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Une haie vive, c’est tellement mieux

Les haies vives (clôtures faites d’arbres ou d’arbustes en pleine végétation) peuvent être bénéfiques aux cultures comme aux animaux: elles délimitent et séparent les champs, empêchent la divagation des animaux, servent de brise-vent et/ou de support pour les vignes. Plus résistantes que d’autres types de clôtures, elles peuvent être établies à un moindre coût, avec des matériaux locaux. Finie la coupe pour faire des clôtures, les fermiers avisés plantent des arbres!

Une haie vive enrichit les sols: les feuilles qui tombent forment paillis sur la superficie de la terre, parfait pour l’humidité et contre les mauvaises herbes. Les petites branches taillées peuvent servir de compost, tandis que les racines profondes des arbres restituent à la superficie du sol azote et autres nutriments, qui seront utiles aux cultures à racines peu profondes. Si l’arbre est légumineux, comme certaines essences du genre Prosopis, il fixera davantage d’azote, ce qui augmentera le rendement des cultures et permettra de faire des économies sur les engrais minéraux azotés.

Le feuillage de certains arbres, que les ruminants aiment à arracher des arbres, peut aussi être mélangé au fourrage. On conseille toutefois la prudence pour ce qui concerne quelques essences, comme le Gliricidia sepium ou le Leucaena leucocephala, dont les feuilles peuvent être toxiques pour le bétail, à doses élevées.

Certaines essences utilisées comme haie vive ont des feuilles, des fleurs et des bourgeons comestibles - les fleurs, les gousses et les racines du moringa (Moringa oleifera) par exemple. Tout surplus de production peut être vendu. Les haies sont aussi une source intéressante de bois de feu.

Bien entendu, elles comportent également des inconvénients. Par exemple, les arbres peuvent devenir trop grands, rendant l’émondage laborieux. Ils peuvent ombrager les cultures ou leur disputer l’eau, les nutriments ou l’espace pour les racines. Il faut donc bien planifier les haies et les contrôler régulièrement.

Construction d’une haie vive

Une haie vive peut notamment être obtenue en plantant une rangée d’arbres qui seront ensuite reliés avec du fil de fer enveloppé pour qu’il n’incise pas l’écorce. On plantera des boutures fraîches (de 5 à 20 cm de diamètre) en lieu et place des pieux de barrière. Avant de fixer le fil de fer, on attendra de préférence que les boutures aient bien pris ou, mieux encore, qu’elles aient atteint le diamètre d’un pieu. En attendant, on peut fabriquer une clôture temporaire faite de matériaux végétaux locaux, comme le bambou, placée à l’extérieur de l’enceinte.


Plantation de bananiers au Sénégal; en arrière-plan, une haie vive

Les arbres qui n’ont pas pris seront remplacés. Pour qu’ils se développent bien, on remplira les trous des boutures avec du terreau et on arrosera les plantes en cas de précipitations irrégulières.

Plantés en file serrée, le papayer, le bananier, le leucaena (L. leucocephala), le moringa (Moringa oleifera) et le filao (Casuarina sp.) sont idéaux pour délimiter les terres et empêcher le passage du bétail.

Le Gliricidia sepium, un arbuste légumineux qui se développe à partir d’une graine ou d’une bouture, peut aussi servir de clôture, à base étroite et large cime. Ses jeunes feuilles, fleurs et bourgeons sont souvent cuits comme légumes.

Le yucca pied d’éléphant (Yucca elephantipes) vit longtemps et se reproduit facilement à partir de boutures, mais sa croissance est relativement lente. En Amérique centrale, les boutures sont plantées en file serrée et l’arbre, en poussant, forme un rideau dense très difficile à traverser en raison des épines. Les fleurs sont comestibles.

Le leucaena, petit arbre fixateur d’azote, peut empêcher la dispersion des moutons. Tout aussi populaire, le moringa se développe même en saison sèche et pousse rapidement durant la première année. Ses feuilles sont utilisées pour l’alimentation humaine ou animale, ses fleurs ont un goût semblable à celui du radis, ses gousses sont un légume délicieux et ses racines, traitées avec du vinaigre, peuvent remplacer le raifort. Enfin, ses graines pilées et séchées peuvent purifier l’eau.

Les haies composées d’essences mentionnées ci-dessus sont courantes, mais maintes espèces locales, tout aussi utiles, peuvent être mieux adaptées aux conditions locales.

Pour en savoir davantage:

L’ABC de l’AUM, Gérés n° 133, pages 38-43.
Living fences help to protect gardens, Letter no. 67, Summer 1992, publié par Food Gardens Foundation, P.O. Box 41250, Graighall, Johannesburg 2024, Afrique du Sud.
Living fences: Somali farmers adopt an agroforestry technology, Agroforestry Today, vol. 3, no. 1, Janvier-mars 1991, publié par ICRAF, P.O. Box 30677, Nairobi, Kenya.
Living Fencing, The Permaculture Activist, no. 23, publié par Permaculture Activist, P.O. Box 3630, Kailua-Kona Hl 96745, Etats-Unis.
Living fences, Agroforestry Today, Volume 2, no. 1, Janvier-mars 1990, publié par ICRAF, P.O.Box 30677, Nairobi, Kenya.
Live trees for fence poste, IRETA’s South Pacific Agriculture News, Vol. 3, No. 7, Juillet 1985, publié par Institute for Research, Extension & Training in Agriculture, USP/SOA, Private Bag, Apia, W. Samoa.

(Adaptation de la note technique The living fence: its role on the small farm, publiée par ECHO (Educational Concerns for Hunger Organization). Pour en savoir plus ou pour commander les graines des arbres cités (gliricidia, moringa et leucaena), contacter ECHO, 17430 Durrance Rd., North Fort Myers, FL33917, Etats-Unis.)