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close this bookIngénierie économique appliquée aux industries de la pêche (1999)
close this folder8. APPROCHE ECONOMIQUE DE LA QUALITE ET DE LA SECURITE ALIMENTAIRES
View the document8.1 Introduction
View the document8.2 Sécurité des produits alimentaires et qualité
View the document8.3 Analyse économique de la qualité
Open this folder and view contents8.4 Coûts de production et coûts de qualité
Open this folder and view contents8.5 Le modèle de coût de qualité PED (Prévention-Evaluation-Défaillance)
View the document8.6 Coûts de mise en œuvre du HACCP
Open this folder and view contents8.7 Coûts sociaux et politiques de l’absence de sécurité et de qualité alimentaires
Open this folder and view contents8.8 Facteurs d’environnement et politiques contribuant aux coûts de défaut de sécurité et de qualité

8.3 Analyse économique de la qualité

L’approche économique de la qualité est un vaste sujet. Une conception erronée mais fréquente consiste à penser qu’elle n’a pour objet que la réduction de certaines catégories de coûts. Bien qu’en pratique la majeure partie des publications fasse référence aux “coûts de la qualité”, l’analyse économique de la qualité a pour objectif l’amélioration des résultats de l’entreprise (voir chapitre 7), et ne se limite pas uniquement à l’effet de réduction des coûts.

Suivant la déclaration de Sterling (1985) après la mise en place d’un programme d’assurance-qualité chez Nabisco Brand Inc. (USA):

“Nous avons dû effectuer des dépenses pour la mise en place de nos programmes. La création de nouveaux postes techniques et les recrutements représentent un coût supplémentaire d’environ 1,5 million de dollars par an. Mais le retour financier a été de plus de 2 millions de dollars: 1 million directement relié à la qualité, et plus de 1 million résultant d’une réduction des coûts de production. Nous n’aurions jamais obtenu cette réduction des coûts de production sans la mise en place du programme d’assurance qualité”.

La même séquence, amélioration de la qualité/réduction des coûts/augmentation des résultats, a été observée dans l’industrie de la pêche danoise (Drewes, 1991).

L’explication de ces relations se trouve dans le fait que la mise en œuvre de l’assurance-qualité (HACCP), exige une connaissance technique approfondsie des procédés et des opérations de production. Une fois acquise, cette connaissance technique rend l’identification et le contrôle des coûts liés à des non-performances beaucoup plus faciles. En même temps, l’amélioration de la qualité permet à l’entreprise d’obtenir de meilleurs prix, d’augmenter ses parts de marché, etc.

Exemple 8.1 Cas de filets de poisson frais répondant au label US Catégorie A (US Grade A Shield) (Gorga et al., 1979; Gorga et al., 1982)

En 1974, le laboratoire de Gloucester (USA) du Service National des Pêches Maritimes (National Marine Fisheries Service - NMFS, faisant partie de NOAA (National Océanographie and Atmospheric Administration ou Institut National pour l’Océanographie et l’Environnement Atmosphérique), a initié, en association avec quelques entreprises de pêche et des supermarchés, les premiers essais pour mettre en place le label US Catégorie A (US Grade A Quality Shield). Le laboratoire de Gloucester” a estimé qu’il était nécessaire de concevoir et de mettre en place une stratégie pour convaincre l’industrie américaine de la pêche qu’il était rentable d’assurer la qualité de ses produits vis-à-vis du consommateur.”

Sur une période de 6 ans, les ventes ont atteint un volume de 5 000 tonnes, avec une valeur d’environ 30 millions de $EU, et ont impliqué quinze Etats du Nord-Est des Etats-Unis. Aujourd’hui, le label US Catégorie A (US Grade A Quality Shield) est utilisé sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis. Un point clé dans ce développement a été l’analyse économique liée à la qualité effectuée à la fin du projet, en 1976.

“A la fin du projet, une analyse économique a été réalisée, et, en extrapolant les résultats à un bon niveau de production de 4 500 kg de filets/jour, le coût de l’assurance-qualité était estimé à 0,22 $EU/kg. De plus, l’analyse a montré que les coûts additionnels étaient compensés par les gains résultant de la réduction des pertes dues aux déclassements, si bien qu’en fin de compte, la mise en place de l’assurance-qualité ne représentait pas un coût additionnel”.

L’étude initiale a également révélé que les consommateurs étaient disposés à payer jusqu’à 1,1 $EU/kg de plus pour des filets de qualité garantie par rapport à ceux dont la qualité n’était pas garantie par le label Catégorie A, et par l’engagement implicite du détaillant de retirer de la vente les produits en deçà des normes de qualité.

Ces développements ont été réalisés sans les pêcheurs (dont la participation - bien que non essentielle - avait été pourtant fortement sollicitée, mais sans succès); de ce fait le contrôle de qualité et les activités d’inspection nécessaires pour s’assurer de la qualité ont débuté au niveau du point de débarquement et non en mer”.

Cet exemple est extrêmement intéressant et les points suivants méritent un développement et des commentaires supplémentaires:

- La relation entre l’augmentation du coût due à l’amélioration de la qualité et le profit.

- La nécessité de la participation de toutes les personnes concernées tout au long de la chaîne jusqu’au niveau du consommateur.

- La possibilité pour un laboratoire de recherche public de s’impliquer dans une expérimentation technico-économique visant à améliorer la qualité des produits de la pêche au niveau de la vente de détail.

- La nécessité d’une évaluation précise des coûts de production au cours de l’expérimentation et d’extrapolation judicieuse des résultats.