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close this bookProjet d'Amenagement des Forets et Gestion des Terroirs Villageois du Walo. Rapport de la mission effectuee au Senegal du 14 mars au 19 avril 1996. Project for forest management and village land use in Walo. Report of mission to Senegal, 14 March to 19 Ap (1996)
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View the documentListe des abréviations
View the documentI. Résume des principales conclusions et recommandations
View the documentII. Introduction
View the documentIII. Antécédents du projet
Open this folder and view contentsIV. Analyse des objectifs et de la formulation du projet
Open this folder and view contentsV. Analyse de la mise en oeuvre du projet
Open this folder and view contentsVI. Analyse des résultats
View the documentVII Conclusions et recommandations
Open this folder and view contentsAnnexes

III. Antécédents du projet

Suite aux sécheresses successives et à une exploitation abusive de ses ressources forestières, le Sénégal a subi une grave dégradation de ses écosystèmes forestiers. Dans la région du fleuve, les formations naturelles d'Acacia nilotica (gonakié) ont été particulièrement touchées. Ces formations naturelles sont également menacées par la construction de grands barrages qui ont modifié les crues naturelles et par la forte pression démographique, consécutive au développement d'un important potentiel hydro-agricole.

Afin de freiner la dégradation des ressources forestières dans la région du fleuve et dans le cadre du Plan directeur de développement forestier (PDDF) adopté en 1992, le Gouvernement des Pays-Bas a financé une première phase bilatérale (Sénégal/Pays-Bas) de 1984 à 1988 dans le département de Podor. Sur base des acquis de cette première phase, les Pays-Bas ont financé le projet GCP/SEN/036/NET de "Bois de village et reconstitution des forêts classées de gonakiés" (PROGONA) et désigné la FAO comme agence d'exécution. Le PROGONA, qui a étendu ses activités à l'ensemble de la région de Saint-Louis, a permis de jeter les bases d'un programme de développement forestier de la rive gauche du fleuve Sénégal.

Les résultats obtenus par le PROGONA sont appréciables: démarrage du processus de partenariat entre l'administration forestière et les populations; renforcement institutionnel du service régional forestier, avec notamment construction de bureaux et logements à Saint-Louis, Dagana, Podor, Semmé, Ourogossi, Matam; mise au point de techniques de reboisement des forêts de gonakiés; intégration de plus en plus de l'arbre dans le paysage agraire; vulgarisation des techniques d'économie d'énergie; conscientisation des élèves sur les problèmes environnementaux; etc...). toutefois, ils ont été jugés insuffisants pour le développement d'un véritable programme d'aménagement agro-sylvo-pastoral dans la vallée. C'est pourquoi la mission d'évaluation tripartite a recommandé une troisième phase, fondée sur la mise en oeuvre de l'approche terroir, permettant de concilier restauration du milieu et prise en compte des besoins des populations, notamment en production agricole et pastorale.

Placé sous la tutelle technique de la DEFCCS, le PROWALO, dont le siège est situé à l'IREF de Saint-Louis, s'inscrit bien dans l'esprit du PAFS (adopté en 1993), basé sur l'implication et l'intéressement des populations à la gestion des ressources forestières et qui vise entre autres la restauration des grands équilibres socio-écologiques, l'amélioration du cadre institutionnel, la décentralisation de la planification forestière et le développement de la foresterie rurale.

Au moment de son approbation, le contexte institutionnel et socio-économique au niveau de la vallée se caractérisait par:

- une persistance des conditions de sécheresse et le non-contrôle des crues et lâchures qui entravent fortement les activités de boisement et de restauration du milieu;

- un nouveau Code forestier, adopté en 1993 et qui permet entre autres la responsabilisation des populations dans la gestion des ressources forestières, ainsi que l'octroi de contrats de culture en forêts classées;

- la création du Commissariat à l'après-barrage, placé au MEFP pour le pilotage du PDRG;

- la multiplicité des intervenants dans la vallée du fleuve exigeant une recherche perpétuelle d'harmonisation des approches;

- le renchérissement des coûts des facteurs de production agricole à la suite de la dévaluation du FCFA en janvier 1994 et la situation de mévente du riz local dans la vallée. Cette situation a contribué à accentuer la faiblesse des capacités financières des populations;

- une forte pression foncière sur les terres au potentiel hydro-agricole;

- une forte hiérarchisation sociale prévalant dans la zone du projet;

- un cadre de concertation régional mis en place en juillet 1994.

La mise en place d'un cadre de concertation régional pour l'harmonisation des actions de développement rural et des interventions en milieu est le résultat d'un processus initié par le BIFS de la DEFCCS, appuyé par le PDFR (GCP/SEN/042/NET). La création de ce cadre de concertation a été précédé au niveau de chaque région par un atelier régional (juillet 1993 pour Saint Louis), présidé par le Gouverneur et rassemblant l'ensemble des structures et intervenants en milieu rural. Le PROGONA a participé à l'organisation de cet atelier et a apporté son appui logistique à l'IREF.

A la suite de cet atelier, un "cadre de concertation pour le développement rural" (CCR) a été créé par arrêté du Gouverneur le 30 juillet 1994. Celui-ci, placé à l'heure actuelle sous la présidence du Gouverneur, rassemble une quarantaine de membres, parmi lesquels les Préfets, les services régionaux, la cellule après-barrage, la SAED, des ONG (ASESCAW, CARITAS, ADAWA, DIAPANTE, Plan International), les principaux projets (PME/PMR/PROGRENA - 7eme FED, PROGONA/PROWALO, Projet Zone Nord) et les Unions des coopératives régionales agricoles, d'éleveurs et forestières. Un secrétariat exécutif a été constitué et le service des Eaux et Forêts désigné comme secrétaire exécutif.

Considéré comme outil opérationnel du CRD, le CCR vise à favoriser la mise en place d'une "dynamique de concertation entre les différentes structures pour une harmonisation des approches au niveau régional pour un développement durable".

Depuis le démarrage du projet en février 1995, plusieurs changements importants sont intervenus. Parmi ceux-ci, on peut citer: la parution des décrets d'application du Code forestier en avril 1995, qui doivent cependant encore être adaptés dans le cadre de la régionalisation; l'adoption de la Loi sur la protection du riz local; et enfin, la nouvelle Loi sur la régionalisation qui entre en vigueur le 1er janvier 1997, mais dont les arrêtés d'application ne sont pas encore sortis au moment de la mission.