacées (Stylosanthès verano) ou arbustives (Gliricidia spp). Il a été observé une substitution très faible de la paille par le fourrage vert, voire une augmentation de la quantité de paille ingérée avec des taux d’incorporation croissants dans la ration une augmentation de la digestibilité de la ration totale et, par tant, des gains de poids des animaux (taurillons et bouvillons) qui passent de valeurs négatives à des valeurs positives.

Une telle complémentation favorise la cellulolyse grâce à la présence de parois (feuilles) digestibles. Elle apporte un complément de matière organique digestible en plus des matières azotées (présentes dans les feuilles) manquantes pour une bonne utilisation digestive des fourrages pauvres. Elle permet ainsi de faire passer l’état nutritionnel de l’animal de la subsistance à l’entretien voire à une production modeste.

Les feuilles, les fanes et les tiges de cultures vivrières sont largement utilisées en zone agro-pastorale soudanienne et soudano-sahélienne d’Afrique où les fanes d’arachide et de niébé sont en général soigneusement ramassées et stockées après la récolte et font même l’objet d’un commerce important. Il en est de même dans certains pays du Maghreb et du Mashreq avec les fanes de pois, de pois chiches, de vesce,...

Comme les compléments fourragers évoqués plus haut, ces résidus, plus digestibles et plus riches en MAT que les pailles qu’ils complémentent, ont le même effet “catalytique” sur l’utilisation digestive de ces dernières et en améliorent ainsi la digestibilité et l’ingestibilité comme le montre le tableau 19.

Tableau 19: Influence de la complémentation d’une paille d’orge en l’état par des fanes de pois et de vesce sur la digestibilité de la matière organique (dMO) et sur les quantités de matière sèche (MS) et de matière organique digestible ingérées (MODI) par des moutons. Comparaison avec le tourteau de coton.

Complément

MS ingérée

dMO

MODI

(% de la MS de la ration)

(g/j)

(p100)

(g/j)

aucun

785

46

360

fanes de pois

(33 p100)

955

48

455

(67 p100)

1070

46

490

fanes de vesce

(33 p100)

1065

48

515

(67 p100)

1345

50

670

tourteau de coton

(15 p100)

1250

49

615

source: Goodchild et al., 1992

L’intérêt de ces complémentations est qu’elles ne coûtent, en général, que le prix de leur collecte.