
| Cadre juridique de la sécurité alimentaire. (Étude FAO législative - 59) (1996) |
La leçon à tirer en matière de gestion de laide alimentaire est que celle-ci ne contribue efficacement à garantir la sécurité alimentaire que pour autant quelle repose sur des institutions idoines, et quelle est intégrée aux objectifs plus vastes du développement national. Il est manifeste quun cadre institutionnel clair permet aux pouvoirs publics et aux donateurs de mieux palier les conséquences de linsécurité alimentaire et offrir des garanties quant à sa disparition.
Si une part importante des responsabilités incombe aux pouvoirs publics qui restent la pierre angulaire de la construction de la sécurité alimentaire nationale, leur action ne saurait être pleinement efficace que grâce à une collaboration étroite tant avec le secteur privé quavec la communauté internationale, cest-à-dire avec chacun tous les partenaires du développement.
Même si la plupart des pays ont entamé le processus de développement nécessaire à la réalisation de lobjectif de sécurité alimentaire, bien des efforts restent encore à mener dans ce sens. A ce titre, la FAO a publié le document Agriculture vers 2010 dans lequel sont examinés les besoins et analysés les potentiels permettant daccroître la production agricole.
A lissue du Sommet mondial de lalimentation de 1996 et en complément aux instruments et programmes qui auront été adoptés171, il restera à travailler dans deux directions. Tout dabord, lextension de la protection des populations: si des principes et obligations sont reconnus pour les temps de guerre - ces principes et obligations reposent sur la Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerres, et sur ses Protocoles additionnels - lon peut imaginer aussi que la protection soit étendue aux situations durgence non liées à un état de guerre. Dautre part, les Etats devront mettre ne place des mécanismes nationaux ou régionaux permettant de garantir leffectivité de la sécurité alimentaire en donnant des effets pratiques aux principes juridiques internationalement reconnus. Si certains pays ont déjà adopté des dispositions constitutionnelles et législatives portant application des principes de droit à la nourriture et permettant la bonne réalisation de la sécurité alimentaire, nombreux restent encore les cas de vide juridique à ce sujet.
171 Le Conseil de la FAO en sa 108ème session (1995) avait adopté les propositions relatives à un Programme directeur et à un Plan daction; voir sur ce point lIntroduction du présent ouvrage.
Alors même que la sécurité alimentaire ne peut être atteinte que par la coopération économique, il est essentiel que les responsabilités soient clairement assignées; à cet effet, les garanties juridiques de gestion et de prévention de linsécurité brièvement exposées dans le présent ouvrage contribuent notablement à la réalisation de cet objectif.