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close this bookUtilisation des fourrages grossiers en régions chaudes. (Étude FAO Production et santé animales - 135) (1997)
close this folderVI. La complémentation
close this folder6.2. Applications pratiques
close this folder6.2.5. Complémentation avec des sous-produits locaux
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View the document6.2.5.1. Complémentation “paysanne” ou “fermière”
View the document6.2.5.2. Rations “complètes” permettant de valoriser les fourrages pauvres

(introduction...)

L’objectif est d’apporter l’énergie et l’azote complémentaires pour couvrir les besoins de production de l’animal.

Cette complémentation devra non seulement respecter les caractéristiques nutritionnelles évoquées plus haut, mais, également,

· être économique,
· et être compatible avec les disponibilités locales au sens socio-économique.

Il est illusoire d’envisager des compléments à base de céréales ou d’aliments riches en amidon (racines et tubercules) lorsque ceux-ci sont destinés en priorité à l’alimentation humaine (ou parfois à l’exportation,...).

6.2.5.1. Complémentation “paysanne” ou “fermière”

Nous parlerons de complémentation paysanne ou fermière en ce sens qu’elle ne fait pas appel à des aliments composés du commerce mais à des aliments disponibles directement sur l’exploitation.

Ces aliments ne sont généralement pas très nombreux et la liste en est vite faite. Ce sont essentiellement les issues des céréales produites et transformées localement (brisures et sons de riz, sons de sorgho, de mil, de maïs,...) ou importées (surtout le blé) et les graines de coton. En effet les autres sous-produits comme les tourteaux sont généralement exportés ou, s’il en reste, ne sont accessibles que près des villes et surtout utilisés pour les monogastriques après être passés par la filière des industries de l’aliment du bétail. Il en est de même des farines de poisson et de viande. Les drêches de brasserie sont plus difficiles à transporter et sont utilisés par les élevages laitiers périurbains.

Les compléments qu’on peut qualifier de “stratégiques” sur le plan nutritionnel sont,

· les sons et brisures de céréales (riz, blé, mil, etc... - produit ou importé -). Ils apportent de l’énergie digestible grâce à l’amidon qui reste après extraction de la farine. Certains amidons comme celui du riz présentent en outre la propriété de ne pas être dégradés en totalité dans le rumen et d’apporter ainsi des sources de glucose au niveau de l’intestin grêle grâce à la digestion enzymatique (cet aspect souligné par PRESTON et LENG, 1984, est important avec des fourrages de qualité médiocre). Ils apportent des MAT assez peu dégradables donc intéressantes comme source d’acides aminés précurseurs de glucose. Enfin les issues de riz apportent des acides gras à longue chaîne faisant souvent défaut dans des rations à base de fourrages pauvres.

· les graines (et tourteaux) de coton. Elles apportent des MAT relativement dégradables et de l’énergie (parois, amidon, matières grasses). Comme les brisures de riz elles apportent également, en plus des protéines, les acides gras “alimentaires” manquants.

· les déchets et farines animales (viande, sang et os, poisson,...). Ce sont les compléments de choix de tels fourrages en particulier des fourrages traités qu’ils permettent de bien valoriser. Leur intérêt majeur est la fourniture de protéines peu dégradables. Les farines de poisson fournissent également les acides gras faisant défaut avec ces rations. Cependant ces compléments, souvent chers, sont généralement mieux valorisés par les monogastriques.

L’annexe 6 regroupe les caractéristiques nutritionnelles de ces principales ressources fourragères.

6.2.5.2. Rations “complètes” permettant de valoriser les fourrages pauvres

Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’une technique de complémentation, il peut être intéressant d’évoquer ces types de rations qui ont été testées et utilisées en particulier dans les pays du Proche Orient (Projet UNDP/FAO Syrie, HADJIPANAYIOTOU et al., 1989) et en Tunisie (KAYOULI et al.; 1993).

Les fourrages pauvres (pailles et/ou tiges de maïs) constituent le “support” d’une association de sous-produits locaux, voire également de fourrages verts, soit mélangés dans l’auge, soit ensilés ensemble, couche par couche. Le fourrage pauvre constitue ainsi la fraction fibreuse de la ration en même temps qu’il relève le taux de matière sèche du mélange permettant ainsi d’assurer les conditions optimum du processus d’ensilage et, de toutes façons, du fonctionnement du rumen. Des exemples de telles rations ou d’ensilages sont donnés dans le tableau 20. Elles se prêtent parfaitement à l’engraissement en lots de moutons ou de bovins.

En plus de la partie fibreuse que constitue la paille, les autres éléments constitutifs de ces rations sont généralement,

· des pulpes d’agrumes, apportant de l’énergie sous forme de parois digestibles,

· de la litière de volailles, fournissant l’azote dégradable,

· des sons ou issues de céréales, apportant à la fois de l’énergie et de l’azote peu dégradable,

· enfin, des sous-produits divers d’intérêt nutritionnel variable comme, en zone méditerranéenne, les grignons d’olive.

Tableau 20: Exemples d’utilisation de rations à base de sous-produits locaux et de paille par des ovins, des caprins et des bovins en région méditerranéenne et au Proche Orient, (d’après Kayouli et al., 1993: Hadjipanayiotou. 1993 et Hadjipanayiotou et al., 1993)

Kayouli et al., 1993

Hadjipanayiotou (1993)

Hadjipanayiotou et al. (1993)

témoin

ration expérimentale

témoin

ration expérimentale

ration expérimentale

(mouton Barbarine)

(béliers Awassi)

génisses

agneaux

chevreaux

(Frisonnes)

(Chios)

(Damas)

Quantités ingérées (g/j)

concentré

1010

380

971

478

2646

606

534

paille

200

583

382

890

205

182

ensilage

1140

698

3488

261

35

foin (d’avoine)

874

196

174

Poids initial (kg)

213

21.2

60

60

340

48.5

41.3

Poids final (kg)

36.4

38.0

67

67

360

50.4

43.2

GMQ (g/j)

221

253

114

103

759

70

66

IC (kg MS ing./kg gain)

55

6

13.6

15.1

10.4

18.1

14


ensilage de:

proportions

ensilage de:

proportions

ensilage de:

proportions



(p.100)


(p.100)


(p.100)


grignons d’olives

45

pulpe de betterave

80

pulpes d’agrumes

80 à 85


(17% MS)

(18% MS)


litière de volaille

45

litière de volaille

20

litière de volaille

20 à 15


(90% MS)

(78% MS)


son de blé

10

Distribuées en libre service, de telles rations présentent l’intérêt nutritionnel d’un apport continue et régulier de l’ensemble des nutriments contribuant ainsi à la bonne utilisation digestive du fourrage pauvre.