
| Utilisation des fourrages grossiers en régions chaudes. (Étude FAO Production et santé animales - 135) (1997) |
| I. Rappels sur lanatomie du tube digestif des ruminants et lutilisation digestive des fourrages pauvres |
Les graminées annuelles et pérennes des pâturages naturels consommées en saison sèche à un stade souvent tardif ainsi que les pailles et les tiges de céréales sont des fourrages pauvres caractérisés par des teneurs élevées en parois lignifiées et des teneurs très faibles en azote, en minéraux et en sucres facilement assimilables.
Les ruminants sont seuls capables de les utiliser grâce à leur physiologie digestive particulière. Leffet simultané de la rumination et de la fermentation microbienne qui seffectue dans leur panse - ou rumen - par lintermédiaire des microorganismes quelle héberge permet de dégrader ces fourrages en fines particules et den extraire les éléments nutritifs. Ces derniers sont mis à la disposition de lanimal à travers les produits terminaux de cette fermentation que sont les acides gras volatils (AGV) et la matière microbienne, elle même, digérée par la voie enzymatique dans la caillette - estomac vrai - et lintestin grêle.
Toutefois, non seulement la digestibilité de ces fourrages est faible, mais elle nest effectuée que lentement et ils ne sont, par là, ingérés quen faibles quantités. Distribués seuls à lanimal, ils ne permettent généralement pas de couvrir ses besoins dentretien.
Il existe différentes possibilités pour améliorer la valeur alimentaire de ces fourrages pauvres.
· Lune est nutritionnelle, cest la complémentation.
La complémentation consiste dabord à apporter les éléments nutritifs manquants dans les fourrages pauvres (matières azotées, minéraux et vitamines) permettant aux microorganismes du rumen de mieux les digérer. Cest ce quon appellera la complémentation catalytique. Si on attend de lanimal une production plus substantielle cette complémentation ne suffira pas et il faudra une complémentation supplémentaire apportant les nutriments permettant de couvrir les besoins de cette production. Cet apport devra être réaliste sur le plan non seulement nutritionnel mais également socio-économique: disponibilité, coût, aptitude à être mise en oeuvre au niveau pratique.
· Les autres sont technologiques, ce sont les traitements.
Les traitements sont des procédés physiques, chimiques ou biologiques permettant de modifier les propriétés physico-chimiques des parois lignifiées des fourrages pour les rendre plus accessibles aux microorganismes du rumen et, par conséquent, plus digestibles et plus ingestibles. Suivant les productions zootechniques attendues, il conviendra de complémenter parfois aussi les fourrages traités.
Comme les grands principes de la complémentation resteront sensiblement les mêmes pour les fourrages en létat et les fourrages traités, nous nous proposons dexaminer dabord les traitements et ensuite la complémentation.