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close this bookManuel sur l'Environnement Volume III: Catalogue des Normes Antipollution (GTZ/BMZ, 1996, 663 pages)
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Lindane

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 58-89-9

Nom dans le registre: Lindane

Nom de la substance: g -hexachlorocyclohexane

Synonymes, noms commerciaux: Lindane , gamma-BHC, hexachlorobenzène , Hortex , Cortilan , Jacutin-fog ; connu sous au moins 80 noms commerciaux différents (également en mélange avec d'autres matières actives); une liste des noms commerciaux peut être trouvée dans: INDUSTRIEVERBAND PFLANZENSCHUTZ e.V., 1982)

Nom(s) anglais: Lindane, g -Hexachlorocyclohexane, Benzene hexachloride

Nom(s) allemand(s): Lindan, g -Hexachlorcyclohexan, Hexachlorcyclobenzol

Description générale: Cristaux incolores et inodores.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C6H6Cl6

Masse atomique relative: 290,83 g

Masse volumique: 1,85-1,90 g/cm3

Densité de gaz: 10

Point d'ébullition: 323,4°C (décomposition)

Point de fusion: 112,5°C

Tension de vapeur: 0,94 x 10-5 Pa à 40°C, 1300 Pa à 176,2°C

Solubilité: Dans l'eau: 7,3 - 7,8 mg/l à 20°C;

dans le benzène: 289 g/l à 20°C;
dans l'oxyde de diéthyle: 208 g/l à 20°C;
dans l'acétone: 435 g/l à 20°C;
aisément soluble dans l'éthanol et le chloroforme.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 12,1 mg/m3

1 mg/m3 = 0,083 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le lindane est un insecticide utilisé pour lutter contre les organismes rongeurs et suceurs dans les cultures fruitières, horticoles et de plein champ et, parfois, dans la foresterie; il est également employé pour l'éradication des parasites compromettant l'hygiène des silos et greniers vides ainsi que dans les mesures d'hygiène humaine et vétérinaire.

Origine/fabrication:

Synthèse par photochloration de benzène, laquelle donne lieu à la formation d'un mélange d'isomères de HCH dont peuvent ensuite être extraits les différents isomères. La proportion de gamma-HCH dans ce mélange varie entre 10 et 18%. Le processus de fabrication du lindane entraîne la production de 80 à 90% d'isomères résiduels non désirables. Le taux de pureté maximal est de 99%, une part de 1% étant composée d'autres isomères.

Chiffres de production:

Allemagne: 1.500 t (1977)
250 t (1982)
< 1.000 t (1985)

Production mondiale: 5.000 t (1983) plus 23.000 t sous forme de produit technique HCH

TOXICITE

Homme:

DL100 150 mg/kg

sel. UBA 1981, Ber. 10704006/1

10-20 mg/kg (intox. aiguë)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1


Mammifères:



Rat

DL50 88-125 mg/kg, v. orale

sel. CEC, 1981


L50 125-230 mg/kg, v. orale

sel. CEC, 1981


L50 500 mg/kg, v. dermale

sel. IPS, 1982


L50 >10.000 mg/kg, v. dermale

sel. RIPPEN, 1991


EN 1,25 mg/(kg/j)

VETTORAZZI, 1979

Souris

DL50 86 mg/kg, v. orale

sel. CEC, 1981


L50 245-480 mg/kg, v. orale

sel. IPS, 1982

Chien

DL50 40 - 200 mg/kg, v. orale

sel. CEC, 1981)


EN 1,6 mg/(kg/j)

VETTORAZZI, 1979

Organismes aquatiques:



Leuciscus idus melanotus

CL0 0,05/0,02 mg/l (48h)

Juhnke & LÜDEMANN, 1978


L50 0,28/0,003 mg/l (48h)

JUHNKE & LÜDEMANN, 1978


L100 0,5/0,07 mg/l (48h)

JUHNKE & LÜDEMANN, 1978

Brachydanio rerio

CL0 0,07 mg/l (48h)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1


L50 0,06/0,09 mg/l (48h)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1

Orphie

CL50 0,03-0,25 mg/l

sel. ROTH, 1988

Carpe

CL50 0,28 mg/l

sel. LOUB, 1975

Truite (Salmo trutta)

CL50 0,0017 mg/l (96h, 13°C)

sel. DVWK, 1985

Guppy (Lebistes reticulatus)

CL0 1,3 mg/l (96h)

sel. ROTH, 1988

Daphnie (Daphnia magna)

CE0 0,02 mg/l (24h)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1


E50 0,7 mg/l (24h)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1


E100 7,0 mg/l (24h)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1

Algue verte

CE0 1,7-3,8 mg/l (96h)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1

Algue verte (Chlorella spec.)

CE50 0,2-0,3 mg/l (96h)

sel. UBA, 1981, Ber. 10704006/1

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Le lindane est une substance cancérogène (sel. ROTH, 1989) qui provoque des nausées et vomissements, une excitation nerveuse et des convulsions; chez l'homme, il provoque des anomalies morphologiques du foie et du système rénal ainsi que des troubles du système nerveux central.

Insectes: Poison par inhalation; toxique pour les abeilles.

Végétaux : Modification de la structure cellulaire, lésions du système radiculaire, inhibition de la croissance et de la respiration des plantes.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Le lindane entre en solution avec l'eau à raison de 90%, une part infime étant adsorbée sur les sédiments et les matières en suspension (sel. DVGW, 1988); accumulation dans les organismes aquatiques; contamination de la nappe phréatique à proximité immédiate de décharges ainsi que dans les zones d'infiltration des eaux usées.

Atmosphère:

L'air constitue un véhicule de transport pour le lindane; volume estimé des dépôts en République fédérale d'Allemagne 6-60 t par an (SRU, 1980).

Sols:

Accumulation; substance en partie très stable et encore présente au bout de 11 à 14 ans (SIEPER, 1972; LOUB, 1975; KORTE, 1980) selon la nature, le taux humique, l'humidité du sol ainsi que le dosage et la composition des autres substances actives; pour des applications de 0,1 à 1 kg à l'hectare, le taux de dégradation est de 40 à 80% environ au bout d'un an; réduction de la flore du sol; risque de contamination des eaux souterraines, notamment sur les sols sableux (DVGW, 1988).

Demi-vie:

Sols: 8-18 mois (UBA, 1986), 200-260 jours (RIPPEN, 1991); eaux souterraines ou eaux de surface: 7 mois à 4 ans (UBA, 1986); 15-20 semaines (DVGW, 1988).

Dégradation, produits de décomposition:

Par déshydrochloration, déshydrogénation et déchloration, le lindane se dégrade pour former des hexachlorocyclohexènes (HCCHs), des pentachlorocyclohexènes et des tétrachlorocyclohexènes, puis essentiellement des chlorobenzènes et des phénols. Cette dégradation se produit généralement sous l'action de micro-organismes en conditions d'aérobiose et d'anaérobiose. Le lindane est particulièrement stable en milieu acide; dégradation abiotique en CO2 par photo-minéralisation, et au-dessus de 230 nm, transformation de l'isomère gamma en isomères alpha; la dégradation dans le sol s'effectue en plusieurs étapes: dans un premier temps, effets physiques tels que volatilisation, évaporation ou condensation avec l'eau, lessivage en profondeur, diffusion, puis seulement dégradation biologique.

Chaîne alimentaire:

Les évaluations concernant les voies d'absorption pour l'homme varient: US-EPA (1980) = eau potable 70%, consommation de poisson 30%, contamination par inhalation considérée comme insignifiante; DFG (1982) = air + eau potable < 1%, aliments d'origine animale considérés comme source principale de contamination; accumulation dans le lait maternel (HAHNE et al., 1986).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

A

(R)

3 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CDN

(L)

4 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

L

0,1 mg/l



TVO, 1990


Eau pot.

DDR

(L)

20 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

USA

(L)

4 mg/l



EPA, 1975


Eau pot.

USA

R

0,2 mg/l



EPA, 1986


Eau pot.

OMS

R

3 mg/l



OMS, 1984


Eau sout.

USA

R

5 mg/l


Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984


Eau de surf.

1)


0,1 mg/l


2)

IAWR, 1986


Eau de surf.

1)


0,5 mg/l


3)

IAWR, 1986


Eau de surf.

D

R

1,4 mg/l


2)

DVWG, 1988


Eau de surf.

D

R

6,8 mg/l


3)

DVWG, 1988


Eau de surf.

USA

R

5 mg/l


Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984


Eau de surf.

USA

R

0,01 mg/l


Prot.org.aquat.

EPA, 1976

Sols:


NL

L

2 mg/kg


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94

Air:


DDR

(L)

0,03 mg/m3

(MIK)

30 mn

sel. STERN, 1986



DDR

(L)

0,01 mg/m3

(MIK)

24 h

sel. STERN. 1986


Amb.prof.

D

L

0,5 mg/m3

MAK


sel. DFG, 1994


Amb.prof.

DDR

(L)

0,5 mg/m3

(MAK)

Val.c.durée

sel. HORN et al., 1989


Amb.prof.

DDR

(L)

0,2 mg/m3

(MAK)

Val.l.durée

sel. HORN et al., 1989


Amb.prof.

SU

(L)

0,03 mg/m3

PDK

30 mn

sel. NEWILL, 1977


Amb.prof.

SU

(L)

0,03 mg/m3

PDK

24 h

sel. NEWILL, 1977


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986


Amb.prof.

D

L

0,02 mg/l

BAT

Sang pur

DFG, 1994


Amb.prof.

D

L

0,025 mg/l

BAT

Plasma/sérum

DFG, 1994

Aliments:4)


D

R

12,5 mg/(kg/j)

ADI


OMS/FAO, 1973



OMS

R

10 mg/(kg/j)

ADI


OMS/FAO, 1984

Pommes de terre


D

L

0,1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Céréales


D

L

0,1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Thé


D

L

0,5 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Légumes


D

L

1,5 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Légumes verts


D

L

2 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse5)


D

L

0,1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse6)


D

L

0,2 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Lait


D

L

0,7 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Oeufs


D

L

2 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) Etats riverains du Rhin

2) Valeur limite en cas de traitement de l'eau potable par des procédés naturels

3) Valeur limite en cas de traitement de l'eau potable par des procédés physiques et chimiques

4) Valeurs limites fixées par décret fédéral de 1984 ("Pflanzenschutzmittel-Höchstmengenverordnung"), par référence à l'alimentation humaine

5) Dans le poisson et la viande

6) Dans les volailles

Il existe en République fédérale d'Allemagne une interdiction concernant l'utilisation de HCH de qualité technique.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Lac de Constance

D

0,005 mg/l

sel. DVGW, 1988

Rhin (Karlsruhe)

D

0,05-0,5 mg/l

sel. DVGW, 1988

Danube (Passau)

D

0,001-0,04 mg/l

sel. DVWK, 1985

Elbe

D

0,003-0,123 mg/l

sel. DVWK, 1985

Fleuves/lacs (Mississippi)

USA

0,02-0,16 mg/l

sel. DVWK, 1985

Rivières

J

0,01-0,1 mg/l

sel. DVWK, 1985

Lac Mariut

ET

0,14-7,7 mg/l

sel. DVWK, 1985

EVALUATION ET REMARQUES

Les textes légaux ne font généralement pas de distinction entre les différents isomères des hexachlorocyclohexanes, et font donc mention de valeurs cumulées. En particulier les valeurs indicatives concernant les eaux souterraines et eaux de surface se réfèrent souvent de façon globale à l'ensemble des pesticides. Selon DVGW (1988), le HCH technique est interdit dans la plupart des pays d'Europe et en Amérique du Nord, mais il est encore utilisé dans de nombreux pays en développement. On estime que la production totale de lindane parvient dans l'environnement. Les quantités totales sont estimées à 38.000 t à l'échelon mondial. La forte persistance et l'accumulation de la substance dans les tissus adipeux des hommes et des mammifères constituent de bonnes raisons pour limiter encore davantage l'application de cette substance.

Source(s) spéc.INDUSTRIEVERBAND PFLANZENSCHUTZ e.V., 1980