Cover Image
close this bookManuel sur l'Environnement Volume III: Catalogue des Normes Antipollution (GTZ/BMZ, 1996, 663 pages)
close this folder5. Substances chimiques et groupes de substances/registre des substances
close this folder5.4 Registre des substances
close this folder5.4.4 Fiches d'information classées selon les substances chimiques et groupes de substances - par ordre alphabétique
View the documentAcide acetique (2,4-dichlorophenoxy)
View the documentAcide 2,4,5-trichlorophenoxy acetique
View the documentAcroleine
View the documentAldrine
View the documentAmiante
View the documentAntimoine
View the documentArsenic
View the documentAtrazine
View the documentBaryum
View the documentBenzene
View the documentBeryllium
View the documentBiphenyles polychlores
View the documentBrome
View the documentBromure de methyle
View the documentCadmium
View the documentCarbaryl
View the documentChlordane
View the documentChlore
View the documentChloroforme
View the documentChlorophenols
View the documentChlorure de vinyle
View the documentChrome
View the documentCobalt
View the documentCresols
View the documentCuivre
View the documentDdt
View the documentDichlorvos
View the documentDieldrine
View the documentDinitro-o-cresol
View the documentDioxines
View the documentDioxyde de soufre
View the documentEndosulfan
View the documentEndrine
View the documentEpichlorohydrine
View the documentFluorure d'hydrogene
View the documentFormaldehyde
View the documentHexachlorobenzene
View the documentHydrocarbures aromatiques polycycliques
View the documentHydrogene sulfure
View the documentLindane
View the documentMalathion
View the documentMercure
View the documentMonoxyde de carbone
View the documentNaphthalene
View the documentNaphthalenes chlores
View the documentNickel
View the documentNitrate
View the documentOxyde d'azote
View the documentOzone
View the documentParaquat
View the documentParathion
View the documentPhenol
View the documentPlomb et ses composes inorganiques
View the documentPlomb et ses composes organiques
View the documentPyridine
View the documentTetrachloroethene
View the documentThallium
View the documentToluene
View the document1,1,1-Trichloroethane
View the documentTrichloroethene
View the documentVanadium
View the documentZinc

Chloroforme

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 67-66-3

Nom dans le registre: Chloroforme

Nom de la substance: Trichlorométhane

Synonymes, noms commerciaux: Haloform , R20

Nom(s) anglais: Chloroform , Trichlormethan

Nom(s) allemand(s): Chloroform, Trichlormethan

Description générale: Liquide incolore, fortement réfringent, d'odeur éthérée caractéristique.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: CHCl 3

Masse atomique relative: 119,4 g

Masse volumique: 1,48 g/cm3

Densité de gaz: 4,12

Point d'ébullition: 61°C

Point de fusion: -63°C

Tension de vapeur: 21 x 103 Pa

Solubilité: Dans l'eau: 8,1 g/l; miscible avec des solvants, tels que le benzène, le pentane, l'hexane, l'éthanol et l'oxyde de diéthyle.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 4,96 mg/m3

1 mg/m3 = 0,20 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le chloroforme est utilisé à raison de 75% pour la fabrication de monochlorodifluorométhane (CFC22) utilisé comme réfrigérant mais aussi comme produit intermédiaire pour la fabrication de tétrafluoroéthène, qui peut ensuite être polymérisé (PTFE), ainsi que de colorants, de médicaments et de produits phytosanitaires. Son application en tant que solvant et anesthésique est en forte régression.

Origine/fabrication:

Le chloroforme est fabriqué à raison de 90-95% par hydrochloration de méthanol ou par chloration de méthyle. 5 à 10% sont produits à partir de l'eau de mer (réaction de iodure de méthyle avec chlore inorganique). Des quantités importantes de trichlorométhane se forment lors du blanchiment au chlore de la cellulose, ou bien lors de la chloration de l'eau. Le chloroforme vendu dans le commerce contient différentes substances polluantes, et notamment les suivantes: bromochlorométhane, bromodichlorométhane, chlorure de méthylène, tétrachlorométhane, 1-2-dichloroéthane, trichloroéthène et tétrachloroéthane.

Chiffres de production:

Production mondiale 1973:

245 000 - 300 000 t

sel. KOCH, 1989

D 1982:

35 500 t

sel. UBA, 1986

Emissions:

Les émissions liées à la production et à l'utilisation de cette substance se chiffrent à env. 10.000 t par an, ce à quoi vient s'ajouter une contamination annuelle des eaux à concurrence d'environ 10.000 t (Sel. KOCH, 1989).

TOXICITE

Homme:

5.000 mg/m3 après 7 mn vertiges, céphalées

sel. BUA, 1985


20.000 mg/m3 sensation d'évanouissement

sel. BUA, 1985


69.440 mg/m3 anesthésie totale et profonde

sel. BUA, 1985


> 79.360 mg/m3 arrêt respiratoire, mort

sel. BUA, 1985


LDLo 10 ppm, inhalation (I a)

sel. KOCH, 1989

Mammifères:



Rat

DL50 1.194 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988


LCLo 8.000 ppm, inhalation (4 h)

sel. BUA, 1985

Souris

DL50 80 mg/kg, v. orale

sel. BUA, 1985


DL50 28.000 mg/kg, inhalation

sel. BUA, 1985

Chien

DL50 1.100 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Lapin

DLLo 500 mg/kg, v. orale

sel. BUA, 1985

Cobaye

LCLo 20.000 ppm, inhalation (2 h)

sel. BUA, 1985

Organismes aquatiques:



Orphie

CL50 162-191 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Truite arc-en-ciel

CL50 18-66,8 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Grande perche soleil

CL50 18-115 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Daphnie

CL50 28,9 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: L'absorption se fait le plus souvent par inhalation, une partie étant résorbée dans les poumons, et le reste expiré. De même, en cas d'administration par voie orale, une grande partie est expirée ou éliminée par les reins.

Le chloroforme provoque des lésions du système nerveux central, du foie, du coeur et des reins. De fortes doses ont un effet narcotisant.

Des expériences sur les animaux ont mis en évidence le caractère carcinogène du chloroforme; des effets mutagènes ou tératogènes n'ont pas encore été observés à ce jour.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Cette substance se dégrade très lentement dans le milieu aquatique (catégorie de risque 3 pour l'eau en République fédérale d'Allemagne). En raison de sa forte volatilité, le chloroforme produit des émanations de gaz au-dessus des eaux de surface. En dépit d'une forte liposolubilité, le chloroforme est faiblement bioaccumulable (facteur de bioaccumulation dans le poisson: 6; UBA, 1986).

Atmosphère:

En raison de sa forte volatilité, le chloroforme se dégage dans l'atmosphère et s'y accumule en petites quantités. Cette substance se décompose sous l'effet de la lumière.

Sols:

Le chloroforme n'est pas adsorbé sur les particules du sol, de sorte qu'une accumulation dans les sols ou les sédiments est exclue.

Dégradation, produits de décomposition:

La dégradation biologique en anaérobiose donne lieu à la production de gaz carbonique, de chlorure et de méthane. Dans l'organisme, la dégradation donne naissance à du gaz carbonique, du chlorure et du phosgène. En présence d'oxydants forts, le chloroforme se décompose avec production simultanée de phosgène et de chlore (DVGW, 1988).

Chaîne alimentaire:

Le chloroforme est une substance ubiquitaire que l'on trouve également dans les produits alimentaires. En raison notamment de la chloration de l'eau, l'eau potable contient de fortes concentrations de trichlorométhane. L'absorption quotidienne de chloroforme est estimée à 10 mg/personne en moyenne, dont un quart provient de l'eau potable et de l'alimentation, et la moitié environ de l'atmosphère (DVGW, 1988).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Surface

D/NL

(L)

1 mg/l

IAWR

Pour trait. naturel

sel. DVGW, 1988


Surface

D/NL

(L)

5 mg/l

IAWR

Pour trait. phys.-chim.

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CDN

(L)

350 mg/l


1978

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CH

(L)

25 mg/l


1)

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

(R)

25 mg/l


Commission BGA1)

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

USA

(L)

100 mg/l


Cumul 3-halométh.

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

OMS

R

30 mg/l



sel. DVGW, 1988

Air:

Emission

D

L

20 mg/m3


flux massique ³ 0,1 g/h

sel. TA-Luft, 1986



D

L

10 mg/m3

MIK

Valeur l. durée3)

sel. BAUM, 1988



D

L

30 mg/m3

MIK

Valeur c. durée3)

sel. BAUM, 1988


Amb.prof.

D

L

50 mg/m3

MAK

2)

DFG, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

50 mg/m3

TWA

3)

ACGIH, 1986









Aliments:


D

L

25 mg/l


Eau minérale

sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) Cumul chloroforme, bromoforme, bromodichlorométhane, dibromochlorométhane
2) Substance à effet cancérogène présumé
3) Valeurs douteuses non confirmées, à prendre avec précaution

En Allemagne, utilisation interdite dans les cosmétiques, médicaments et pesticides

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eau :




Rhin (Wiesbaden, 1986)

D

0,35-2,1 mg/l

sel. DVGW, 1988

Rhin (Lobith, 1985)

D

0,5-4 mg/l

sel. DVGW, 1988

Main (Sindlingen, 1983)

D

21 mg/l

sel. DVGW, 1988

Moselle (1983)

D

0,5-0,7 mg/l

sel. DVGW, 1988

Elbe (1983)

D

0,6-9,8 mg/l

sel. DVGW, 1988

Côte Mer du Nord (Emden)

D

0,56-3,8 mg/l

sel. UBA, 1986

Mer Baltique

D

0,06-0,17 mg/l

sel. UBA, 1986

Eau potable:


jusqu'à 910 mg/l

sel. KOCH, 1989

Eau souterraine :


jusqu'à 620 mg/l

sel. KOCH, 1989

Sédiments:




Ruhr (1972-1981)

D

1-3 mg/kg

sel. DVGW, 1988

Atmosphère:




Concentration de fond


0,05-0,1 mg/m3

sel. KOCH, 1989

Zones urbaines


jusqu'à 74 mg/m3

sel. KOCH, 1989

EVALUATION ET REMARQUES

Compte tenu de la distribution ubiquitaire de cette substance et des quantités considérables qui migrent chaque année dans l'environnement, le chloroforme doit être considéré comme écologiquement dangereux. Certes on manque encore d'informations sur les effets et les concentrations dans les sols et dans l'édaphon ainsi que sur le potentiel génotoxique. Il convient en particulier d'éviter dans la mesure du possible la chloration de l'eau afin de réduire la pollution des eaux souterraines et de l'eau potable, sans négliger pour autant les mesures d'hygiène préventive nécessaires.