Cover Image
close this bookLe maïs blanc: Céréale alimentaire traditionnelle dans les pays en développement. (1997)
View the document(introduction...)
View the documentI. RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
View the documentII. INTRODUCTION
View the documentIII. PRODUCTION
View the documentIV. UTILISATION
View the documentV. COMMERCE INTERNATIONAL
View the documentVI. POLITIQUES DES PRIX INTÉRIEURS
View the documentVII. PRIX SUR LES MARCHÉS INTERNATIONAUX
View the documentVIII. ÉLABORATION ET DIFFUSION DES TECHNOLOGIES
View the documentIX. PERSPECTIVES À MOYEN TERME
View the documentX. PROBLÈMES ET QUESTIONS LIES A LA PRODUCTION DE MAIS BLANC
View the documentRÉFÉRENCES

IX. PERSPECTIVES À MOYEN TERME

Pour tenter d’examiner la situation d’ici l’an 2000, on a utilisé les résultats des projections FAO de la production totale de maïs (FAO, 1994b), en partant de l’hypothèse que la part du maïs blanc sur ce total ne changera pas beaucoup d’ici la fin de la décennie 12. La production de maïs blanc devrait donc augmenter de 3 pour cent par an, passant de 54 millions de tonnes vers la fin des années 80 à 77-78 millions de tonnes en l’an 2000 (tableau 9). En utilisant les projections de la production totale de maïs pour établir la production de maïs blanc, on risque de surestimer quelque peu la croissance future du maïs blanc étant donné que sa production est étroitement liée à la demande de maïs pour la consommation alimentaire et non comme aliment du bétail. La consommation de maïs en tant qu’aliment de l’homme devrait augmenter plus lentement que l’utilisation de maïs en raison d’une élasticité du revenu plus faible pour le produit alimentaire que pour l’aliment du bétail. Néanmoins, les projections semblent correctes si on les compare aux valeurs de production moyenne estimées pour 1993-95.

12 Les projections de la production de maïs blanc sont établies à partir de projections de la production totale de maïs dans chaque pays et de la part du total attribué au maïs blanc (voir le tableau l).

TABLEAU 9 - Maïs blanc: production estimée et projetée


Effective moyenne 1987-89

Effective moyenne 1993-95

Projection 2000

Taux de croissance 1987-89 à 2000


(................ en milliers de tonnes ..................)

pourcentage annuel

PAYS EN DÉVELOPPEMENT

48394

59428

71210

3,3 II

1 Afrique

21911

24337

31491

3,1

Afrique du Nord

3942

5079

5700

3,1


Egypte

3875

4993

5600

3,1

Afrique du l’Ouest

3279

3848

4675

3,0

Afrique centrale

1395

1785

2200

3,9

Afrique de l’Est

12982

13346

18480

3,0


Kenya

2671

2616

3423

2,1


Malawi

1379

1 578

2223

4,1


Tanzanie, République-Unie de

2608

2336

3300

2,0


Zambie

1622

1119

2 173

2,5


Zimbabwe

1670

1814

2556

3,6

Afrique australe

313

267

436

2,8

Amérique centrale

12848

19080

21024

4,2

Mexique

10498

16640

18000

4,6

Caraïbes

69

72

88

2,1

Amérique du Sud

2969

3250

3531

1,5

Asie

10618

12689

15077

3,0

Chine

3941

5246

6153

3,8

Indonésie

2100

2517

3005

3,0

Philippines

2866

2962

3635

2,0

PAYS DÉVELOPPÉS

5471

6316

6473

1,4

Etats-Unis

950

1672

2000

6,4

Afrique du Sud

4448

4245

4400

-0,1

TOTAL MONDIAL

53865

65744

77583

3,11

Source: FAO

Presque toutes les augmentations de la production devraient avoir lieu dans les pays en développement. En Asie surtout, pour les raisons expliquées ci-après, la production de maïs blanc pourrait bien être inférieure à celle prévue dans le tableau 9 à cause de facteurs liés à la demande. En Afrique subsaharienne, des problèmes liés à l’offre pourraient faire passer la production en dessous des chiffres prévus. Le plus fort taux de croissance devrait être enregistré en Amérique centrale, principalement au Mexique, suivi par l’Afrique et l’Asie. Cependant, dans plusieurs pays en développement, la production devrait augmenter plus lentement que la population, ce qui pourrait accroître les besoins d’importations alimentaires si la consommation de maïs blanc par habitant reste au même niveau. Dans les pays développés, on prévoit une tendance à la hausse aux Etats-Unis seulement. En Afrique du Sud la production de maïs blanc devrait rester pratiquement inchangée, par rapport au niveau moyen de la fin des années 80.

L’augmentation annuelle de 4,6 pour cent de la production de maïs blanc prévue au Mexique entre 1987-89 et l’an 2000 semble anormale, étant donné le taux de croissance annuel moyen de 1 pour cent enregistré pendant la décennie précédente (tableau 1). Toutefois, cet écart apparent est dû au fait que pendant la fin des années 80, période de référence pour les projections et période de clôture pour les calculs antérieurs, la production de maïs au Mexique a été particulièrement faible. Le chiffre de 18 millions de tonnes prévu pour la production de maïs d’ici l’an 2000 ne semble pas irraisonnable, étant donné que la production a dépassé les 17 millions de tonnes au milieu des années 90. Sur une base purement statistique, le taux de croissance réel à moyen et long terme de la production de maïs au Mexique, s’établirait autour de 2,5 pour cent l’an. Les niveaux de production dépendent avant tout des politiques et dans une certaine mesure des conditions météorologiques. La libéralisation des marchés et des échanges dans le cadre du Programme national de réforme agraire (PROCAMPO) et de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) pourrait avoir une incidence sur la production de maïs pendant les quelques prochaines années. Toutefois, la situation n’est pas claire en raison de politiques potentiellement contradictoires, par exemple des politiques intérieures pourraient encourager les agriculteurs à s’orienter vers d’autres cultures mais aussi ralentir la demande intérieure du maïs, alors que certaines mesures commerciales devraient limiter les importations. Souvent la production de maïs est fortement influencée par les incitations que les gros producteurs du Nord et du centre du Mexique reçoivent afin de produire du maïs sous irrigation, plutôt que d’autres cultures et par les quantités d’eau disponibles pour l’irrigation dans ces régions.

Les tendances récentes de la production en Afrique de l’Est et australe montrent que ces régions pourraient ne pas parvenir à augmenter leur production de maïs blanc d’une moyenne de 3 pour cent par an. Dans les cinq principaux pays où la production devrait augmenter, les taux de croissance ont été nuls ou négatifs pendant les dix années précédant 1994 (tableau 10). Toutefois, les taux de croissance négatifs s’expliquaient en partie par la grave sécheresse de 1992 et par des sécheresses plus localisées en 1994.

L’exemple d’un pays comme le Malawi est instructif. Si l’on laisse de côté les années à forte variation, la production a augmenté de 2,8 pour cent par an entre 1985 et 1991. La totalité de cette croissance a été le fait d’un élargissement des superficies car pendant la même période, les rendements ont diminué d’un taux, certes insignifiant du point de vue statistique, de -0,4 pour cent par an. Pour que la production augmente sensiblement à l’avenir au Malawi, il faudra un accroissement substantiel des rendements qui exigera à son tour une diffusion rapide des nouvelles variétés à très haut rendement. Alors que la diffusion des maïs hybrides et d’engrais a été encouragée vers la fin des années 80 et au début des années 90 dans ce pays, elle n’a pu que limiter le déclin de la fertilité des sols, dû à une pratique continue de la culture du maïs. Ces dernières années, les variations météorologiques ainsi que les grands changements dans les institutions et les politiques en faveur de l’agriculture ont remis en question l’avenir du développement des technologies du maïs et de leur diffusion au Malawi (Heisy et Smale, 1995).

En analysant d’autres producteurs importants de la région (notamment le Kenya, la Zambie et le Zimbabwe, certains observateurs arrivent à la conclusion que malgré l’adoption de méthodes modernes chez certains d’entre eux, il n’y a pas eu les augmentations spectaculaires des rendements du maïs et la croissance de la productivité nécessaire pour atteindre les taux de croissance prévus, sur la base des hypothèses adoptées (Jayne et autres, 1997).

La croissance extrêmement rapide de la demande de maïs en Asie devrait provenir avant tout de l’augmentation de l’utilisation du maïs en tant qu’aliment du bétail. En outre, dans certaines régions des pays asiatiques où le maïs est important dans la consommation humaine, le maïs jaune sert également d’aliment. Cela est particulièrement vrai en Inde et au Népal et dans une moindre mesure en Indonésie et au Viet Nam. C’est pourquoi la production de maïs blanc en Asie devrait augmenter à moyen terme moins rapidement que dans d’autres régions du monde, et plus lentement que celle du maïs jaune. Aussi, la part du maïs blanc dans la production totale de maïs et la consommation devrait vraisemblablement diminuer dans certains pays d’Asie.

TABLEAU 10 - Maïs blanc: tendances de la production dans quelques pays d’Afrique


Taux de croissance annuel


Moyenne 1961-1984

Moyenne 1985-1994


(................ pourcentage .................)

Kenya

2.9

-1.7

Malawi

2.4

-1.4

Tanzanie

5.7

0.0

Zambie

1.8

-3.1

Zimbabwe

1,8

-6.5

Source: FAO.

En termes d’échange, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe devraient continuer à fournir un excédent de céréales au marché international étant donné que le commerce régional s’est intensifié ces dernières années. Toutefois, les futures exportations de ces deux pays dépendront des effets des récentes déréglementations des secteurs céréaliers nationaux dans le cadre des programmes d’ajustement structurel et des mesures de libération des échanges. Trois autres pays qui produisent exclusivement du maïs blanc - la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie - auraient un potentiel de production suffisante pour rejoindre le premier groupe des exportateurs, à condition qu’ils appliquent des mesures qui stimulent la production et que leurs problèmes de transport et de stockage internes soient résolus. Dans ces trois pays, le potentiel d’exportation dépendra de la mise en place de technologies appropriées; en Zambie surtout, il dépend des incitations à élargir les superficies ensemencées de maïs. Toutefois, en dépit d’un potentiel de production élevé, ces pays risquent de rester des cas limites car les longues distances qui les séparent des installations portuaires et les coûts de transport élevés rendent la production de produits chers plus rentables que celle du maïs blanc.

Dans l’hémisphère occidental, on prévoit que la Colombie et le Venezuela continuent d’importer dans un avenir immédiat, étant donné leurs politiques de production actuelles. Toutefois, la situation commerciale du Mexique restera peu claire jusqu’à ce que l’on puisse discerner plus précisément l’incidence combinée sur le commerce du PROCAMPO d’autre réformes économiques illustrées par la principale dévaluation de la monnaie à la fin de 1994 et des accords ALENA. Les Etats-Unis devraient orienter leurs exportations essentiellement vers les besoins de ces pays et vers d’autres marchés d’Amérique latine et des Caraïbes.