Cover Image
close this bookGuide pour l'intégration d'objectifs nutritionnels dans les projets forestiers. (Foresterie communautaire Manuel de terrain - 3) (1993)
View the document(introduction...)
View the documentPréface
View the documentIntroduction
View the documentObjectifs du manuel
close this folderI. Foresterie et nutrition
View the documentLiens entre la foresterie et la nutrition
View the documentContributions au bien-être nutritionnel
View the documentEvaluation du bien-être nutritionnel
close this folderII. Intégrer les aspects nutritionnels dans les projets forestiers
View the document(introduction...)
View the documentDéfinir les rôles
close this folderObtenir des informations générales
View the document(introduction...)
View the documentIdentifier les sources d’information et collecter les données
View the documentAnalyser les informations de base
View the documentDéfinir des objectifs nutritionnels
close this folderChoisir les activités forestières et nutritionnelles
View the document(introduction...)
View the documentDisponibilités alimentaires
View the documentActivités lucratives
View the documentConditions environnementales
View the documentTemps dont disposent les femmes
View the documentUtiliser des indicateurs nutritionnels pour le suivi et l’évaluation des projets
close this folderAnnexes
View the documentAnnexe 1 Sources d’information
View the documentAnnexe 2 Questions générales
View the documentAnnexe 3 Activités forestières
View the documentAnnexe 4 Indicateurs possibles
View the documentReferences

Evaluation du bien-être nutritionnel

Les nutritionnistes recourent à de nombreux types d’information pour évaluer le bien-être nutritionnel. Les statistiques de santé, celles de l’état civil, les données anthropométriques, les informations bromatologiques, les enquêtes alimentaires, les données agricoles et économiques, les informations socio-culturelles, les analyses cliniques et les tests de laboratoire contribuent tous à cette évaluation (4). Dans la plupart des projets forestiers, l’examen de ces données facilitera la planification du projet en soi. Les ministères, les instituts de nutrition, les universités locales, les centres de santé ou les dispensaires sont également susceptibles de fournir des informations. Une autre source de données essentielle est représentée par la collectivité elle-même. Les fonctionnaires locaux, les membres d’associations féminines, les sages-femmes traditionnelles et d’autres personnes encore connaissent la vie de la communauté et peuvent exprimer leur propre opinion sur l’état de ses besoins.

4 Souvent, les nutritionnistes comparent les mesures anthropométriques (hauteur et poids, par exemple) à des valeurs de référence pour déterminer l’état nutritionnel. Dans un projet forestier qui dispose des services d’un nutritionniste, c’est là une méthode utile pour obtenir des informations nutritionnelles générales et pour réaliser le suivi et l’évaluation du projet. Cependant, il n’est pas toujours possible, ni souhaitable, de demander aux forestiers de mesurer ou de peser des bébés pour apprécier le succès d’un projet. Le terme état nutritionnel étant souvent lié à l’emploi de mesures anthropométriques, on utilisera celui de bien-être nutritionnel dans tout le présent manuel.

Rôle des femmes dans la nutrition

Les femmes jouent un rôle vital dans le maintien du bien-être nutritionnel des membres de la famille et ce pour diverses raisons. Tout d’abord, les femmes remplissent une fonction primordiale vis-à-vis de la sécurité alimentaire du ménage. Leur rôle dans la production d’aliments est bien connu encore que souvent minimisé. En Afrique on estime que les femmes assurent 60 à 80 % de la force de travail dans les activités de production vivrière. En outre, il ressort de certaines études que les revenus obtenus par les femmes sont destinés bien plus souvent à l’achat d’aliments que les revenus des hommes.

Au sein du ménage, les femmes sont responsables de l’entreposage, de la transformation et de la préparation des aliments en plus de leurs fonctions d’éducatrices des enfants, de porteuses de bois de feu et d’eau, etc. Les tâches qui incombent aux femmes rurales sont énormes. Les multiples exigences qu’elles doivent satisfaire font qu’elles ne peuvent consacrer beaucoup de temps à une seule activité. Leur fonction de production vivrière a dû elle-même, dans certains cas, être modifiée afin de leur permettre de répondre à d’autres besoins. C’est ainsi qu’au Zimbabwe, les femmes rurales ont abandonné la production de cultures nutritives telles que le sorgho, le mil et les arachides, au profit du maïs dont la transformation requiert bien moins de temps (Tagwireyi 1987).

Le tableau 1 décrit les différents types d’information énumérés ci-dessus. Il indique les sources possibles et fournit des explications sur la manière dont les planificateurs des projets forestiers pourraient utiliser cette information.

TABLEAU 1 Evaluation du bien-être nutritionnel

TYPE D’INFORMATION

SOURCES POTENTIELLES

VALEUR DES INFORMATIONS FOURNIES

ROLE DANS LES ACTIVITES FORESTIERES

Informations sur la santé et la nutrition

Centres de santé, nutritionnistes et médecins

Permettent de déterminer la situation nutritionnelle et sanitaire de la zone


Statistiques de base

Ministères

Permettent de déterminer la situation nutritionnelle et sanitaire de la zone

Aident à établir les objectifs du projet

Informations d’ordre bromatologique: teneur en éléments nutritifs, disponibilité biologique, toxicité, transformation des aliments

Universités

Permettent de choisir les essences en fonction des besoins nutritionnels de la collectivité


Données anthropométriques

Instituts de nutrition, nutritionnistes

Permettent de déterminer la situation nutritionnelle de la zone

Permettent d’identifier les sujets vulnérables sur le plan nutritionnel

Examens cliniques

Personnel médical

Exigent un personnel médical professionnel et peuvent, de ce fait, être difficiles à réaliser par certains projets forestiers


Tests de laboratoire

Personnel médical

Exigent du personnel très qualifié et des hôpitaux bien équipés et peuvent, de ce fait, être difficiles à réaliser par les projets forestiers

Servent à rassembler des données de base à des fins de suivi et d’évaluation

Enquêtes alimentaires

Instituts de nutrition, nutritionnistes

Permettent de déterminer les habitudes alimentaires générales y compris les aliments forestiers


Données agricoles: production vivrière, bilans alimentaires

Nutritionnistes, agronomes, ministères, membres de la communauté

Permettent de déterminer les périodes de pénurie et les capacités d’entreposage des vivres. Permettent de déterminer les utilisations alimentaires des produits forestiers - y compris les en-cas - et d’identifier les groupes vulnérables.

Permettent de se faire une idée du niveau et des caractéristiques du savoir local existant.

Données économiques: pouvoir d’achat, prix et distribution des aliments

Economistes, ministères, membres de la communauté

Permettent de déterminer la répartition des revenus et les individus vulnérables au plan nutritionnel.


Données socioculturelles: modèles de consommation alimentaire, habitudes alimentaires et croyances

Membres de la collectivité, sociologues, universités, anthropologues.

Permettent de déterminer les pratiques d’alimentation des enfants, la consommation d’aliments clés, l’emploi de bois de feu, les tâches des femmes.

Interviennent dans le choix des indicateurs5

5 Seuls les quatre derniers types d’information constituent une base fiable pour la sélection des indicateurs.