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close this bookUtilisation des fourrages grossiers en régions chaudes. (Étude FAO Production et santé animales - 135) (1997)
close this folderI. Rappels sur l’anatomie du tube digestif des ruminants et l’utilisation digestive des fourrages pauvres
View the document1.1. Anatomie du tube digestif
View the document1.2. Importance des microbes chez les ruminants:
Open this folder and view contents1.3. Utilisation digestive des fourrages pauvres
View the document1.4. Conclusion et stratégies permettant de valoriser les fourrages pauvres

1.4. Conclusion et stratégies permettant de valoriser les fourrages pauvres

Les graminées annuelles et pérennes des pâturages naturels consommées en saison sèche à un stade souvent tardif ainsi que les pailles et les tiges de céréales sont des fourrages pauvres caractérisés par des teneurs élevées en parois lignifiées et des teneurs très faibles en azote, en minéraux et en sucres facilement assimilables.

Les ruminants sont seuls capables de les utiliser grâce à leur physiologie digestive particulière. L’effet simultané de la rumination et de la fermentation microbienne qui s’effectue dans leur panse - ou rumen - par l’intermédiaire des microorganismes qu’elle héberge permet de dégrader ces fourrages en fines particules et d’en extraire les éléments nutritifs. Ces derniers sont mis à la disposition de l’animal à travers les produits terminaux de cette fermentation que sont les acides gras volatils (AGV) et la matière microbienne, elle même, digérée par la voie enzymatique dans la caillette - estomac vrai - et l’intestin grêle.

Toutefois, non seulement la digestibilité de ces fourrages est faible, mais elle n’est effectuée que lentement et ils ne sont, par là, ingérés qu’en faibles quantités. Distribués seuls à l’animal, ils ne permettent généralement pas de couvrir ses besoins d’entretien.

Il existe différentes possibilités pour améliorer la valeur alimentaire de ces fourrages pauvres.

· L’une est nutritionnelle, c’est la complémentation.

La complémentation consiste d’abord à apporter les éléments nutritifs manquants dans les fourrages pauvres (matières azotées, minéraux et vitamines) permettant aux microorganismes du rumen de mieux les digérer. C’est ce qu’on appellera la complémentation “catalytique”. Si on attend de l’animal une production plus substantielle cette complémentation ne suffira pas et il faudra une complémentation “supplémentaire” apportant les nutriments permettant de couvrir les besoins de cette production. Cet apport devra être réaliste sur le plan non seulement nutritionnel mais également socio-économique: disponibilité, coût, aptitude à être mise en oeuvre au niveau pratique.

· Les autres sont technologiques, ce sont les traitements.

Les traitements sont des procédés physiques, chimiques ou biologiques permettant de modifier les propriétés physico-chimiques des parois lignifiées des fourrages pour les rendre plus accessibles aux microorganismes du rumen et, par conséquent, plus digestibles et plus ingestibles. Suivant les productions zootechniques attendues, il conviendra de complémenter parfois aussi les fourrages traités.

Comme les grands principes de la complémentation resteront sensiblement les mêmes pour les fourrages en l’état et les fourrages traités, nous nous proposons d’examiner d’abord les traitements et ensuite la complémentation.