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close this bookLe maïs blanc: Céréale alimentaire traditionnelle dans les pays en développement. (1997)
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View the documentI. RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
View the documentII. INTRODUCTION
View the documentIII. PRODUCTION
View the documentIV. UTILISATION
View the documentV. COMMERCE INTERNATIONAL
View the documentVI. POLITIQUES DES PRIX INTÉRIEURS
View the documentVII. PRIX SUR LES MARCHÉS INTERNATIONAUX
View the documentVIII. ÉLABORATION ET DIFFUSION DES TECHNOLOGIES
View the documentIX. PERSPECTIVES À MOYEN TERME
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View the documentRÉFÉRENCES

X. PROBLÈMES ET QUESTIONS LIES A LA PRODUCTION DE MAIS BLANC

L’augmentation de la production de maïs blanc dépendra avant tout de l’accroissement des rendements, qui à leur tout exigeront des agriculteurs d’adopter de nouvelles technologies. D’un point de vue écologique, dans de nombreux pays, les augmentations des rendements de maïs sur des terres de meilleure qualité sont préférables à l’extension des cultures dans des zones plus marginales. L’utilisation de technologies alliant engrais et semences améliorées reste inégale dans plusieurs pays en développement qui cultivent du maïs blanc tout comme l’utilisation de méthodes faisant appel à une gestion plus sophistiquée. Pour que les nouvelles technologies puissent être mises à la disposition des agriculteurs, des programmes de recherche agricole dynamiques qui tiennent compte des besoins des agriculteurs clients, ainsi que des services de vulgarisation qui travaillent activement avec les agriculteurs à mesure qu’ils se familiarisent avec de nouvelles méthodes de culture du maïs sont nécessaires. Néanmoins, les budgets de recherche et de vulgarisation dans le monde diminuent en termes réels aussi bien au niveau national qu’international.

Certains des problèmes que pose l’adoption d’hybrides et de variétés de maïs améliorées sont dûs au fait que l’on n’a pas suffisamment analysé les préférences des agriculteurs ainsi que les circonstances de la mise au point de ces matériels génétiques. Toutefois, au niveau mondial, la fourniture de matériel génétique amélioré aux agriculteurs a surtout pâti du fait que les industries de semences n’ont pas réussi à évoluer pour répondre aux besoins d’une grande diversité de cultivateurs. Les débats ont souvent porté sur l’opportunité relative des investissements du secteur public et privé dans la recherche et le développement, la production et la commercialisation et l’on a aussi souligné l’importance de la compétitivité entre le secteur public et le secteur privé. Des approches plus novatrices sont nécessaires. Elles devraient tenir compte de la possibilité que les secteurs public et privé puissent être complémentaires, que leur rôle puisse évoluer dans le temps et que d’autres types d’agents, comme les groupements d’agriculteurs et les organisations non gouvernementales, puissent fournir des services utiles.

Des moyens novateurs permettant d’élargir les recherches sur la conduite des cultures sont également nécessaires afin de pouvoir réduire les coûts de mise au point des techniques d’amélioration de la productivité et de conservation des ressources. Dans l’ensemble du monde en développement producteur de maïs, la gestion des sols et leur fertilité est pour le moment la question la plus urgente qui se pose en matière de conduite des cultures. Il faudrait élargir la somme de connaissances sur la préservation des matières organiques du sol dans les régions tropicales, au niveau des petites exploitations. De même, une recherche à la fois sur l’agriculture et les politiques visant une utilisation plus rationnelle des engrais inorganiques est nécessaire, surtout en Afrique subsaharienne, il est urgent de rationaliser l’utilisation des engrais étant donné leur prix élevé.

Dans de nombreux pays, la taille des exploitations et les méthodes de culture varient considérablement entre les différents groupements d’agriculteurs. La recherche agricole et les politiques doivent traiter la question de l’importance relative qu’il faut accorder aux groupements d’agriculteurs très petits, moyens ou importants. Cette question est compliquée par le fait que la taille moyenne des exploitations et l’inégalité de la répartition des ressources varient considérablement d’un pays à l’autre, de sorte que les politiques doivent être adaptées aux ensembles spécifiques de paramètres économiques et sociaux qui caractérisent un pays.

La réponse à ces questions sera vraisemblablement complexe, mais l’importance du maïs blanc comme féculent justifie des efforts concertés pour les résoudre. Sans complémentarité entre les réformes de politique et le développement de technologies, la production de maïs blanc dans de nombreux pays en développement continuera vraisemblablement à être inférieure à la demande, rendant ces pays plus dépendants du marché international caractérisé par un degré élevé de volatilité.