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close this bookUtilisation des fourrages grossiers en régions chaudes. (Étude FAO Production et santé animales - 135) (1997)
close this folderIII. Le traitement a l’ammoniac
close this folder3.2. Facteurs de réussite du traitement à l’ammoniac
View the document(introduction...)
View the document3.2.1. Quantité d’ammoniac
View the document3.2.2. Température et durée du traitement
View the document3.2.3. Humidité à laquelle est effectué le traitement
View the document3.2.4. Nature du fourrage à traiter

3.2.2. Température et durée du traitement

II est difficile de dissocier ces deux paramètres car les réactions chimiques de l’alcali sur la paille sont, comme la majorité des réactions chimiques, d’autant plus rapides que la température à laquelle elles s’effectuent est élevée. La fig. 11b, empruntée à SUNDSTOL et al. (1978) illustre bien ce phénomène.

L’élévation très rapide de température lors du traitement, due à la réaction exothermique, n’est pas suffisante à elle seule pour assurer de bonnes conditions de réaction dans le cas des traitements en tas (non calorifuges). En effet, la température de la masse du fourrage va s’équilibrer au bout de quelques jours à la température ambiante (au bout d’un peu plus longtemps, si on a injecté l’NH3 sous forme liquide car son évaporation va d’abord abaisser la température). C’est par conséquent la température ambiante qui aura l’effet le plus important et déterminera l’efficacité du traitement.

Il faut savoir en outre que l’ammoniac est une base plus faible que la soude et réagit plus lentement.

L’essentiel est de respecter une durée de traitement d’autant plus longue que la température ambiante est basse, et vice et versa, mais avec des limites. A partir de 17°C, il n’est plus très important d’augmenter le temps de traitement au delà de 4 semaines (fig. 11b). Le traitement n’est même que de quelques heures à 90-100°C. En revanche dans les régions tempérées ou tropicales d’altitude, où il peut geler la nuit pendant les saisons où s’effectuent les traitements, il est important de respecter des durées suffisantes, l’efficacité du traitement continuant à s’améliorer jusqu’à 8 semaines. Pour les températures intermédiaires entre 5 et 15°C, on pourra ainsi adopter des durées intermédiaires entré 4 et 8 semaines.

En définitive et sur le plan pratique, les recommandations ci-dessous, préconisées par SUNDSTOL et al. (1978), peuvent constituer de bonnes indications:

température ambiante

durées à respecter

<5°C

plus de 8 semaines

5-15°C

4 à 8 semaines

15-30°C

1 à 4 semaines

>30°C

moins de 1 semaine

au moins une semaine (*)

(selon Sundstol et al., 1978)

(*) II convient aussi d’avoir à l’esprit que, indépendamment de l’effet alcalin d’hydrolyse des glucides pariétaux, l’ammoniac apporte de l’azote qui va être retenu par la paille pour partie (en gros les 2/3) par adsorption (cette partie est labile et partira progressivement si la paille traitée est laissée longtemps à l’air) et pour une autre partie (le 1/3) par réaction chimique avec les parois de la paille (seule cette partie est solidement fixée, voir §323). Cette réaction sera d’autant plus complète que température et durée (ainsi également que humidité) du traitement seront élevées. C’est pourquoi, en Tunisie, la recommandation pratique (et nous souscrivons parfaitement à cette mesure) est, pour plus de sûreté, d’adopter une durée d”au moins une semaine” (dernière ligne du tableau ci-dessus) pour les températures supérieures à 30°C.