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close this bookManuel sur l'Environnement Volume III: Catalogue des Normes Antipollution (GTZ/BMZ, 1996, 663 pages)
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Ddt

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 50-29-3

Nom dans le registre: DDT

Nom de la substance: 1,1,1-Trichloro-2,2-bis(4-chlorophényl)éthane

Synonymes, noms commerciaux: p,p'-Dichlorodiphényltrichloroéthane, p,p'-DDT , 1,1-bis(4-chlorophényl)-2,2,2-trichloroéthane, Dicophane (GB); Chlorophénothane (USA); Anofex ; Cezarex ; Dinocide ; Gesarol ; Guesapon ; Guesard ; Guesarol ; Gyron ; Ixodex ; Neocid ; Neocidol ; Zerdane

Nom(s) anglais: DDT , 1,1,1-Trichloro-2,2-bis(4-chlorophényl)éthanol

Nom(s) allemand(s): DDT , 1,1,1-Trichlor-2,2-bis(4-chlorphenyl)ethan

Description générale: Cristaux incolores, inodores ou légèrement aromatiques.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C14H9Cl5

Masse atomique relative: 354,49 g

Masse volumique: 1,55 g/cm3

Point de fusion: 109°C

Tension de vapeur: 25,3 x 10-6 Pa

Solubilité: Dans l'eau: 3 x 10-6 g/l; bonne solubilité dans de nombreux solvants organiques; bonne liposolubilité.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 14,7 mg/m3

1 mg/m3 = 0,07 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Insecticide agissant par contact et par ingestion sur un grand nombre d'insectes (moustique du paludisme ou anophèle et de la fièvre jaune ou stégomie), puce pesteuse (Xenopsylla), pou de corps (Pediculus corporis), mouche tsé-tsé , etc.). En raison de son large impact, de sa faible phytotoxicité, de son excellente rémanence et de sa faible toxicité aiguë pour les homéothermes, ce produit a été beaucoup employé dans le passé. Désormais, il est interdit dans la plupart des pays industrialisés, mais on l'utilise encore dans de nombreux pays en développement, car le coût des produits de substitution est beaucoup plus élevé.

Origine/fabrication:

Le DDT n'existe pas à l'état naturel. Il a été produit pour la première fois par synthèse en 1874, et a été commercialisé à partir de 1945 (condensation de chloral par réaction avec le monochlorobenzène).

Chiffres de production:

Il n'existe pas de chiffres de production de date récente. En 1974, la production mondiale était évaluée par l'OCDE à env. 60.000 t (sel. OMS, 1979). A l'origine, le DDT était produit dans un grand nombre de pays, mais en 1979, il n'existait plus que trois centres de production, l'un aux USA, un autre en Inde et le troisième en France (OMS, 1979). Par contre, DVGW (1988) fait état de deux entreprises sur le seul territoire de la CE.

Chiffres d'émission:

Pratiquement la totalité des quantités produites parviennent dans le milieu naturel. Les doses d'application varient généralement entre 1 et 3 kg de DDT à l'hectare, et les produits utilisés contiennent entre 1 et 10% de matière active.

TOXICITE

Homme:

DL approx. 500 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Mammifères:



Rat

DL50 113 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989


DL50 1900 mg/kg, v. cutanée

sel. RIPPEN, 1989

Souris

DL50 150-300 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Chien

DL50 150-750 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Chat

DL50 150-600 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Insectes:



Mouche domest.



(Musca domestica)

DL50 0,033 mg/mouche (24 h)

sel. KORTE, 1980

Organismes aquatiques:



Poissons

CL50 8-100 mg/l (96 h)

sel. RIPPEN, 1989

Daphnie (Daphnia magna)

CE50 0,36-4,4 mg/l (24-48 h)

sel. RIPPEN, 1989

Algues (skeletonema costatum)

CE50 100 mg/l (7 d)

sel. DVGW, 1988

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Le mécanisme d'action n'est pas encore connu avec précision. Le DDT est une neurotoxine agissant essentiellement sur le système nerveux central. D'après les symptômes visibles, il semble que la transmission de l'influx nerveux soit facilitée dans un premier temps, puis bloquée. Le DDT a un effet inhibiteur sur différentes enzymes, et peut donc également agir comme poison respiratoire. Il s'accumule dans les tissus adipeux. Des lésions hépatiques sont à redouter en cas de fortes doses; l'intoxication chronique (expérimentée sur des rats) provoque des lésions du foie, des reins et de la rate. Il est très probable que ce produit ait un pouvoir mutagène et cancérogène sur l'homme; l'effet cancérogène a été établi dans le cadre d'expériences sur l'animal.

Végétaux : Le DDT ne provoque généralement pas de lésions sur les végétaux. Cependant, certaines espèces végétales sensibles présentent des troubles au niveau de la croissance radiculaire en cas d'accumulation de DDT dans le sol.

Synergie: Action renforcée (sur la faune aquatique) par le lindane et les sulfonates de benzène d'alkyle.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Dans l'eau, le DDT a une forte tendance à s'adsorber sur des particules solides. Il s'accumule ainsi dans les sédiments et peut être transporté sur de longues distances dans les cours d'eau.

Atmosphère:

Dans l'atmosphère, le DDT peut se présenter sous forme de gaz, d'aérosol ou de particules fixées sur les poussières. Au-dessus de champs traités, des traces de DDT ont encore été décelées six mois après application. Le DDT adsorbé sur des poussières peut être transporté à des milliers de kilomètres de distance et se disperser ainsi dans le monde entier. Des traces de DDT ont été trouvées dans la neige des régions de l'Antarctique, mais aussi dans les eaux de pluie en Ecosse et aux Iles Shetland. Les concentrations décelées dans les eaux de pluie donnent à penser que la distribution du DDT est sans doute assez uniforme dans l'atmosphère de la planète.

Sols:

Lors d'applications de DDT, une partie non négligeable du produit migre dans le sol. De fortes accumulations ont été observées dans les centimètres supérieurs du sol, ce qui semble indiquer une mobilité assez faible dans le sol.

Dégradation, produits de décomposition:

Les principaux métabolites du DDT sont le DDE 1,1-bis-(chlorophényl) -2,2-dichloroéthane, le DDA et le DDD. Le DDE est jugé au moins aussi toxique que le DDT, et semble même avoir une stabilité plus forte encore dans le milieu naturel.

On ne dispose encore que de peu d'informations sur la dégradation du DDT dans le sol. On ignore par exemple quelles sont les proportions des réactions de décomposition biologique et chimique. De manière générale, le DDT et certains des métabolites susmentionnés doivent être considérés comme très persistants.

De la même façon, il n'existe que relativement peu de données fiables sur les processus de transformation et de dégradation de cette substance dans l'atmosphère. En simulant les conditions de l'atmosphère supérieure en laboratoire, la preuve a été apportée que le DDT se transforme en acide chlorhydrique (HCl) et en dioxyde de carbone. Un certain nombre d'auteurs ont observé une décomposition rapide sous l'effet de lumière ultraviolette. Il n'existe pas de données représentatives sur la photominéralisation dans les conditions naturelles (OMS, 1979).

Chaîne alimentaire:

Forte accumulation par les chaînes alimentaires. Chez les homéothermes, le DDT peut être décelé dans le circuit sanguin peu de temps après absorption, mais il en est ensuite soustrait par les organes lipoïdiques, et s'accumule dans les tissus adipeux, le cerveau, le foie et d'autres organes.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

A

(L)

1 mg/l


DDT & isomères

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CDN

(L)

30 mg/l

MAC

DDT et isomères

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

L

0,1 mg/l


Simpl. subst.

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

R

0,1 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

OMS

R

1 mg/l


DDT et isomères

sel. DVGW, 1988


Eau sout.

USA

R

50 mg/l


Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984


Eau surf.

IAWR

R

0,1 mg/l


Eau potable1)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

IAWR

R

0,5 mg/l


Eau potable2)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

D

R

2 mg/l


Eau potable1)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

D

R

10 mg/l


Eau potable2)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

USA

R

50 mg/l


Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984


Eau surf.

USA

R

2 mg/l


Prot. org. eau douce

sel. HART, 1974

Air:

Amb.prof.

D

L

1 mg/m3

MAK


DFG, 1987


Amb.prof.

USA

(L)

1 mg/m3

TWA


sel. RIPPEN, 1989

Aliments:








Thé, condiments


D

L

1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Fruits, légumes



L

0,1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Autres aliments d'or. végétale



L

0,05 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse de viande


D

L

3 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse de poisson


D

L

2-5 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse du lait


D

L

1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Oeufs


D

L

0,5 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) Traitement de l'eau potable par des procédés naturels.
2) Traitement de l'eau potable par des procédés physico-chimiques.

Depuis 1974, la fabrication et l'utilisation du DDT sont interdits en Allemagne. Des interdictions concernant l'utilisation de ce produit existent également en Suède et aux USA.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source1)

Eau :




Eaux de surface (1977-79)

USA

0,1 ppb; (max. n=604)


Antarctique


40 ppt


Baltique


0,2 ppt


Eaux souterraines (1977-79)

USA

0,9 ppb; (max. n=1074)


Eaux de pluie

GB

104-229 ppt


Sédiments:




Lacs et rivières (Berlin)

D

0,01-136 ppb (n=8)


Lac

Libye

0,02 ppb


Méditerranée (1981)


<0,01-19 ppb


Air:




Air non pollué

D

0,2-0,6 ng/m3


Golfe Persique


0,05-0,58 ng/m3 (valeur moy.: 0,08 ng/m3)


Golfe du Mexique


0,010-0,047 ng/m3


Homme:




Lait maternel

D

1,5-1,8 mg/kg graisse


Tissus adipeux


1,1-5,3 mg/kg (valeurs moyennes)


Animaux:




Poissons (Lac Michigan; 1969-78)

USA

0,8-9,9 mg/kg


Poissons (Mer du Nord) ; 1972)


2-73 mg/kg


Sandre (Havel, Berlin; 1981)

D

2-105 mg/kg


Végétaux :




Plantes aquatiques (Danube)


2 mg/kg


Remarques:

1) Lorsqu'aucune source n'est mentionnée, les données sont citées selon RIPPEN, 1989.

EVALUATION ET REMARQUES

L'interdiction du DDT dans plusieurs pays dès le début des années 70 témoigne de la dangerosité de ce produit, qui est surtout liée à la haute persistance du DDT dans tous les compartiments de l'environnement (condition essentielle expliquant que ce produit soit désormais répandu sur toute la planète). Les critères décisifs pour l'évaluation du DDT sont la toxicité aiguë, mais aussi et surtout l'accumulation de ce produit dans les organismes vivants, les sols, les eaux de surface et les eaux souterraines, et par conséquent ses effets imprévisibles dans une optique de long terme. Dans la mesure où il existe des produits de remplacement - certes encore coûteux - il est absolument inacceptable, du point de vue écologique, de continuer à utiliser et à produire cette substance.