X. PROBLÈMES ET QUESTIONS LIES A LA PRODUCTION DE MAIS BLANC
Laugmentation de la production de maïs blanc dépendra
avant tout de laccroissement des rendements, qui à leur tout exigeront des
agriculteurs dadopter de nouvelles technologies. Dun point de vue
écologique, dans de nombreux pays, les augmentations des rendements de maïs sur
des terres de meilleure qualité sont préférables à lextension des cultures
dans des zones plus marginales. Lutilisation de technologies alliant
engrais et semences améliorées reste inégale dans plusieurs pays en
développement qui cultivent du maïs blanc tout comme lutilisation de
méthodes faisant appel à une gestion plus sophistiquée. Pour que les nouvelles
technologies puissent être mises à la disposition des agriculteurs, des
programmes de recherche agricole dynamiques qui tiennent compte des besoins des
agriculteurs clients, ainsi que des services de vulgarisation qui travaillent
activement avec les agriculteurs à mesure quils se familiarisent avec de
nouvelles méthodes de culture du maïs sont nécessaires. Néanmoins, les budgets
de recherche et de vulgarisation dans le monde diminuent en termes réels aussi
bien au niveau national quinternational.
Certains des problèmes que pose ladoption dhybrides
et de variétés de maïs améliorées sont dûs au fait que lon na pas
suffisamment analysé les préférences des agriculteurs ainsi que les
circonstances de la mise au point de ces matériels génétiques. Toutefois, au
niveau mondial, la fourniture de matériel génétique amélioré aux agriculteurs a
surtout pâti du fait que les industries de semences nont pas réussi à
évoluer pour répondre aux besoins dune grande diversité de cultivateurs.
Les débats ont souvent porté sur lopportunité relative des investissements
du secteur public et privé dans la recherche et le développement, la production
et la commercialisation et lon a aussi souligné limportance de la
compétitivité entre le secteur public et le secteur privé. Des approches plus
novatrices sont nécessaires. Elles devraient tenir compte de la possibilité que
les secteurs public et privé puissent être complémentaires, que leur rôle puisse
évoluer dans le temps et que dautres types dagents, comme les
groupements dagriculteurs et les organisations non gouvernementales,
puissent fournir des services utiles.
Des moyens novateurs permettant délargir les recherches
sur la conduite des cultures sont également nécessaires afin de pouvoir réduire
les coûts de mise au point des techniques damélioration de la productivité
et de conservation des ressources. Dans lensemble du monde en
développement producteur de maïs, la gestion des sols et leur fertilité est pour
le moment la question la plus urgente qui se pose en matière de conduite des
cultures. Il faudrait élargir la somme de connaissances sur la préservation des
matières organiques du sol dans les régions tropicales, au niveau des petites
exploitations. De même, une recherche à la fois sur lagriculture et les
politiques visant une utilisation plus rationnelle des engrais inorganiques est
nécessaire, surtout en Afrique subsaharienne, il est urgent de rationaliser
lutilisation des engrais étant donné leur prix élevé.
Dans de nombreux pays, la taille des exploitations et les
méthodes de culture varient considérablement entre les différents groupements
dagriculteurs. La recherche agricole et les politiques doivent traiter la
question de limportance relative quil faut accorder aux groupements
dagriculteurs très petits, moyens ou importants. Cette question est
compliquée par le fait que la taille moyenne des exploitations et
linégalité de la répartition des ressources varient considérablement
dun pays à lautre, de sorte que les politiques doivent être adaptées
aux ensembles spécifiques de paramètres économiques et sociaux qui caractérisent
un pays.
La réponse à ces questions sera vraisemblablement complexe, mais
limportance du maïs blanc comme féculent justifie des efforts concertés
pour les résoudre. Sans complémentarité entre les réformes de politique et le
développement de technologies, la production de maïs blanc dans de nombreux pays
en développement continuera vraisemblablement à être inférieure à la demande,
rendant ces pays plus dépendants du marché international caractérisé par un
degré élevé de
volatilité.