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close this bookUtilisation des fourrages grossiers en régions chaudes. (Étude FAO Production et santé animales - 135) (1997)
close this folderVII. Résultats zootechniques de l’utilisation des fourrages pauvres par l’animal et témoignages concrets
View the document7.1. Rappel du contexte général
Open this folder and view contents7.2. Fourrages pauvres non traités complémentés par des blocs multinutritionnels
Open this folder and view contents7.3. Utilisation des fourrages traités par l’animal
View the document7.4. Blocs multinutritionnels ou fourrages traités à l’urée?
View the document7.5. Conclusion
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7.4. Blocs multinutritionnels ou fourrages traités à l’urée?

De nombreux paysans ont utilisé simultanément les fourrages traités à l’urée et les blocs multinutritionnels avec les mêmes animaux. Ils signalent une meilleure endurance des animaux et une reprise de poids rapide (DALIBARD; 1994).

Par ailleurs nous avons posé à plusieurs agro-éleveurs la question de savoir quelles étaient leurs préférences par rapport à ces deux techniques: la majorité des paysans trouve les deux méthodes utiles et complémentaires l’une de l’autre. Leur préférence va à la paille traitée qui, selon eux, est un aliment qui “remplit l’animal”. Le traitement reste parfaitement justifié à leurs yeux pour certaines catégories d’animaux (traction, embouche) en raison des effets plus rapides et plus élevés alors que les blocs sont considérés comme un complément “stimulateur de l’appétit”, souvent qualifié de “médicament”, et comme mieux adapté au système d’élevage extensif (notamment transhumance).

Les femmes, dans de nombreux cas, comme au Sahel, détiennent des effectifs importants de petits ruminants. Le traitement à l’urée est physiquement plus pénible pour elles que la fabrication des blocs. Elles se sont donc parfois mises, dans ces pays, à la fabrication voire même à la commercialisation des blocs multinutritionnels.

Lorsqu’on recherche des niveaux de production plus élevés, les blocs multinutritionnels ne sont plus suffisants. Il est nécessaire de fournir aux animaux les compléments “supplémentaires” appropriés permettant de satisfaire les besoins de production recherchés sans nuire à la digestion des fourrages pauvres.

Ces compléments, on l’a vu, doivent être riches en protéines le moins soluble possible comme,

· les tourteaux d’arachide ou de coton, les graines de coton et, surtout, la farine de poisson,
· les autres sous-produits disponibles localement comme les sons et issues de céréales,
· enfin, certains fourrages: fanes de culture vivrières, feuilles et gousses d’arbustes fourragers.

Les travaux de TIWARI et al. (1990) illustrent bien ce phénomène (tableau 22).

En définitive, le bloc multinutritionnel est un moyen efficace pour améliorer la valeur alimentaire (ingestibilité, digestibilité) des pailles, des chaumes et des pâturages pauvres. Il permet de limiter les pertes de poids habituellement enregistrées en saison sèche dans les pays tropicaux. On peut même, dans certains cas, espérer une augmentation modeste de la production laitière et des croîts. Au delà de l’entretien de l’animal, il faudra avoir recours à des compléments appropriés s’associant de manière synergique (et non antagoniste) à l’action bénéfique des blocs.