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close this bookManuel sur l'Environnement Volume III: Catalogue des Normes Antipollution (GTZ/BMZ, 1996, 663 pages)
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1,1,1-Trichloroethane

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

71-55-6

Nom dans le registre:

Ethane, 1,1,1-trichloro-

Nom de la substance:

1,1,1-Trichloroéthane

Synonymes, noms commerciaux: Chloréthène, méthylchloroforme, aérothène" TT , alpha-trichloroéthane, Armaclean , Armaclean spécial, Baltane , Champion Fluid , Chlorotène , Chlorothane NU , Chlorylène , Dowclene WR , Drivertan , Escothen , FO 178 , Genklène , Inhibisol , K 31 , Mécloran , méthyltrichlorométhane , NCI-CO4626, Solvéthane , Telclair X 31 , 1,1,1-tri, triéthane , Vythène C , Wacker 3X1

Nom(s) anglais:

1,1,1-Trichloroethane, Methyl chloroform

Nom(s) allemand(s):

1,1,1-Trichlorethan, Methylchloroform

Description générale:

Liquide incolore, d'odeur éthérique douceâtre.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

C2H3Cl3

Masse atomique relative:

133,41

Masse volumique:

1,338 g/cm3

Densité de gaz:

4,55

Point d'ébullition:

74,1°C

Point de fusion:

-32,6°C

Tension de vapeur:

133 hPa à 20°C; 200 hPa à 30°C; 445 hPa à 50°C

Température d'ignition:

537°C

Limites d'explosivité:

8,0 - 10,5 vol%

Seuil olfactif:

100 ppm

Solubilité:

Dans l'eau: 1,3 g/l; aisément soluble dans l'acétone, le benzène, le tétrachlorure de carbone, le méthanol, l'oxyde de diéthyle, le sulfure de carbone.

Facteurs de conversion:

1 ppm = 5,54 mg/m3


1 mg/m3 = 0,183 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Selon BGA (1985), cette substance est utilisée à raison de 30% environ comme solvant pour le dégraissage des métaux, 30% pour le nettoyage à froid des métaux, 30% comme solvant dans les peintures, mastics, colles, produits de nettoyage pour moteurs, vernis, lubrifiants, pellicules rétractables, revêtements protecteurs, insecticides et aérosols, les 10% restants concernant des utilisations très diverses comme p.ex. les correcteurs liquides pour machines à écrire.

La demande a baissé ces dernières années suite à l'adoption d'une réglementation stricte par de nombreux pays industrialisés. Ce solvant a été remplacé par d'autres produits dans de nombreuses applications. Des stabilisateurs sont toujours ajoutés au produit commercial. Le produit commercial contient toujours des stabilisateurs, et devient explosif en présence de taux d'oxygène et de températures élevés. En République fédérale d'Allemagne, le décret de 1980 sur les matières industrielles ("Arbeitsstoffverordnung") fait figurer le 1,1,1-trichloroéthane parmi les substances dangereuses pour la santé humaine.

Origine/fabrication:

Le 1,1,1-trichloroéthane n'existe pas à l'état naturel; il est produit industriellement à partir de 1,2-dichloroéthane ou d'éthane.

Chiffres de production:

USA

1980

314.022 t

(ATRI, 1985)

CE

1978

123.000 t

(ATRI, 1985)

Japon

1980

86.000 t

(ATRI, 1985)

République fédérale d'Allemagne

1978

35.000 t

(DVGW, 1985)

Production mondiale

1984

450.000 t

(ULLMANN, 1986)

TOXICITE

Mammifères:

Souris

DL50 2.568-9.700 mg/kg, v.orale

sel. EPA, 1984

Rat

DL50 10.000 mg/kg (14 j)

sel. UBA, 1986

Rat

DL50 11.000-14.300 mg/kg, v.orale

sel. EPA, 1984

Lapin

DL50 15.800 mg/kg, v.dermale

sel. EPA, 1984

Chien

DL50 4.140 mg/kg, v.intraveineuse

sel. EPA, 1984

Cobaye

DL50 8.600 mg/kg, v.orale

sel. EPA, 1984

Organismes aquatiques:

Orphie

CL0 94 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Orphie

CL50 123 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Orphie

CL100 201 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Vairon d'Amérique

CL50 52,8-105 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Grande perche soleil

CL50 69,7 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Daphnie

CL0 2.275 mg/l (24 h)

sel. UBA, 1986

Daphnie

CL50 530 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Daphnie

CL100 2.384 mg/l (24 h)

sel. UBA, 1986

Algue bleue

CE3 350 mg/l (7 j, pH=7)

sel. UBA, 1986

Algue verte

CE3 430 mg/l (7 j, pH=7)

sel. UBA, 1986

Invertébrés:

Pseudomonas putida

CE10 > 100 mg/l (30 mn)

sel. UBA, 1986

Pseudomonas putida

CE3 > 100 mg/l (16 h, pH=7)

sel. UBA, 1986

Uronema parduczi

CE5 > 1.040 mg/l (20 h, pH=6,8)

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: L'inhalation de 1,1,1-trichloroéthane a un effet anesthésiant. Cette substance est nettement moins toxique que des solvants comparables comme le trichloroéthène ("Tri ") et le tétrachloroéthylène ("Per"). Comme les autres hydrocarbures chlorés, le 1,1,1-trichloroéthane peut causer des lésions hépatiques graves.

L'inhalation de fortes concentrations provoque une perte de conscience, un abrutissement, une baisse de la réactivité, des paralysies de l'appareil respiratoire et circulatoire, puis la mort. La concentration limite pour l'apparition des premiers signes de paralysie chez l'homme est évaluée à 500 ppm, et à partir de 1000 ppm, on observe des effets narcotisants (BGA, 1985). A la suite d'études américaines, on soupçonne désormais le 1,1,1-tricloroéthane d'être responsable de tumeurs du foie.

En République fédérale d'Allemagne, le 1,1,1-trichloroéthane fait partie de la classe de risque C pour les grossesses (il n'y a pas lieu de redouter une atteinte du foetus à condition d'observer les valeurs limites MAK et BAT).

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Le 1,1,1-trichloroéthane étant plus lourd que l'eau, il se dépose de manière homogène dans les eaux souterraines. Il migre dans le cycle biologique par la voie aquatique. Cette substance est répandue de manière ubiquitaire dans toutes les eaux superficielles; dans les océans, on observe depuis plusieurs années une augmentation de la concentration de ce produit.

Atmosphère:

90% de la production mondiale migrent dans l'atmosphère où ils contribuent à la destruction de la couche d'ozone (DVGW, 1985).

Sols:

Il y a accumulation de 1,1,1-trichloroéthane dans les sols insaturés d'eau et dans les boues d'épuration.

Demi-vie:

Dans les sols insaturés d'eau, la demi-vie dépasse 2 ans. La demi-vie dans la troposphère est évaluée à 5-10 ans (UBA, 1986) et dans l'eau de mer à 39 semaines, pour un pH = 8 et à 10°C (ATRI, 1985).

Dégradation, produits de décomposition:

La dégradation dans la troposphère - selon ATRI (1985) env. 15% des émissions totales - produit d'abord du phosgène, puis du CO2 et du chlorure d'hydrogène (HCl). Etant donné que le 1,1,1-trichloroéthane réagit avec l'ozone, il peut endommager la couche d'ozone (à raison de 0,4% selon ATRI, 1985). Des études récentes ont révélé que le 1,1,1-trichloroéthane peut se transformer en 1,2-dichloroéthylène, qui est une substance toxique dans l'horizon C du sol (DVGW,1985).

Chaîne alimentaire:

Le 1,1,1-trichloroéthane est absorbé à raison de 79% par inhalation, de 17% par la chaîne alimentaire et de 4% par l'intermédiaire de l'eau potable.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau pot.

D

L

0,01 mg/l


1)

sel. TVO, 1990


Eau pot.

CE

R

0,001 mg/l


2)

sel. DVGW, 1985










Eau sout.

D

R

0,025 mg/l


1)

sel. UBA, 1986

Air:


D

L

90 mg/m3

MIK

Val.c.durée

sel. BAUM, 1988



D

L

30 mg/m3

MIK

Val.l.durée

sel. BAUM, 1988


Emission

D

L

100 mg/m3


flux massique ³ 2 kg/h

sel. TA-Luft, 1986


Amb. prof.

D

L

1.080 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb. prof.

SU

(L)

20 mg/m3

PDK


sel. SORBE, 1986


Amb. prof.

USA

L

1.900 mg/m3


Val.l.durée

ACGIH, 1986


Amb. prof.

USA

L

2.450 mg/m3


Val.c.durée

ACGIH, 1986

Aliments:


D

(R)

37,5 mg/(kg/j)

ADI


sel. UBA, 1986



D

L

0,1 mg/kg


3)

sel. UMWELT, 1989



D

L

0,2 mg/kg


4)

sel. UMWELT, 1989

Remarques:

1) Concentr. cumulée de 1,1,1-trichloroéthane, dichlorométhane, trichloréthylène et tétrachloréthylène

2) Cumul des composés organiques chlorés sauf pesticides

3) Par référ. à une consommation d'eau potable de 2 l et une consommation de poisson de 6,5 g/j

4) 0,1 mg/kg resp. pour l'une de ces substances: tétrachloréthylène, trichloroéthane ou chloroforme.

5) Valeur cumulative de plusieurs solvants contenus dans un même produit alimentaire

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux de surface:




Affluents du Rhin tributaries, 1978

D

0,1-20 mg/l

sel. DVGW, 1985

Rhin: (Lobith, 1978)

D

0,01-0,67 mg/l

sel. DVGW, 1985

Main (Kostheim, 1978)

D

1,76-2,57 mg/l

sel. DVGW, 1985

Main inférieur (1980)

D

max. 98 mg/l

sel. DVGW, 1985

Eau potable:




Ried (1980)

D

max. 1,5 mg/l

sel. DVGW, 1985

Mannheim (1980)

D

max. 2,5 mg/l

sel. DVGW, 1985

Japon (5 villes, 1977)

J

max. 0,5 mg/l

sel. DVGW, 1985

Vienne (1980)

A

0,11 mg/l

sel. DVGW, 1985

Göteborg (1978)

S

0,06 mg/l

sel. DVGW, 1985

Atmosphère:




Concentr. moy.de l'air


0,1 mg/m3

sel. DVGW, 1985

Zones à forte population


0,5-1 mg/m3

sel. DVGW, 1985

Brême (Mai-Juin 1980)

D

0,98 mg/m3 (n=15)

sel. ATRI, 1985

Bochum (Juin-Déc. 1978)

D

1,8 mg/m3

sel. ATRI, 1985

Chutes du Niagara et Buffalo

USA

3.600 ng/m3

sel. ATRI, 1985

Sédiments:




Ruhr (1972-1981)

D

< 1 mg/l

sel. DVGW, 1985

Boues d'épuration

GB

0,02 mg/kg

sel. ATRI, 1985

Aliments:




Prod. Laitiers avec fruits

D

max. 0,6 mg/kg

sel. ATRI, 1985

Huile d'olive

E

10 mg/kg

sel. ATRI, 1985

Viande de boeuf, graisse

GB

6 mg/kg

sel. ATRI, 1985

Pommes de terre

GB

4 mg/kg

sel. ATRI, 1985

EVALUATION ET REMARQUES

Bien que le 1,1,1-trichloroéthane soit moins toxique que d'autres hydrocarbures chlorés, son utilisation doit être limitée. En effet, l'exposition chronique à de faibles concentrations peut induire des tumeurs malignes du foie. Par ailleurs, il se distingue d'autres solvants comme le tétrachloroéthylène et le trichloroéthène en ceci qu'il contient de fortes concentrations de stabilisateurs qui, à leur tour, ont des effets fortement nocifs. Ainsi, une substance peu toxique à l'état pur peu devenir hautement toxique sous forme de mélange à des additifs. On observe une accumulation croissante de résidus dans les eaux souterraines ainsi que dans l'atmosphère.