Cover Image
close this bookManuel sur l'Environnement Volume III: Catalogue des Normes Antipollution (GTZ/BMZ, 1996, 663 pages)
close this folder5. Substances chimiques et groupes de substances/registre des substances
close this folder5.4 Registre des substances
close this folder5.4.4 Fiches d'information classées selon les substances chimiques et groupes de substances - par ordre alphabétique
View the documentAcide acetique (2,4-dichlorophenoxy)
View the documentAcide 2,4,5-trichlorophenoxy acetique
View the documentAcroleine
View the documentAldrine
View the documentAmiante
View the documentAntimoine
View the documentArsenic
View the documentAtrazine
View the documentBaryum
View the documentBenzene
View the documentBeryllium
View the documentBiphenyles polychlores
View the documentBrome
View the documentBromure de methyle
View the documentCadmium
View the documentCarbaryl
View the documentChlordane
View the documentChlore
View the documentChloroforme
View the documentChlorophenols
View the documentChlorure de vinyle
View the documentChrome
View the documentCobalt
View the documentCresols
View the documentCuivre
View the documentDdt
View the documentDichlorvos
View the documentDieldrine
View the documentDinitro-o-cresol
View the documentDioxines
View the documentDioxyde de soufre
View the documentEndosulfan
View the documentEndrine
View the documentEpichlorohydrine
View the documentFluorure d'hydrogene
View the documentFormaldehyde
View the documentHexachlorobenzene
View the documentHydrocarbures aromatiques polycycliques
View the documentHydrogene sulfure
View the documentLindane
View the documentMalathion
View the documentMercure
View the documentMonoxyde de carbone
View the documentNaphthalene
View the documentNaphthalenes chlores
View the documentNickel
View the documentNitrate
View the documentOxyde d'azote
View the documentOzone
View the documentParaquat
View the documentParathion
View the documentPhenol
View the documentPlomb et ses composes inorganiques
View the documentPlomb et ses composes organiques
View the documentPyridine
View the documentTetrachloroethene
View the documentThallium
View the documentToluene
View the document1,1,1-Trichloroethane
View the documentTrichloroethene
View the documentVanadium
View the documentZinc

Acide acetique (2,4-dichlorophenoxy)

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

94-75-7

Nom dans le registre:

Acide acétique (2,4-dichlorophénoxy)

Nom de la substance:

Acide acétique (2,4-dichlorophénoxy)

Synonymes, noms commerciaux:

2,4-D

Nom(s) anglais:

2,4-Dichlorophenoxy acetic acid

Nom(s) allemand(s):

2,4- Dichlorophenoxyessigsäure

Description générale:

Poudre cristalline incolore, à odeur de moisi.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

C8H6Cl2O3

Masse atomique relative:

221,04 g

Masse volumique:

1,563 g/cm3

Point d'ébullition:

160°C à 50 Pa

Point de fusion:

140,5°C

Tension de vapeur:

<10-5 Pa

Solubilité:

Dans l'eau: 0,55 g/l; dans l'huile d'olive


0,5 g/l, dans le benzène 6 g/l, dans l'acétone 850 g/l.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

2,4-D ainsi que ses sels et esters sont utilisés comme herbicides, surtout pour les plantes à larges feuilles. En général, les doses d'application se situent entre 0,3 et 4,5 kg à l'hectare. Ces substances sont souvent utilisées en association avec d'autres herbicides. Avec MCPA (acide 2-méthyl-4-chlorophénoxyacétique), 2,4-D est l'un des herbicides les plus utilisés dans les cultures céréalières. L'ester butylique de 2,4-D et 2,4,5-T a été utilisé pendant la guerre du Viet Nam par les USA sous l'appellation "Agent Orange" pour la défoliation des forêts du Viet Nam Sud.

Origine/fabrication:

N'existe probablement pas à l'état naturel. 2,4-D est fabriqué par chloration de phénol, puis condensation du produit ainsi obtenu avec l'acide chloracétique. Le produit technique peut contenir entre 0,1 et 0,6% de chlorophénols et des traces de dibenzodioxines et de dibenzofurannes polychlorés.

Chiffres de production:

Production mondiale env. 100.000 t/a; CE (1980) 15.000-20.000 t; USA (1976) 17.000 t.

Chiffres d'émission (estimés):

L'intégralité des quantités produites parvient dans le milieu naturel. Par ailleurs, du 2,4-D se forme après hydrolyse en tant que métabolite des esters de l'acide utilisés comme herbicides.

TOXICITE

Homme:

DL50 80 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

LDLo 50-500 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989


TCLo 0,01 mg/l, inhalation

sel. RIPPEN, 1989


Mammifères:



Souris

DL50 360-368 mg/kg, v. orale

sel. DFV, 1986

Rat

DL50 375-1200 mg/kg, v. orale

sel. DFV, 1986

DL50 1 500 mg/kg, v. dermale

sel. RIPPEN, 1989


Lapin

DL50800 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

DL50> 1 600 mg/kg, v. dermale

sel. RIPPEN, 1989


Chien

DL50100 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Oiseaux

DL50 540 mg/kg

sel. RIPPEN, 1989

Organismes aquatiques:



Orphie

CL50 250 mg/l

sel. RIPPEN, 1989

Truite arc-en-ciel

CL501,1 mg/l (96h) (acide libre)

sel. PERKOW, 1985

CL50100 mg/l (96h) (sel de di-éthylamine)

sel. PERKOW, 1985


Truite arc-en-ciel alevine

CL500,022-0,033 mg/l (96 h)

sel. RIPPEN, 1989

Daphnie (Daphnia magna)

CL50> 100 mg/l (48 h)

sel. RIPPEN, 1989

Algues

CL5050 mg/l (10 j, croissance inhibée)

sel. RIPPEN, 1989

Autres organismes:



Lombric

CL50 10-100 mg/cm2, application (48 h)

sel. RIPPEN, 1989

Actinomyces

CE50160-184 mg/kg

sel. RIPPEN, 1989

Champignons édaphiques

CE80 75-128 mg/kg

sel. RIPPEN, 1989

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Effet cancérogène controversé, tératogénicité démontrée dans le cadre d'expériences sur le rat. 2,4-D peut être résorbé par l'appareil digestif et par la peau, et l'ester de 2,4-D peut en outre être résorbé par les poumons. Ce produit agit sur le système nerveux central et périphérique (convulsions et paralysies), sur la motricité et sur le métabolisme intermédiaire des glucides. Absorbé par voie orale, 2,4-D est rapidement éliminé sans subir aucune transformation, et ne s'accumule pas dans l'organisme humain (DVGW, 1988). Provoque de fortes irritations oculaires et irrite légèrement la peau.

Végétaux : 2,4-D modifie le métabolisme, et notamment celui de l'acide nucléique.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Dans le milieu aquatique, les esters de 2,4-D se transforment par hydrolyse en acides correspondants.

Sols:

En raison de la bonne solubilité notamment des sels alcalins et d'amines dans l'eau, 2,4-D est très mobile dans le sol, de sorte qu'une pollution des eaux souterraines par infiltration n'est pas exclue.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

Sous l'action de la lumière ultraviolette, 2,4-D se transforme d'abord en chlorophénols et en polyphénols, puis en substances proches de l'acide humique. En anaérobiose, du 2,4-dichlorophénol a été identifié dans des sédiments et des organismes aquatiques, et du 4-chlorophénol (comme produit intermédiaire) dans des limons organiques (sapropel).

Périodes de demi-vie: 4-29 j dans le sol, env. 5 j dans les végétaux (selon l'espèce). La persistance de 2,4-D dans les eaux de surface ou dans les eaux souterraines semble soumise à de fortes fluctuations selon les saisons. Les données disponibles varient entre une dégradation totale en 36 jours et une dégradation de 8% seulement au bout de 78 jours en milieu expérimental. RIPPEN (1989) indique des demi-vies dans les eaux de surface allant de <12 à 50 jours.

Chaîne alimentaire:

Bioaccumulation dans les algues (Chlorella fusca).

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

A

(L)

50 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CDN

(L)

100 mg/l

MAC


sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

L

100 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

R

100 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

USA

R

100 mg/l



sel. RIPPEN, 1988


Eau pot.

OMS

R

100 mg/l



sel. RIPPEN, 1988


Eau surf.

AUS

R

4 mg/l

RMC

Prot.org.aquat.

sel. CES, 1985


Eau surf.

MEX

(L)

0,1 mg/l


(+dér.)estuaires

sel. CES, 1985


Eau surf.

MEX

(L)

0,01 mg/l


Eaux côtières

sel. CES, 1985

Air:

Amb.prof.

D

L

10 mg/m3


Sels+esters incl.

DFG, 1989


Amb.prof.

SU

(L)

1 mg/m3



sel. DVGW, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

10 mg/m3

TWA


sel. RIPPEN, 1989

Aliments:


OMS

R

0,3 mg/(kg·j)

ADI


sel. RIPPEN, 1989




D

(R)1)

0,1 mg/(kg·j)

DTA

sel. DFG, 1986

Agrumes

D

L

2 mg/kg


sel. DVGW, 1988

Autres fruits

D

L

0,1 mg/kg


sel. DVGW, 1988

Remarques:

1)Groupe de travail 'Toxicologie' de la 'Deutsche Forschungsgemeinschaft' (Association de Recherche allemande).

Utilisation interdite, notamment en Tchécoslovaquie et en Suède, et utilisation soumise à certaines contraintes en Grande-Bretagne.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eau :




Eau potable (1983)

USA

0,04 mg/l

sel. RIPPEN, 1989

Rhin (km 865, 1978)


< 0,01 mg/l

sel. RIPPEN, 1989

Eaux de surface (1983)

USA

100 mg/l, (max.)

sel. RIPPEN, 1989

Eau d'écoulement forêt

D

2000 mg/l (appl. 4,5 kg/ha, ester)

sel. RIPPEN, 1989

Sols/sédiments:




Boues d'épuration

USA

0,55-7 300 mg/kg MS(n = 55 de 223)

sel. RIPPEN, 1989

EVALUATION ET REMARQUES

La mobilité comparativement élevée du 2,4-D implique un risque de pollution des milieux aquatiques - y compris des eaux souterraines - aux abords du lieu d'application. Ceci doit notamment être pris en ligne de compte lorsque les eaux éventuellement contaminées servent de réservoir d'eau potable. Comme en témoignent les valeurs limites indiquées ci-dessus, la toxicité du 2,4-D fait l'objet d'évaluations très différentes selon les sources. Pour ce qui concerne l'eau potable, les valeurs indiquées peuvent varier de 1 à 1.000.

Acide 2,4,5-trichlorophenoxy acetique

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 93-76-5

Nom dans le registre: Acide acétique, (acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique) (2,4,5-T)

Nom de la substance: Acide 2,4,5-Trichlorophénoxy acétique

Synonymes, noms commerciaux: 2,4,5-T

Nom(s) anglais: 2,4,5-Trichlorophenoxy acetic acid

Nom(s) allemand(s): 2,4,5-Trichlorphenoxyessigsäure, 2,4-5-T

Description générale: Cristaux incolores à blanc dégageant une odeur de moisi.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C8H5Cl3O3

Masse atomique relative: 255,49 g

Masse volumique: 1 803 g/cm3 à 20°C

Point d'ébullition: Décomposition au-dessus de 200°C

Point de fusion: 157-158°C (acide); 113-115°C (sel de triéthanolamine)

Tension de vapeur: 0,7 x 10-6 Pa à 25°C

Solubilité: Dans l'eau: 280 mg/l à 25°C;

dans l'oxyde de diéthyle: 234 g/l;dans le toluène: 7,3 g/l;

dans le xylène: 6,1 g/l;

soluble dans l'isopropanol;

les sels alcalins et aminés de 2,4,5-T sont aisément solubles dans l'eau, alors que les esters sont pratiquement insolubles dans l'eau mais solubles dans les huiles minérales.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le 2,4,5-T est utilisé dans la foresterie et dans l'agriculture, en particulier comme herbicide systémique (destruction de plantes non herbacées et de taillis feuillus). L'armée américaine s'est servie de cette substance lors des campagnes de défoliation engagées au cours de la guerre du Viet Nam (mélange de 2,4,5-T et de 2,4-D). Ces mixtures renfermaient d'importantes quantités de TCDD , qui ont été à l'origine de maladies graves. Le 2,4,5-T sous forme de sels ou d'esters est surtout appliqué en association avec d'autres acides gras phénoxy. En République fédérale d'Allemagne, l'utilisation de ce produit est limitée par diverses contraintes.

Origine/fabrication:

Le 2,4,5-T est un produit de synthèse fabriqué par réaction de 2,4,5-trichlorophénol, d'acide monochloracétique et d'hydroxyde de sodium. Souvent, la production de 2,4,5-T s'effectue à partir de résidus de lindane .

Le produit technique contient 2,9% d'acide dichlorométhoxyphénoxyacétique, 0,6 % d'acide dichlorophénoxyacétique, 0,4% d'acide bis(2,4,5-trichloro-phénoxyacétique et < 0,5 ppm de TCDD (dioxine). Depuis 1981, les fabricants garantissent un taux inférieur à 0,01 mg/kg de TCDD (DFG, 1986). Il existe environ 400 produits contenant du 2,4,5-T.

Chiffres de production:

Production mondiale (prod. est. 1992)

1.000-3.000 t

(RIPPEN, 1989)

USA (1968)

27.000 t

(RIPPEN, 1989)

USA (1979)

<1.000 t

(RIPPEN, 1989)

USA (1985)

Interdite

(RIPPEN, 1989)

Rép. féd. d'Allemagne (1977)

1.800 t

(RIPPEN, 1989)

Rép. féd. d'Allemagne (1984)

Arrêt de la production


CE (1980)

1.000 t

(RIPPEN, 1989)

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 500 mg/kg, v.orale

sel. PERKOW, 1989

Rat

DL50 >5.000 mg/kg, v.dermale

sel. PERKOW, 1989

Rat

DL50 300-800 mg/m3, v.orale

sel. RIPPEN, 1989

Rat

CL50 0,83 mg/l, inh. (4 h)

sel. RIPPEN, 1989

Souris

DL50 389 mg/kg, v.orale

sel. RIPPEN, 1989

Chien

DL50 100 mg/kg, v.orale

sel. RIPPEN, 1989

Cobaye

DL50 380 mg/kg, v.orale

sel. RIPPEN, 1989

Oiseaux:



Poulet

DL50 310 mg/kg, v.orale

sel. RIPPEN, 1989

Organismes aquatiques:



Truite arc-en-ciel

CL50 0,98 mg/l, semistat. (96 h)

sel. RIPPEN, 1989

Roccus lineatus

CL50 15 mg/l (96 h)

sel. RIPPEN, 1989

Carpe

CL50 0,87 mg/l (48 h)

sel. RIPPEN, 1989

Orphie

CL50 530 mg/l (48 h)

sel. RIPPEN, 1989

Végétaux:



Graines de cresson

DE50 0,02 ppm

sel. RIPPEN, 1989

Graines de seigle d'hiver

DE50 8,3 ppm (72h)

sel. RIPPEN, 1989

Remarques:

De nombreuses données de toxicité pour différentes espèces animales se trouvent dans DFG (1986).

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: Le 2,4,5-T provoque des irritations oculaires et cutanées. Une résorption cutanée est possible. L'exposition prolongée entraîne des dysfonctionnements du foie, des anomalies du comportement et des troubles nerveux. Les pollutions dues aux chlorophénols et aux TCDD sont à l'origine de cas fréquents d'acné chlorique. Les effets tératogènes sont attribués aux TCDD et non pas au 2,4,5-T à l'état pur.

La concentration (maximale) à effet nul (CEN) chez l'animal le plus sensible (souris) est de 20 mg/kg (DFG, 1986). Des effets faiblement mutagènes et tératogènes ont été observés. Le pouvoir cancérogène du 2,4,5-T n'a pas pu être définitivement établi à ce jour.

Végétaux: Le 2,4,5-T est un défoliant puissant. Les végétaux (et en particulier les dicotylédones) absorbent le 2,4,5-T par les feuilles, puis le métabolisent. De nombreux processus du métabolisme sont perturbés par ce produit. La contamination directe se manifeste parfois par une réduction de la perméabilité passive, mais aussi par une intensification de l'oxygénation et de la croissance. Le 2,4,5-T a par ailleurs pour effet de découpler la chaîne respiratoire.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Dans le milieu aquatique, le 2,4,5-T est modérément adsorbé sur les matières organiques en suspension et les sédiments. Il forme une pellicule à la surface de l'eau et se décompose par photolyse. Des résidus peuvent migrer dans les eaux souterraines.

Atmosphère:

Sous climats chauds, une part non négligeable des quantités épandues s'évapore. Dès lors qu'il est parvenu dans l'atmosphère, le 2,4,5-T se décompose par photolyse ou est ramené au sol par les précipitations. La demi-vie estimée s'élève à 1 jour environ.

Sols:

Dans le sol, le 2,4,5-T soit subit une dégradation microbienne soit s'évapore dans l'atmosphère. Compte tenu de la mobilité modérée dans le sol, la plus grande part de cet herbicide reste confinée dans la couche supérieure du sol (jusqu'à une profondeur de 10 cm). De grandes quantités sont soustraites au sol par les plantes.

Demi-vie:

Dans le sol, le 2,4,5-T est dégradé à raison de plus de 90% en 70 jours et à raison de 99% en l'espace d'un an (WEGLER, 1982). Selon RIPPEN (1989), la "durée de décontamination" (extrapolation) est cependant de 270 jours. Pour les sols, la demi-vie se situerait entre 2 et 10 semaines (DFG, 1986). Dans l'argile humide (pour des applications de 0,6-3,4 kg/ha), cette substance demeure décelable pendant 2 à 5 semaines. Dans les stations d'épuration, le processus de dégradation cesse au bout de 7 jours en aérobiose. La demi-vie dans l'herbe est de 17 jours environ.

Dégradation, produits de décomposition:

A partir de 500°C, la substance subit une décomposition thermique avec formation de TCDD. Le 2,4,5-T est stable en milieu acide. Dans le sol, la dégradation microbienne est prédominante, la transformation en C02 étant accélérée par les matières humiques et l'acide fulvinique. Dans les sédiments anaérobies et lors de la photolyse en présence de matières humiques, on assiste à la formation de 2,4,5-trichlorophénol. Le 2,4,5-T se transforme en chlorophénols, en polyphénols, en quinones et en produits apparentés à l'acide humique.

Effets cumulatifs:

On présume qu'il existe une synergie avec TCDD (> 1,5 ppm) (RIPPEN, 1989). Des injections sous-cutanées de lindane, de phénobarbital ou de DDT sur plusieurs jours entraînent une accélération du métabolisme du 2,4,5-T.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau surface

CE

L

0,001 mg/l


1)

sel. DVGW, 1988


Eau surface

CE

L

0,0025 mg/l


2)

sel. DVGW, 1988


Eau surface

CE

L

0,005 mg/l


3)

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

A


10 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

L

0,1 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

L

0,1 mg/l



sel. DVGW, 1988

Air:

Amb. prof.

D

L

10 mg/m3

MAK


sel. DFG, 1994


Amb. prof.

USA

(L)

10 mg/m3

TWA


sel. RIPPEN, 1989

Aliments:


D

R

0,03 mg/(kg/j)

ADI

TCDD: <0,01 mg/kg

DFG, 1986



D

L

2 mg/kg

4)

Champ. d.bois

sel. DVGW, 1988



D

L

0,05 mg/kg

4)

Aliments végét.

sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) Pour traitement de l'eau potable: A1 pour traitement et désinfection par des procédés physiques simples

2) Pour traitement de l'eau potable: A2 pour traitement et désinfection par des procédés physiques et chimiques normaux

3) Pour traitement de l'eau potable: A3 pour traitement, oxydation, adsorption et désinfection par des procédés physiques et des méthodes chimiques sophistiquées

4) Décret sur les doses maximales de pesticides, situation 1984 ("Pflanzenschutzhöchstmengenverordnung")

Utilisation interdite en Italie depuis 1970; ceci est également le cas aux Pays-Bas, en Norvège, en Suède et aux USA.

En République fédérale d'Allemagne, la part admissible de TCDD ne doit pas dépasser 0,005 mg/kg de matière technique active (DFG, 1986).

L'utilisation de 2,4,5-T est soumise à des contraintes aux abords de milieux aquatiques en République fédérale d'Allemagne (Décret fédéral sur l'utilisation des pesticides , situation 1986: utilisation interdite à partir d'avions ou de véhicules sur rails ainsi que sur les surfaces non exploitées à des fins agricoles ou horticoles).

Depuis 1985, la totalité des formulations de 2,4,5-T sont interdites à la vente.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Aliments:




Poule d'eau (muscles) en zone polluée


<1,34 ppm

sel. RIPPEN, 1989

Poule d'eau (graisse) en zone polluée


<30 ppb

sel. RIPPEN, 1989

Feuillage (n=37)

SF

0,1-30 ppm

sel. RIPPEN, 1989

Champignons (n=26)

SF

<0,02-1,8 ppm

sel. RIPPEN, 1989

Baies des bois (n=32)

SF

0,07-15 ppm

sel. RIPPEN, 1989

EVALUATION ET REMARQUES

Les études épidémiologiques qui existent à l'heure actuelle font état de faibles risques de tumeurs cancéreuses mais révèlent par contre des effets tératogènes sur certaines espèces animales. Ces effets sont plus ou moins prononcés selon les espèces concernées et les doses administrées. Pour éviter la formation de TCDD, les résidus de 2,4,5-T doivent être incinérés. Lors d'application comme herbicide, la dérive des brouillards nébulisés doit être surveillée.

Acroleine

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 107-02-8

Nom dans le registre: Acroléine

Nom de la substance: 2-Propénal

Synonymes, noms commerciaux: Propénal, acrylaldéhyde, allylaldéhyde

Nom(s) anglais: Acroleine, 2-propenal

Nom(s) allemand(s): Acrolein, 2-Propenal

Description générale: Liquide incolore ou jaunâtre ayant une odeur pénétrante.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C3H4O

Masse atomique relative: 56,06 g

Masse volumique: 0,84 g/cm3

Densité de gaz: 1,94

Point d'ébullition: 52,5°C

Point de fusion: -87°C

Tension de vapeur: 29,3 x 103 Pa

Point d'éclair: -26°C (en vase clos)

Température d'auto-ignition: 280°C

Limites d'explosivité: 2,8 - 31 vol.% (dans l'air)

Seuil olfactif: 0,2-0,4 ppm

Solubilité: Dans l'eau: 21,4 % du poids;

soluble dans des solvants organiques.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 2,33 mg/m3

1 mg/m3 = 0,43 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

L'acroléine est un produit intermédiaire important principalement utilisé pour la production de D,L-méthionine (acide aminé essentiel donné comme complément fourrager) ou d'acide acrylique (employé pour fabriquer des acrylates). Cette substance est, en outre, un biocide aquatique à large spectre, qui est très efficace et qui est notamment utilisé pour contrôler la croissance des mauvaises herbes aquatiques. Etant donné que son seuil d'irritation et de nuisance olfactive se situent à de faibles valeurs, l'acroléine est ajoutée à d'autres substances hautement toxiques à fins d'avertissement.

Origine/fabrication:

L'acroléine est produite par l'oxydation du propène en phase gazeuse. L'acide acrylique et les oxydes de carbone sont des sous-produits de cette réaction.

TOXICITE

Homme:

LCLo 153 ppm, inhalation (10 mn)

sel. UBA, 1986

TCLo 1 ppm, inhalation

sel. UBA, 1986


TCLo 330 ppb, inhalation (enfant, 2h)

sel. UBA, 1986


Mammifères:



Rat

LCLo 8 ppm, inhalation (4h)

sel. UBA, 1986

DL50 46 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986


DL50 50 mg/kg, v. subcutanée

sel. UBA, 1986


Souris

CL50 66 ppm, inhalation (6 h)

sel. UBA, 1986

DL50 40 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986


LDLo 2 mg/kg, v. intrapéritonéale

sel. UBA, 1986


Organismes aquatiques:



Poissons:

1-5 ppm = létal

sel. UBA, 1986

Plantes aquatiques:

1,5-7,5 mg/l = toxique

sel. UBA, 1986

Animaux à sang froid:

0,05-5 mg/l = toxique

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: L'empoisonnement à l'acroléine se traduit par une grave irritation des yeux, de la peau, des organes respiratoires de même que de la région gastro-intestinale. Une faible exposition provoque des troubles du système nerveux central, s'accompagnant de vertiges, d'une sensation de lourdeur et de perte de conscience. De fortes concentrations peuvent causer des brûlures graves de même que des bronchites, des pneumonies et des oedèmes pulmonaires. Des effets mutagènes n'ont à ce jour été observés que parmi les protozoaires.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

L'acroléine est un liquide toxique, très inflammable et volatile qui représente un danger pour tous les types d'eaux, et en particulier pour l'eau potable (catégorie de risques pour l'eau WGK = 2). Selon le pH, des concentrations extrêmement faibles peuvent avoir des effets toxiques sur les organismes aquatiques.

L'acroléine est un constituant du smog photochimique et - outre son oxydation dans l'air - elle est photolysée et produit des monoxydes de carbone, du dioxyde de carbone et de l'eau de même que des hydrocarbones non saturés.

De manière générale, l'acroléine n'est pas très persistante, est fortement réactive et peut faire l'objet d'une dégradation physique et chimique relativement rapide. On suppose qu'il n'y a pas de bioaccumulation (KOCH, 1989).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:


D

L

0,01 mg/m3


Val. l. durée

sel. BAUM, 1988



D

L

0,025 mg/m3


Val. c. durée

sel. BAUM, 1988


Emmission

D

L

20 mg/m3


flux massique ³ 0,1 kg/h

sel. TA-Luft 1986



DDR

(L)

0,02 mg/m3


Val. c. durée

sel. HORN, 1989



DDR

(L)

0,01 mg/m3


Val. l. durée

sel. HORN, 1989



H

(L)

0,1 mg/m3



sel. STERN, 1986



IL

(L)

0,1 mg/m3


24 h

sel. STERN, 1977



IL

(L)

0,25 mg/m3


30 mn

sel. STERN, 1977



SU

(L)

0,03 mg/m3


24 h, 30 mn

sel. STERN, 1977


Amb. prof.

D

L

0,25 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb. prof.

DDR

(L)

0,3 mg/m3


Val. c. durée

sel. HORN, 1989


Amb. prof.

SU

(L)

0,2 mg/m3

PDK


sel. SORBE, 1989


Amb. prof.

USA

(L)

0,25 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986


Amb. prof.

USA

(L)

0,8 mg/m3

STEL


ACGIH, 1986

VALEUR COMPARATIVE/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Air:




Air extérieur

DDR

0,002 - 0,03 mg/m3

sel. HORN, 1989

EVALUATION ET REMARQUES

Etant donné que l'acroléine représente un danger considérable pour l'eau, cette substance ne doit pas être utilisée à proximité de sites récupérés sur l'eau et/ou de sites de réalimentation de la nappe phréatique. Une évaluation globale ne peut pas être faite compte tenu du manque d'information sur le comportement environnemental et sur la toxicité de cette substance.

Aldrine

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

309-00-2

Nom dans le registre:

Aldrine

Nom de la substance:

1,2,3,4,10,10-hexachloro-1,4,4a,5,8,8a-hexahydro-1,4-endo,exo-5,8- diméthanonaphthalène

Synonymes, noms commerciaux:

Hexachlorodiméthanonaphthalène; hexachloro-1,2,3,4,10,10-hexahydro-1,4,4a,5,8,8a-exodiméthano-1,4,5,8-naphthalène; HHDN, Aldrex, octalen, Seedrin

Nom(s) anglais:

Aldrin, 1,2,3,4,10,10-Hexachloro-1,4,4a,5,8,8a-hexahydro-1,4-endo,exo-5,8- dimethano-naphthalene

Nom(s) allemand(s):

Aldrin, 1,2,3,4,10,10-Hexachlor-1,4,4a,5,8,8a-hexahydro-1,4-endo,exo-5,8- dime-thano-naphthalin

Description générale:

Substance solide blanche, inodore, cristalline; produit technique de cou leur brun foncé.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

C12H8Cl6

Masse atomique relative

364.91 g

Masse volumique:

1,70 g/cm3

Densité de gaz:

12,6

Point d'ébullition:

145°C

Point de fusion:

104-105,5°C, produit technique: 49-60°C

Tension de vapeur:

3,07 x 10-3 Pa

Solubilité:

Dans l'eau: < 50 mg/l; soluble dans le pétrole, l'acétone, le benzène et le xylène; très bonne liposolubilité.

Facteurs de conversion:

1 ppm = 15,2 mg/m3 1 mg/m3 = 0,07 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

L'aldrine est un insecticide non spécifique, qui est surtout utilisé dans la lutte contre les larves souterraines, les prédateurs du coton et les acariens.

Origine/fabrication:

Techniquement, l'aldrine est produite à partir de cyclopentadiène, par synthèses diéniques successives avec de l'acétylène et de l'hexachlorocyclopentadiène. Dans l'environnement, l'aldrine est produite par suite de la décomposition de la dieldrine; dans l'organisme, elle se transforme en dieldrine. Voir aussi fiche "Dieldrine".

TOXICITE

Mammifères:

Rat

DL50 67 mg/kg, v. orale

sel. VERSCHUEREN, 1983


DL50 98-200 mg/kg, v. dermale

sel. VERSCHUEREN, 1983

Souris

DL50 4 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981

Chien

DL50 65-95 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981

Organismes aquatiques:

Cyprinodontidés

CL50 4-8 ppb (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Muge cabot

CL50 100 ppb (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Vairon d'Amérique

CL50 28 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Grande perche-soleil

CL50 13 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Truite arc-en-ciel

CL50 10-17.7 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Daphnie

CL50 30 mg/l (24 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983


CL50 28 mg/l (48 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: L'aldrine est à l'origine de lésions du système nerveux central et du foie. L'agitation, les convulsions et la paralysie sont des symptômes typiques d'un empoisonnement aigu. L'aldrine est rapidement absorbée dans l'organisme et est transformée en dieldrine en 12-24 heures. Des effets cancérogènes ont été observés sur différentes espèces animales.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

En raison de sa forte toxicité pour les organismes et d'une forte persistance dans l'eau, l'aldrine figure, en Allemagne, dans la catégorie de risque WGK 3 (risque de pollution important pour l'eau).

Atmosphère:

Dans l'atmosphère, l'aldrine subit assez rapidement une transformation photochimique.

Sols:

L'aldrine tend à s'accumuler dans le sol en raison de sa forte persistance.

Demi-vie:

On n'observe pratiquement aucune dégradation au bout d'une semaine dans de l'eau de rivière ayant une concentration initiale de 10 g/l, conservée dans un verre hermétiquement fermé, exposé à la lumière du soleil et à une lumière artificielle fluorescente. Après 4 et 8 semaines, respectivement 60% et 80% de la concentration initiale se sont dégradés en dieldrine. Dans les sols, on trouve encore entre 0 et 25% de la quantité appliquée au bout de 1 à 6 ans.

Dégradation, produits de décomposition:

En milieu marin, l'aldrine se métabolise, directement ou après transformation en dieldrine, en diol d'aldrine. Dans l'atmosphère, l'aldrine se décompose en photoaldrine ou, après transformation en dieldrine, en photodieldrine. Par photo-oxydation sous l'effet de la lumière ultraviolette, environ 75% de la quantité épandue se décompose, au bout de 100 h environ (à une température de 90-95°C) pour donner du gaz carbonique, de l'acide chlorhydrique et de l'eau (VERSCHUEREN, 1983).

Chaîne alimentaire:

De l'aldrine a été décelée dans le lait maternel (MERCIER, 1981).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau pot.

USA

R

0,001 mg/l


Illinois

sel. WAITE, 1984


Effluents

CE

L

5 mg/l


Eau de mer

sel. LEROY, 1985


Effluents

CE

L

5 mg/l


Eau douce

sel. LEROY, 1985









Air:

Amb. prof.

D

L

0,25 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb. prof.

SU

(L)

0,01 mg/m3

PDK

Peau

sel. KETTNER, 1979


Amb. prof.

USA

(L)

0,25 mg/m3

TWA

Peau

ACGIH, 1986


Amb. prof.

USA

(L)

0,75 mg/m3

STEL


ACGIH, 1986









Aliments:


OMS

R

0,0001 mg/(kg j)

ADI

Aldrine + Dieldrine

sel. VETTORAZZI, 1979



OMS

R

0,03-0.3 mg/kgH


limite de tol. des résidus

sel. VERSCHUEREN, 1983

Remarques:

Depuis 1988, la législation allemande régissant l'utilisation des produits phytosanitaires interdit totalement ce produit en tant qu'insecticide.

VALEURS COMPARATIVES DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux superficielles




Mississippi nord

USA

0,01-0,49 ng/l

sel. VERSCHUEREN, 1983

Hawaii (sédiments)

USA

5,5-11,02 m g/kg

sel. VERSCHUEREN, 1983

Anchois, Méditerranée, 1976/77


0,1-0.,8 m g/kg eau fraîche (n=12)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Thon, Méditerranée, 1976/77


0.1-0.2 m g/kg eau fraîche. (n=5)

sel. VERSCHUEREN, 1983

EVALUATION ET REMARQUES

(Voir fiche d'information "Dieldrine").

Amiante

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

1332-21-4

Nom dans le registre:

Amiante

Nom de la substance::

Amiante, asbeste

Synonymes, noms commerciaux:

Asbeste serpentine, asbeste amphibole, amiante fibreux, asbeste bleue

Nom(s) anglais:

Asbestos

Nom(s) allemand(s):

Asbest

Description générale:

Substance minérale fibreuse, dont la couleur peut varier selon la teneur en oxydes de fer, d'un blanc pur à des teintes verdâtres, brunâtres et grisâtres; la crocidolite est de couleur bleu (asbeste bleue); les fibres lisses et douces au toucher, atteignent une longueur de 20-25 mm.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

L'amiante n'est pas un élément chimique; le terme recouvre deux groupes de substances minérales, à savoir les serpentines et les amphiboles


Serpentine chrysotile

Amphiboles







Crocidolite

Amosite

Anthophyllite

Tremolite

Actinolite

Formule:

Mg3 Si205(OH)4

Na2Fe2 (Fe,Mg)3 Si8O22 (OH)2

(Fe,Mg)7 Si8O22(OH)2

Mg7 Si8O22(OH)2

Ca2Mg5 Si8O22(OH)2

Ca2(Mg,Fe)5 Si8O22(OH)2

M. at. rel.:

277,13 g

1 008,82 g

1 171,83 g

780,88 g

812,42 g

1 091,67 g

M. vol.:

2,2-2,6 g/cm3

2,8-3,6 g/cm3

2,9-3,3 g/cm3

2,8-3,2 g/cm3

2,9-3,2 g/cm3

3,0-3,21 g/cm3

Point d'éb.:

1,500°C

1 200°C

1 400°C

1 450°C

1 315°C

1 400°C

Point de fusion L'amiante est ininflammable, résistant à la chaleur et aux substances chimiques, et sa conductibilité électrique est faible. L'amiante est insoluble dans l'eau.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Les différentes utilisations de l'amiante dans l'industrie (isolation thermique, protection contre le feu, matériau d'étanchéité, etc.) mettent à profit son exceptionnelle qualité de résistance à la chaleur et au feu, sa malléabilité et le fait qu'il s'intègre bien aux liants anorganiques et organiques. L'amiante est également un matériau de charge entrant dans la composition de plus de 3000 produits composites. La variété la plus utilisée est le chrysotile du groupe des serpentines (95%). 5% des amiantes amphiboles sont utilisés pour la production de fibres d'amiante.

L'amiante est utilisé pour la fabrication de vêtements résistant au feu et aux produits chimiques. Mélangé à du ciment, il sert à la fabrication de plaques et de tuyaux (70-90% de la production mondiale est utilisée dans l'industrie du bâtiment en Europe occidentale; selon OMS, 1987). Enfin, l'amiante entre dans la composition de produits de filtration pour les industries des boissons et des produits pharmaceutiques et est utilisé dans la production de garnitures de freins et d'embrayage pour l'industrie automobile.

Origine/fabrication:

Les amiantes sont très répandus dans la nature. Les principaux gisements se trouvent en ex-URSS, au Canada et en Afrique du Sud. Des émissions naturelles se produisent, notamment sous l'effet de la décomposition à l'air de roches serpentiniques.

Chiffres de production:

La production mondiale dépassait 4 millions de tonnes en 1983 (OMS, 1987). Principaux pays producteurs (selon OMS, 1986):

URSS

1983:

2.250.000 t/a

Canada

1983:

820.000 t/a

Afrique du Sud

1983:

221.111 t/a

Brésil

1983:

158.855 t/a

Zimbabwe

1983:

153.221 t/a

Italie

1983:

139.054 t/a

Chine

1983:

110.000 t/a

TOXICITE

Homme:

TCLo 2.8 fibres/cm3/5 ans

sel. UBA, 1986


TCLo 1.2 fibres/cm3/19 ans sans interruption

sel. UBA, 1986

Mammifères:



Rat

TDLo 100 mg/kg, intrapleurale

sel. UBA, 1986

Les données toxicologiques ne sont pas encore connues (DVGW, 1988).

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: Grâce à la médecine du travail, on connaît maintenant un certain nombre d'affections dues à l'amiante, dans lesquelles la taille des fibres joue un rôle déterminant. De manière générale, les fibres ayant un diamètre de moins de 2 mm et une longueur de plus de 5 mm sont considérées comme dangereuses pour la santé (rapport diamètre: longueur = 1:3). Les fibres de cette taille étant respirables, elles peuvent pénétrer dans les poumons et s'incruster dans les tissus. On a constaté par ailleurs une certaine tendance des fibres à migrer dans l'organisme et au niveau du métabolisme cellulaire. Par suite d'une accumulation dans les poumons, les alvéoles pulmonaires s'atrophient et l'alimentation en oxygène ne s'effectue plus dans de bonnes conditions.

L'inhalation de grandes quantités de fibres peut provoquer l'asbestose, maladie professionnelle qui prédispose au cancer broncho-pulmonaire. En particulier, les poussières < 200 mm sont hautement toxiques et on les suspecte d'être directement responsables de l'apparition de tumeurs.

L'exposition à la poussière d'amiante est à l'origine d'irritations au niveau des yeux et des voies respiratoires, et en cas de pénétration directe dans une plaie, on observe une forte induration des tissus cellulaires sous-cutanés. Lorsque des fibres parviennent dans les poumons, elles peuvent être à l'origine d'une bronchite chronique, d'irritation de la plèvre et de pleurésie. Le gonflement du poumon peut entraîner un cancer pulmonaire. En cas d'exposition en ambiance professionnelle, des périodes de latence très longues, pouvant atteindre 40 ans, sont observées dans l'appareil digestif.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Les fibres d'amiante troublent l'eau mais sont insolubles dans cet élément.

Air:

La présence d'amiante dans l'atmosphère dépend de la taille des fibres. Celles-ci peuvent être transportées dans l'atmosphère sur des centaines de kilomètres. Sous l'action des intempéries, les poussières grossières se transforment en fibres courtes et minces.

Sols:

Lorsque des fibres d'amiante atteignent le sol, elles s'accumulent à la surface et peuvent à tout moment être emportées par le vent. Les particules de plus de 2 mm ne peuvent être absorbées par les pores du sol. A l'intérieur du sol et des sédiments, l'amiante est considéré comme non dangereux (DVGW, 1988). Les poussières d'amiante dans les déchets ou les décharges doivent être recouvertes de bâches de protection ou humidifiées afin d'éviter qu'elles ne se dispersent dans l'atmosphère. De manière générale, les sols et sédiments sont considérés comme des lieux d'accumulation.

Demi-vie:

La demi-vie des fibres sur les muqueuses se compte en minutes ou en heures, mais après pénétration dans les tissus, elle est d'une ou de plusieurs années (HORN, 1989).

Chaîne alimentaire:

Les fibres d'amiante migrent dans l'organisme à travers de l'eau potable. La pollution de l'eau tient au fait que des fibres se détachent des conduites en amiante-ciment. L'intensité de la pollution dépend du taux de saturation de l'eau en carbonate de calcium ainsi que des quantités de dépôts d'oxyde de fer dans les canalisations. Il n'est pas encore démontré que l'ingestion de poussière d'amiante ait un effet cancérogène.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:

amb. Prof.

A

L

250.000 f/m3


chrysotile [1991]

sel. Albracht, 1991


amb. Prof.

B

L

150.000 f/m3


crocidolite [1987]

sel. Albracht, 1991


amb. Prof.

B

L

1.000.000 f/m3


autres asbestes [1987]

sel. Albracht, 1991


amb. Prof.

CH

L

1.000.000 f/m3


poussières [1988]

sel. Albracht, 1991


amb. Prof.

DK

L

300.000 f/m3


crocidolite, valeurs seuil (15mn) [1988]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

DK

L

300.000 f/m3


autres asbestes [1988]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

F

L

500.000 f/m3


crocidolite [1987]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

F

L

1.000.000 f/m3


autres asbestes [1987]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

D

L

250.000 f/m3

TRK

chrysotile [1990]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

D

R

50.000 f/m3

TRK

crocidolite, [1990]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

GB

L

200.000 f/m3


crocidolite, 4h [1984]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

GB

L

500.000 f/m3


autres asbestes, 4h, [1984]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

DDR

L

1.000.000 f/m3


poussières [1983]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

DDR

L

2.000.000 f/m3


valeur c. durée (30 mn) [1983]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

GR

L

500.000 f/m3


crocidolite [1988]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

GR

L

1.000.000 f/m3


autres asbestes [1988]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

IRL

L

500.000 f/m3


crocidolite [1989]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

IRL

L

1.000.000 f/m3


autres asbestes [1989]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

NL

L

200.000 f/m3


crocidolite, valeur limite (10 mn) [1989]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

NL

L

2.000.000 f/m3


autres asbestes, 4h [1989]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

S

L

200.000 f/m3


amiante (sauf chrysotile) [1987]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

USA

L

200.000 f/m3


asbeste [1986]

sel. Albracht, 1991


amb. prof.

USA

R

200.000 f/m3


amosite

ACGIH, 1988


amb. prof.

USA

R

500.000 f/m3


crocidolite

ACGIH, 1988


amb. prof.

USA

R

2.000.000 f/m3


chrysotile, autres var.

ACGIH, 1988



F

(L)

0,1 mg/m3


Emission (poussière)

sel. MEEK et al, 1985


Emission

D

L

0,1 mg/m3


poussière fine, flux massique ³ 0.5g/h

sel. TA-Luft 1986



DDR

L

0,005 mg/m3

MIKk


sel. HORN, 1989

Aliments:

Eau potable

USA

L

7.100 f/m3


fibres moyennes et longues

sel. DVGW, 1988

Remarques:

Au Danemark, il est interdit de produire, d'importer et d'utiliser des matériaux contenant de l'amiante. La Norvège, la Suède et les Pays-Bas spécifient les teneurs d'amiante à respecter pour les matériaux d'isolation et d'usage courant dans des réglementations complémentaires.

Valeurs comparatives/de reference

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux de surface:




Lac de Constance, Nord (1981)

D

< 5 fibres/l x 103 1)

sel. DVGW, 1988

Lac de Constance, Sud (1981)

D

10-20 fibres/l x 103 1)

sel. DVGW, 1988

Frankenwald (1981)

D

10-50 fibres/l x 103 1)

sel. DVGW, 1988

Forêt bavaroise (1981)

D

< 5-30 fibres/l x 103 1)

sel. DVGW, 1988

Eaux souterraines:




Allemagne du Nord (1981)

D

4-100 fibres/l x 103 1)

sel. DVGW, 1988

Frankenwald (1981)

D

< 5-60 fibres/l x 103 1)

sel. DVGW, 1988

Eau potable:




10 compagnies des eaux (1981)

D

5-1.000 fibres/l x 103 2)

sel. DVGW, 1988

Montréal (1971)

CDN

2.000-9.500 fibres/l x 103

sel. DVGW, 1988

Toronto (1974)

CDN

700-4.100 fibres/l x 103

sel. DVGW, 1988

Duluth (1974)

USA

20.000-75.000 fibres/l x 103

sel. DVGW, 1988

Chicago (1977)

USA

80-2.300 fibres/l x 103

sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) Fibres d'amiante d'une longueur supérieure à 5 mm.

2) Compagnie des eaux avec conduite en amiante-ciment et indice de saturation négatif > 0,2 au robinet puisard.

EVALUATION ET REMARQUES

Les fibres d'amiante parviennent dans l'environnement par des voies naturelles et anthropogènes. L'amiante étant très nocif pour les organes respiratoires, et en particulier pour le poumon, les émissions lors de la production et de l'usinage de produits à base d'amiante doivent être sensiblement réduites, notamment dans les locaux fermés et à proximité des postes de travail. De plus en plus, l'amiante est soupçonné d'être également responsable de tumeurs lorsqu'il est absorbé par voie orale. Il est donc inadmissible de continuer à utiliser l'amiante-ciment pour la fabrication des conduites d'eau, d'autant qu'il est aisé d'y renoncer dans la mesure où existent aujourd'hui un grand nombre de produits et substances de substitution.

Antimoine

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

7440-36-0

Nom de la substance:

Antimoine

Synonymes, noms commerciaux:

Antimoine

Nom(s) anglais:

Antimony

Nom(s) allemand(s):

Antimon

Description générale:

Métal gris, cassant, gris à reflets argentés.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

Sb

Masse atomique relative

121,75 g

Masse volumique:

6,68 g/cm3

Point d'ébullition:

1 380°C

Point de fusion:

630°C

Solubilité

Insoluble dans l'eau.

PROPRIETES DE CERTAINS COMPOSES

Numéro du CAS:

7803-52-3

1309-64-4

Nom de la substance:

Hydrure d'antimoine

Trioxyde d'antimoine

Synonymes, noms commerciaux:

Stibine


Nom(s) anglais:

Antimony hydride

Antimony trioxide

Nom(s) allemand(s):

Antimonwasserstoff

Antimontrioxid

Description générale:

Gaz incolore d'odeur nauséabonde.

Poudre cristalline blanche.

Formule empirique:

SbH3

Sb2O3

Masse atomique relative:

124,8 g

291,5 g

Masse volumique:

5,68 g/l

5,2-5.8 g/cm3

Densité de gaz:

4,3


Point d'ébullition:

-18°C

1456°C

Point de fusion:

-88°C

656°C

Solubilité:

dans l'eau: 200 ml/l

dans l'eau: 0,014 g/l

Facteurs de conversion:

1 ppm = 5,19 mg/m3


1 mg/m3 = 0,19 ppm



ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

L'antimoine métallique est principalement utilisé en alliage avec le plomb ou l'étain; ses composés servent à des usages industriels variés, et notamment à la production de tissus ignifuges, de caoutchouc et de matières plastiques, de verre et de céramique, d'allumettes, d'explosifs, de compositions pyrotechniques et de produits pharmaceutiques.

Origine/fabrication:

L'antimoine est un produit naturel qui entre pour 0,001% dans la composition de l'écorce terrestre.

Chiffres de production:

Production mondiale d'antimoine primaire en tonnes de métal (1986):

Chine

14.000 t

Bolivie

10.243 t

Afrique du Sud

7.024 t

U.R.S.S.

6.000 t

Production mondiale:

55.533 t

(Chiffres extraits du FISCHER WELTALMANACH, 1989)

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 4 480 mg/kg, v. orale (acétate d'antimoine)

sel. DVGW, 1985


DL50 115 mg/kg, v. orale (antimoniotartrate)

sel. DVGW, 1985


DL50 20,000 mg/kg, v. orale (oxyde antimonieux)

sel. DVGW, 1985

Souris

DL50 600 mg/kg, oral (antimoniotartrate)

sel. DVGW, 1985

Organismes aquatiques:



Poissons

LCLo 10-100 ppm (96h), (composés d'antimoine)

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: La toxicité des composés d'antimoine est comparable à celle de l'arsenic. L'antimoine n'est pratiquement pas absorbé dans l'appareil gastro-intestinal, l'ingestion n'entraîne pratiquement pas d'intoxication aigüe. En outre, les composés d'antimoine sont fortement vomitifs et sont donc rapidement éliminés de l'organisme. Un empoisonnement chronique peut provoquer des lésions du foie, des reins, et même du coeur et du système circulatoire. Les symptômes varient selon les composés. La stibine se concentre dans le tissu adipeux.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

La charge naturelle d'antimoine est de 0,0005-1,1 mg/kg dans les sols et de 0,04-3 m g/l dans les eaux superficielles et souterraines (DVGW, 1985). On a observé une baisse de la fertilité des sols ayant été contaminés par de l'antimoine au travers des précipitations.

Dans l'atmosphère, les émissions d'antimoine peuvent être transportées sur de longues distances.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau potable

CE

R

0,01 mg/l



sel. DVGW, 1985

Sols:


D

R

5 mg/kg


Sols cultivés

sel. KLOKE, 1988

Air:

Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 25 g/h2)

sel. TA-Luft, 1986


Amb. prof.

AUS

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

B

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CH

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

D

L

0,5 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb. prof.

DDR

L

0,5 mg/m3

'MAK'


sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

I

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

NL

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

PL

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

RO

(L)

0,5 mg/m3


Valeur c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

RO

(L)

0,2 mg/m3


Valeur l. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

S

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

SF

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

SU

(L)

0,5 mg/m3

PDK

Valeur c. durée1)

sel. Kettner, 1979


Amb. prof.

SU

(L)

0,2 mg/m3

PDK

Valeur l. durée1)

sel. KETTNER, 1979


Amb. prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

STEL


ACGIH, 1986


Amb. prof.

YU

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984

Remarques:

1) L'ex-URSS a fixé pour différents composés d'antimoine des valeurs limites allant de 0,3 à 1 mg/ m3

2) La Sb et ses composés sont désignés sous Sb poussières.

VALEURS COMPARATIVES DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux superficielles




Lac de Constance (1982)

D

0,13 mg/l

sel. DVGW, 1985

Main (Hochheim, 1975)

D

1,21 mg/l

sel. DVGW, 1985

Fulda (Fulda, 1975)

D

0,062 mg

sel. DVGW, 1985

Rhin (Ludwigshafen, 1975)

D

0,62 mg/l

sel. DVGW, 1985

EVALUATION ET REMARQUES

Les composés d'antimoine sont très toxiques et ont un comportement toxicologique similaire à celui de l'arsenic. On sait encore peu de choses sur les risques qu'ils représentent pour l'environnement. En raison de leur faible solubilité, les problèmes de pollution du milieu aquatique sont rares. La plus grande prudence est de rigueur pour les personnes amenées à manipuler directement cette substance.

Arsenic

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

7440-38-2

Nom dans le registre:

Arsenic

Nom de la substance:

Arsenic

Synonymes, noms commerciaux:

Arsenic gris, arsenic métallique

Nom(s) anglais:

Arsenic

Nom(s) allemand(s):

Arsen

Description générale:

Métal gris argenté brillant, à copeaux fragmentés et de dureté moyenne. Autres modifications: jaune (instable, noir).

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

As

Masse atomique relative:

74,92 g

Masse volumique:

5,72 g/cm3

Point d'ébullition:

613°C (subl.)

Point de fusion:

817°C (à 3.7 MPa)

Tension de vapeur:

0 Pa

Solubilité:

Dans l'eau: très faible

PROPRIETES DE CERTAINS COMPOSES

Numéro du CAS:

1327-53-3

7784-42-1

Nom de la substance:

Acide arsenieux

Arsine

Synonymes, noms commerciaux:

Arsenic blanc

Arsine, hydrure d'arsenic

Nom(s) anglais:

Arsenic trioxide

Arsine

Nom(s) allemand(s):

Arsentrioxid,



Weißarsenik, Arsenik

Arsen, Arsenwasserstoff

Description générale:

Poudre blanche ou petits



copeaux blancs inodores.

Gaz incolore sentant l'ail.

Formule empirique:

As2O3

AsH3

Masse atomique relative:

197,82 g

77,95 g

Masse volumique:

3,7-3,87 g/cm3

3,48 g/l

Densité de gaz:


2,7

Point d'ébullition:


-55°C

Point de fusion:

200°C (subl.)

-117°C

Solubilité:

Dans l'eau: 18 g/l

Dans l'eau: 20 vol.%

Facteurs de conversion:

1 ppm = 0,12 mg/m3

1 ppm = 0,31 mg/m3


1 mg/m3 = 8,22 ppm

1 mg/m3 = 3,24 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

La demande d'arsenic métallique est limitée. L'arsenic est utilisé dans les alliages non ferreux (par exemple pour renforcer la dureté des alliages de plomb); de l'arsenic très pur est nécessité pour produire des semi-conducteurs à l'arséniure de gallium et à l'arséniure d'indium.

Avec l'introduction des antibiotiques, les produits pharmaceutiques contenant de l'arsenic ont perdu en importance. Des composés d'arsenic étaient en outre utilisés comme pesticides (interdits en Allemagne) et pour la production de pigments.

Origine/fabrication:

L'arsenic est un élément naturel. La teneur moyenne en arsenic de la croûte terrestre a été estimée à 5 x 10-4 %. L'arsenic est principalement obtenu à partir de minerais complexes. La France, l'ex-URSS, la Suède et le Mexique sont les principaux pays produisant de l'arsenic.

Chiffres de production:

Production d'arsenic en tonnes de As2O3 par année (1978)

France

7.280

URSS

7.640

Suède

6.706

Mexique

6.263

Production mondiale

40.283

(chiffres extraits de ULLMANN 1985)

TOXICITE

Homme:

LDLo 1 mg/kg, v. orale (acide arsénieux)

sel. Koch 1989


TCLo 0,5 ppm, inhalation (arsine)

sel. Koch 1989


DL 50 mg/m3, inhalation (arsine)

sel. Koch 1989

Mammifères:



Rat

DL50 4,5 mg/kg, v. orale (acide arsénieux)

sel. Koch 1989

Souris

DL50 43 mg/kg, v. orale (acide arsénieux)

sel. Koch 1989

Lapin

LDLo 4,5 mg/kg, v. orale (acide arsénieux)

sel. Koch 1989

Organismes aquatiques:



Poissons

CL50 10-100 mg/l (96h), acide arsénieux

sel. Koch 1989

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: L'arsenic pur n'est pas toxique mais les intoxications au produit technique (c'est-à-dire à As2O3) doivent être prises en compte. Les empoisonnements aigus se produisent avant tout par ingestion et inhalation de composés trivalents inorganiques, tels que As2O3. Au nombre des symptômes, on trouve des troubles gastro-intestinaux sévères, des crampes et collapsus circulatoires. La peau et les muqueuses exposées aux poussières en suspension dans l'air sont irritées. Un empoisonnement chronique peut être causé par l'ingestion de nourriture et d'eau contenant des produits arsenicaux, ou par l'inhalation de poussières en suspension dans l'air lors d'exposition de longue durée en ambiance professionnelle. Des symptômes peuvent apparaître même après plusieurs années de latence. Un empoisonnement chronique entraîne des lésions de la moelle osseuse, du sang, du foie, de l'appareil respiratoire et du système nerveux central.

L'empoisonnement aigu à l'arsine entraîne une anémie hémolytique retardée mais rapide.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Dans les milieux aquatiques, l'arsenic existe principalement sous forme d'arséniures et d'arséniates. Dans les sédiments et les sols, les arséniates sont rapidement absorbées sous forme de fer ou d'hydroxyde d'aluminium, ce qui réduit leur pouvoir et leur vitesse de percolation de même que leur disponibilité pour les systèmes biologiques. Dans les phases aqueuses, l'arsenic forme des précipités insolubles avec un certain nombre de composés (Ca,S,Ba,Al,Fe), ce qui a pour effet d'éliminer les composés d'arsenic de l'eau. Dans les micro-organismes, les plantes et les animaux, il y a méthylation et réduction des composés d'arsenic. Ceci favorise la production d'un certain nombre de composés d'arsenic, qui sont stables aux plans physico-chimique et biologique [KOCH 1989].

Demi-vie:

La demi-vie biologique moyenne est de 60 jours (rats/lapins) et est due à l'accumulation d'arsenic dans les érythrocytes. Pour les êtres humains, la demi-vie est plus courte du fait de l'excrétion rapide de l'arsenic [KOCH 1989].

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:

Emission

D

L

0,2 mg/m3


flux massique ³ 5 g/h2)

sel. TA-Luft, 1986


amb. prof.

D

L

0,1 mg/m3

TRK

oxydes, acides et leurs sels

sel. AUER Technikum 1988


amb. prof.

D

L

0,2mg/m3

MAK

arsine

sel. AUER Technikum 1988


amb. prof.

USA

(L)

1)

TWA

oxydes

sel. AUER Technikum 1988


amb. prof.

USA

(L)

0,2 mg/m3

TWA

arsine

sel. AUER Technikum 1988


amb. prof.

SU

(L)

0,3 mg/m3

PDK

oxydes

sel. AUER Technikum 1988


amb. prof.

SU

(L)

0,3 mg/m3

PDK

arsine

sel. AUER Technikum 1988

1) Effets carcinogènes présumés pour l'homme
2) As poussières et ses composés sont désignés sous As.

EVALUATION ET REMARQUES

La toxicité des composés d'arsenic varie considérablement. Les composés inorganiques sont généralement plus toxiques que les composés organiques. Cerains dérivés d'arsenic sont même cancérogènes. Les intoxications en ambiance professionnelle jouent un rôle particulièrement important.

Atrazine

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

1912-24-9

Nom dans le registre:

Atrazine

Nom de la substance:

2-Chloro-4-éthylamino-6-isopropylamino-1,3,5-triazine

Synonymes, noms commerciaux:

6-chloro-N-éthyl-N'-(1-méthyléthyle)-1,3,5-triazin-2,4-diamine; 2-chloro-4- éthylamino-6-isopropylamino-s-triazin;Gesaprim

Nom(s) anglais:

Atrazine

Nom(s) allemand(s):

Atrazin-2-Chlor-4-ethylamino-6-isopropylamino-1,3,5-triazin

Description générale:

Cristallin solide, incolore.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

C8H14ClN5

Masse molaire:

215,69 g

Masse volumique:

1,2 g/cm3

Point d'ébullition:

Non distillable

Point de fusion:

173-175°C

Tension de vapeur:

4 x 105 Pa

Solubilité:

Dans l'eau: environ. 70 mg/l; dans l'éther: 12 g/l (20°C); dans le méthanol: 18 g/l (à 27°C); dans n-pentane: 36 mg/l (27°C); dans le chloroforme: 52 g/l (27°C).

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

L'atrazine est un herbicide sélectif utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes infestant les cultures de céréales, d'asperges, de canne à sucre, d'ananas ainsi que les vignes (par exemple, en combinaison avec d'autres substances comme le Mecoprop). L'atrazine est en outre épandue comme herbicide total sur les routes, les places publiques et les terrains non cultivés et est employée en combinaison avec l'amitrol, le bromacil, le dalapon et des stimulants de croissance.

Origine/fabrication:

Il n'existe pas de source naturelle d'atrazine. L'atrazine est produite à partir de la réaction de chlorures de cyanuryle avec de l'éthylamine et de l'isopropylamine. La réaction s'opère successivement et produit du tétrachlorométhane. Toute l'atrazine produite est rejetée dans le milieu naturel.

Chiffres de production:

Production mondiale

90.000 t

(1976)

USA

40.000 t

(1976)

CE

750 t

(1978/79)

D

< 1.000 t

(1985)


1.164 t

(1987)

(chiffres repris de RIPPEN, 1992)

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 3080 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1985


DL50 >5600 mg/kg, v. dermale

sel. RIPPEN, 1992


CL50 > 710 mg/m3 (1h), inhalation

sel. PERKOW, 1985

Souris

DL50 1750 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1985

Lapin

DL50 750 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1985


DL50 7500 mg/kg, v. dermale

sel. PERKOW, 1985

Hamster

DL50 1000 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1992

Organismes aquatiques:



Truite arc-en-ciel

CL50 8,8 mg/l (96h)

sel. PERKOW, 1985

Perche

CL50 16 mg/l (96h)

sel. PERKOW, 1985

Carpe

CL50 76 mg/l (96h)

sel. PERKOW, 1985

Algues vertes

CE0 0,030 mg/l (inhibition de croissance)

sel. RIPPEN, 1992

Vegétaux:



Maïs

effet >70% à 4,5 kg/ha

sel. RIPPEN, 1992

Laitue

effet >70% à 0,5 kg/ha

sel. RIPPEN, 1992

Mil

effet 35-70% à 1,6 mg/l

sel. RIPPEN, 1992

Soja

effet 35-70% à 1,1 mg/l

sel. RIPPEN, 1992

Blé

effet 35-70% à 4,3 mg/l

sel. RIPPEN, 1992

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: La toxicité aiguë de l'atrazine est très faible pour les mammifères. En raison de sa faible solubilité, il ne se produit pas de résorption cutanée. L'atrazine ne provoque par d'irritation de la peau ou des yeux. Elle est facilement résorbée après injection orale et plus de 50% des quantités ingérées sont éliminées par l'urine en l'espace de 24 heures. Durant son passage, l'atrazine se métabolise entièrement, principalement par voie de désalkylation du groupe aminé et par réaction de l'atome de chlore avec des réactifs thioliques endogènes. Dans les expériences sur l'animal, des effets mutagènes ou tératogènes n'ont pas été observés. C'est pourquoi la substance n'est pas classée parmi les substances toxiques en Allemagne.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Sols:

La substance se caractérise par une résistance relativement élevée aux modifications physiques et chimiques. En outre, sa faible solubilité dans l'eau et les valeurs basses de la tension de vapeur indiquent une mobilité réduite. L'atrazine peut être hydrolisée chimiquement et forme alors de l'hydroxyatrazine inactive qui peut, à son tour, être dégradée par voie microbienne. La demi-vie pour l'hydrolyse dépend dans une très large mesure du pH du sol. Dans un milieu neutre, légèrement alcalin ou légèrement acide, l'atrazine est stable (demi-vie à un pH de 7-9: 10.000 jours). L'hydrolyse se produit principalement dans des conditions alcalines ou acides (demi-vie à un pH de 3 ou à un pH de 11: » 3 mois) [sel. KOCH, 1989].

Eau:

Bien que l'atrazine soit très stable et que sa solubilité dans l'eau soit faible, le risque de contamination des eaux souterraines doit être pris en compte. En Allemagne, l'atrazine est classée dans la catégorie de risque WGR 2.

Valeurs limites de pollution

Milieu

Secteur

Pays /organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remar-ques

Source

Sols:


NL

R

0,05 mg/kg


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94



NL

L

6 mg/kg


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94

Eau:

Eau potable

D

L

0,1 mg/l


Subst. ind.

sel. KOCH, 1989


Eau potable

D

L

0,5 mg/l


Ts pest. conf.

sel. KOCH, 1989


Eau potable

CE

L

0,1 mg/l


Subst. indiv.



Eau souterr.

NL

R

0,0075 mg/l


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau souterr.

NL

L

150 mg /l1)


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94

Air:

Amb. prof.

D

L

2 mg/m3

MAK


sel. RIPPEN, 1992


Amb. prof.

SU

(L)

2 mg/m3

PDK


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb. prof.

USA

(L)

5 mg/m3

TWA


sel. RIPPEN, 1992

Aliments:








Champignons


D

L

10 mg/kg



sel. PERKOW, 1985

Maïs grain


D

L

1 mg/kg



sel. PERKOW, 1985

Maïs


D

L

0,5 mg/kg



sel. PERKOW, 1985

Légumes


D

L

0,1 mg/kg



sel. PERKOW, 1985

Asperges


CH

L

1 mg/kg



sel. PERKOW, 1985

Maïs


CH

L

0,1 mg/kg



sel. PERKOW, 1985

Remarques:

1) Valeur douteuse, à prendre avec précaution

EVALUATION ET REMARQUES

En raison de sa persistance et du risque de contamination des eaux souterraines et de l'eau potable, l'utilisation de l'atrazine devrait être aussi limitée que possible.

Baryum

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

7440-39-3

Nom dans le registre:

Baryum

Nom de la substance:

Baryum

Synonymes, noms commerciaux:

Baryum

Nom(s) anglais:

Barium

Nom(s) allemand(s):

Barium

Description générale:

Métal mou, blanc argenté.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

Ba

Masse molaire.:

137,34 g

Masse volumique:

3,51 g/cm3 à 20°C

Point d'ébullition:

1 640°C

Point de fusion:

725°C

Tension de vapeur:

0,13 Pa à 547°C

Point d'éclair:

La baryum s'enflamme spontanément. Il réagit vivement en présence d'eau (et d'humidité), et forme des mélanges explosifs de gaz d'hydrogène et d'air. Sous l'effet de la chaleur, il réagit promp-tement à l'azote et à l'oxygène.

Solubilité:

Dans l'eau (à 20°C): hydroxyde de Ba 32,8 g/l, sulphate de Ba 0,02 g/l.

PROPRIETES DE CERTAINS COMPOSES

Numéro du CAS:

513-77-9

10361-37-2

Nom de la substance:

Carbonate de Baryum

Chlorure de Baryum

Synonymes, noms commerciaux:

Withérite


Nom(s) anglais ):

Barium carbonate

Barium chloride

Nom(s) allemand(s):

Bariumcarbonat

Bariumchlorid

Description générale:

Poudre cristalline fine, de couleur blanche.

Cristaux incolores.

Formule brute:

BaCO3

BaCl2

Masse atomique relative:

197,35 g

208,25 g

Masse volumique:

4,29 g/cm3

3,91 g/cm3

Point de fusion:

1360°C (perte de CO2)

962°C

Solubilité:

Dans l'eau: 2 x 10-3 % pds à 20°C

Dans l'eau: 26,3% pds à 20°C; 36,6% pds à 100°C

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le baryum métallique et les alliages de Ba/Al sont principalement utilisés comme agent décrassant servant à éliminer les dernières traces de gaz non désirées des tubes à vide. A raison de 80% environ, le sulfate de baryum est utilisé pour augmenter la densité des boues de forage. Le reste, soit 20%, est utilisé comme charge pour les peintures et le papier, comme additif dans le béton lourd, comme opacifiant en radiologie, ou encore dans la pyrotechnie et l'industrie des explosifs. Le carbonate de baryum est utilisé dans les industries du verre et de la céramique, mais aussi comme rodenticide dans l'agriculture. Une autre application importante réside dans l'électrolyse de chlorures de métaux alcalins.

Origine/fabrication:

Le baryum existe dans la nature sous la forme d'un minéral dit barytine (= sulfate de baryum naturel) et entre dans la composition de l'écorce terrestre à raison de 0,04-0,05%.

Chiffres de production:

En 1975, la demande de sulfate de baryum atteignait près de 370.000 t en République fédérale d'Allemagne (DVGW, 1985).

Production estimée de BaSO4 (en 1.000 tonnes, 1982):

USA

1 800

Europe de l'Ouest

1 030

Moyen/Extrême Orient

1 890

Afrique du Sud

800

Comecon

820

Production mondiale

7 250

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL 500 mg/kg, v. orale (acétate de baryum)

sel. DVGW, 1985


DL 630 mg/kg, v. orale (carbonate de Ba)

sel. DVGW, 1985


DL50 150 mg/kg, v. orale (chlorure de Ba)

sel. DVGW, 1985


DL50 355 mg/kg, v. orale (nitrate de Ba)

sel. DVGW, 1985

Souris

DL50 800 mg/kg, v. orale (carbonate de Ba)

sel. DVGW, 1985


DL 7-14 mg/kg, v. orale (chlorure de Ba)

sel. DVGW, 1985

Lapin

DL 236 mg/kg, v. orale (acétate de baryum)

sel. DVGW, 1985


DL 170-300 mg/kg, v. orale (carbonate de Ba)

sel. DVGW, 1985

Organismes aquatiques:



Daphnie

83 mg/lniveau critique

sel. DVGW, 1985

Anguille

DL 2.000 mg/l (36 h)

sel. DVGW, 1985

Cyprin doré

DL 9 400 mg/l (14,5 h)

sel. DVGW, 1985

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: Tous les dérivés solubles du baryum sont toxiques et se résorbent rapidement dans l'appareil digestif. Il se produit ensuite une accumulation dans le système osseux. L'ingestion de 2 à 4 g de chlorure de baryum peut entraîner la mort; les ions baryum ont un effet paralysant sur le coeur.

Symptômes de l'intoxication aiguë: vomissements et diarrhée, troubles cardiaques, spasmes, arrêt cardiaque ou apnée. L'hydroxyde de baryum est fortement caustique car en partie soluble dans l'eau, mais en revanche, le sulfate de baryum est inoffensif en raison de son insolubilité dans l'eau.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Les dérivés du baryum atteignent généralement le milieu naturel par l'intermédiaire des effluents industriels . Une concentration de 0,1 mg/l suffit pour porter atteinte aux micro-organismes, et à partir de 1 g/l, la capacité d'auto-épuration des eaux de surface et des eaux souterraines tend à diminuer.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau surf.

CE

(L)

0,1 mg/l


1)

sel. DVGW, 1985


Eau surf.

CE

(L)

1 mg/l


2)

sel. DVGW, 1985


Eau pot.

AUS


1 mg/l


1973

sel. MERIAN, 1984


Eau pot.

CDN


1 mg/l


1978

sel. DVGW, 1985


Eau pot.

CE

(R)

0,1 mg/l


Chiffres appr.

sel. DVGW, 1985


Eau pot.

SU


4 mg/l


1970

sel. MERIAN, 1984


Eau pot.

USA

L

1 mg/l



sel. DVGW, 1985


Eau sout.

NL

R

0,050 mg/l


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau sout.

NL

L

0,625 mg/l


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau abreuv.

USA

(L)

1 mg/l


1968

sel. DVGW, 1985

Sols:


NL

R

200 mg/kg


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94



NL

L

625 mg/kg


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94

Air:

Amb.prof.

AUS

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

B

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CH

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

D

L

0,5 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb.prof.

DDR

(L)

0,5 mg/m3

MAK


sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

NL

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

PL

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

RO

(L)

0,5 mg/m3


Val. c. dur.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SF

(L)

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986


Emission

D

L

50 mg/m3


flux massique ³ 1 kg/h

sel. TA-Luft, 1986

Aliments:


D

R

0,5-3 mg/P

ADI


sel. DVGW, 1985


Eau pot.

D

L

1 mg/l



sel. DVGW, 1985

Remarques:

En République fédérale d'Allemagne, l'utilisation du baryum dans l'industrie des cosmétiques est interdite sauf de rares exceptions.

1) Valeur imposée pour traitement et désinfection par des procédés physiques simples

2) Valeur imposée pour traitement et désinfection par des procédés physiques et chimiques normaux; valeur imposée pour traitement, oxydation, absorption et désinfection par des procédés physiques et des méthodes chimiques sophistiquées.

Valeurs comparatives/de réference

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux superficielles:




Lac de constance (1983)

D

23,5 mg/l

sel. DVGW, 1985

Ruhr (Duisburg, 1983)

D

41 mg/l

sel. DVGW, 1985

Denver (1966)

USA

16-56 mg/l

sel. DVGW, 1985

Eau potable:




100 communes

USA

2-380 mg/l

sel. DVGW, 1985

EVALUATION ET REMARQUES

Les dérivés du baryum sont toxiques, et même très toxiques, en particulier pour les organismes aquatiques. On dispose encore de peu de données concernant leur comportement dans le milieu naturel, de sorte qu'une évaluation approfondie est impossible.

Benzene

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

71-43-2

Nom dans le registre:

Benzène

Nom de la substance:

Benzène

Synonymes, noms commerciaux:

Benzène, benzol, benzole, bicarburate d'hydrogène, cyclohexatriène

Nom(s) anglais:

Benzene

Nom(s) allemand(s):

Benzol, Benzen

Description générale:

Liquide incolore, aisément volatile et d'odeur aromatique.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

C6H6

Masse atomique relative:

78,12 g

Masse volumique:

0,879 g/cm3

Densité de gaz (air = 1):

2,7

Point d'ébullition:

80,1°C

Point de fusion:

5,5°C

Tension de vapeur:

102 hPa

Point d'éclair:

-11°C

Tempér. d'auto-ignition:

555°C

Solubilité:

Dans l'eau: 1,79 g/l (25°C); dans les graissses; illimitée dans l'acétone, l'éther, l'alcool, le chloroforme.

Facteurs de conversion:

1 ppm = 3,26 mg/m3 à 20°C 1 mg/m3 = 0,31 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Dans l'industrie chimique, le benzène pur constitue la base essentielle pour les produits aromatiques intermédiaires ainsi que pour le groupe des composés cyclo-aliphatiques. Parmi les produits fabriqués à base de benzène figurent les matières plastiques, le caoutchouc synthétique, les colorants, peintures et laques, résines, matières premières pour détergents et produits phytosanitaires.

Origine/fabrication:

Dans la nature, le benzène existe en petites quantités et en concentrations peu importantes. Il entre dans la composition du pétrole brut (max. 0,4 g/l). Le benzène pur est fabriqué et traité à l'échelle industrielle. Il est normalement obtenu à partir du pétrole brut. Un litre d'essence normale contient entre 12 et 16 g de benzène, etl'essence super peut en contenir jusqu'à 24 g/l. Sont responsables d'émissions, les véhicules motorisés mais aussi les cokeries, les installations de chauffe, de stockage et de distribution de carburants, les raffineries et les industries chimiques.

Chiffres de production:

Les estimations concernant la production annuelle sont variables selon les cas. Les chiffres dépassent sans doute 15 millions de tonnes pour le benzène et 10 millions de tonnes pour les carburants. Chiffres de production concernant le benzène pur:

RFA (1983):

1,34 millions t

CE (1978/79):

4,4 millions t

France (1983)

1,37 millions t

USA (1983)

4,28 millions t

Japon (1983)

1,75 millions t

URSS (1977)

1,54 millions t

Valeurs d'émission:

Dans le monde 100.000-1.000.000 t/a; USA dans l'atmosphère 110.000-224.000 t/a (dont 40.000-80.000 t/a émanant des carburants); USA dans le milieu aquatique 3-14 t/a; République fédérale d'Allemagne 55.000-70.000 t/a (dont 50.000-60.000 t/a émanant des carburants).

TOXICITE

Homme:

TLC0 0,68 mg/l, inhalation 1)

Mammifères:


Rat (mâle)

DL50 3,8-6,5 g/kg, v. orale

Rat (mâle)

DL50 17,6 g/kg, v.dermale

Rat (mâle)

CL50 18 mg/l, inhalation (4 h)

Rat (femelle)

DL50 6,2-7,2 g/kg, v. orale

Rat (femelle)

DL50 19,4 g/kg, v. dermale

Rat (femelle)

CL50 23 mg/l, inhalation (4 h)

Insectes:


Charançon

CL50 210 mg/l

Organismes aquatiques:


Orphie

CL0 31 +/- 25 mg/l (96 h) (test, 11 laboratoires)

Cyprin doré

CL0 36 mg/l (24 h)

Truite

CL50 22 mg/l (96 h)

Hareng

CE0 <0,8 mg/l (reproduction)

Puce d'eau flea (Daphnia magna)

CL50 200 mg/l (48 h)

Puce d'eau flea (Daphnia magna)

CL50 15 mg/l (96 h)

Algues bleues

CE0 >1400 mg/l (inhibition de la division cellulaire)

Algues vertes

CE0 >1400 mg/l (inhibition de la division cellulaire)

Algues vertes

CE50 310-460 mg/l (réduction de la photosynthèse)

Algues marines

CE0 approx. 1400 mg/l (réduction de la photosynthèse)

Autres organismes:


Lombric

CL50 100-1000 mg/cm2 (48 h)

Remarques:

1) Toutes données selon RIPPEN, 1989

TOXICITE

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: L'inhalation de vapeurs de benzène peut, selon la concentration et la durée, provoquer des lésions du système nerveux central, qui se manifeste par des vertiges, céphalées, nausées, troubles psychiques avec agitation et convulsions et, au stade final, coma et paralysie du système respiratoire. Le benzène liquide provoque des irritations de la peau et des muqueuses. Sa résorbtion par la peau est possible.

Une exposition chronique provoque des atteintes de la moëlle osseuse. Le benzène est un poison sanguin: des abberrations chromosomiques ont été observées dans les cellules sanguines d'ouvriers exposés ainsi que dans les cellules sanguines et osseuses de rats.

Son effet cancérogène est établi chez l'homme; des carcinomes ont été observés sur des rats et sur des souris.

Végétaux: De fortes concentrations dans l'air (>50 mg/m3, 30 mn) ont un effet létal. De faibles concentrations dans l'eau d'arrosage stimulent la croissance et le développement des racines. Par contre, une forte concentration proche de la saturation se traduit par une inhibition de la croissance.

Remarque: Une liste détaillée des études concernant les effets pathologiques du benzène est fournie par OAK RIDGE NATIONAL LABORATORY, 1987 et BUA, 1988.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Forte volatilité: demi-vie d'évaporation 2,7-5 h (4,8 h dans un plan d'eau de 1m de profondeur à 25°C).

Atmosphère:

Le benzène contribue dans des proportions modérées à la formation du smog. Il réagit rapidement avec les radicaux OH, et par conséquent, la durée de séjour du benzène dans l'atmosphère peut varier entre quelques heures et plusieurs jours selon le taux de concentration de ces radicaux. Les précipitations ne font que dépolluer temporairement l'atmosphère car le benzène accumulé à la surface de l'eau et du sol a vite fait de s'évaporer à nouveau.

Sols:

Etant très volatile, le benzène s'échappe en grandes quantités des couches superficielles du sol vers l'atmosphère; il est relativement mobile dans les couches plus profondes du sol; élution dans les eaux souterraines; accumulation dans les boues d'épuration.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

Dans l'atmosphère, la dégradation s'effectue surtout par phototransformation indirecte; pas de photolyse lorsque la longueur des ondes lumineuses est supérieure à 290 nm. La demi-vie calculée pour la troposphère est de 7 à 22 jours, la moyenne étant de 13 jours. Dans la troposphère inférieure (jusqu'à 1-2 km de hauteur), les valeurs moyennes de la demi-vie du benzène se situent entre 3 et 10 jours.

Dans le milieu aquatique et les sols, c'est surtout la biodégradation qui entre en jeu (aérobie plus rapide qu'anaérobie). Métabolites de la dégradation microbienne: 1,2 dihydroxy-1,2-dihydrobenzène, pyrocatéchine. Métabolites chez les mammifères: phénols et dérivés (par exemple hydroquinone, pyrocatéchine). Dégradation aérobie à raison de 33% dans les stations d'épuration au bout de 12 h; dégradation aérobie faible par rapport à la volatilisation. La décomposition thermique s'opère à 600°C en phase gazeuse; l'hydrolyse est tout à fait improbable dans les conditions de l'environnement.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:


D

R

3

WGK


sel. RIPPEN, 1989


Eau pot.

A

L

10 mg/l



sel. RIPPEN, 1989


Eau pot.

SU

R

500 mg/l


Toxic. tolérée

sel. RIPPEN, 1989


Eau pot.

USA

R

13 mg/l (7j)


Nat. Ac. Science

sel. RIPPEN, 1989


Eau pot.

USA

R

0,35 mg/l (7j)


EPA

sel. RIPPEN, 1989


Eau pot.

USA

R

0,67 mg/l


Expos. chron.

sel. RIPPEN, 1989


Eau pot.

USA

(L)

5 mg/l

MCL




Eau pot.

OMS

R

10 mg/l


Risque de leucémie

OMS, 1984


Effluents

USA

R

125 mg/l


Rejets directs

sel. RIPPEN, 1989


Effluents

USA

R

75 mg/l (moy. 4j)


Rejets directs

sel. RIPPEN, 1989


Eau souterr.

D(HH)

R

1 mg/l


Etude approf.

sel. LAU-BW1), 1989


Eau souterr.

D(HH)

R

5 mg/l


Etude assain.

sel. LAU-BW1), 1989


Eau souterr.

NL

R

0,2 mg/l


Référence

sel. TERRA TECH 6/94


Eau souterr.

NL

L

30 mg/l


Intervention

sel. TERRA TECH 6/94


Eau souterr.

USA

L

1 mg/l


Floride

sel. ORNL2), 1987


Eau surface

USA

R

3,1 mg/l (1 j, moyenne)


Prot. eau douce

sel. RIPPEN, 1989


Eau surface

USA

R

7 mg/l (max.)


Prot. eau douce

sel. RIPPEN, 1989


Eau surface

USA

R

0,92 mg/l (1 j, moyenne)


Prot. eau salée

sel. RIPPEN, 1989


Eau surface

USA

R

2,1 mg/l (max.)


Prot. eau salée

sel. RIPPEN, 1989

Sols:


NL

R

0,05 mg/kg


Référence

sel. TERRA TECH 6/94



NL

L

1 mg/kg


Intervention

sel. TERRA TECH 6/94

Air:

Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 25 g/h

sel. TA-Luft, 1986



D

L

10 mg/m3

MIK

Val.c.durée

sel. RIPPEN, 1989



D

L

3 mg/m3

MIK

Val.c.durée

sel. RIPPEN, 1989



DDR

(L)

0,3 mg/m3

(MIK)

Val.lc.durée

sel. HORN et al., 1989



DDR

(L)

0,1 mg/m3

(MIK)

Val.l.durée

sel. HORN et al., 1989



H

(L)

0,8 mg/m3


Moyenne 30 mn3)

sel. STERN, 1986



H

(L)

1 mg/m3


Moyenne 30 mn4)

sel. STERN, 1986



H

(L)

0,3 mg/m3


Moyenne 24 h4)

sel. STERN, 1986



IL

(L)

4,8 mg/m3


Moyenne 30 mn

sel. STERN, 1986



IL

(L)

1,6 mg/m3


Moyenne 24 h

sel. STERN, 1986



PL

(L)

0,2 mg/m3


Moyenne 30 mn3)

sel. STERN, 1986



PL

(L)

1 mg/m3


Moyenne 30 mn4)

sel. STERN, 1986



PL

(L)

0,1 mg/m3


Moyenne 24 h3)

sel. STERN, 1986



PL

(L)

0,3 mg/m3


Moyenne 24 h4)

sel. STERN, 1986



PL

(L)

0,025 mg/m3


Moyenne a3)

sel. STERN, 1986



PL

(L)

0,043 mg/m3


Moyenne a4)

sel. STERN, 1986



RO

(L)

2,4 mg/m3


Moyenne 30 mn

sel. STERN, 1986



RO

(L)

0,8 mg/m3


Moyenne 24 h

sel. STERN, 1986



SU

(L)

1 mg/m3


Moyenne 30 mn4)

sel. STERN, 1986



SU

(L)

0,3 mg/m3


Moyenne 24 h4)

sel. STERN, 1986


Amb. prof.

CS

(L)

16 ppm


à partir de 1969

sel. ACGIH, 1982


Amb. prof.

D

L

16 mg/m3

TRK5)


DFG, 1989


Amb. prof.

D

L

5 ml/m3

TRK6)


DFG, 1989


Amb. prof.

DDR

(L)

5 mg/m3



sel. HORN et al, 1988


Amb. prof.

S

(L)

10 ppm


à partir de 1975

sel. ACGIH, 1982


Amb. prof.

SU

(L)

5 mg/m3

PDK


sel. RIPPEN, 1989


Amb. prof.

USA

(L)

10 ppm

TWA


sel. AUER TECHNIKUM 1988

Remarques:

1) Office de la protection de l'environnement du Land Bade-Württemberg
2) Oak Ridge National Laboratory
3) Zones spécialement protégées
4) Zones protégées
5) Poussières
6) Gaz et vapeurs

Autres réglementations de la République fédérale d'Allemagne concernant le benzène: "Gefahrstoffverordnung" (décret sur les matières dangereuses); "Bundesimmissionsschutzverordnung" (décret sur la protection contre les immissions); "Störfallverordnung" (incidents polluants); "Gefahrgutverordnungen" (marchandises dangereuses); "Abfallgesetz-Sonderabfall" (loi sur les déchets); "Benzinqualitätsangabeverordnung" (qualité des carburants), "Kosmetikverordnung" (cosmétiques); "Verordnung über die Einschränkung und Verbote für bestimmte Stoffe in Spielwaren und Scherzartikeln" (contraintes et interdictions concernant l'utilisation de certaines substances pour la fabrication de jouets et d'attrapes).

Valeurs comparatives/de reference

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source1)

Eau:




Rhin (Bâle, 1976)

CH

0,2 mg/l


Rhin (Cologne, 1976)

D

0,3 mg/l


Rhin (Duisburg, 1976)

D

0,8 mg/l


Estuaire Tees River (1984)

GB

0,1-200 mg/l


Nappe phréat. (non contaminée)

NL

<0,01-0,03 mg/l (n=8)


Nappe phréat. (contaminée)

NL

100 mg/l


Nappe phréat. (contaminée)

USA

1,0-470 mg/l (n=9 of 13)


Eau d'infilt. de décharge

USA

17-540 mg/l (n=6)


Eau potable

USA

<0,5-15 mg/l (n=945; 11 >=0,5 mg/l)


Eau de pluie

GB

87 mg/l


Sols/sédiments:




Boues d'épuration

USA

0,05-11,3 mg/kg (n=11 of 13)


Estuaire Tees River (1986)

GB

1,5-3,9 mg/kg (n=4)


Air:




Air pur, hémisphère Sud 1980-1983


<5-80 pptv (valeurs moyennes))


Air pur, hémisphère Nord 1980-1983


100-260 pptv (valeurs moyennes)


Arctique (été 1982)


66 pptv (n=8; valeurs moyennes)


Arctique (printemps 1983)


307 pptv (n=10; valeurs moyennes)


Deuselbach ('air pur', 1983)

D

0,10-0,12 ppbv (valeurs moyennes)


Div. (concentration de fond)

Brésil

0,31-0,72 ppbv (n=8)


Divers

Kenya

0,07-0,85 ppbv (n=13)


Divers (désert)

Egypte

0,19 ppbv (n=5; valeurs moyennes)


Berlin (1976/77)

D

0,6-60 ppbv (n>200; moyenne 24 h)


7 villes (1980/81)

USA

1,4-5,8 ppbv (valeurs moyennes)


Leningrad (1977-79)

SU

5,4-204 ppbv (n=30; 20-50 valeurs mn.)


Air inhalé:




Aux stations service (1970-80)


100-10.000 mg/ m3 (n>130; moyennes 2-14 h)


Par conducteur de camions citernes


30-100.000 mg/m3


Par conducteur de camions citernes


540 mg/m3 (moyenne 8 h)


Par équipage de pétroliers


2 400-170.000 mg/m3


Par équipage de pétroliers


4 200 mg/m3 (valeurs moyennes sur 8 h)


Alimentation:




Div. poissons (Los Angeles Bay, 1980/81)


<1-52 mg/kg MF (n=4)


Oeufs


0,5-1,9 mg/kg


Viande bovine


2-19 mg/kg


Rhum


0,12 mg/kg


Remarque:

1) Toutes données selon RIPPEN, 1989

EVALUATION ET REMARQUES

De par ses propriétés physiques, le benzène peut être transporté sur de longues distances, malgré la rapidité relative des réactions de transformation. L'avantage d'une dégradation assez rapide du benzène est neutralisé par l'inconvénient qu'il donne naissance à toute une série de produits de décomposition qui ont la propriété d'être toxiques. Sont exposés à l'inhalation de benzène les personnes en contact avec cette substance à leur lieu de travail, mais aussi les fumeurs et les populations se trouvant à proximité de grands axes de circulation. Les valeurs limites et indicatives d'un pays à l'autre en ce qui concerne la pollution de l'air, mais encore plus pour la pollution de l'eau de boisson. Ainsi par exemple, les valeurs recommandées par l'OMS sont de 15 à 30 fois plus élevées que les propositions de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA). Du moins là où l'eau potable est essentiellement utilisée pour la consommation humaine, il serait souhaitable de se baser sur les recommandations de l'EPA.

Des informations complémentaires concernant le benzène sont fournies par RIPPEN (1989), OAK RIDGE NATIONAL LABORATORY (1987) et BUA, 1988.

Beryllium

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7440-41-7

Nom dans le registre: Béryllium

Nom de la substance: Béryllium

Synonymes, noms commerciaux: Glycinium

Nom(s) anglais: Beryllium

Nom(s) allemand(s): Beryllium

Description générale: Métal blanc argenté

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: Be

Masse atomique relative: 9,01 g

Masse volumique: 1,848 g/cm3 à 20°C

Point d'ébullition: 2 970°C

Point de fusion: 1 287°C

Tension de vapeur: 4,84 Pa à 1 287°C

Limites d'explosivité: Les poussières de béryllium peuvent avec l'air, former des mélanges explosifs.

Seuil olfactif: Aucun

Tempér. d'auto-ignition: 555°C

Solubilité: Le béryllium est pratiquement insoluble dans l'eau, mais soluble dans des acides minéraux dilués; sont aussi insolubles dans l'eau l'hydroxyde et l'oxyde de Be, mais en revanche, le nitrate de Be a une solubilité dans l'eau de 1 033 g/l (à 20°C), et le sulfate de Be une solubilité de 424 g/l (à 25°C).

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le béryllium est utilisé dans le domaine de l'énergie nucléaire, dans l'industrie aéronautique et aérospatiale, dans la radiologie et dans la métallurgie.

Origine/fabrication:

Dans la nature, le béryllium existe sous la forme de divers composés minéraux, et il entre à raison d'environ 0,006% dans la composition de la croûte terrestre. Il peut être obtenu sous forme de métal pur par transformation en sulfate, fluorure ou chlorure à partir de béryl (3BeO.Al2O3.6SiO2)

Chiffres de production:

La production mondiale de béryllium et de ses dérivés se situe entre 3.000 - 4.000 t (sel. KOCH, 1989).

Emissions:

Environ 8.000 t par an (sel. KOCH, 1989).

TOXICITE

Homme:

TCLo 300 mg/m3, inhalation

sel. UBA, 1986


LDLo 0,1 mg/m3, inhalation

sel. KOCH, 1989


Absorption de 0,025 mg/m3



sans effet toxique

sel. KOCH, 1989

Mammifères:



Rat

DL50 9,7 mg/kg, v. orale

sel. KOCH, 1989


DL50 0,44 mg/kg, v. intraveineuse

sel. KOCH, 1989


DL50 0,50 mg/kg, v. intraveineuse

sel. UBA, 1986


DL50 0,19 mg/m3, inhalation

sel. KOCH, 1989

Organismes aquatiques:



Petits crustacés

CL10 10 mg/l

sel. UBA, 1986


CL50 18 mg/l

sel. UBA, 1986


CL100 50 mg/l

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Le béryllium et ses dérivés sont fortement toxiques. Les intoxications se produisent surtout par inhalation de poussières et par contact cutané, et se manifestent par des irritations et des affections de l'appareil respiratoire (bronchite, pneumonie, dermites). La pénétration d'éclats de métal ou de poussières de Be dans la peau entraîne la formation de granulomes, qui figurent parmi les plus graves maladies de la peau actuellement connues. Les intoxications par voie orale sont rares, car la résorption du béryllium est faible. L'intoxication chronique peut entraîner la mort. Carcinomes pulmonaire observés en milieu expérimental sur des animaux. Les maladies provoquées par le béryllium et ses dérivés figurent en République fédérale d'Allemagne parmi les maladies professionnelles à déclaration obligatoire.

Les expositions de longue durée se traduisent par une accumulation de béryllium dans le système osseux et le foie. La période de latence peut dépasser 5 ans dans le cas d'intoxication chronique.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Dans l'eau, le béryllium est presque exclusivement adsorbé sur des granules minérales. En milieu acide, ces dépôts peuvent se dissoudre, entraînant une diminution de la capacité d'auto-épuration des eaux à partir d'une concentration de 0,01 mg/l. Ceci se traduit par des taux de toxicité élevés pour les poissons et les micro-organismes.

Atmosphère:

Le béryllium migre dans l'atmosphère au travers d'émissions émanant des industries de transformation du Be. Il se dégage également de la combustion du charbon (en moyenne 0,1-7mg/kg; sel.DVGW, 1985).

Sols:

Les sols constituent un milieu d'accumulation pour le Be.

Chaîne alimentaire:

Le béryllium s'accumule dans les organismes aquatiques (facteur 1.000). Des quantités importantes de Be peuvent être absorbées au travers des aliments et de l'eau potable.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Surface

D

(R)

0,0001 mg/l


P.traitem.natur.

sel. DVGW, 1985


Surface

D

(R)

0,0002 mg/l


Trait.phys-chim..

sel. DVGW, 1985


Eau pot.

SU


0,0002 mg/l


1970

sel. DVGW, 1985


Irrigation

D

(R)

0,1 mg/l


Cult.pl.champ

sel. DVGW, 1985


Irrigation

D

(R)

0,05 mg/l


Cult..en serre

sel. DVGW, 1985


Irrigation

USA

(R)

0,5 mg/l


1968

sel. DVGW, 1985


Irrigation

USA

(R)

1 mg/l


1968, c.durée

sel. DVGW, 1985









Sols:


D

R

10 mg/kg


Sols cultivés

sel. KLOKE, 1988









Air:

Emission

D

L

0,1 mg/m3


flux massique ³ 0,5 g/h1)

sel. TA-Luft, 1986



IL


0,00001 mg/m3


24 h

sel. STERN, 1986



USA


0,00001 mg/m3


24 h

sel. MERIAN, 1984



YU


0,00001 mg/m3


24 h

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

AUS

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

B

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

BG

(L)

0,001 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CH

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CS

(L)

0,001 mg/m3


Val. l. Durée

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CS

(L)

0,002 mg/m3


Val. c. Durée

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

D

L

0,005 mg/m3

TRK

Rectif. du métal

DFG, 1989


Amb. prof.

D

L

0,002 mg/m3

TRK

Autres travaux

DFG, 1989


Amb. prof.

DDR

(L)

0,002 mg/m3

MAK

Val.c. & l. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

H

(L)

0,001 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

I

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

J

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

NL

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

PL

(L)

0,001 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

RO

(L)

0,001 mg/m3


Val. c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

S

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

SF

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

SU

(L)

0,001 mg/m3

PDK


sel. SORBE, 1989


Amb. prof.

USA

(L)

0,002 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986


Amb. prof.

YU

(L)

0,002 mg/m3



sel. MERIAN, 1984

Remarques:

L'emploi de dérivés du béryllium dans les cosmétiques est interdit en République fédérale d'Allemagne.

1) Le béryllium et ses composés en forme respirable sont désignés Be

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux superficielles:




Eau potable (1961-1966)

USA

0,01-0.7 mg/l

sel. DVGW, 1985

Mayence (1973)

D

0,005-0.009 mg/l1)

sel. DVGW, 1985

Oberpflälzer Wald

D

1-12 mg/l1)

sel. DVGW, 1985

Lac de Constance (1971-1973)

D

< 0,2 mg/l

sel. DVGW, 1985

Rhin (Lobith, 1983)

D

0,01-0,09 mg/l

sel. DVGW, 1985

Sédiments:




Baldeneysee, Ruhr (1975)

D

1,4-1,7 mg/kg

sel. DVGW, 1985

Air:




Atmosphère


0,5-0,8 ng/m3

sel. KOCH, 1989

Fumée de cigarette


0,47-0,74 mg/cigarette

sel. KOCH, 1989

Remarques:

1) Valeurs douteuses non confirmeés, à prendre avec précaution

EVALUATION ET REMARQUES

Le béryllium étant hautement toxique et cancérogène, il faut veiller à ce que l'eau potable ne soit pas durablement contaminée par cette substance. Il convient de filtrer les effluents industriels et de recycler le béryllium ainsi récupéré. Les personnes manipulant le béryllium et ses dérivés doivent éviter un contact direct avec la peau.

Biphenyles polychlores

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 1336-36-3

Nom dans le registre: Biphényles polychlorés

Nom de la substance: Polychlorure de biphényle

Synonymes, noms commerciaux: PCB , Apirolio , Aroclor , Ascarels Delor , Fenclor , Kanechlor , Phenoclor , Pyralène , Pyroclor , Sovtol et de nombreux autres.

Nom(s) anglais: Polychlorinated biphenyls

Nom(s) allemand(s): Polychlorierte Biphenyle

Description générale: Les biphényles monochlorés et polychlorés sont des composants cristallins incolores; les PCB comportant plus de 3 atomes de chlore sont des liquides incolores ayant une viscosité faible à élevée. Tous les mélanges industriels sont liquides.

Remarques: Le groupe des biphényles polychlorés se compose de 209 composés isomères et homologues.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C12H10-nCln n=1-10, principalement n=2-7

Masse atomique relative: 189-499 g

Masse volumique: 1,2-1,6 g/cm3

Point d'ébullition: 320-420°C

Tension de vapeur: 0,2-133 x 10-3 Pa

Solubilité: N'est que faiblement soluble dans l'eau; soluble dans la plupart des solvants organiques et dans les graisses.

Remarques: Les biphényles polychlorés ont une tension de vapeur basse, une forte viscosité, une solubilité minimum dans l'eau, un facteur de permittivité élevé, une forte stabilité thermique et une bonne résistance aux agents chimiques

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Les PCB sont utilisés comme agent réfrigérant, fluide hydraulique, huiles isolantes pour transformateurs, agents d'imprégnation pour le bois et le papier, plastifiant pour matières synthétiques, et matière isolante. Pour le secteur électrotechnique, les PCB ont des propriétés quasi idéales et résistent bien de surcroît au vieillissement.

Mesures permettant d'éviter les émissions:

Depuis 1976, les PCB ne peuvent être utilisés que dans des systèmes dits "fermés" dans les pays de la CE. Aux USA, la production de PCB est interdite depuis 1977, en République fédérale d'Allemagne depuis 1983.

Origine/fabrication:

La chloration des biphényles sous l'effet catalyseur du fer et du chlorure de fer donne naissance à un mélange d'isomères qui est ensuite soumis à distillation.

Chiffres de production:

D (1980):

7.400 t

(BMI, 1985)

D (depuis 1983):

pas de production

(BMI, 1985)

France (1980)

6.500 t

(LORENZ & NEUMEIER, 1983)

Espagne (1980):

1.250 t

(LORENZ & NEUMEIER, 1983)

TOXICITE

Mammifères:



Globalement

TDLo 325 mg/kg

sel. UBA, 1986

Organismes aquatiques:



Truite arc-en-ciel

CL50 2 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Micropterus salmoides

CL50 2,3 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Vairon d'Amérique

CL50 7,7-300 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Amiurus nebulosus

CL50 8,7-139 mg/l (30 d)

sel. UBA, 1986

Grande perche soleil

CL50 84-400 mg/l (30 d)

sel. UBA, 1986

Gammarus spec.

CL50/EC50 10-73 mg/l

sel. UBA, 1986

Algues vertes

0,1-300 mg/l croissance inhibée

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Les effets toxicologiques des PCB sur l'être humain ne sont pas encore entièrement connus. La législation de la République fédérale d'Allemagne traite le PCB comme une substance de moindre toxicité, bien que des effets cancérogènes et tératogènes aient été démontrés dans des expériences sur l'animal (effet carcinogène pour l'homme présumé). La toxicité des PCB augmente avec le taux de chloration, mais aussi au travers des produits d'oxydation du PCB, qui peuvent être beaucoup plus toxiques encore que le PCB lui-même. De façon générale, le risque d'intoxication par inhalation est limité en raison de la faible tension de vapeur. En revanche, les intoxications par contact cutané et par ingestion peuvent avoir des effets très graves, en particulier sur le foie et le système enzymatique. En cas d'intoxication chronique, les symptômes habituels sont les suivants: nausées, vomissements, perte de poids, oedèmes et douleurs dans le bas-ventre; en cas de lésion grave du foie, coma pouvant conduire à la mort.

Végétaux: Dans les algues, les PCB réduisent le taux de division cellulaire et la fixation de CO2. De manière générale, la croissance des plantes est inhibée. Des modifications au niveau des populations végétales se produisent en cas de concentrations > 0,1 m /l (phytoplancton et invertébrés) [LORENZ & NEUMEIER, 1983].

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

La pollution des eaux de surface s'effectue par des sources diffuses et au travers des précipitations.

Atmosphère:

Les PCB migrent dans l'atmosphère sous l'effet de l'évaporation, elle-même favorisée par des températures élevées. Ils se condensent sur des aérosols et connaissent ainsi une large dispersion. Les taux d'évaporation à partir des sols peuvent, selon la texture de ces derniers, être plus importants que ceux concernant le milieu aquatique.

Sols:

Accumulation dans la couche d'humus et faible mobilité après adsorption, mobilité accrue pendant la phase vapeur. La dégradation est très limitée, et la persistance augmente avec le taux de chloration.

Dégradation, produits de décomposition:

Une dégradation par hydrolyse est improbable, car les PCB demeurent stables même en présence de bases et d'acides forts. Une dégradation par voie d'oxydation n'est possible que moyennant un fort apport d'énergie . Une dégradation biotique par des micro-organismes ne se produit qu'en aérobiose. Le phénomène d'adsorption et/ou le passage en milieu anaérobie a pour effet de mettre fin à tout processus de dégradation dans le sol. La minéralisation dans le sol est possible sous l'action d'un fort rayonnement U.V.

Les métabolites jusqu'ici identifiés sont des composés hydroxy, des produits de dédoublement meta ainsi que des chlorobenzènes. A la fin du processus de dégradation, on est en présence de CO2 et de HCl.

Chaîne alimentaire:

L'absorption de PCB par l'homme s'opère à raison de 25% env. par inhalation et pour 75% par la chaîne alimentaire (UBA, 1986). Les aliments d'origine animale jouent un rôle majeur, et les poissons fournissent 4 à 5% des quantités absorbées. La contamination par l'eau potable est peu importante.

Le PCB s'accumule dans les tissus adipeux, le lait et le foie.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau de surface

D

(R)

0,014 mg/l


Eau douce

sel. UBA, 1986

Air:

Pour les normes antipollution concernant cet élément, voir fiches d'information 164-166

Aliments:


CDN

R

0,2-1,0 pg/(kg/j)

ADI


sel. CRINE, 1988



D

(R)

2,5 mg/kg

ADI


sel. ECKSTEIN, 1994



NL

R

4 pg/(kg/j)

ADI


sel. CRINE, 1988



USA

R

0,06 pg/(kg/j)

ADI

EPA

sel. CRINE, 1988

Lait & prod. laitiers


USA

(L)

1,0 mg/kg


FDA1)

sel. ECKSTEIN, 1994

Volaille


USA

(L)

3 mg/kg


2)

sel. LORENZ et al., 1983

Oeufs


USA

(L)

0,2 mg/kg



sel. LORENZ et al., 1983

Poisson


USA

(L)

2 mg/kg



sel. LORENZ et al., 1983

Remarques:

1) Base de référence: graisses
2) Base de référence: graisses

Depuis 1979, il existe aux USA une interdiction concernant la production de biphényles polychlorés, et depuis 1985, il est interdit de les utiliser dans les transformateurs et électro-aimants à des concentrations > 500 mg/kg (LORENZ & NEUMEIER, 1983).

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Valeur

Source

Air

5-30 ng/m3

sel. BMI, 1985

Air

0,1-20 ng/m3

sel. PEARSON, 1982

Eau:



Pluie/neige

0,1-200 ng/l

sel. PEARSON, 1982

Eau de mer

0,25-100 ng/l

sel. PEARSON, 1982

Eaux superficielles

0,1-3000 ng/l

sel. PEARSON, 1982

Sols/sédiments

1-1000 mg/kg

sel. PEARSON, 1982

Sols

0,05-0,1 mg/kg

sel. BMI, 1985

Boues

1-100 mg/kg

sel. PEARSON, 1982

Plancton

0,01-2 mg/kg

sel. PEARSON, 1982

Poissons

0,01-25 mg/kg

sel. PEARSON, 1982

Oiseaux

0,1-1000 mg/kg

sel. PEARSON, 1982

Mammifères marins/amphibies

0,1-1000 mg/kg

sel. PEARSON, 1982

Homme/tissu adipeux

0,1-10 mg/kg

sel. PEARSON, 1982

EVALUATION ET REMARQUES

Le groupe des PCB se caractérise par une haute persistance et par le fait que leur utilisation est très répandue. Les problèmes se situent surtout au niveau de l'élimination des déchets à base de PCB. La destruction par voie thermique à des températures trop basses dans les usines d'incinération peut donner naissance à des émissions de quantités non négligeables de dibenzo-p-dioxines polychlorées dans l'environnement. Par ailleurs, il n'est pas encore établi avec certitude si les PCB peuvent être intégralement détruits à de hautes températures. Aussi est-il absolument indispensable de limiter l'utilisation des PCB ou de ne la tolérer que dans des systèmes fermés. Il existe désormais suffisamment de produits de remplacement.

Sources spéc.: HUTZINGER, SAFE & ZITKO (1974); CRINE (1988).

Brome

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7726-95-6

Nom dans le registre: Brome

Nom de la substance: Brome

Synonymes, noms commerciaux: Brome

Nom(s) anglais: Bromine

Nom(s) allemand(s): Brom

Description générale: Liquide rouge-brun foncé dégageant des vapeurs denses, volatile; vapeur; ou cristaux métalliques en dessous de -7.2°C (incolore à -252°C).

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: Br2

Masse atomique relative: 159,80 g

Masse volumique: 3,12 g/cm3

Densité de gaz: 5,5

Point d'ébullition: 58,78°C

Point de fusion: -7,2°C

Tension de vapeur: 220 hPa à 20°C; 340 hPa à 30°C; 740 hPa à 50°C

Seuil olfactif: 1 ppm dans l'air

Solubilité: Dans l'eau 42 g/l à 0°C,

35,5 g/l à 20°C; soluble dans le benzène, l'essence, le chloroforme, l'éthanol, l'éther et l'acide sulfurique

Facteurs de conversion: 1 mg/m3 = 0,150 ml/m3

1 ml/m3 = 6,658 mg/m3

Remarques: En dehors du mercure, le brome est le seul élément qui soit liquide à température normale. Le brome est très réactif; il réagit de façon explosive avec les gaz et vapeurs inflammables. Il attaque vivement de nombreux composés organiques, et est doué d'un pouvoir oxydant très marqué.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le brome est utilisé pour une très large part (30%) pour la production de 1,2-dibromoéthane, que l'on ajoute aux carburants contenant du plomb tétraéthyle afin d'éviter les dépôts de plomb sur les soupapes des moteurs à combustion. Il est également utilisé sous forme de bromure de calcium (22%) pour le garnissage et le tubage des puits de pétrole ainsi que pour la fabrication de préparations ignifuges (16%). Il sert comme matériau de base pour la synthèse organique de produits phytosanitaires, colorants, produits pharmaceutiques, produits chimiques utilisés dans la photographie , opacifiants.

Origine/fabrication:

Le brome est essentiellement obtenu à partir des lessives résiduaires de l'industrie de la potasse. Une partie est fabriquée à partir de l'eau de mer. Les lessives résiduaires, solutions colloïdales (sols), lessives-mères, etc., dont la teneur en brome est supérieure à 1 g/l sont traitées à chaud pour en extraire le brome, tandis que l'eau de mer est débromée à froid. Le brome brut obtenu en phase humide est ensuite soumis à distillation et séchage afin d'éliminer le chlore, l'eau résiduaire et les impuretés (rendement 99%).

Chiffres de production:

Production mondiale

1982 = 381.000 t (ULLMANN, 1985)
1983 = 364 200 t
1984 = 373.000 t

TOXICITE

Homme:

LDLo 14 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986

LCLo 1000 ppm, inhalation (létal)

sel. UBA, 1986


Mammifères:



Souris

CL50 750 ppm (9 mn), inhalation

sel. UBA, 1986

Chat

LCLo 140 ppm (7 h), inhalation

sel. UBA, 1986

Lapin

LCLo 180 ppm (6,5 h), inhalation

sel. UBA, 1986

Organismes aquatiques:



Cyprin doré

20 mg/l = létal

sel. UBA, 1986

Petits crustacés

10 mg/l = létal

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: Le brome sous sa forme liquide provoque des irritations et de graves brûlures des yeux, des voies respiratoires, de la peau et de l'appareil digestif. Profondes et douloureuses nécroses sur la peau et les muqueuses. En cas de fortes concentrations, oedème de la glotte, du larynx et du poumon, pneumonie. Classe de toxicité 2 (ROTH, 1989). Le brome sous forme de vapeurs est plus dangereux encore. Les vapeurs de brome provoquent des bronchospasmes et des pneunomies.

Végétaux: Le brome est un oligo-élément qui n'est pas nocif pour les plantes, mais dont elles peuvent se passer.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Le brome tend à se déposer au fond de l'eau, mais une partie se dilue et colore l'eau. Par la suite, des vapeurs de brome se forment à la surface. En raison de sa forte toxicité et de ses propriétés oxydantes et caustiques, le brome représente un risque de pollution pour tous les types de milieux aquatiques, et en particulier pour l'eau potable, les eaux de fabrication et les eaux usées. Des bromures se trouvent sous la forme d'ions secondaires dans les dérivés potassiques et sodiques, d'où une augmentation directe de la teneur de brome en cas de salinisation des eaux. Dans les régions côtières, une augmentation du taux de bromure dans les eaux souterraines est liée à l'infiltration de l'eau de mer. Catégorie de risque pour l'eau: WGK 2 (ROTH, 1989). Dans l'eau, le brome fait entrave à la croissance des algues.

Atmosphère:

Le liquide s'évapore rapidement et forme des vapeurs caustiques. Les vapeurs sont plus lourdes que l'air et rasent la surface du sol.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau souterr.

D

R

0,5 m/m3 1)


Bromure, étude

sel. LAU-BW, 1989


Eau souterr.

D

R

2 m/m3 1)


Bromure, assain.

sel. LAU-BW, 1989


Eau souterr.

NL

(L)

2 m/m3 1)


Bromure

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

CH

(L)

0,1 mg/m3


Rejets directs

sel. DVGW, 1988


Effluents

CH

(L)

1-30 mg/m3


Rejets indirects

sel. DVGW, 1988









Sols:


D

(R)

600 mg/kg1) SSA



sel. HOCK, 1988



NL

R

20 mg/kg SSA



sel. KLOKE, 1988



NL

R

50 mg/kg SSA


Etude

sel. KLOKE, 1988



NL

R

300 mg/kg1) SSA


Assainissement

sel. KLOKE, 1988

Air:

Amb. prof.

D

L

0,1 ml/m3

MAK


DFG, 1989


Amb. prof.

USA

(L)

0,7 mg/m3

TWA


sel. ACGIH, 1986


Amb. prof.

USA

(L)

2 mg/m3

STEL


sel. UBA, 1986


Amb. prof.

SU

(L)

0,075 ml/m3

PDK


sel. UBA, 1986


Amb. prof.

SU

(L)

1 mg/m3

PDK

Résorpt.cutan.

sel. KETTNER, 1979


Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique3 50 g/h

sel. TA-Luft, 1986

Remarques:

1) Valeurs douteuses non confirmées, à prendre avec précautions

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eau de mer


0,065 kg/m3

sel. ULLMANN, 1978

Cendres volantes de charbon

USA

0,3-21 mg/kg

sel. HOCK, 1988

Végétaux


15 mg/kg

sel. HOCK, 1988

EVALUATION ET REMARQUES

Le brome et ses dérivés ont une action biologique analogue à celle du chlore et de ses dérivés. Alors que la plupart des composés du brome sont plus toxiques que les dérivés correspondants du chlore, le chlore lui-même est toutefois plus dangereux que le brome du fait de sa réactivité.

Bromure de methyle

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 74-83-9

Nom dans le registre: Bromure de méthyle

Nom de la substance: Bromure de méthyle

Synonymes, noms commerciaux: Bromométhane , Terabol

Nom(s) anglais: Methyl bromide

Nom(s) allemand(s): Methylbromid

Description générale: Gaz incolore dont l'odeur ressemble à celle du chloroforme.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: CH3Br

Masse atomique relative: 94,95 g

Masse volumique: 1,73 g/cm3 liquide à 0°C

Densité de gaz: 3,3

Point d'ébullition: 4°C

Point de fusion: -93°C

Tension de vapeur: 90 x 103 Pa à 20°C

Température d'ignition: 535°C

Limites d'explosivité: 8,6-20 Vol.%

Solubilité: Dans l'eau: 13,4 g/l; aisément soluble dans les solvants organiques courants.

Facteurs de conversion: 1 mg/m3 = 0,253 ml/m3,1 ml/m3 = 3,946 mg/m3

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le bromure de méthyle est un insecticide et un nématocide ayant des effets fongicides, acaricides, rodenticides et herbicides. Il est utilisé pour la désinfection des sols, la fumigation des graines, la protection des denrées stockées et la désinfection des magasins de stockage et moulins (en particulier contre les coléoptères attaquant les céréales et les mites de la farine). Il est utilisé comme gaz pur ou mélangé au bioxyde de carbone ou au dibromure d'éthylène.

Origine/fabrication:

Le bromure de méthyle est fabriqué par hydrobromation à partir de méthanol.

TOXICITE

Homme:

LCLo 60.000 ppm (2h), inhalation

sel. UBA 1986

TCLo 35 ppm (2h), inhalation

sel. UBA 1986


Mammifères:



Rat

CL100 0,63 mg/l (6h), inhalation

sel. UBA 1986


LCLo 3120 ppm (15 mn), inhalation

sel UBA 1986

Cobaye

LCLo 300 ppm (9h), inhalation

sel. UBA 1986

Lapin

LCLo 2 mg/l (11h), inhalation

sel. UBA 1986

Organismes aquatiques:



Poissons

CL50 > 1000 mg/l

sel. UBA 1986

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Quand elle ne provoque pas immédiatement une anesthésie et un choc respiratoire, l'inhalation de fortes concentrations de bromure de méthyle peut être à l'origine d'un oedème pulmonaire se produisant après une période de latence de plusieurs heures, lequel est souvent suivi en l'espace de quelques jours d'une pneumonie sévère. Les intoxications aiguës ou chroniques peuvent provoquer des lésions du système nerveux central. Les symptômes se manifestent par des maux de tête et des nausées, suivis par des troubles comparables à ceux provoqués par une alcoolémie aiguë, auxquels succède un état d'excitation, des tremblements et des spasmes généralement liés à une paralysie des membres. Les symptômes se manifestant après une exposition unique peuvent perdurer pendant plusieurs semaines. La peau en contact avec la substance liquide forme des cloques. Le bromure de méthyle est facilement absorbé par la peau. Il est présumé que le bromure de méthyle a des effets cancérogènes.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Sols:

Dans les sols et dans les céréales, on trouve du bromure de méthyle fixé inorganiquement.

Remarques:

On ne possède pratiquement aucune information sur le comportement du bromure de méthyle dans l'environnement.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:









Amb.prof.

D

L

5 ml/m3

MAK

Risque carcinogène III B

sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

D

L

20 mg/m3

MAK


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

SU

(L)

0,25 ppm

PDK


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

SU

(L)

1 mg/m3

PDK


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

5 ppm

TWA


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

20 mg/m3

TWA


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

15 ppm

STEL


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

60 mg/m3

STEL


sel. AUER TECHNIKUM, 1988

EVALUATION ET REMARQUES

Le bromure de méthyle est une substance ayant des effets insidieux. Etant donné que le seuil olfactif se situe à un niveau nettement plus élevé que la concentration toxique, il n'y a pas d'avertissement. Les symptômes apparaissent après plusieurs heures de latence et perdurent pendant plusieurs semaines, même dans le cas d'exposition non répétée. Le bromure de méthyle réagit fortement et même explose en présence de métaux alcalins, de métaux alcalino-terreux et de poudres de métaux.

Cadmium

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7440-43-9

Nom dans le registre: Cadmium

Nom de la substance: Cadmium

Synonymes, noms commerciaux: Cadmium

Nom(s) anglais: Cadmium

Nom(s) allemand(s): Cadmium

Description générale: Métal blanc argenté lourd, mou, brillant.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: Cd

Masse atomique relative: 112,41 g

Masse volumique: 8,642 g/cm3 à 20°C

Point d'ébullition: 767°C

Point de fusion: 320.9°C

Tension de vapeur: 0,013 Pa à 180°C

Solubilité: Soluble dans l'acide nitrique, mais plus difficilement soluble dans l'acide chlorhydrique et dans l'acide sulfurique.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES DE CERTAINS COMPOSES

Numéro du CAS:

1306-19-0

10108-64-2

Nom de la substance:

Oxyde de cadmium oxyde

Chlorure de cadmium

Synonymes, noms commerciaux:

Orange de cadmium, jaune de cadmium

Dichlorure de cadmium, caddy

Nom(s) anglais

Cadmium oxide

Cadmium chloride

Nom(s) allemand(s):

Cadmniumoxid

Cadmiumchlorid

Description générale:

Solide, de couleur jaune brun.

Solide cristallin incolore.




Formule brute:

CdO

CdCl2

Masse atomique relative:

128,41 g

183,32 g

Masse volumique:

6,95 g/cm3

4,05 g/cm3

Point d'ébullition:


967°C

Point de fusion:

Sublimation à partir de 700°C

568°C

Solubilité:

Dans l'eau: très faible (0,005% en poids); soluble dans les acides dilués.

Dans l'eau: facilement soluble (1 400 g/l).

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le cadmium métallique est utilisé comme anticorrosif pour le fer et comme alliage dans l'industrie automobile. Ses dérivés sont utilisés comme pigments (surtout sulfure de Cd), comme stabilisants pour les plastiques, dans la fabrication de batteries alcalines, de fongicides, d'accumulateurs Ni-Cd et de photopiles pour réacteurs nucléaires.

Origine/fabrication:

Le cadmium minéral est rare; présence fréquente à l'état isomorphe dans la quasi-totalité des minerais de zinc (95% de la production de Cd). Le Cd est séparé du zinc par distillation ou par précipitation d'une solution de sulfate au moyen de poussière de zinc .

Chiffres de production:

1980 = 18 x 103 t (production mondiale); MERIAN, 1984

TOXICITE

Mammifères:



Rat

LDLo 15 mg/kg, ims

sel. KOCH, 1989

Rat

TDLo 70 mg/kg, ims

sel. KOCH, 1989

Rat

DL50 88 mg/kg, (chlorure de cadmium)

sel. DVGW, 1988

Rat

DL50 72 mg/kg, (oxyde de cadmium)

sel. DVGW, 1988

Lapin

DL50 70-150 mg/kg, (chlorure de cadmium)

sel. DVGW, 1988

Cobaye

DL 150 mg/kg, fluorure de cadmium

sel. DVGW, 1988

Organismes aquatiques:



Daphnie

0,1 mg/l (lésion)

sel. DVGW, 1988

Epinoche

0,3 mg/l (lésion)

sel. DVGW, 1988

Vairon d'Amérique

DL 5600 mg/l (1 h)

sel. DVGW, 1988

Cyprin doré

DL 0,017 mg/l (9-18 h)

sel. DVGW, 1988

Poissons



(sans différence d'espèces)

CL50 minimum 23 ppm (264 h)

sel. KOCH, 1989

CL50 moyenne 140 ppm (24 h)

sel. KOCH, 1989


Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: L'exposition chronique au cadmium porte atteinte à l'appareil digestif et aux poumons, mais aussi et surtout aux reins. Le cadmium est un toxique cumulatif: l'excellente solubilité de cet élément dans les acides faibles explique pour une large part son absorption dans l'organisme. 5% du Cd sont résorbés au travers de l'appareil gastro-intestinal, et viennent s'accumuler dans le foie et les reins; en Asie, des concentrations de Cd dans le riz provoquent la maladie de "Itai-Itai" . Les principales manifestations sont les suivantes: destruction des érythrocytes, protéinurie, rhinite, emphysème et bronchite chronique. Le cadmium et ses dérivés possèdent un pouvoir carcinogène. Le symptôme essentiel de l'intoxication chronique est l'excrétion urinaire de la ß-microglobuline par suite d'un dysfonctionnement rénal, lequel peut également entraîner des déformations osseuses.

Végétaux: Le cadmium freine les activités de photosynthèse et de transpiration, et augmente le taux de respiration. De faibles concentrations de Cd dans le sol suffisent pour provoquer des lésions sérieuses, et en particulier un rabougrissement des tiges ainsi que d'intensives stries jaunâtres sur les feuilles les plus âgées. L'absorption s'opère par les racines, mais aussi par la tige et les feuilles. En dehors des pertes de récolte, les risques sont surtout liés à la contamination (par accumulation) de plantes comestibles, par lesquelles le Cd parvient dans la chaîne alimentaire.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

En milieu aquatique, le cadmium est adsorbé à raison de 2/3 à 3/4 sur les matières en suspension. Sous l'action d'agents complexants, il peut être remobilisé à partir des sédiments. La toxicité pour les poissons est entre autres choses fonction de la teneur de l'eau en calcium. De manière générale, on peut dire que des taux de calcium élevés tendent à réduire l'effet toxique du cadmium sur les poissons.

La capacité d'auto-épuration biologique des eaux de surface et des eaux souterraines est affectée à partir d'une concentration de cadmium de 0,1 mg/l (DVGW, 1988).

Atmosphère:

Le cadmium est stable au contact de l'air, car il se recouvre d'une couche d'oxyde.

Sols:

La capacité de rétention des sols face au cadmium dépend de leur teneur en bases échangeables. Dans la mesure où le cadmium est adsorbé sur les particules organiques du sol, son transport par lessivage est pratiquement nul. L'horizon où s'accumule le cadmium est la rhizosphère. Lorsque le pH est égal à 6,5, la disponibilité du cadmium est au plus bas, mais sa fixation par les plantes augmente à mesure que le pH du sol diminue.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

L'organisme humain accumule le cadmium. 50% du cadmium accumulé sont décelés dans le foie et le cortex rénal. L'excrétion du cadmium s'effectue surtout par voie urinaire, à raison de 2 mg/j en moyenne (0,2 - 3,1 ug/l). La demi-vie biologique1) du cadmium dans l'organisme humain se situe entre 15 et 25 ans (mesure faite dans les reins; GROßKLAUS, 1989).

Chaîne alimentaire:

Environ un tiers du cadmium absorbé par l'organisme humain provient de denrées d'origine animale, et deux tiers d'aliments d'origine végétale. Le tabagisme accroît sensiblement la charge de cadmium dans l'organisme.

Remarques:

1) La demi-vie biologique est la période qui est nécessaire pour qu'une certaine concentration d'un élément dans l'organisme soit réduite de moitié sous l'effet des processus normaux d'élimination.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau pot.

AUS

(L)

10 mg/l



sel. MERIAN, 1984


Eau pot.

CH

(L)

5 mg/l



sel. MERIAN, 1984


Eau pot.

D

L

5 mg/l


Amendement, 1985

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

R

5 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

SU

(L)

10 mg/l



sel. MERIAN, 1984


Eau pot.

USA

(L)

10 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

OMS

R

5 mg/l



sel. MERIAN, 1984


Eau surface

D

L

50 mg/m3


Etude

sel. LAU-BW, 1989


Eau surface

D

L

100 mg/m3


Assainissement

sel. LAU-BW, 1989


Eau surface

D

R

5 mg/l


1) A

sel. DVGW, 1988


Eau surface

D

R

10 mg/l


2) B

sel. DVGW, 1988


Eau surface

CE

R

10 mg/m3


3) Etude

sel. LAU-BW, 1989


Eau surface

CE

R

50 mg/m3


3) Assainissement

sel. LAU-BW, 1989


Eau souterr.

D(HH)

R

2,5 mg/l


Etude

sel. LAU-BW, 1989


Eau souterr.

D(HH)

R

10 mg/l


Assainissement

sel. LAU-BW, 1989


Eau souterr.

NL

R

0,4 mg/l


Référence

sel. TERRA TECH 6/94


Eau souterr.

NL

L

6 mg/l


Intervention

sel. TERRA TECH 6/94


Effluents

CH

(L)

0,10 g/m3


Rejet dir/indir.

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

CH

R

0,005 g/m3


Object. qualité

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

D(BW)

R

1 g/m3



sel. LAU-BW, 1989


Eau abreuv.

D

L

6 mg/l



sel. DVGW, 1988

Sols:


CH

R

0,8 mg/kg SSA



sel. LAU-BW, 1989



CH

R

0,03 mg/kg


Teneur soluble

sel. LAU-BW, 1989



D(HH)

R

8 mg/kg RS


Etude

sel. LAU-BW, 1989



NL

R

0,8 mg/kg SSA


Référence

sel. TERRA TECH 6/94



NL

L

12 mg/kg SSA


Intervention

sel. TERRA TECH 6/94



USA

R

5 mg/kg


STLC

sel. LAU-BW, 1989



USA

R

500 mg/kg


TTLC

sel. LAU-BW, 1989


Boues épurat.

CH

L

30 mg/kg RS


Boues

sel. LAU-BW, 1989


Boues épurat.

D

L

3 mg/kg SSA


Sols

sel. LAU-BW, 1989


Boues épurat.

D

L

20 mg/kg RS


Boues

sel. LAU-BW, 1989


Boues épurat.

CE

L

1-3 mg/kg RS


Sols

sel. LAU-BW, 1989


Boues épurat.

CE

L

20 - 40 mg/kg RS


Boues

sel. LAU-BW, 1989


Boues épurat.

CE

L

1,5 - 15 g/ha et a


4)

sel. LAU-BW, 1989


Engrais

D

L

4 mg/kg


5)

sel. LAU-BW, 1989


Engrais

D

L

3 mg/kg SSA


Sols

sel. LAU-BW, 1989


Engrais

D

L

20 mg/kg


Boues

sel. LAU-BW, 1989


Compost

A

R

1-6 ppm



sel. LAU-BW, 1989


Compost

CH

L

3 mg/kg



sel. LAU-BW, 1989


Compost

D

R

3 mg/kg SSA


Sols

sel. LAU-BW, 1989

Air:


CH

L

0,010 mg/m3


6)

sel. LAU-BW, 1989



CH

L

2 mg/m3 et j


Dépôts pouss.

sel. LAU-BW, 1989



D

L

0,04 mg/m3

IW1

7) 17)

sel. TA-Luft, 1996



D

L

5 mg/m3 et j.


8)

sel. LAU-BW, 1989



OMS

R

0,001-5 mg/m3


9)

sel. LAU-BW, 1989



OMS

R

0,010-20 mg/m3


10)

sel. LAU-BW, 1989



D

L

5 mg/m3 et j.

IW1

15)

sel. TA-Luft, 1996


Amb. prof.

AUS

L

0,05 mg/m3


Pouss.&sels sol.

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

AUS

L

0,05 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

B

L

0,05 mg/m3


Pouss.&sels sol.

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

B

L

0,05 mg/m3


Fabric., oxyde Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

B

L

0,05 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

BG

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CS

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd 11)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CS

L

0,5 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd 12)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CH

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

CH

L

0,2 mg/m3


Pouss.&sels sol.

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

D

L

1,5 mg/dl

BAT

Sang pur

sel. DVGW, 1988


Amb. prof.

D

L

15 mg/l

BAT

Urine

sel. DVGW, 1988


Amb. prof.

DDR

L

0,1 mg/m3


Pouss.&sels sol. 11)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

DDR

L

0,2 mg/m3


Pouss.&sels sol. 12)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

NL

L

0,05 mg/m3


Fabric., oxyde Cadmium

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

NL

L

0,05 mg/m3


Pouss.&sels sol.

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

NL

L

0,05 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

H

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

I

L

0,05 mg/m3


Pouss.&sels sol.

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

I

L

0,01 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

J

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

PL

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

RO

L

0,2 mg/m3


Oxyde Cd, fumée, Cd 12)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

S

L

0,05 mg/m3


Pouss.&sels sol.

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

S

L

0,02 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

SF

L

0,02 mg/m3


Pouss. & sels sol.

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

SF

L

0,01 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

SU

L

0,1 mg/m3


Oxyde de Cd

sel. KETTNER, 1979


Amb. prof.

SU

L

0,3 mg/m3


Hydroxyde de Cd

sel. KETTNER, 1979


Amb. prof.

SU

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

USA

L

0,1 mg/m3


Cd oxide, fumée, Cd 11)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

USA

L

0,3 mg/m3


Cd oxide, fumée, Cd 12)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

USA

(L)

0,05 mg/m3

TWA


sel. DVGW, 1988


Amb. prof.

USA

L

0,2 mg/m3


Pouss. & sels sol. 11)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

USA

L

0,6 mg/m3


Pouss. & sels sol. 12)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

USA

(L)

0,05 mg/m3

TWA

Oxyde de Cd., fumée

sel. ACGIH, 1986


Amb. prof.

USA

(L)

0,05 mg/m3

TWA

Fabric., oxyde Cadmium

sel. ACGIH, 1986


Amb. prof.

OMS

L

0,01 mg/m3


Pouss.&sels sol. 13)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

OMS

L

0,25 mg/m3


Pouss.&sels sol. 12)

sel. MERIAN, 1984


Amb. prof.

YU

L

0,1 mg/m3


Ox.Cd, fumée=Cd

sel. MERIAN, 1984


Emission

D

L

0,2 mg/m3


flux massique ³ 1 g/h16)

sel. TA-Luft, 1996

Aliments:


OMS

R

0,07 mg/d



sel. RÖMPP, 1979



D

L

0,005 mg/l


Eau minérale

sel. DVGW, 1988



D

R

0,0025 mg/kg


Lait

sel. GROßKLAUS, 1989



D

R

0,05 mg/kg


Fromage

sel. GROßKLAUS, 1989



D

R

0,1 mg/kg


Viande bovine

sel. GROßKLAUS, 1989



D

R

0,1 mg/kg


Charcuterie

sel. GROßKLAUS, 1989

Remarques:

1) Pour le traitement de l'eau potable: A = désigne les seuils de pollution en dessous desquels l'eau peut être traitée pour l'alimentation en eau potable.

2) Pour le traitement de l'eau potable: B = désigne les seuils de pollution en dessous desquels de l'eau potable peut être produite au moyen des méthodes physico-chimiques connues et éprouvées.

3) Pour le traitement de l'eau potable: A1 = traitement et désinfection par des procédés physiques simples, A2 = traitement et désinfection par des procédés physiques et chimiques normaux, A3 = traitement, oxydation, adsorption et désinfection par des procédés physiques et des méthodes chimiques sophistiquées.

4) Charge de métaux lourds en 10 ans.

5) Dans engrais mixtes minéraux/organiques.

6) Moyenne arithmétique annuelle, dans poussières en suspension.

7) Moyenne arithmétique annuelle, calculée sur la base de moyennes quotidiennes, protection des êtres humains.

8) Moyenne arithmétique annuelle, calculée sur la base de moyennes mensuelles, protection de la faune, de la flore et de biens matériels.

9) Moyennes calculées sur 1 an (zones rurales); protection de l'homme.

10) Moyennes calculées sur 1 an (zones urbaines); protection de l'homme.

11) Valeur moyenne.

12) Valeur de courte durée.

13) Valeur de longue durée.

14) Absorption hebdomadaire tolérable.

15) Le cadmium et ses composés inorganiques dont les dépôts de poussière sont désignés sous Cd

16) Les poussières de cadmium et ses composeés inorganiques sont désignés sous Cd

17) Le cadmium et ses composés inorganique en forme de poussières en suspension sont désignés sous Cd

Autres dispositions dans: 'Kosmetik-Verordnung', 1985: utilisation du Cd interdite dans les produits cosmétiques; 'Farben-Gesetz', 1987. Utilisation de Cd interdite pour la fabrication de produits alimentaires, stimulants et biens de consommation courante; l'utilisation de dérivés de Cd comme produit phytosanitaire est interdite en RFA.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux de surface:




Rhin (Cologne):

D

0,03 - 0,2 mg/l

sel. DVGW, 1988

Rhin (Duisburg):

D

0,05 - 0,5 mg/l

sel. DVGW, 1988

Ruhr (Witten):

D

0,2 - 2,1 mg/l

sel. DVGW, 1988

Ruhr (Duisburg):

D

0,4 - 0,6 mg/l

sel. DVGW, 1988

Engrais (dans 100 kg P2O5):

USA

1,2 - 2,4 g Cd/ha

sel. BREMER UMWELT INST., 1985


Maroc

3,5 - 7 g Cd/ha

sel. BREMER UMWELT INST., 1985


SU

3,6 - 7,2 g Cd/ha

sel. BREMER UMWELT INST., 1985


Sénégal

11,4 - 22,8 g Cd/ha

sel. BREMER UMWELT INST., 1985

Cendres vol. de charbon

USA

0,1-3,9 mg/kg

sel. HOCK, 1988

Végétaux


0,05-0,2 mg/kg

sel. HOCK, 1988

EVALUATION ET REMARQUES

Le cadmium est un élément-trace qui circule en permanence dans les différentes structures biologiques et non biologiques de l'environnement. Les émissions naturelles de Cd, qui atteignent env. 40 t par an pour l'ensemble de la planète, sont faibles par rapport à la valeur estimée des émissions de nature anthropogène. Le cadmium est considéré comme l'un des métaux les plus toxiques qui soient. On a relevé des cas d'intoxication aussi bien aiguë que chronique à la suite d'une exposition professionnelle. Le cadmium compte parmi les éléments-traces dont il est établi qu'ils ont donné lieu à des intoxications de certains groupes de population à la suite d'expositions chroniques dans un environnement contaminé par le Cd.

L'accumulation de Cd dans les différents types de sédiments, la capacité de remobilisation en découlant ainsi que les tendances de bioaccumulation du Cd constituent des risques particulièrement préoccupants. Dans toute la mesure du possible, les déchets contaminés par le Cd doivent être retraités.

Carbaryl

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 63-25-2

Nom dans le registre: Carbaryl

Nom de la substance: Carbaryl, 1-naphthyl-méthylcarbamate

Synonymes, noms commerciaux 1-Naphthalényl-méthylcarbamate, Sevin , Atoxan , Caproline , composé 7744 , Gamonil , Panam , Sévidol et de nombreux autres

Nom(s) anglais: Carbaryl ,

Nom(s) allemand(s): Carbaryl, 1-Naphthyl-N-methylcarbamat

Description générale: Cristallin solide incolore (substance pure).

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C12H11NO2

Masse atomique relative: 201,23 g

Masse volumique: 1,232 g/cm3

Point d'ébullition: Non distillable

Point de fusion: 142°C

Tension de vapeur: <0,7 Pa à 25°C

Solubilité: Dans l'eau: < 1g/l; dans l'acétone: 200-300 g/l; dans le cyclohexanone: 200-250 g/l; dans l'éther: 200 g/l; dans l'isopropanol: 100 g/l; dans le xylène: 100g/l.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le Carbaryl est un insecticide de contact fortement rémanent. Il est utilisé sous forme de poudre à pulvériser dans les vignes (50% + 12,5% Tetradifon; 37,5 % + 11,2 % Dioxathion) et sert notamment à combattre les mites et, en combinaison avec le lindane, les doriphores.

Origine/fabrication:

Il n'existe pas de source naturelle de carbaryl . Le carbaryl est obtenu à partir de 1-naphthol soit par réaction avec l'isocyanate de méthyle soit par traitement avec le phosgène et réaction consécutive du chloroformate obtenu avec la méthylamine.

Chiffres de production:

Production mondiale de carbaryl:

25.000 t

(1971)

(ULLMANN, 1989)

1.000-1.500 t

(1989)

(KOCH, 1989)

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL 50 400-850 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1994


DL 50 >4.000 mg/kg, v. dermale

sel. PERKOW, 1994


CSEO 2.000mg/kg aliments, (2a)

sel. PERKOW, 1994

Lapin

DL 50 710 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1994


DL 50 >2.000 mg/kg, v. dermale

sel. PERKOW, 1994

Cobaye

DL 50 280 mg/kg, v. orale

sel. KOCH, 1989

Organismes aquatiques:



Poissons



(différentes espèces)

CL50 1,75-4,25 mg/l (24 h)

sel. PERKOW, 1994


CL 50 0,1-13 mg/l (24 h)

sel. KOCH, 1989


CL 50 2-20 mg/l (24 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Cyprin doré

CL 50 28 mg/l (24 h)

sel. PERKOW, 1994


CL 50 13,2 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Insectes:



Abeille

DL50 1,3 mg/abeille, contact

sel. PERKOW, 1994


DL 50 0,14 mg/abeille, v. orale

sel. PERKOW, 1994

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: Le carbaryl appartient au groupe des carbamates qui sont dégradés rapidement et qui ne s'accumulent pas dans l'organisme humain. L'ingestion de carbaryl par voie orale ou par résorption cutanée peut provoquer une intoxication. Les effets physiologiques sont dus à l'inhibition (réversible) d'une enzyme estérase d'acétylcholine, laquelle peut être à l'origine de convulsions et d'autres manifestations neuro-musculaires. Ces effets se produisent très rapidement mais ne durent pas longtemps. Le carbaryl est rapidement hydrolysé et forme du 1-naphthol qui est excrété.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Sols:

En raison de sa solubilité dans l'eau, le carbaryl est vraisemblablement très mobile dans les sols. Toutefois, il ne se produit pratiquement aucune accumulation de carbaryl dans ce milieu. De manière générale, la persistance dans les sols des insecticides dérivés du carbamate est considérée comme étant faible à modérée (1 à 4 mois) du fait de leur mobilité et de leur pouvoir de biodégradation [ULLMANN, 1989].

Milieu aquatique:

Dans les systèmes aquatiques, l'hydrolyse s'effectue à un pH>7 et donne du 1-naphthol et de la méthylamine. Bien que le processus de dégradation soit relativement rapide, il ne faut pas exclure les possibilités de migration de la substance dans les eaux souterraines [KOCH, 1989]. En Allemagne, la substance est classée dans la catégorie de risque pour l'eau WGK = 2.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau pot.

D

L

0,1 mg/l


Subst. indiv.

sel. KOCH, 1989


Eau pot.

D

L

0,5 mg/l


Ts. Pestic. conf.

sel. KOCH, 1989


Eau pot.

SU

L

0,1 mg/l



sel. KOCH, 1989


Eau souterr.

NL

L

0,1 mg/l


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94

Sols:


NL

L

5 mg/kg


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94

Air:

Amb. prof.

D

L

5 mg/m3

MAK

Peau

sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb. prof.

USA

(L)

5 mg/m3

TWA


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb. prof.

SU

(L)

1 mg/m3

PDK


sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 25 g/h

sel. TA-Luft, 19861)

Aliments:


OMS

R

0,01 mg/kg/j

ADI


sel. KOCH, 1989

Kiwi


D

L

10 mg/kg



sel. PERKOW, 1994

Pommes, abricots, poires, pêches, prunes, raisins, choux, salades


D

L

3 mg/kg



sel. PERKOW, 1994

Autres fruits et légumes, riz


D

L

1 mg/kg



sel. PERKOW, 1994

Céréales restantes


D

L

0,5 mg/kg



sel. PERKOW, 1994

Autres aliments d'origine végétale


D

L

0,1 mg/kg



sel. PERKOW, 1994

Remarques: En Allemagne, l'utilisation du carbaryl est interdite (1994)

1) Dans l'édition 1995 du "TA-Luft" le carbaryl n'apparaît plus

EVALUATION ET REMARQUES

Le carbaryl se caractérise par une toxicité relativement faible pour les êtres humains, par l'absence de bioaccumulation et par une faible persistance dans les sols laquelle provient de sa capacité de biodégradation. En revanche, le carbaryl a des effets toxiques sur les abeilles et sur les organismes aquatiques, même à faibles concentrations. C'est pourquoi, l'utilisation du carbaryl devrait être aussi limitée que possible.

Chlordane

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 12789-03-6

Nom dans le registre: Chlordane

Nom de la substance: 1,2,4,5,6,7,8,8-octachloro-3a,4,7,7a-tétrahydro-4,7-endo-méthanoindane

Synonymes, noms commerciaux:

Nom(s) anglais: Chlordane

Nom(s) allemand(s): Chlordan

Description générale: Liquide brun, visqueux et inodore (produit technique)

Remarques: Le produit technique contient 60-75% d'isomères de chlordane et 25-40% de substances dérivées - principalement deux isomères heptachloro (10-20%) -. Il s'agit essentiellement de l'isomère a .

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C10H6Cl8

Masse atomique relative: 409,83 g

Masse volumique: 1,59-1,63 g/cm3 (produit technique, 25°C)

Point d'ébullition: non distillable

Point de fusion: 102-104°C isomère-a

104-106°C isomère-b

Tension de vapeur: 1,3 x 10-3 Pa à 25°C

Solubilité: Dans l'eau: 9 mg/l (produit technique); miscible avec la plupart des solvants organiques, aliphatiques et aromatiques, y compris des huiles minérales.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le chlordane est couramment utilisé comme insecticide pour lutter contre les termites et comme insecticide domestique pour éliminer les fourmis et les blattes. Ses usages agricoles sont limités. Le chlordane agit par ingestion, contact ou inhalation. En Allemagne, l'usage du chlordane est interdit depuis 1971; aux USA, il n'est plus homologué depuis 1976.

Origine/fabrication:

Le chlordane est obtenu par chloration d'hexachlorodicyclopentadiène qui est obtenu par réaction diénique. Le chlordane n'existe pas à l'état naturel.

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 250 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1983


DL50 217 mg/kg, v. cutanée

sel. PERKOW, 1983

Souris

DL50 430 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1983

DL50 153 mg/kg, v. cutanée

sel. SAX, 1984


Lapin

DL50 300 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1983


DL50 780-840 mg/kg

sel. PERKOW, 1983

Organismes aquatiques:



Truite arc-en-ciel

CL50 0,022 ppm (96h)

sel. VERSCHUEREN,1983

Vairon d'Amérique

CL50 36,9 mg/l (96h)

sel. VERSCHUEREN, 1983


ECLo 0,32 mg/l

sel. VERSCHUEREN, 1983

Crapet arlequin

CL50 0,022 ppm (96h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Insectes:



Abeille

Toxique

sel. PERKOW, 1983

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Les intoxications peuvent avoir lieu par voie orale, inhalation ou résorption cutanée (rapide). Le chlordane provoque des irritations de la peau et de l'appareil respiratoire. Une intoxication aiguë se manifeste par les symptômes suivants: vomissements, vertiges, tremblements, perte d'équilibre et convulsions. L'effet toxique apparaît très rapidement: un cas de décès a été enregistré dans l'attente d'un secours médical à la suite d'un contact dermique avec 100 ml d'une solution contenant 25% de chlordane. Les symptômes d'une intoxication au chlordane durent plus longtemps que les symptômes d'une intoxication au DDT dans des conditions analogues. Le chlordane s'accumule dans les tissus adipeux, le foie et les reins. Une intoxication chronique entraîne des lésions graves de ces organes. Le chlordane est réputé avoir des effets cancérogènes.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Sols:

Compte tenu de sa très faible solubilité dans l'eau et de sa stabilité, le chlordane doit être considéré comme une substance très persistante dans les sols. On estime que la demi-vie moyenne du chlordane s'élève à 2-4 ans [ULLMANN, 1989] selon le type de sol.

Milieu aquatique:

Le chlordane doit être classé parmi les substances fortement persistantes dans l'eau. Une expérience réalisée avec un récipient en verre hermétiquement fermé, exposé à la lumière du soleil et à une lumière fluorescente artificielle (concentration initiale de 10 mg/l), a montré qu'il restait un résidu de 85% après 8 semaines. En outre, le chlordane est extrêmement toxique pour les poissons, dans lesquels il s'accumule jusqu'à 105-fois; par cette voie, le chlordane pénètre dans la chaîne alimentaire.

Dégradation/produits de décomposition:

L'élimination d'acide chlorhydrique et la formation de chlorhydrines de même que de métabolites hydroxylées et hydrophiles de composition inconnue s'observent dans l'organisme des mammifères (rats).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau pot.

CE

L

0,1 mg/l


Substance indiv.

sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

CE

L

0,5 mg/l


Pesticides cumulés

sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

D

L

0,1 mg/l


Substance indiv.

sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

D

L

0,5 mg/l


Pesticides cumulés

sel. LAU-BW, 1989

Air:

Amb.prof.

D

L

0,5 mg/m3

MAK

Effet carcinogène présumé sur la peau

sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

SU

(L)

0,01 mg/m3

PDK

Peau

sel. AUER TECHNIKUM, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA

Peau

sel. AUER TECHNIKUM, 1988

Remarques:

USA: homologation retirée en 1976 [ULLMANN, 1989]
Allemagne: l'utilisation du chlordane est interdite depuis 1971 [PERKOW, 1983]

EVALUATION ET REMARQUES

Comme tous les autres insecticides organo-chlorés, le chlordane est extrêmement persistant dans l'environnement et hautement toxique pour les organismes aquatiques et les mammifères. En outre, le chlordane présente des effets de bioaccumulation. C'est pourquoi, l'utilisation du chlordane a été interdite dans plusieurs pays.

Chlore

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7782-50-5

Nom dans le registre: Chlore

Nom de la substance: Chlore

Synonymes, noms commerciaux: Chlorum

Nom(s) anglais: Chlorine

Nom(s) allemand(s): Chlor

Description générale: Gaz de couleur jaune verdâtre, d'odeur forte et suffocante.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: Cl2

Masse atomique relative: 70,91 g

Masse volumique: 0,567 g/cm3 (liquide, masse vol. critique à 144 °C); 3,21 g/l (gaz) à 0°C, 1013 h Pa

Densité de gaz: 2,49

Point d'ébullition: -34,05°C

Point de fusion: -100,98°C

Tension de vapeur: 6,8 bar à 20°C

Seuil olfactif: 0,05 ppm

Solubilité: Dans l'eau: 7,3 g/l à 20°C;

dans le tétrachlorure de carbone: 176,5 g/l à 19°C.

Facteurs de conversion: 1 mg/m3 = 0,339 ml/m3

1 ml/m3 = 2,947 mg/m3

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le chlore trouve de nombreuses applications dans l'industrie chimique, ainsi par exemple pour la préparation de produits organo-chlorés (matières plastiques, solvants , insecticides, herbicides), dans l'industrie de la cellulose et du papier, et pour le blanchiment des textiles. Il est aussi utilisé comme désinfectant pour l'eau potable et l'eau de baignade.

Origine/fabrication:

Dans la nature, le chlore se présente essentiellement en association avec le sodium, le potassium et le magnésium sous la forme de chlorures. Un autre dérivé important est l'acide chlorhydrique. A l'heure actuelle, on prépare généralement le chlore par électrolyse de chlorures de métaux alcalins (cellules à diaphragme et cellules à cathodes de mercure). Dans de moindres proportions, on utilise aussi des méthodes chimiques (procédés SHELL, KEL et SOUTHWEST-POTASH).

Chiffres de production (production mondiale):

1975 = 22,5 millions tonnes; 1983 = 30 millions tonnes; 1994 = >40 millions tonnes

TOXICITE

Homme:

LCLo 837 ppm/30 mn., inhalation

sel. UBA, 1986

2,5 mg/l air = mort immédiate

sel. TAB. CHEMIE, 1980


Mammifères:



Rat

CL50 293 ppm/1 h, inhalation

sel. UBA, 1986

Souris

CL50 137 ppm/1 h, inhalation

sel. UBA, 1986

Cobaye

LCLo 330 ppm/7 h, inhalation

sel. UBA, 1986

Chien

LCLo 800 ppm/30 mn, inhalation

sel. UBA, 1986

Organismes aquatiques:



Truite

0,08 ppm/ 168 h/ eau fraîche; TLm

sel. UBA, 1986

Poissons

à partir de 0,05 mg/l = létal


Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Gaz toxique et très caustique. Symptômes d'intoxication après inhalation: irritation des muqueuses des voies respiratoires, s'accompagnant de suffocation, de toux et d'une faible tension artérielle; en cas d'expositions prolongées et répétées, phénomène d'accommodation à l'odeur et aux irritations; rémission trompeuse pouvant être suivie par l'apparition d'un oedème pulmonaire aigu. Le chlore liquide a un effet très caustique sur la peau.

Végétaux : En général, les effets nocifs sur les plantes sont décrits par référence à la charge de chlorure (v. chlorures), ceci bien que le chlore gazeux contenu dans l'air soit directement absorbé par les plantes, détruisant le tissu végétal par oxydation ou par substitution de l'hydrogène dans les composés organiques.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Figure en République fédérale d'Allemagne dans la catégorie de risques pour l'eau WGK 2. Anéantissement de toute forme de vie dans l'eau; l'effet bactéricide persiste aussi longtemps que du chlore libre se trouve dans l'eau. Le chlore réagit vivement avec l'eau pour former, selon le taux de dilution, du gaz hydrochlorique ou de l'acide chlorhydrique. Dissous dans l'eau, le chlore est doué d'un pouvoir oxydant très marqué.

Atmosphère:

Le chlore à l'état de gaz comprimé forme, en se dilatant, un brouillard froid qui est plus lourd que l'air; des mélanges caustiques et toxiques à l'air se forment à la surface des plans et cours d'eau.

Sols:

Dans le sol, le chlore n'est présent que sous la forme de sels (chlorures) et sous forme ionisée (v. Chlorures).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu/

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:


D

L

0,1 mg/m3

IW 1

1)

sel. TA-Luft, 1986



D

L

0,3 mg/m3

IW 2

2)

sel. TA-Luft, 1986



D

G

0,10 mg/m3


Moy.mens.vég.

sel. TA-Luft, 1986


Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 50 g/h

sel. TA-Luft, 1986


Amb.prof.

D

L

1,5 mg/m3

MAK

Limite max.I I

DFG, 1989


Amb.prof.

D

L

1,5 mg/m3

BAT


sel. LAU-BW


Amb.prof.

DDR

L

1 mg/m3



sel. LAB. CHEMIE, 1980


Amb.prof.

SU

(L)

1 mg/m3

PDK


sel. SORBE, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

3 mg/m3

TWA


sel. SORBE, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

9 mg/m3

STEL


sel. SORBE, 1988

Remarques:

1) Moyenne annuelle arithmétique
2) 98 % de la moyenne demi-horaire dans l'année

EVALUATION ET REMARQUES

En raison de sa forte toxicité ainsi que de ses propriétés caustiques et oxydantes, le chlore représente un risque pour tous les types de milieux aquatiques, et en particulier pour l'eau potable; en cas d'émanation de grandes quantités de gaz, il est impératif de donner l'alerte.

Chloroforme

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 67-66-3

Nom dans le registre: Chloroforme

Nom de la substance: Trichlorométhane

Synonymes, noms commerciaux: Haloform , R20

Nom(s) anglais: Chloroform , Trichlormethan

Nom(s) allemand(s): Chloroform, Trichlormethan

Description générale: Liquide incolore, fortement réfringent, d'odeur éthérée caractéristique.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: CHCl 3

Masse atomique relative: 119,4 g

Masse volumique: 1,48 g/cm3

Densité de gaz: 4,12

Point d'ébullition: 61°C

Point de fusion: -63°C

Tension de vapeur: 21 x 103 Pa

Solubilité: Dans l'eau: 8,1 g/l; miscible avec des solvants, tels que le benzène, le pentane, l'hexane, l'éthanol et l'oxyde de diéthyle.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 4,96 mg/m3

1 mg/m3 = 0,20 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le chloroforme est utilisé à raison de 75% pour la fabrication de monochlorodifluorométhane (CFC22) utilisé comme réfrigérant mais aussi comme produit intermédiaire pour la fabrication de tétrafluoroéthène, qui peut ensuite être polymérisé (PTFE), ainsi que de colorants, de médicaments et de produits phytosanitaires. Son application en tant que solvant et anesthésique est en forte régression.

Origine/fabrication:

Le chloroforme est fabriqué à raison de 90-95% par hydrochloration de méthanol ou par chloration de méthyle. 5 à 10% sont produits à partir de l'eau de mer (réaction de iodure de méthyle avec chlore inorganique). Des quantités importantes de trichlorométhane se forment lors du blanchiment au chlore de la cellulose, ou bien lors de la chloration de l'eau. Le chloroforme vendu dans le commerce contient différentes substances polluantes, et notamment les suivantes: bromochlorométhane, bromodichlorométhane, chlorure de méthylène, tétrachlorométhane, 1-2-dichloroéthane, trichloroéthène et tétrachloroéthane.

Chiffres de production:

Production mondiale 1973:

245 000 - 300 000 t

sel. KOCH, 1989

D 1982:

35 500 t

sel. UBA, 1986

Emissions:

Les émissions liées à la production et à l'utilisation de cette substance se chiffrent à env. 10.000 t par an, ce à quoi vient s'ajouter une contamination annuelle des eaux à concurrence d'environ 10.000 t (Sel. KOCH, 1989).

TOXICITE

Homme:

5.000 mg/m3 après 7 mn vertiges, céphalées

sel. BUA, 1985


20.000 mg/m3 sensation d'évanouissement

sel. BUA, 1985


69.440 mg/m3 anesthésie totale et profonde

sel. BUA, 1985


> 79.360 mg/m3 arrêt respiratoire, mort

sel. BUA, 1985


LDLo 10 ppm, inhalation (I a)

sel. KOCH, 1989

Mammifères:



Rat

DL50 1.194 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988


LCLo 8.000 ppm, inhalation (4 h)

sel. BUA, 1985

Souris

DL50 80 mg/kg, v. orale

sel. BUA, 1985


DL50 28.000 mg/kg, inhalation

sel. BUA, 1985

Chien

DL50 1.100 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Lapin

DLLo 500 mg/kg, v. orale

sel. BUA, 1985

Cobaye

LCLo 20.000 ppm, inhalation (2 h)

sel. BUA, 1985

Organismes aquatiques:



Orphie

CL50 162-191 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Truite arc-en-ciel

CL50 18-66,8 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Grande perche soleil

CL50 18-115 mg/l (96 h)

sel. UBA, 1986

Daphnie

CL50 28,9 mg/l (48 h)

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: L'absorption se fait le plus souvent par inhalation, une partie étant résorbée dans les poumons, et le reste expiré. De même, en cas d'administration par voie orale, une grande partie est expirée ou éliminée par les reins.

Le chloroforme provoque des lésions du système nerveux central, du foie, du coeur et des reins. De fortes doses ont un effet narcotisant.

Des expériences sur les animaux ont mis en évidence le caractère carcinogène du chloroforme; des effets mutagènes ou tératogènes n'ont pas encore été observés à ce jour.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Cette substance se dégrade très lentement dans le milieu aquatique (catégorie de risque 3 pour l'eau en République fédérale d'Allemagne). En raison de sa forte volatilité, le chloroforme produit des émanations de gaz au-dessus des eaux de surface. En dépit d'une forte liposolubilité, le chloroforme est faiblement bioaccumulable (facteur de bioaccumulation dans le poisson: 6; UBA, 1986).

Atmosphère:

En raison de sa forte volatilité, le chloroforme se dégage dans l'atmosphère et s'y accumule en petites quantités. Cette substance se décompose sous l'effet de la lumière.

Sols:

Le chloroforme n'est pas adsorbé sur les particules du sol, de sorte qu'une accumulation dans les sols ou les sédiments est exclue.

Dégradation, produits de décomposition:

La dégradation biologique en anaérobiose donne lieu à la production de gaz carbonique, de chlorure et de méthane. Dans l'organisme, la dégradation donne naissance à du gaz carbonique, du chlorure et du phosgène. En présence d'oxydants forts, le chloroforme se décompose avec production simultanée de phosgène et de chlore (DVGW, 1988).

Chaîne alimentaire:

Le chloroforme est une substance ubiquitaire que l'on trouve également dans les produits alimentaires. En raison notamment de la chloration de l'eau, l'eau potable contient de fortes concentrations de trichlorométhane. L'absorption quotidienne de chloroforme est estimée à 10 mg/personne en moyenne, dont un quart provient de l'eau potable et de l'alimentation, et la moitié environ de l'atmosphère (DVGW, 1988).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Surface

D/NL

(L)

1 mg/l

IAWR

Pour trait. naturel

sel. DVGW, 1988


Surface

D/NL

(L)

5 mg/l

IAWR

Pour trait. phys.-chim.

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CDN

(L)

350 mg/l


1978

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CH

(L)

25 mg/l


1)

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

(R)

25 mg/l


Commission BGA1)

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

USA

(L)

100 mg/l


Cumul 3-halométh.

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

OMS

R

30 mg/l



sel. DVGW, 1988

Air:

Emission

D

L

20 mg/m3


flux massique ³ 0,1 g/h

sel. TA-Luft, 1986



D

L

10 mg/m3

MIK

Valeur l. durée3)

sel. BAUM, 1988



D

L

30 mg/m3

MIK

Valeur c. durée3)

sel. BAUM, 1988


Amb.prof.

D

L

50 mg/m3

MAK

2)

DFG, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

50 mg/m3

TWA

3)

ACGIH, 1986









Aliments:


D

L

25 mg/l


Eau minérale

sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) Cumul chloroforme, bromoforme, bromodichlorométhane, dibromochlorométhane
2) Substance à effet cancérogène présumé
3) Valeurs douteuses non confirmées, à prendre avec précaution

En Allemagne, utilisation interdite dans les cosmétiques, médicaments et pesticides

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eau :




Rhin (Wiesbaden, 1986)

D

0,35-2,1 mg/l

sel. DVGW, 1988

Rhin (Lobith, 1985)

D

0,5-4 mg/l

sel. DVGW, 1988

Main (Sindlingen, 1983)

D

21 mg/l

sel. DVGW, 1988

Moselle (1983)

D

0,5-0,7 mg/l

sel. DVGW, 1988

Elbe (1983)

D

0,6-9,8 mg/l

sel. DVGW, 1988

Côte Mer du Nord (Emden)

D

0,56-3,8 mg/l

sel. UBA, 1986

Mer Baltique

D

0,06-0,17 mg/l

sel. UBA, 1986

Eau potable:


jusqu'à 910 mg/l

sel. KOCH, 1989

Eau souterraine :


jusqu'à 620 mg/l

sel. KOCH, 1989

Sédiments:




Ruhr (1972-1981)

D

1-3 mg/kg

sel. DVGW, 1988

Atmosphère:




Concentration de fond


0,05-0,1 mg/m3

sel. KOCH, 1989

Zones urbaines


jusqu'à 74 mg/m3

sel. KOCH, 1989

EVALUATION ET REMARQUES

Compte tenu de la distribution ubiquitaire de cette substance et des quantités considérables qui migrent chaque année dans l'environnement, le chloroforme doit être considéré comme écologiquement dangereux. Certes on manque encore d'informations sur les effets et les concentrations dans les sols et dans l'édaphon ainsi que sur le potentiel génotoxique. Il convient en particulier d'éviter dans la mesure du possible la chloration de l'eau afin de réduire la pollution des eaux souterraines et de l'eau potable, sans négliger pour autant les mesures d'hygiène préventive nécessaires.

Chlorophenols

APPELLATIONS

Numéro du CAS:

Nom dans le registre: Chlorophénols

Nom de la substance: Chlorophénols

Synonymes, noms commerciaux:

Nom(s) anglais: Chlorophenols

Nom(s) allemand(s): Chlorophenole

Description générale: Solide incolore (sauf o-chlorophénols) ayant une odeur forte.

Remarques: Le groupe des chlorophénols se compose de 19 substances différentes. Etant donné que le pentachlorophénol (PCP) est la substance la plus importante dans ce groupe, les propriétés physico-chimiques indiquées sont celles du PCP.

Numéro du CAS: 87-86-5

Nom dans le registre: Pentachlorophénol

Nom de la substance: Pentachlorophénol

Synonymes, noms commerciaux: PCP, 2,3,4,5,6-Pentachlorophénol , Dowicide G, Dowicide 7, Penta, Santophen 20, Pentacon, Penchlorol, Pentakil, Sontobrite, Weedone

Nom(s) anglais: Pentachlorphenol

Nom(s) allemand(s): Pentachlorophenol

Description générale: Solide incolore ayant une odeur forte

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C6Cl5OH

Masse atomique relative: 266,35 g

Masse volumique: 1,978 g/cm3

Point d'ébullition: 300°C (décomposition)

Point de fusion: 190°C

Tension de vapeur: 23 x 10-3 Pa

Solubilité: Dans l'eau: 20 mg/l ; soluble dans l'alcool, l'éther, l'acétone, le benzène.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 11,1 mg/m3

1 mg/m3 = 0,09 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

En raison de leurs propriétés anti-microbiennes à large spectre, les chlorophénols ont été utilisés comme agents de préservation pour le bois, les peintures, les fibres végétales et le cuir, de même que comme désinfectant. Les chlorophénols sont en outre utilisés comme herbicides, fongicides et insecticides, de même que comme produit intermédiaire dans la production de produits pharmaceutiques et de colorants.

Origine/fabrication:

La plupart des chlorophénols revêtant une importance économique sont obtenus par chloration directe de phénol à l'aide de gaz chloré. Dans le produit technique, on retrouve des impuretés, d'autres isomères de chlorophénol ou des chlorophénols comportant plus ou moins de chlore. Les chlorophénols lourds sont contaminés avant tout par des phénoxyphénols polychlorés, des chlorodibenzoparadioxines et des chlorodibenzofurannes. Les émissions proviennent avant tout de la fabrication,du stockage, du transport et des applications des chlorophénols.

Chiffres de production:

Production mondiale (sauf ex-COMECON et Chine) 100.000 t/a

Chlorophénols lourds (4-5 atomes de chlore) 35-40.000 t/a

Chlorophénols légers (1-3 atomes de chlore) 60.000 t/a

(chiffres extraits de ULLMANN 1985)

TOXICITE

Homme:

DL 50-500 mg/kg, v. orale (estimation)


Mammifères:



Rat

DL50 670 mg/kg, v. orale (2-chlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 950 mg/kg, v. percutanée (2- chlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 570 mg/kg, v. orale (3- chlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 1030 mg/kg, percutanée (3- chlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 261 mg/kg, v. orale (4- chlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 1390 mg/kg, percutané (4- chlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 580 mg/kg, v. orale (2,4-dichlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 1730 mg/kg, percutanée (2,4-dichlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 820 mg/kg, v. orale (2,4,5-trichlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 2260 mg/kg, percutané (2,4,5-trichlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 1620 mg/kg, v. orale (2,4,5-trichlorophénol, sel sodium)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 820 mg/kg, v. orale (2,4,6-trichlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 140 mg/kg, v. orale (2,3,4,6-tétrachlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 210 mg/kg, v. percutanée (2,3,4,6-tétrachlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 50 mg/kg, v. orale (pentachlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 100 mg/kg, v. percutanée (pentachlorophénol)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 210 mg/kg, v. orale (pentachlorophénol, sel sodium)

sel. ULLMANN 1986

Rat

DL50 72 mg/kg, percutanée (pentachlorophénol, sel de sodium)

sel. ULLMANN 1986

Organismes aquatiques:



Orphie

CL50 0,60 mg/l (96 h), pentachlorophénol

sel. RIPPEN 1990

Truite arc-en-ciel

CL50 0,12-0,26 mg/l (96 h), pentachlorophénol

sel. RIPPEN 1990

Daphnie

CL50 0,33-0,41 mg/l (96 h), pentachlorophénol

sel. RIPPEN 1990

Bactéries (div.)

NOEC 12,3 mg/l (30 mn), croissance

sel. RIPPEN 1990

Algues

CE50 10-7000 mg/l (96h), croissance, pentachlorophénol

sel. RIPPEN 1990

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Les chlorophénols peuvent être absorbés par les poumons, l'appareil digestif et la peau. Près de 80% des chlorophénols sont éliminés par les reins sans avoir subi aucune transformation.

La toxicité des chlorophénols dépend du degré de chloration, de la position des atomes de chlore, ainsi que de la pureté de l'échantillon. Les chlorophénols provoquent des irritations des yeux et de l'appareil respiratoire. Les doses toxiques de chlorophénols provoquent des convulsions, des difficultés respiratoires, le coma et finalement la mort. Après des administrations répétées, les doses toxiques peuvent finir par porter atteinte aux organes internes (en particulier au foie) et à la moelle osseuse.

Les expériences sur des animaux ont montré que les pentachlorophénols avaient des effets toxiques sur les embryons (effet létal à des concentrations plus élevées). Le produit technique PCP a probablement des effets carcinogènes dus avant tout à la contamination. Des effets mutagènes ne peuvent pas être exclus.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Dans le milieu aquatique, les chlorophénols peuvent se dissoudre en substances libres ou complexes, ou peuvent être absorbés sur des matières en suspension. Leur élimination s'opère principalement par voie de biodégradation, celle-ci pouvant être rapide en présence de micro-organismes adaptés. Toutefois, la biodégradation du PCP est nettement plus difficile que celle d'autres chlorophénols. Les chlorophénols sont également éliminés de l'eau par photodécomposition et volatilisation. Enfin, l'adsorption de chlorophénol sur des matières en suspension influe sur les quantités de chlorophénols se trouvant dans l'eau: alors que les chlorophénols légers sont difficilement fixés, le PCP a une capacité de fixation très importante.

Atmosphère:

Du fait de sa volatilité, le PCP migre dans l'atmosphère. La volatilité s'accroît considérablement lorsque la température augmente mais dépend également d'additifs éventuels et, par exemple, de la nature du bois traité. Le bois de feu traité au PCP libère des dibenzodioxines et dibenzofurannes polychlorés (PCDD/F).

Sols:

La persistance des chlorophénols dans les sols dépend de leur propriété d'adsorption et de désorption. Seule l'adsorption de PCP a fait l'objet d'études plus approfondies. Le PCP est très fortement fixé sur les particules de sol et n'est pas facilement lessivé par la pluie. Outre cette adsorption et désorption, les voies d'infiltration rapide peuvent jouer un rôle important dans le transport de PCP dans les sols. Il est peu probable que le PCP soit dégradé lorsqu'il atteint la nappe phréatique. Depuis 1984, il est, en Allemagne, interdit de stocker les déchets provenant de la fabrication de PCP sur des décharges ouvertes, ceci afin d'éviter l'infiltration d'eau contaminée par des PCP.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

Le PCP libre ou le PCP dissout dans l'eau est minéralisé en l'espace de quelques jours lorsqu'il est exposé à la lumière du soleil (cette minéralisation est encore plus rapide pour le PCP adsorbé sur des substances solides). Une telle dégradation ne s'effectue pas si le PCP a atteint les couches les plus profondes du sol ou les eaux souterraines. La dégradation dans l'eau dépend toujours du pH et de la température. Elle est sujette à de fortes fluctuations (par exemple: demi-vie à un pH de 5,1 = 328 h, à un pH 6 = 3 120 h -dans les deux cas à 30°C). Bien que le PCP puisse être dégradé par des micro-organismes dans certaines conditions, la substance doit être considérée comme difficilement biodégradable. De la quinone se forme au cours de la dégradation et le processus peut impliquer une minéralisation complète.

Chaîne alimentaire:

La bioaccumulation dans l'écosystème aquatique n'est pas influencée seulement par le type d'écosystème concerné mais dépend également dans une large mesure du biotope de même que de la durée, de l'intensité et de l'exposition. L'élimination dépend également de types/organes spécifiques avec des demi-vies atteignant entre 7 heures et 7 jours. La question de savoir si le PCP était absorbé directement à partir de l'eau par les poissons et les autres organismes aquatiques ou si la chaîne alimentaire était impliquée a donné lieu à des conclusions contradictoires. Les plantes peuvent accumuler le PCP stocké dans le sol pendant plusieurs saisons de végétation.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

D

L

0,1 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

L

0,1 mg/l



sel. CE, 1980


Eau sout.

D(HH)

R

0,3 mg/l


Substance indiv.1)

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D(HH)

R

1,5 mg/l


Substance indiv.2)

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D(HH)

R

0,5 mg/l


Groupe de subst.1)

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D(HH)

R

2 mg/l


Groupe de subst.2)

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

NL

R

0,25 mg/l


Monochlorophénol (total) Référence

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

L

100 mg/l


Monochlorophénol (total) Intervention

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

R

0,08 mg/l


Dichlorophénol (total) Référence

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

L

30 mg/l


Dichlorophénol (total) Intervention

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

R

0,025 mg/l


Trichlorophénol (total) Référence

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

L

10 mg/l


Trichlorophénol (total) Intervention

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

R

0,01 mg/l


Tetrachlorophénol (total) Référence

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

L

10 mg/l


Tetrachlorophénol (total) Intervention

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

R

0,02 mg/l


Pentachlorophénol (total) Référence

sel. TERRA TECH 6/94


Eau sout.

NL

L

3 mg/l


Pentachlorophénol (total) Intervention

sel. TERRA TECH 6/94


Eau surf.

D

R

1 mg/l


Substance indiv.3)

sel. LAU-BW5), 1989


Eau surf.

D

R

5 mg/l


Substance indiv.3)

sel. LAU-BW6), 1989


Eau surf.

D

R

2 mg/l


Groupe de subst.4)

sel. LAU-BW5), 1989


Eau surf.

D

R

10 mg/l


Groupe de subst.4)

sel. LAU-BW6), 1989

Sols:


NL

L

10 mg/kg SSA


Groupe de subst., Intervention

sel. TERRA TECH 6/94



NL

L

5 mg/kg


Pentachlorophénol , Intervention

sel. TERRA TECH 6/94

Air:

Amb.prof.

D

L

0,5 mg/m3

MAK


sel. DFG, 1989


Amb.prof.

SU

(L)

0,1 mg/m3

PDK


sel. DVGW, 1988


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA


sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) La qualité des eaux souterraines devrait faire l'objet d'études approfondies
2) Des mesures d'assainissement devraient être prises
3) Pour le traitement de l'eau potable avec des procédés naturels
4) Pour le traitement de l'eau potable avec des procédés chimiques et physiques
5) Recherches plus approfondies nécessaires
6) Des mesures d'assainissement sont nécessaires

En Suède, l'utilisation de tous les chlorophénols est interdite depuis 1978.

EVALUATION ET REMARQUES

L'utilisation des chlorophénols doit être évitée dans la mesure du possible en raison de la forte toxicité de ces derniers pour les organismes aquatiques. La production d'eau potable par chloration d'eau de rivière est problématique car elle peut donner lieu à la formation de chlorophénols d'odeur et de goût très âcres. Le PCP technique contient des impuretés d'autres chlorophénols et de substances aromatiques, de même que des traces de dibenzo-p-dioxines et dibenzofurannes polychlorés (PCDD/F); il représente la principale source d'émission de ces substances dans l'environnement. La toxicité du PCP peut en partie être attribuée à de telles impuretés.

Voir également les fiches d'information consacrées aux 'phénols'.

Chlorure de vinyle

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 75-01-4

Nom dans le registre: Ethène, chloro- (chlorure de vinyle)

Nom de la substance: Chlorure de vinyle, chloroéthène

Synonymes, noms commerciaux: Monochloroéthène , VC , VCM , Fréon 1140

Nom(s) anglais: Vinyl chloride

Nom(s) allemand(s): Vinlychlorid

Description générale: Gaz incolore, d'odeur douceâtre, qui doit être stabilisé au moyen de phénol et dérivés pour le transport en réservoirs sous pression.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C2H3Cl

Masse atomique relative: 62,50 g

Masse volumique: 0,9106 g/cm3 à 20°C, 0,983 g/cm3 à -20°C (liquide)

Densité de gaz: 2,16

Point d'ébullition: -13,4 à -14,0°C

Point de fusion: -153,8 à -160.0°C

Tension de vapeur: 3.300 hPa à 20°C; 4.500 hPa à 30°C; 7.800 hPa à 50°C

Point d'éclair: -77 à -78°C

Température d'ignition: 415°C

Auto-ignition: 472°C

Limites d'explosivité: 3,8-31 vol%

Seuil olfactif: 4.000 ppm dans l'air

Solubilité: Dans l'eau: 1,1 g/l à 25°C;

soluble dans l'huile, l'alcool, les solutions chlorées et les hydrocarbures; les sels d'argent et de cuivre augmentent cette solubilité par complexation.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 2,60 mg/m3

1 mg/m3 = 0,39 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le chlorure de vinyle est utilisé à raison de 96-98% pour la fabrication de polychlorure de vinyle (PVC), les 2 à 4% restants servant à la préparation d'hydrocarbures chlorés tels le 1,1,1-trichloroéthane, le 1,1,2-trichloroéthane et le chlorure de vinylidène. A l'échelle industrielle, le chlorure de vinyle intervient dans la fabrication de polymères (ATRI, 1985). Près de 25% de la production mondiale totale de chlore servent à la production de VC .

Origine/fabrication:

La synthèse du chlorure de vinyle s'effectue par fixation de gaz chlorhydrique sur l'acétylène ou par dissociation de 1,2-dichloroéthane avec production de gaz chlorhydrique comme sous-produit. Le polymère du chlorure de vinyle est le polychlorure de vinyle (PVC).

Chiffres de production:

Production mondiale 1985:

13.500.000 t

(ULLMANN, 1986)

Production mondiale:

10.000.000 t

(RIPPEN, 1988)

CE 1977:

3.500.000 t

(RIPPEN, 1988)

USA 1987:

3.800.000 t

(RIPPEN, 1991)

Japon 1980:

1.656.000 t

(ATRI, 1985)

Rép. fédérale d'Allemagne 1988:

1.459.000 t

(RIPPEN, 1991)

France 1982:

1.150.000 t

(ATRI, 1985)

Italie 1977:

750.000 t

(RIPPEN, 1988)

Taiwan 1984:

492.000 t

(ATRI, 1985)

Canada 1982:

408.000 t

(ATRI, 1985)

Grande-Bretagne 1977:

405.000 t

(RIPPEN, 1988)

Mexique 1984:

132.000 t

(RIPPEN, 1991)

TOXICITE

Mammifères:



Souris

TCLo 50 ppmv, 120 h intermitt.

sel. RIPPEN, 1991

Rat

DL50 500 mg/kg, v.orale

sel. RIPPEN, 1991

Rat

TCLo1) 6.000 ppm

sel. RIPPEN, 1991

Lapin

TCLo 500 ppm, inhalation (7 h/j sur 6 mois)

sel. RIPPEN, 1991

Remarques:

1) Inhalation, 4h, 12e-18e jour après fécondation

Pathologie/toxicologie:

Homme/mammifères: Ce gaz très inflammable, toxique et narcotisant a un effet irritant sur les yeux, la peau et les voies respiratoires. L'exposition répétée entraîne des lésions du foie, des reins et de la rate, avec parfois formation de tumeurs malignes. Des concentrations toxiques peuvent être présentes dans l'air sans que l'odeur du gaz ne donne l'alerte. La cancérogénicité et la tératogénicité (malformations et altérations osseuses en cas d'inhalation) du chlorure de vinyle sont clairement établies tant pour l'animal que pour l'homme.

La décomposition thermique donne naissance à des gaz acides, qui irritent les yeux, le nez et le pharynx.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Quand il ne s'évapore pas, le chlorure de vinyle est persistant dans l'eau. Toutefois, aucun effet nocif sur les organismes aquatiques n'a été démontré à ce jour (UBA, 1986). Une accumulation dans les chaînes alimentaires aquatiques est peu probable (BUA, 1989).

Atmosphère:

Lorsqu'il se dilate, le gaz transporté sous pression forme des vapeurs froides qui sont plus lourdes que l'air. Celles-ci se volatilisent aisément et forment des mélanges toxiques explosifs. De par ses propriétés physico-chimiques, le chlorure de vinyle peut s'accumuler dans l'atmosphère.

Demi-vie:

Le chlorure de vinyle est extrêmement persistant en présence de conditions environnementales normales. La demi-vie dans le sol est de plus de 2 ans en milieu anaérobie. La dégradation aérobie dans les stations d'épuration et les eaux de surface en culture bactérienne isolée de 20-120 mg/l nécessite une durée de 5 semaines au moins (UBA, 1986). En présence de radicaux OH, la demi-vie se réduit à 66 heures. La demi-vie en cas d'hydrolyse est de moins de 10 ans (calculée pour 25°C) (RIPPEN, 1991). Dans la troposphère, la demi-vie est d'env. 11 semaines (dégradation abiotique) (ATRI, 1985). La demi-vie moyenne indiquée par BUA (1989) est de 2,2 à 2,7 jours.

Dégradation, produits de décomposition:

L'oxydation photochimique donne naissance à du HCl, à du CO, à du chlorure formique et à du formaldéhyde. Il n'y a pas de photolyse de 10 mg/l dans l'eau pour 300 nm sur 90 heures. La minéralisation biotique est extrêmement lente.

Effets cumulatifs:

Le chlorure de vinyle réagit en dégageant une forte chaleur avec l'acétylène, le chlore, le fluor, des oxydants et des peroxydes, avec formation de polymères. La lumière, la chaleur et l'hydrogène sulfuré ont pour effet d'engager le processus de polymérisation.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau pot.

CE

R

1 mg/l


1)

sel. RIPPEN, 1991


Eau sout.

NL

R

0,01 m g/l


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau sout.

NL

L

0,7 m g/l


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94


Effluents

USA

R

50 mg/l


2)

sel. RIPPEN, 1991

Air:


DDR

L

0,6 mg/m3

MIKK


sel. HORN, 1989



DDR

L

0,2 mg/m3

MIKD


sel. HORN, 1989


Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 25 g/h

sel. TA-Luft, 1986


Amb.prof.

D

L

8 mg/m3

TRK

3)

DFG, 1989


Amb.prof.

D

L

5 mg/m3

TRK

Dans le reste

DFG, 1989


Amb.prof.

DDR

L

30 mg/m3


Val.l. & c. durée

sel. HORN, 1989


Amb.prof.

SU

(L)

5 mg/m3

PDK


sel. UBA, 1986


Amb.prof.

USA

(L)

10 mg/m3

TWA

4)

ACGIH, 1986


Amb.prof.

USA

(L)

0,010 ppmv

TLV

5)

sel. RIPPEN, 1989

Aliments:


D

L

0,05 ppm


Emballage

sel. RIPPEN, 1989

Remarques:

1) Cumul de tous les hydrocarbures chlorés sauf pesticides
2) Moyenne sur 4 jours pour industries synthétiques spéciales, pollueurs directs
3) Valable pour installations existantes
4) Indiqué comme étant clairement cancérogène
5) Air ambiant, Californie

En République fédérale d'Allemagne, une réglementation spécifique a été définie pour le chlorure de vinyle dans le cadre de la législation sur la manipulation des substances cancérogènes. Ces dispositions fixent à 3 ppm la concentration maximale en ambiance professionnelle, fixent les modalités de marquage et d'évaluation des pollutions, définissent les équipements de protection dont doivent être dotées les personnes exposées, et enfin décrivent les mesures d'assainissement indispensables (VGB 113, 1982, Annexe, 1 Chlorure de vinyle). Par ailleurs, on peut trouver dans l'annexe de la liste BAT (DFG 1989) des précisions sur la corrélation existant entre la concentration de chlorure de vinyle en ambiance professionnelle et la concentration de CV ou de métabolites dans le matériau biologique (valeurs EKA):

CV dans l'air

Echantillon urine après journée de travail

mg/m3

Acide thiodiglycolique

2,6

1,8

5,2

2,4

10

4,5

21

8,2

42

10,6

Selon un décret de 1983 sur les biens de nécessité courante contenant du chlorure de vinyle, il est interdit en République fédérale d'Allemagne de mettre en vente des produits contenant plus de 1mg/kg de chlorure de vinyle monomère. La charge dans les aliments est jugée sans risque lorsque la part détectable de CV monomère ne dépasse pas 0,01 mg/kg.

Selon le décret interdisant les polychlorobiphényles (PCB) (décret de 1990 se substituant à la réglementation de 1978), il est interdit en République fédérale d'Allemagne de commercialiser le chlorure de vinyle sous la forme de gaz pulseur pour bombes aérosols .

En République fédérale d'Allemagne, le chlorure de vinyle figure parmi le groupe des substances dangereuses pour le milieu aquatique, et dont l'acheminement dans des conduites est soumis à autorisation spéciale (§19a, WHG).

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux de surface:




New Jersey, 1977-79

USA

max. 570 mg/l

sel. RIPPEN, 1991

Rhin , 1982

D

< 200 ng/l

sel. RIPPEN, 1991

Affluents du Rhin

D

<0,001-0,005 mg/l

sel. ATRI, 1985

Eau potable:




113 villes

USA

0,05-0,18 mg/l

sel. RIPPEN, 1991

100 villes, 1977

D

max. 1,7 mg/l

sel. ATRI, 1985

Eaux souterraines:




New Jersey, 1977-79

USA

max. 9,5 mg/l

sel. RIPPEN, 1991

Nassau County

USA

1,6-2,5 mg/l

sel. RIPPEN, 1991

Sédiments, sols:




Los Angeles Bay, 1980/81

USA

<0,5 mg/kg

sel. RIPPEN, 1991

Boues d'épuration

USA

3-110 mg/kg

sel. RIPPEN, 1991

Atmosphère:




Zones non polluées

D

6,6-24 mg/m3

sel. ATRI, 1985

Taunus

D

0,01 mg/m3

sel. ATRI, 1985

Francfort/Main

D

21,8 mg/m3

sel. ATRI, 1985

Zone industrielle, Marl

D

213 mg/m3

sel. ATRI, 1985

Entreprise de production, 1980

NL

3-70 ppm

sel. RIPPEN, 1991

Gaz de décharge, 1980-83

USA

max. 2.000 ppm

sel. RIPPEN, 1991

Animaux:




Invertébrés, Los Angeles

USA

<0,3 mg/kg

sel. RIPPEN, 1991

Poissons, foie

USA

<0,3 mg/kg

sel. RIPPEN, 1991

Aliments:




Huile de table en emballage PVC


0,05-14,8 mg/kg

sel. ATRI, 1985

Beurre, margarine en emballage PVC


0,05 mg/kg

sel. ATRI, 1985

Boissons alcoolisées


0-2,1 mg/kg

sel. ATRI, 1985

EVALUATION ET REMARQUES

Compte tenu de la cancérogénicité et de la persistance du chlorure de vinyle, il est recommandé de renoncer dans la mesure du possible à l'utilisation de cette substance. Au niveau de l'élimination, une prudence particulière s'impose car une combustion incomplète entraîne la formation de matières très toxiques (p.ex. acide chlorhydrique et TCDD). Le chlorure de vinyle devrait dans la mesure du possible être remplacé par d'autres matières (non chlorées).

Sources spéc.: ATRI (1985); DRAFT (1988)

Chrome

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7440-47-3

Nom dans le registre: Chrome

Nom de la substance: Chrome

Synonymes, noms commerciaux: Chromium

Nom(s) anglais: Chromium

Nom(s) allemand(s): Chrome

Description générale: Métal gris argenté, dur et ductile.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: Cr

Masse atomique relative: 51,996 g

Masse volumique: 7,19 g/cm3 à 20°C

Point d'ébullition: 2672°C

Point de fusion: 1857°C

Tension de vapeur: 10-6 Pa à 844°C

Solubilité: Soluble dans l'acide chlorhydrique dilué et l'acide sulfurique.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES de certains composes

No du CAS:

7789-12-0

1333-82-0

Nom de la substance:

Bichromate de sodium (dihydrate)

Oxyde de chrome (VI)

Synonymes, noms commerciaux:

Chromate acide de sodium

Trioxyde de chrome , anhydride chromique

Nom(s) anglais:

Sodium dichromate (dihydrate)

Chromium (VI)-oxide

Nom(s) allemand(s):

Natriumdichromat (Dihydrat)

Chrom (VI)-oxid, Chromdioxid

Description générale:

Aiguilles de couleur orangée à rouge

Cristaux rouge foncé (généralement de forme lamellaire), inodores

Formule empirique:

Na2Cr2O7 (2 H2O)

CrO3

Masse atomique relative:

261,98 g (anhydre) 298,0 g (dihydrate)

99,99 g

Masse volumique:

2,35-2,52 g/cm3

2,7 g/cm3

Point d'ébullition:

Décomposition au-dessus de 400°C

Non distillable

Point de fusion:

357°C (au-dessus de 86°C conversion en sels anhydres)

198°C (décomposition: vapeurs brun rouge à odeur âcre)

Tension de vapeur:

0 hPa

0 hPa

Solubilité:

Dans l'eau: 73,18 %/pds à 20°C 77,09 %/pds à 40°C 82,04 %/pds à 60°C 88,39 %/pds à 80°C Dans l'alcool: insoluble.

Dans l'eau: 1660g/l à 20°C 1990 g/l à 90°C ((r) acide chromique).

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le chrome est utilisé comme catalyseur dans la synthèse de l'ammoniac, dans la fabrication d'aciers chromés, d'aciers inoxydables et d'alliages ainsi que pour le chromage galvanique. Des complexes organiques sont utilisés comme colorants de développement dans la photographie couleur, et des dérivés inorganiques du chrome sont utilisés comme pigments. Les sels de chrome (VI) connaissent une très large utilisation dans les produits de conservation du bois et la tannerie .

Origine/fabrication:

Le chrome existe principalement dans la nature sous la forme de dérivés. Le principal minerai est le chromate de fer ou chromite. Le chrome pur est obtenu par réaction d'aluminium et d'oxydes (III) de chrome (aluminothermie), par électrolyse ou à partir d'iodure de chrome.

Chiffres de production:

1985 = 9,935 millions t (production mondiale)

TOXICITE

Homme:

0,5-1 g, v. orale = létal, (chromate acide de K)

sel. MERIAN, 1984


DL 6-8 g, v. orale (bichromate de sodium)

sel. KOCH, 1989

Mammifères:



Rat

DL50 1800 mg/kg, v. orale (chlorure chromique)

sel. MERIAN, 1984

Rat

DL50 3250 mg/kg, v. orale (nitrate chromique)

sel. MERIAN, 1984

Organismes aquatiques:



Poissons d'eau douce

CL50 250-400 mg/l (CrVI)

sel. MERIAN, 1984

Poissons de mer

CL50 170-400 mg/l (CrVI)

sel. MERIAN, 1984

Daphnie

CL50 0,05 mg/l (CrVI)

sel. MERIAN, 1984

Algues

CL50 0,032-6,4 mg/l (CrVI)

sel. MERIAN, 1984

Truite commune & arc-en-ciel

0,20-0,35 mg/l (CrVI)

sel. DVGW, 1988

Poissons

(ttes esp. conf.)



DL 60-728 mg/l, (bichromate de sodium)

sel. KOCH, 1989

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Compte tenu de son insolubilité, le chrome métallique n'est pas toxique dans l'eau. En raison de leurs effets génétiques, les divers composés hexavalents du chrome représentent un risque majeur. Presque tous les types de tests mettent en évidence un pouvoir mutagène des chromates. Etant établi qu'ils passent la barrière placentaire, il existe un risque important pour les embryons et les foetus. L'effet cancérogène de ces composés hexavalents du chrome a été démontré par des expériences sur l'animal, mais aussi par les résultats d'études épidémiologiques sur des groupes de population exposés en milieu professionnel. Selon ces résultats, les périodes de latence se situent entre 10 et 27 ans. En revanche, l'effet cancérogène des composés trivalents - Cr(III) - n'a pas pu être clairement établi. L'intoxication aiguë par les chromates se manifeste notamment par des lésions rénales. L'intoxication chronique peut entraîner des altérations au niveau du tube gastro-intestinal ainsi que des accumulations dans le foie, les reins, la glande thyroïde et la moelle osseuse. A ceci s'ajoute un taux d'élimination réduit.

Végétaux : Des lésions du système radiculaire sont surtout provoquées par les chromates. D'une espèce végétale à l'autre aussi bien que dans les différentes parties des plantes, il existe d'importants écarts concernant l'absorption du chrome et les lésions pouvant en résulter. Les effets toxiques du chrome sur les végétaux ont été essentiellement décrits sur la base d'expériences en pots. En ce qui concerne l'avoine, on a pu observer que les racines et les feuilles demeurent de petite taille, et qu'elles présentent une coloration brun-rouge ainsi que de petites taches nécrotiques.

Remarques: Le chrome trivalent est un oligo-élément important pour l'homme et l'animal au niveau de l'action métabolique de l'insuline.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Dans les systèmes aquatiques, la toxicité des dérivés solubles du chrome varie en fonction de la température, du pH, de la dureté de l'eau ainsi que des espèces d'organismes aquatiques concernés. Les chromates ont une bonne solubilité dans l'eau, mais dans le milieu naturel, ils se transforment aisément, en présence de matières organiques oxydables, en composés de chrome(III), lesquels sont stables et de moindre hydrosolubilité.

Sols:

La mobilité du chrome dans la pédosphère ne peut être évaluée qu'en tenant compte de la capacité d'adsorption et de réduction des sols et sédiments. A partir du moment où ils se sont fixés dans les sédiments aquatiques, les hydroxydes chromiques (III) ne possèdent qu'une très faible capacité de remobilisation, car l'oxydation nécessaire pour transformer ces composés chromiques en chromates ne se produit pratiquement pas en milieu naturel. Les chromates sont toxiques même en concentrations relativement faibles, et le pH a un effet déterminant sur la toxicité. L'apport de chrome dans les sols fait suite, dans des proportions croissantes, aux applications d'engrais phosphatés.

Chaîne alimentaire:

Les composés chromiques absorbés avec les aliments sont relativement inoffensifs, mais les chromates sont fortement toxiques. En principe, l'homme et l'animal absorbent peu de chrome par inhalation, mais pour l'essentiel au travers des aliments et de l'eau potable. La résorption dans le tube intestinal dépend pour beaucoup de la structure chimique du chrome: les composés organiques sont absorbés à raison de 20-25%, et le chrome inorganique à raison de 0,5% environ (MERIAN, 1984).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

D

L

50 mg/l



sel. KOCH, 1989


Eau pot.

OMS

R

50 mg/l



sel. KOCH, 1989


Eau sout.

D(HH)

R

50 mg/l


Etude

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D(HH)

R

200 mg/l


Assainissement

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

NL

R

1 m g/l


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau sout.

NL

L

30 m g/l


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau de surf.

CE

R

50 mg/l


1) A1, A2, A3

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

D

R

2 mg/l



sel. LAU-BW, 1989

Sols:


CH

R

75 mg/kg SSA


Sol

sel. LAU-BW, 1989



NL

R

100 mg/kg SSA


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94



NL

L

380 mg/kg SSA


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94


Boues épur.

D

L

100 mg/kg SSA


Sol

sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

D

L

1200 mg/kg MS


Boues épur.

sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

CH

L

1000 mg/kg MS


Boues épur.

sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

CE

L

1-3 mg/kg MS


Sol

sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

CE

L

20-40 mg/kg MS


Boues

sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

CE

L

1,5 kg/ha


Charge en 10 a

sel. LAU-BW, 1989


Compost

D

R

100 mg/kg SSA


Sol

sel. LAU-BW, 1989


Compost

D

R

2 kg/(ha*a)


Compost

sel. LAU-BW, 1989


Compost

CH

L

150 mg/kg MS


Compost

sel. LAU-BW, 1989


Compost

D(HH)

R

300 mg/kg MS


Etude

sel. LAU-BW, 1989

Air:

Emission

D

L

1 mg/m3


flux massique ³ 5 g/h 3)

sel. TA-Luft, 1986


Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 25 g/h 2)

sel. TA-Luft, 1986


Amb.prof.

AUS

L

1 mg/m3


Cr+dér.insol.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

AUS

L

0,5 mg/m3


Sels solubles

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

B

L

0,5 mg/m3


Sels solubles

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CH

L

1 mg/m3


Cr+dér.insol.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CH

L

0,5 mg/m3


Sels solubles

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

DDR

L

0,5 mg/m3


Cr+dér.insol.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

I

L

0,5 mg/m3


Cr+dér.insol.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

NL

L

0,5 mg/m3


Sels solubles

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SF

L

0,5 mg/m3


Sels solubles

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SF

L

1 mg/m3


Cr+dér.insol.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SU

(L)

1 mg/m3

PDK

Oxyde de chrome

sel. KETTNER, 1979


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA

Cr. métall.

sel. ACGIH, 1979


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA

Cr(III)

sel. ACGIH, 1979


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA

Cr(VI), insol. eau

sel. ACGIH, 1979


Amb.prof.

USA

(L)

0,5 mg/m3

TWA

Cr(VI), insol. eau

sel. ACGIH, 1979


Amb.prof.

YU

L

1 mg/m3


Cr +dér.insol.

sel. MERIAN, 1984

Remarques:

1) Pour traitement de l'eau potable: A1 = traitement et désinfection par des procédés physiques simples; A2 = traitement et désinfection par des procédés physiques et chimiques normaux; A3 = traitement, oxydation, adsorption et désinfection par des moyens physiques et des procédés chimiques sophistiqués.

2) Le chrome et ses composés sont désignés sous Cr

3) Les composés Cr (VI) en forme respirable sont désignées sous Cr

Les chromates alcalins présentent des indices sérieux de cancérogénicité.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Atmosphère

Monde entier

5 pg/m3

sel. KOCH, 1989

Milieu aquatique

Monde entier

0,5 mg/l

sel. KOCH, 1989

Cendres volantes, charbon

USA

43-259 mg/kg

sel. HOCK, 1988

Matériel végétal


0,2-1 mg/kg

sel. HOCK, 1988

EVALUATION ET REMARQUES

Les quantités de chrome détectées dans l'hydrosphère, la pédosphère, l'atmosphère et la biosphère sont liées pour l'essentiel à des émissions d'origine industrielle. Les émissions naturelles dans l'atmosphère sont évaluées à quelque 58.000 t par an, alors que les émissions de nature anthropogène atteignent près de 100.000 t par an.

En ce qui concerne le comportement dans le milieu naturel, les composés chromiques - Cr(III) - présentent une grande stabilité contrairement aux chromates.

Les déchets contenant du chrome sont considérés comme problématiques en raison de leur comportement dans les couches profondes du sol lorsqu'ils sont stockés dans des décharges. En milieu alcalin, on estime que la stabilité des chromates peut atteindre 50 ans, et qu'ils peuvent migrer vers les nappes aquifères, même au travers de sols cohérents.

La combustion de boues contenant des composés chromiques doit être évitée en raison du risque de formation de chromates.

Cobalt

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7440-48-4

Nom dans le registre: Cobalt

Nom de la substance: Cobalt

Synonymes, noms commerciaux: Cobalt

Nom(s) anglais: Cobalt

Nom(s) allemand(s): Cobalt

Description générale: Métal ferromagnétique brillant de couleur gris acier.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: Co

Masse atomique relative: 58,93 g

Masse volumique: 8,85 g/cm3 à 25°C

Point d'ébullition: 2800°C +/- 50°C

Point de fusion: 1495°C

Tension de vapeur: <10-5 Pa à 1250°C, >105 Pa à 3200°C

Solubilité: Soluble dans des acides oxydants dilués.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Coloration des verres, de la céramique et de l'émail au moyen de dérivés du cobalt. Préparation d'alliages résistant à de hautes températures, à l'usure et à la corrosion (stellite). Le radio-isotope artificiel Co60 est utilisé dans l'industrie et la médecine nucléaire (traitement des tumeurs), et dans certains pays pour la conservation des produits alimentaires. Dans l'industrie chimique, le cobalt intervient dans les catalyseurs homogènes et hétérogènes pour la synthèse des carburants (procédé Fischer-Tropsch), des alcools et des aldéhydes (hydroformylation). Les carbures cémentés constituent une autre utilisation du cobalt.

Origine/fabrication:

La croûte terrestre renferme env. 0,0023% de cobalt; on le trouve dans les minerais de cuivre, de nickel et de fer. Dans la plupart des minerais contenant du cobalt, on trouve également de l'arsenic. Il peut être obtenu par calcination partielle de minerais sulfurés en présence de fondant. Le matériau brut obtenu renferme des sulfures et arséniures de Cu, Ni et Co en concentrations élevées. Lors du traitement ultérieur, ce matériau brut est soumis à l'action de la chaleur en présence de NaCl.

Chiffres de production:

En 1980: 32 700 t (production mondiale) [ULLMANN, 1986]

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 1750 mg/kg, (oxyde de Co)

sel. Ullmann, 1986

Rat

DL50 821 mg/kg, (acétate de Co)

sel. Ullmann, 1986

Rat

DL50 766 mg/kg, (chlorure de Co)

sel. Ullmann, 1986

Rat

DL50 691 mg/kg, (nitrate de Co)

sel. Ullmann, 1986

Rat

DL50 630 mg/kg, (carbonate de Co)

sel. Ullmann, 1986

Rat

LDLo 1500 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986

Rat

LDLo 100 mg/kg, v. intraveineuse

sel. UBA, 1986

Lapin

LDLo 20 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986

Lapin

LDLo 100 mg/kg, v. intraveineuse

sel. UBA, 1986

Organismes aquatiques:



Daphnie

1-9 mg/l = niveau critique, (chlorure de Co)

sel. LAU-BW, 1989

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: L'absorption de doses excessives de cobalt freine l'activité de la glande thyroïde et peut engendrer la formation de goitres. Le cobalt augmente le nombre d'érythrocytes dans le sang (polycythémie), dilate temporairement les vaisseaux sanguins et entrave la coagulation du sang. En outre, on observe souvent des troubles au niveau du système nerveux. Des lésions cardiaques et une fibrose pulmonaire (chron.) peuvent survenir. Du point de vue toxicologique, les risques sont surtout liés à l'inhalation de poussière de cobalt (effet cancérogène établi; ROTH, 1989) et à l'effet de sensibilisation (ROTH, 1989). En outre, l'inhalation de poussière de cobalt attaque la gorge et le tube gastro-intestinal. Une intoxication au cobalt entraîne des dysfonctionnements au niveau du foie et des reins.

Végétaux : Un excédent de cobalt entraîne des déficits en fer et en cuivre (effet toxique = effet de substitution). Chloroses foliaires accrues, puis apparition de nécroses conduisant au dépérissement des feuilles.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Atmosphère:

A température ordinaire, le cobalt est un produit stable. Porté à incandescence, il se transforme en Co304.

Sols:

La teneur moyenne des sols en Co est d'environ 8 mg/kg et la solubilité est fonction du pH. L'élimination par lessivage est accrue dans les sols acides. Le cobalt est fixé avant tout sur les oxydes de Mn et de fer: par conséquent, seule une petite partie est disponible pour les plantes, et donc mobile.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

Elimination rénale du cobalt inhalé; la plus grande partie avec une demi-vie de 10 jours, et de 90 jours pour le reste (MERIAN, 1984).

Chaîne alimentaire:

La contamination de l'eau potable par le cobalt est peu importante. De même, l'atmosphère ne contient normalement que des traces de cobalt. L'homme absorbe env. 140 à 580 m g de Co par jour, dont 20 à 95% sont résorbés. Toutefois, la plus grande part du cobalt absorbé n'est pas disponible sous forme de vitamine B12 essentielle à l'organisme, mais sous forme de Co inorganique fixé sur des éléments constituants de l'alimentation. L'absorption du Co inorganique est liée à celle du fer.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau de surf.

D

R

0,05 mg/l


1) Pour A + B

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D

(R)

0,05 mg/l


Etude

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D

(R)

0,2 mg/l


Assainissement

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

NL

R

0,02 mg/l


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau sout.

NL

L

0,1 mg/l


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94


Effluents

CH

(L)

0,05 mg/l


3)

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

CH

(L)

0,50 mg/l


Rejets dir/indir.3)

sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

D

R

0,20 mg/l


Cult.pl.champ

sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

D

R

0,20 mg/l


Cult.ss.verre

sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

USA

(L)

0,20 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

USA

(L)

10 mg/l


2)

sel. LAU-BW, 1989

Sols:


CH

R

25 mg/kg



sel. LAU-BW, 1989



D

(R)

50 mg/kg


Etude

sel. LAU-BW, 1989



D

R

300 mg/kg


Assainissement

sel. LAU-BW, 1989



D

R

800 mg/kg



sel. HOCK, 1988



NL

R

20 mg/kg


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94



NL

L

240 mg/kg


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94



USA

R

8000 mg/kg


TTLC

sel. DVGW, 1988



USA

R

80 mg/kg


STLC

sel. DVGW, 1988


Boues épur.

CH

L

100 mg/kg



sel. LAU-BW, 1989

Air:

Emission

D

L

1 mg/m3


flux massique ³ 5 g/h4)

sel. TA-Luft, 1986


Amb.prof.

AUS

L

0,1 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

B

L

0,01 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

BG

L

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CH

L

0,1 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CS

L

0,1 mg/m3


Valeur moy.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CS

L

0,3 mg/m3


Val. c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

D

L

0,5 mg/m3

TRK

Utilisation de poudres

sel. LAU-BW, 1994


Amb.prof.

D

L

0,1 mg/m3

TRK

Toutes autres utilisations

DFG, 1994


Amb.prof.

DDR

L

0,1 mg/m3


Valeur moy.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

DDR

L

0,1 mg/m3


Val. c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SF

L

0,1 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

I

L

0,1 mg/m3


C, S

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

NL

L

0,1 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

PL

L

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

RO

L

0,2 mg/m3


Val. moy.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

RO

L

0,2 mg/m3


Val. c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

S

L

0,1 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SU

L

0,5 mg/m3



sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

USA

(L)

0,1 mg/m3

TWA

Cat.émission 3

sel. LAU-BW, 1989


Amb.prof.

YU

L

0,1 mg/m3




Remarques:

1) Pour le traitement de l'eau potable: A = désigne les seuils de pollution en dessous desquels de l'eau potable peut être produite uniquement par des procédés naturels.

B = Désigne les seuils de pollution en dessous desquels de l'eau potable peut être produite au moyen des méthodes physico-chimiques connues et éprouvées.

2) Approprié uniquement pour irrigation temporaire sur certains types de sols.

3) Valeurs douteuses non confirmées, à prendre avec précaution

4) Les poussières aérosol du cobalt et ses composés en forme respirable sont désignés sous Co

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eau :




Lac de Constance

D

< 0,2 mg/l

sel. DVGW, 1988

Rhin (Mainz):

D

6-12 mg/l

sel. DVGW, 1988

Ruhr (Duisburg):

D

< 1 mg/l

sel. DVGW, 1988

Eau de mer


0,1 mg/l

sel. DVGW, 1988

Sédiment:




Lac de Constance

D

5,7-18,9 mg/kg

sel. DVGW, 1988

Rhin (Wiesbaden):

D

20 mg/kg

sel. DVGW, 1988

Ruhr (Wetter):

D

25 mg/kg

sel. DVGW, 1988

Cendres volantes de charbon

USA

5-73 mg/kg

sel. HOCK, 1988

Végétaux


0,3-0,5 mg/kg

sel. HOCK, 1988

EVALUATION ET REMARQUES

Le cobalt est l'atome central de la vitamine B12 ainsi qu'un oligo-élément important. Les risques émanant des dérivés du cobalt sont faibles par rapport à ceux que présentent d'autres métaux lourds. Du point de vue toxicologique, il convient surtout d'éviter l'inhalation de poussières de cobalt.

Cresols

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 1319-77-3

Nom dans le registre: Crésols

Nom(s) de la substance: o-Crésol , m-crésol, p-crésol

Synonymes, noms commerciaux: ortho-crésol , meta-crésol, para-crésol, 1,2-crésol, 1,3-crésol, 1,4-crésol, hydroxytoluène , méthylphénol , méthylhydroxybenzène , tricrésol

Nom(s) anglais: Cresols, m-cresol, o-cresol, p-cresol

Nom(s) allemand(s): Cresol, o-Cresol, m-Cresol p-Cresol (ou: Kresol)

Description générale: Liquide ou cristaux incolore(s) à brunâtre(s), d'odeur rappelant celle du désinfectant qu'est le lysol.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute:

C7H8O



Masse atomique relative:

108,14 g



Masse volumique:

1,03 g/cm3



Densité de gaz:

3,74




meta (m)

ortho (o)

para (p)

Point d'ébullition:

203°C

191°C

202°C

Point de fusion:

11°C

31°C

35°C

Tension de vapeur:

0,065 hPa

0,35 hPa

0,06 hPa

Point d'éclair:

86°C

81°C

86°C

Température d'ignition:

560°C

555°C

555°C

Solubilité:

2%

2%

2%(dans l'eau)

Facteurs de conversion:

1 ppm = 4,49 mg/m3



1 mg/m3 = 0,22 ppm




ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Les crésols sont utilisés comme désinfectants, pour la fabrication de parfums, d'agents de conservation et d'herbicides (DNOC = 98%, UCPA). Ils interviennent aussi dans l'industrie textile comme produit de lavage.

Origine/fabrication:

Les crésols sont extraits des goudrons de houille ou du pétrole, et sont des éléments constituants du bois et d'autres matériaux biogènes. Ils parviennent donc dans l'atmosphère au travers des processus de combustion des véhicules automobiles et des chauffages domestiques (abrasion de l'asphalte, émanations de plastiques, parfums, dégraissage des métaux, etc.). Le "crésol brut" extrait de l'huile lourde du goudron de houille contient de grandes quantités d'isomères meta et para.

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 1,35 g/kg, v. orale (o-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


DL50 2,02 g/kg, v. orale (m-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


DL50 1,8 g/kg, v. orale (p-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983

Lapin

DL50 0,8 g/kg, v. orale (o-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


DL50 1,1 g/kg, v. orale (m-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


DL50 1,1 g/kg, v. orale (p-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983

Organismes aquatiques:



Algues vertes

DL0 40 mg/l

sel. VERSCHUEREN. 1983

Algues bleues

DL0 6.8 mg/l

sel. VERSCHUEREN. 1983

Daphnie

DL0 16 mg/l (o-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


DL0 28 mg/l (m-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


DL0 12 mg/l (p-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983

Cyprin doré

TLm 49.1-19 mg/l (24-96h) (o-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983

Carpe

TLm 30 mg/l (24h) (o-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


TLm 25 mg/l (24h) (m-crésol)

sel. VERSCHUEREN. 1983


TLm 21 mg/l (24h) (p-crésol)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Les crésols ont une action désinfectante et caustique due à la dégradation des matières protidiques. Ils parviennent dans l'organisme au travers de la peau et des muqueuses, et sont à l'origine de lésions cutanées. Ultérieurement, une paralysie résorptive du système nerveux central peut entraîner des complications hépatiques et rénales. L'absorption de faibles quantités de crésols peut provoquer des troubles tels que vertiges, perte de conscience, empoisonnement, délire, hypersalivation et hypersudation. Les signes d'intoxication sont similaires à ceux causés par les phénols. Sur la peau, ils provoquent des escarrifications blanchâtres prenant ultérieurement un aspect brun-noirâtre.

Végétaux : Les crésols inhibent le métabolisme du glucose.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Les crésols s'accumulent au fond de l'eau et se dissolvent très lentement. Même très fortement dilués, ils continuent à former des mélanges caustiques ayant un effet toxique sur les organismes aquatiques. Si des crésols atteignent la nappe phréatique, celle-ci ne peut plus être utilisée comme eau de boisson. Une accumulation dans les sédiments, due à l'adsorption de crésols sur les minéraux argileux, peut se produire.

Atmosphère:

Un fort échauffement entraîne la formation de mélanges explosifs qui, étant plus lourds que l'air, rampent à la surface du sol. Pour cette raison, les crésols ne peuvent migrer vers les couches supérieures de l'atmosphère et sont généralement lessivés par les précipitations. Ceci peut entraîner une pollution des eaux souterraines à proximité de sources importantes d'émissions. La plupart des crésols font l'objet d'une dégradation photochimique .

Sols:

Les crésols sont absorbés puis dégradés par les plantes. L'accumulation de crésols dans le sol dépend du type de sol concerné (adsorption sur les minéraux argileux).

Dégradation, produits de décomposition:

Les crésols subissent une dégradation photochimique .

Chaîne alimentaire:

(Voir fiches d'information 'Phénols' et 'Chlorophénols').

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:


D

L

0,2 mg/m3

MIK

Val.l.durée

sel. BAUM, 1988



D

L

0,6 mg/m3

MIK

Val.c.durée

sel. BAUM, 1988



DDR

(L)

0,03 mg/m3


Val.c.durée

sel. HORN, 1989



DDR

(L)

0,01 mg/m3


Val.l.durée

sel. HORN, 1989


Amb.prof.

D

L

22 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb.prof.

DDR

(L)

40 mg/m3


Val.c.durée

sel. HORN, 1989


Amb.prof.

DDR

(L)

20 mg/m3


Val.l.durée

sel. HORN, 1989


Amb.prof.

SU

(L)

0,5 mg/m3

PDK


sel. SORBE, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

22 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986

Remarques:

Selon l'Instruction Technique allemande 'TA-Luft', les crésols font partie en Allemagne de la classe 1, là où la concentration ne doit pas dépasser 20 mg/m3 pour un flux massique de 0,1 kg/h ou plus.

Voir d'autres normes dans la fiche d'information 'Phénols'.

EVALUATION ET REMARQUES

Les personnes manipulant des crésols doivent veiller à porter des vêtements protecteurs pour la peau. La substance doit être maintenue à l'écart des flammes nues. Le port de vêtements de protection et une bonne aération sont de rigueur. Compte tenu de la forte toxicité des crésols, leur utilisation doit être évitée dans toute la mesure du possible.

Cuivre

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7440-50-8

Nom dans le registre: Cuivre

Nom de la substance: Cuivre

Synonymes, noms commerciaux: Cuprum

Nom(s) anglais: Copper

Nom(s) allemand(s): Kupfer

Description générale: Métal mou et ductile, de couleur rouge caractéristique.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: Cu

Masse atomique relative: 63,55 g

Masse volumique: 8,9 g/cm3 à 20°C

Point d'ébullition: 2580°C

Point de fusion: 1083°C

Tension de vapeur: 0 mbar à 20°C, 0,073 Pa à 1083°C, 0,133 Pa à 1870°C

Solubilité: Le métal n'est attaqué directement que par des acides oxydants (acide nitrique, acide sulfurique concentré à chaud).

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES DE CERTAINS COMPOSES

N° CAS:

7758-99-8

1317-39-1

Nom de la substance:

Sulphate de cuivre(II)

Oxyde de cuivre (I)

Synonymes, noms



commerciaux:

Vitriol bleu, vitriol de cuivre

Oxyde cuivreux

Nom(s) anglais:

Copper(II) sulfate pentahydrate

Copper(I)-oxide

Nom(s) allemand(s):

Kupfersulfat - Pentahydrat

Kupfer (I) - oxid,

Kupferoxid



Description générale:

Poudre cristalline bleu clair.

Poudre cristalline de couleur jaune - rouge selon la préparation et la taille des particules.

Formule brute:

CuSO4 · 5H2O

Cu2O

Masse atomique relative:

249,61 g

143,09 g

Masse volumique:

2,285 g/cm3

5,8-6,2 g/cm3

Point d'ébullition:

Non distillable

Décomposition au-dessus de 1800°C

Point de fusion:

Décomposition (au-dessus de 88°C: avec élimination consécutive de l'eau)

1235°C

Tension de vapeur:

0 Pa

0 Pa

Solubilité:

Dans l'eau: 148 g/l à 0°C231 g/l à 25°C335 g/l à 50°C; le méthanol: 156 g/l l'éthanol: insoluble.

Dans l'eau: pratiquement insoluble; dans l'acide sulfurique/nitrique dilué: désagrégation en sels de cuivre (II) solubles Insoluble dans la plupart des solvants organiques.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le cuivre est utilisé comme conducteur dans l'industrie électrotechnique; pour les conduites de chauffage et de réfrigération, comme matériau pour contenants, comme composant d'alliages; sous forme de son composé Cu2O comme laque anti-corrosive pour embarcations, du composé CuSO4 comme fongicide et algicide, sous forme de "bouillie bordelaise" contre le mildiou et de laix de chaux contre le phylloxéra, et comme engrais sous forme de CuSO4 5 H2O ou Cu2O.

Origine/fabrication:

Le cuivre existe dans la nature à l'état pur et dans des minerais de chalcopyrite (CuFeS2), de chalcosine (Cu2S) et de cuprite (Cu2O). A l'heure actuelle, le cuivre est généralement purifié par raffinage électrolytique. La méthode d'électrolyse par voie sèche n'est plus utilisée qu'à raison de 10% environ. Le cuivre provenant de minerais sulfureux est généralement séparé par flottation.

Chiffres de production:

En 1986: 513 millions t (production mondiale) [FISCHER, 1989]

TOXICITE

Homme:

700-2100 m g/g tissu hépatique sec=mortel

sel. SORBE, 1986

Mammifères:



Rat

DL50 159 mg/kg, v. orale, (carbonate de Cu)

sel. DVGW, 1988

Rat

DL50 140 mg/kg, v. orale, (chlorure de Cu)

sel. DVGW, 1988

Rat

DL50 470 mg/kg, v. orale, (oxyde de Cu)

sel. DVGW, 1988

Rat

DL50 300 mg/kg, v. orale, (sulphate de Cu)

sel. DVGW, 1988

Organismes aquatiques:



Daphnie

DL 0,8 mg/l (18 h), (sulphate de Cu)

sel. DVGW, 1988

Truite

DL 0,8 mg/l (2-3 d), (sulphate de Cu)

sel. DVGW, 1988

Algues bleues

0,03 mg/l Cu2+ = lésions, (sulphate de Cu)

sel. DVGW, 1988

Algues vertes

1,1 mg/l Cu2+ = lésions, (sulphate de Cu)

sel. DVGW, 1988

Le cuivre est très toxique pour les poissons, la concentration active étant fonction des propriétés de l'eau. L'effet toxique est encore renforcé par le cadmium, le zinc et le mercure.

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: En tant qu'élément constituant de nombreuses enzymes, le cuivre est un oligo-élément essentiel. Les intoxications se produisent essentiellement par inhalation de poussières et de vapeurs de Cu. Les intoxications par ingestion sont rares, car elles provoquent des vomissements. La toxicité est liée à la fixation d'ions Cu libres sur certaines protéines et à la perturbation consécutive de leurs fonctions physiologiques. L'inhalation de poussières et de vapeurs de Cu provoque un refoulement sanguin dans les membranes nasales et mucosales, et peut entraîner une perforation de la cloison nasale. Des taux de cuivre trop importants dans l'eau potable représentent un risque particulier pour les enfants en bas âge, et peuvent même être mortels (cirrhose du foie).

Végétaux: Lésions radiculaires atteignant d'abord le plasmalemme et détruisant la structure des membranes; inhibition de la croissance des racines et formation de nombreuses radicelles brunâtres. Le cuivre s'accumule dans le rhizoderme et dans les parois cellulaires. Apparition de chloroses liées à la substitution par le cuivre du fer contenu dans les centres du métabolisme matériel. Dans un même écosystème, les plantes aquatiques absorbent trois fois plus de Cu que les plantes terrestres.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Le cuivre se dépose dans l'eau salée, ce qui explique que sa teneur y soit plus faible que dans l'eau douce. Les pluies acides augmentent la solubilité des minerais de cuivre. Des teneurs anormalement élevées de Cu dans l'eau potable à faible pH s'expliquent généralement par la corrosion des tuyauteries. Elles ont pour effet de donner à l'eau une coloration verdâtre.

Atmosphère:

Dans l'Instruction Technique sur le maintien de la pureté de l'air "TA-Luft", le cuivre figure dans la catégorie d'émission 3 (ROTH, 1989). En présence d'air humide, le cuivre se recouvre d'une patine verdâtre dite "vert-de-gris", laquelle a pour effet de protéger le métal de tout processus chimique ultérieur (corrosion).

Sols:

Le cuivre est fortement fixé par les points d'échange inorganiques, et l'augmentation du pH entraîne un processus de complexation. La solubilité du Cu dans le sol est à son niveau le plus bas à un pH de 5 à 6. Le Cu s'accumule fortement dans les couches de minéraux argileux. La teneur du sol en Cu diminue avec la profondeur du sol. Les réactions d'échange et la teneur du sol en azote sont des facteurs ayant une influence importante sur le transport passif du cuivre immobile.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

Les sels cuivriques (bivalents) constituent les dérivés du cuivre possédant la plus grande stabilité.

Chaîne alimentaire:

Les mammifères et l'homme absorbent 30% du cuivre contenu dans les aliments par voie gastrique. Sur cette quantité, 5% env. sont réellement résorbés, le reste étant éliminé par la vésicule biliaire. Une accumulation se produit dans le foie, dans le cerveau et dans les reins.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau:

Eau pot.

CH

(L)

1,5 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

CE

R

0,1 mg/l


1)

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

R

3 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

SU

(L)

0,1 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

USA

(L)

1 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau pot.

OMS

R

1 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D(HH)

R

0,05 mg/l


Etude

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

D(HH)

R

0,2 mg/l


Assainissement

sel. LAU-BW, 1989


Eau sout.

NL

R

0,015 mg/l


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau sout.

NL

L

0,075 mg/l


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94


Eau surf.

D

R

0,05 mg/l


2) B

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

D

R

0,30 mg/l


3) A

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

CE

R

0,02 mg/l


4) A1

sel. LAU-BW, 1989


Eau surf.

CE

R

0,05 mg/l


4) A1

sel. LAU-BW, 1989


Eau surf.

CE

R

0,05 mg/l


5) A2

sel. LAU-BW, 1989


Eau surf.

CE

R

1 mg/l


6) A3

sel. LAU-BW, 1989


Eau surf.

CE

R

0,04 mg/l


Eaux salmonid.

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

CH

R

0,01 mg/l


Objectif qualité

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

CH

(L)

0,5 mg/l


Rejets dir./indir.

sel. LAU-BW, 1989


Effluents

D

R

2 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

D

R

0,2 mg/l


Cult. pl. champ

sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

D

R

0,05 mg/l


Cult. ss. verre

sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

GB

R

0,5 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

USA

(L)

0,2 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Irrigation

USA

(L)

5 mg/l


7)

sel. LAU-BW, 1989


Eau abreuv.

D

R

0,01 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau abreuv.

GB

R

0,2 mg/l



sel. LAU-BW, 1989


Eau abreuv.

USA

(L)

1 mg/l


Elevage

sel. LAU-BW, 1989

Sols:


CH

R

50 mg/kg


Teneur tot.

sel. LAU-BW, 1989



CH

R

0,7 mg/kg


Teneur sol.

sel. LAU-BW, 1989



D(HH)

(R)

300 mg/kg


Etude

sel. LAU-BW, 1989



NL

R

36 mg/kg SSA


Référence

sel. TERRA TECH, 6/94



NL

L

190 mg/kg SSA


Intervention

sel. TERRA TECH, 6/94


Boues épur.

CH

L

1000 mg/kg MS



sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

D

L

100 mg/kg SSA



sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

D

L

1200 mg/kg MS



sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

CE

L

50-140 mg/kg MS


Sol

sel. LAU-BW, 1989


Boues épur.

CE

L

1000-1750 mg/kg MS



sel. LAU-BW, 1989


Engrais

D

L

200 mg/kg


8)

sel. LAU-BW, 1989


Compost

A

R

100-1000 ppm MS



sel. LAU-BW, 1989


Compost

CH

L

150 mg/kg MS



sel. LAU-BW, 1989


Compost

D

R

100 mg/kg SSA


Sol

sel. LAU-BW, 1989


Compost

D

R

2000 g/(ha/a)



sel. LAU-BW, 1989

Air:

Emission

D

L

20 mg/m3


Fumée, 9)

sel. LAU-BW, 1989


Emission

D

L

75 mg/m3


Fumée, 10)

sel. LAU-BW, 1989


Amb.prof.

AUS

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

AUS

L

0,1 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

B

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

B

L

0,2 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

D

L

0,1 mg/m3

MAK

Fumée

DFG, 1989


Amb.prof.

D

L

1 mg/m3

MAK

Poussière

DFG, 1989


Amb.prof.

DDR

L

0,2 mg/m3


Fumée, val. moy.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

DDR

L

0,4 mg/m3


Fumée, val. c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CH

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

CH

L

0,1 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

I

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

I

L

0,2 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

NL

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

NL

L

0,2 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

PL

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

PL

L

0,1 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

RO

L

0,5 mg/m3


Poussière, val. moy.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

RO

L

1,5 mg/m3


Poussière, val. c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

RO

L

0,05 mg/m3


Fumée, val. moy.

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

RO

L

0,15 mg/m3


Fumée, val. c. durée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

S

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SF

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SF

L

0,1 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

SU

(L)

0,5 mg/m3

PDK


sel. LAU-BW, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

0,2 mg/m3

TWA

Fumée

sel. LAU-BW, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

1 mg/m3

TWA

Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

YU

L

1 mg/m3


Poussière

sel. MERIAN, 1984


Amb.prof.

YU

L

0,1 mg/m3


Fumée

sel. MERIAN, 1984

Aliments:

Pectine

CH

(L)

400 ppm



sel. DVGW, 1988


Epinards en conserves

CH

(L)

100 ppm



sel. DVGW, 1988


Margarine

CH

(L)

100 ppm



sel. DVGW, 1988


Jus de fruits

CH

(L)

5-30 ppm



sel. DVGW, 1988


Lait

CH

(L)

0,05 ppm



sel. DVGW, 1988


Bière

CH

(L)

0,2 ppm



sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) A la sortie du système de pompage

2) Pour le traitement de l'eau potable: B = désigne les seuils de pollution en dessous desquels de l'eau potable peut être produite au moyen des méthodes physico-chimiques connues et éprouvées

3) Pour le traitement de l'eau potable: A = désigne les seuils de pollution en dessous desquels de l'eau potable peut être produite uniquement au moyen de méthodes naturelles

4) Pour le traitement de l'eau potable: A1 = traitement et désinfection par des procédés physiques simples

5) Pour le traitement de l'eau potable: A2 = traitement et désinfection par des procédés physiques et chimiques normaux

6) Pour le traitement de l'eau potable: A3 = traitement, oxydation, adsorption et désinfection par des procédés physiques et des méthodes chimiques sophistiquées

7) Uniquement pour irrigation temporaire sur certains types de sols

8) Dans les engrais mixtes minéraux/organiques

9) Pour un flux massique de 0,1 kg/h

10) Pour un flux massique de 3 kg/h

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eau:




Lac de Constance

D

0,75-1,1 m g/l

sel. DVGW, 1988

Rhin (Cologne)

D

5-17 m g/l

sel. DVGW, 1988

Rhin (Duisburg)

D

2,9-24,6 m g/l

sel. DVGW, 1988

Ruhr (Essen)

D

14-26 m g/l

sel. DVGW, 1988

Ruhr (Duisburg)

D

6-11 m g/l

sel. DVGW, 1988

Eau de mer


0,0005-0,03 mg/l

sel. HOCK, 1988

Sédiments:




Rhin

D

250 mg/kg

sel. DVGW, 1988

Ruhr

D

900 mg/kg

sel. DVGW, 1988

Cendres volantes de charbon

USA

45-616 mg/kg

sel. HOCK, 1988

Compost de boues d'épuration

D

50-5000 mg/kg

sel. HOCK, 1988

Matériel végétal


2-12 mg/kg

sel. HOCK, 1988

EVALUATION ET REMARQUES

Le cuivre est un oligo-élément important pour tous les organismes vivants. L'organisme humain a besoin d'environ 2 mg de Cu par jour. Les intoxications sont rares, car l'ingestion de grandes quantités de Cu entraîne des vomissements. Certains dérivés du cuivre sont cependant très toxiques pour les organismes aquatiques.

Ddt

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 50-29-3

Nom dans le registre: DDT

Nom de la substance: 1,1,1-Trichloro-2,2-bis(4-chlorophényl)éthane

Synonymes, noms commerciaux: p,p'-Dichlorodiphényltrichloroéthane, p,p'-DDT , 1,1-bis(4-chlorophényl)-2,2,2-trichloroéthane, Dicophane (GB); Chlorophénothane (USA); Anofex ; Cezarex ; Dinocide ; Gesarol ; Guesapon ; Guesard ; Guesarol ; Gyron ; Ixodex ; Neocid ; Neocidol ; Zerdane

Nom(s) anglais: DDT , 1,1,1-Trichloro-2,2-bis(4-chlorophényl)éthanol

Nom(s) allemand(s): DDT , 1,1,1-Trichlor-2,2-bis(4-chlorphenyl)ethan

Description générale: Cristaux incolores, inodores ou légèrement aromatiques.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C14H9Cl5

Masse atomique relative: 354,49 g

Masse volumique: 1,55 g/cm3

Point de fusion: 109°C

Tension de vapeur: 25,3 x 10-6 Pa

Solubilité: Dans l'eau: 3 x 10-6 g/l; bonne solubilité dans de nombreux solvants organiques; bonne liposolubilité.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 14,7 mg/m3

1 mg/m3 = 0,07 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Insecticide agissant par contact et par ingestion sur un grand nombre d'insectes (moustique du paludisme ou anophèle et de la fièvre jaune ou stégomie), puce pesteuse (Xenopsylla), pou de corps (Pediculus corporis), mouche tsé-tsé , etc.). En raison de son large impact, de sa faible phytotoxicité, de son excellente rémanence et de sa faible toxicité aiguë pour les homéothermes, ce produit a été beaucoup employé dans le passé. Désormais, il est interdit dans la plupart des pays industrialisés, mais on l'utilise encore dans de nombreux pays en développement, car le coût des produits de substitution est beaucoup plus élevé.

Origine/fabrication:

Le DDT n'existe pas à l'état naturel. Il a été produit pour la première fois par synthèse en 1874, et a été commercialisé à partir de 1945 (condensation de chloral par réaction avec le monochlorobenzène).

Chiffres de production:

Il n'existe pas de chiffres de production de date récente. En 1974, la production mondiale était évaluée par l'OCDE à env. 60.000 t (sel. OMS, 1979). A l'origine, le DDT était produit dans un grand nombre de pays, mais en 1979, il n'existait plus que trois centres de production, l'un aux USA, un autre en Inde et le troisième en France (OMS, 1979). Par contre, DVGW (1988) fait état de deux entreprises sur le seul territoire de la CE.

Chiffres d'émission:

Pratiquement la totalité des quantités produites parviennent dans le milieu naturel. Les doses d'application varient généralement entre 1 et 3 kg de DDT à l'hectare, et les produits utilisés contiennent entre 1 et 10% de matière active.

TOXICITE

Homme:

DL approx. 500 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Mammifères:



Rat

DL50 113 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989


DL50 1900 mg/kg, v. cutanée

sel. RIPPEN, 1989

Souris

DL50 150-300 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Chien

DL50 150-750 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Chat

DL50 150-600 mg/kg, v. orale

sel. DVGW, 1988

Insectes:



Mouche domest.



(Musca domestica)

DL50 0,033 mg/mouche (24 h)

sel. KORTE, 1980

Organismes aquatiques:



Poissons

CL50 8-100 mg/l (96 h)

sel. RIPPEN, 1989

Daphnie (Daphnia magna)

CE50 0,36-4,4 mg/l (24-48 h)

sel. RIPPEN, 1989

Algues (skeletonema costatum)

CE50 100 mg/l (7 d)

sel. DVGW, 1988

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Le mécanisme d'action n'est pas encore connu avec précision. Le DDT est une neurotoxine agissant essentiellement sur le système nerveux central. D'après les symptômes visibles, il semble que la transmission de l'influx nerveux soit facilitée dans un premier temps, puis bloquée. Le DDT a un effet inhibiteur sur différentes enzymes, et peut donc également agir comme poison respiratoire. Il s'accumule dans les tissus adipeux. Des lésions hépatiques sont à redouter en cas de fortes doses; l'intoxication chronique (expérimentée sur des rats) provoque des lésions du foie, des reins et de la rate. Il est très probable que ce produit ait un pouvoir mutagène et cancérogène sur l'homme; l'effet cancérogène a été établi dans le cadre d'expériences sur l'animal.

Végétaux : Le DDT ne provoque généralement pas de lésions sur les végétaux. Cependant, certaines espèces végétales sensibles présentent des troubles au niveau de la croissance radiculaire en cas d'accumulation de DDT dans le sol.

Synergie: Action renforcée (sur la faune aquatique) par le lindane et les sulfonates de benzène d'alkyle.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Dans l'eau, le DDT a une forte tendance à s'adsorber sur des particules solides. Il s'accumule ainsi dans les sédiments et peut être transporté sur de longues distances dans les cours d'eau.

Atmosphère:

Dans l'atmosphère, le DDT peut se présenter sous forme de gaz, d'aérosol ou de particules fixées sur les poussières. Au-dessus de champs traités, des traces de DDT ont encore été décelées six mois après application. Le DDT adsorbé sur des poussières peut être transporté à des milliers de kilomètres de distance et se disperser ainsi dans le monde entier. Des traces de DDT ont été trouvées dans la neige des régions de l'Antarctique, mais aussi dans les eaux de pluie en Ecosse et aux Iles Shetland. Les concentrations décelées dans les eaux de pluie donnent à penser que la distribution du DDT est sans doute assez uniforme dans l'atmosphère de la planète.

Sols:

Lors d'applications de DDT, une partie non négligeable du produit migre dans le sol. De fortes accumulations ont été observées dans les centimètres supérieurs du sol, ce qui semble indiquer une mobilité assez faible dans le sol.

Dégradation, produits de décomposition:

Les principaux métabolites du DDT sont le DDE 1,1-bis-(chlorophényl) -2,2-dichloroéthane, le DDA et le DDD. Le DDE est jugé au moins aussi toxique que le DDT, et semble même avoir une stabilité plus forte encore dans le milieu naturel.

On ne dispose encore que de peu d'informations sur la dégradation du DDT dans le sol. On ignore par exemple quelles sont les proportions des réactions de décomposition biologique et chimique. De manière générale, le DDT et certains des métabolites susmentionnés doivent être considérés comme très persistants.

De la même façon, il n'existe que relativement peu de données fiables sur les processus de transformation et de dégradation de cette substance dans l'atmosphère. En simulant les conditions de l'atmosphère supérieure en laboratoire, la preuve a été apportée que le DDT se transforme en acide chlorhydrique (HCl) et en dioxyde de carbone. Un certain nombre d'auteurs ont observé une décomposition rapide sous l'effet de lumière ultraviolette. Il n'existe pas de données représentatives sur la photominéralisation dans les conditions naturelles (OMS, 1979).

Chaîne alimentaire:

Forte accumulation par les chaînes alimentaires. Chez les homéothermes, le DDT peut être décelé dans le circuit sanguin peu de temps après absorption, mais il en est ensuite soustrait par les organes lipoïdiques, et s'accumule dans les tissus adipeux, le cerveau, le foie et d'autres organes.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

A

(L)

1 mg/l


DDT & isomères

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CDN

(L)

30 mg/l

MAC

DDT et isomères

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

L

0,1 mg/l


Simpl. subst.

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

R

0,1 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

OMS

R

1 mg/l


DDT et isomères

sel. DVGW, 1988


Eau sout.

USA

R

50 mg/l


Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984


Eau surf.

IAWR

R

0,1 mg/l


Eau potable1)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

IAWR

R

0,5 mg/l


Eau potable2)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

D

R

2 mg/l


Eau potable1)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

D

R

10 mg/l


Eau potable2)

sel. DVGW, 1988


Eau surf.

USA

R

50 mg/l


Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984


Eau surf.

USA

R

2 mg/l


Prot. org. eau douce

sel. HART, 1974

Air:

Amb.prof.

D

L

1 mg/m3

MAK


DFG, 1987


Amb.prof.

USA

(L)

1 mg/m3

TWA


sel. RIPPEN, 1989

Aliments:








Thé, condiments


D

L

1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Fruits, légumes



L

0,1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Autres aliments d'or. végétale



L

0,05 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse de viande


D

L

3 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse de poisson


D

L

2-5 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Graisse du lait


D

L

1 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Oeufs


D

L

0,5 mg/kg



sel. DVGW, 1988

Remarques:

1) Traitement de l'eau potable par des procédés naturels.
2) Traitement de l'eau potable par des procédés physico-chimiques.

Depuis 1974, la fabrication et l'utilisation du DDT sont interdits en Allemagne. Des interdictions concernant l'utilisation de ce produit existent également en Suède et aux USA.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source1)

Eau :




Eaux de surface (1977-79)

USA

0,1 ppb; (max. n=604)


Antarctique


40 ppt


Baltique


0,2 ppt


Eaux souterraines (1977-79)

USA

0,9 ppb; (max. n=1074)


Eaux de pluie

GB

104-229 ppt


Sédiments:




Lacs et rivières (Berlin)

D

0,01-136 ppb (n=8)


Lac

Libye

0,02 ppb


Méditerranée (1981)


<0,01-19 ppb


Air:




Air non pollué

D

0,2-0,6 ng/m3


Golfe Persique


0,05-0,58 ng/m3 (valeur moy.: 0,08 ng/m3)


Golfe du Mexique


0,010-0,047 ng/m3


Homme:




Lait maternel

D

1,5-1,8 mg/kg graisse


Tissus adipeux


1,1-5,3 mg/kg (valeurs moyennes)


Animaux:




Poissons (Lac Michigan; 1969-78)

USA

0,8-9,9 mg/kg


Poissons (Mer du Nord) ; 1972)


2-73 mg/kg


Sandre (Havel, Berlin; 1981)

D

2-105 mg/kg


Végétaux :




Plantes aquatiques (Danube)


2 mg/kg


Remarques:

1) Lorsqu'aucune source n'est mentionnée, les données sont citées selon RIPPEN, 1989.

EVALUATION ET REMARQUES

L'interdiction du DDT dans plusieurs pays dès le début des années 70 témoigne de la dangerosité de ce produit, qui est surtout liée à la haute persistance du DDT dans tous les compartiments de l'environnement (condition essentielle expliquant que ce produit soit désormais répandu sur toute la planète). Les critères décisifs pour l'évaluation du DDT sont la toxicité aiguë, mais aussi et surtout l'accumulation de ce produit dans les organismes vivants, les sols, les eaux de surface et les eaux souterraines, et par conséquent ses effets imprévisibles dans une optique de long terme. Dans la mesure où il existe des produits de remplacement - certes encore coûteux - il est absolument inacceptable, du point de vue écologique, de continuer à utiliser et à produire cette substance.

Dichlorvos

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 62-73-7

Nom dans le registre: Dichlorvos

Nom de la substance: 2,2-Dichlorovinyldiméthylphosphate

Synonymes, noms commerciaux: 2,2-Dichloroéthényldiméthylphosphate, O,O-diméthyl O-(2,2-dichlorovinyl) phosphate, DDVP , Nuvan , Vapona

Nom(s) anglais: Dichlorvos

Nom(s) allemand(s): Dichlorvos

Description générale: Liquide incolore à jaunâtre.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C4H7Cl2O4P

Masse atomique relative: 220,98 g

Masse volumique: 1,314 g/cm3

Densité de gaz: 7,63

Point d'ébullition: 74°C (à 1,32 hPa)

Tension de vapeur: 1,6 Pa

Solubilité: Dans l'eau: » 10 g/l; miscible à la plupart des solvants organiques.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 9,19 mg/m3

1 mg/m3 = 0,11 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le dichlorvos est un insecticide qui agit principalement en phase gazeuse du fait de sa tension de vapeur relativement élevée. Il peut également être utilisé comme insecticide de contact. Le dichlorvos est appliqué sous forme d'aérosol ou d'appât contre les mouches et les moustiques.

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 56-108 mg/kg, v. orale

sel. OMS, 1986

Rat

DL50 75-210 mg/kg, v. cutanée

sel. OMS, 1986

Rat

DL50 56-80 mg/kg, v. orale

sel. WIRTH, 1981

Organismes aquatiques:



Carpe

TLM > 40 mg/l (48 h)

sel. OMS, 1986

Cyprin doré

TLM 10-40 mg/l (48 h)

sel. OMS, 1986

Daphnie

TLM 2,8 mg/l (3 h)

sel. OMS, 1986

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: L'absorption s'effectue par inhalation ou par le tube digestif. Comme tous les esters phosphoriques, le dichlorvos n'est que faiblement résorbé dans le corps. L'intoxication se manifeste surtout par une action inhibitrice sur les acétylcholinestérases, qui a pour effet de perturber le système nerveux central. Les symptômes sont comparables à ceux du paraquat. Selon WIRTH (1981), le dichlorvos ne présente pas de risques génétiques.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:

Amb.prof.

D

L

1 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb.prof.

SU

(L)

0,2 mg/m3

PDK

Peau

sel. KETTNER, 1979


Amb.prof.

USA

(L)

1 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986

Aliments:


OMS

R

0,004 mg/kg/j

ADI


sel. OMS, 1986

EVALUATION ET REMARQUES

Le dichlorvos fait partie des insecticides organophosphorés, lesquels donnent lieu à des problèmes de résidus similaires à ceux causés par les insecticides halogénés. Compte tenu des troubles respiratoires dont il est responsable, il est nécessaire d'éviter tout contact direct avec ce produit.

Dieldrine

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 60-57-1

Nom de la substance: Dieldrine

Nom de la substance: 1,2,3,4,10,10-hexachloro-6,7-époxy-1,4,4a,5,6,7,8,8a-octahydro-1,4,5,8-diméthanonaphthalène

Synonymes, noms commerciaux: Alvit , Heod , composé 497 , Octalox , ENT 16,225

Nom(s) anglais: Dieldrin; 1,2,3,4,10,10-Hexachloro-6,7-epoxy-1,4,4a,5,6,7,8,8a-octahydro-1,4,5,8-dimethanonaphthalene

Nom(s) allemand(s): Dieldrin, 1,2,3,4,10,10-Hexachlor-6,7-epoxy-1,4,4a,5,6,7,8,8a-octahydro-1,4,5,8-dimethanonaphthalin

Description générale: Cristaux blancs inodores.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C12H8Cl6O

Masse atomique relative: 380.91 g

Masse volumique: 1,70 g/cm3

Point d'ébullition: (décomposition)

Point de fusion: 176-177°C

Tension de vapeur: 24 x 10-6 Pa à 25°C

Solubilité: Dans l'eau: 0,1 mg/l; soluble dans le pétrole, l'acétone et les composés aromatiques.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 15,8 mg/m3

1 mg/m3 = 0,06 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

La dieldrine est un insecticide qui est surtout utilisé dans la culture cotonnière.

Origine/fabrication:

La dieldrine est produite par oxydation d'aldrine, processus pouvant se produire dans le milieu naturel.

TOXICITE

Homme:

DL50 64 mg/kg (estimation)

sel. MERCIER, 1981

Mammifères:



Rat

DL50 46-63 mg/kg, v. orale

sel. VERSCHUEREN, 1983


DL50 52-117 mg/kg, v. cutanée

sel. VERSCHUEREN, 1983

Souris

DL50 38-77 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981

Chien

DL50 56-120 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981

Lapin

DL50 45-50 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981

Vache

DL50 25 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981

Organismes aquatiques:



Cyprinodontidés

CL50 5 ppb (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Muge cabot

CL50 23 ppb (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Vairon d'Amérique

CL50 16 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Grande perche soleil

CL50 8 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Truite arc-en-ciel

CL50 10 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Daphnie

CL50 250 mg/l (48 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Gammarus pulex

CL50 460 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Insectes:



Pteronarcys california

CL50 0,5-39 mg/l (96 h)

sel. VERSCHUEREN, 1983

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: La dieldrine peut provoquer des intoxications par résorption transcutanée, par ingestion ou par inhalation. Elle agit comme stimulant du système nerveux central et s'accumule dans les tissus adipeux, provoquant ainsi de sérieuses lésions du foie et des reins. Des expériences sur l'animal ont permis de mettre en évidence un effet cancérogène, mais aucun effet tératogène n'a été rapporté à ce jour dans la littérature.

Végétaux : La dieldrine n'est pas toxique pour les plantes (MERCIER, 1981).

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Du fait de la bonne hydrosolubilité de cette substance, l'eau constitue un milieu d'accumulation privilégié. La dieldrine étant hautement toxique pour les organismes aquatiques, elle est, en Allemagne, classée dans la catégorie de risque WGK 3 (= forte pollution de l'eau).

Sols:

Les sols représentent un milieu d'accumulation pour la dieldrine, mais l'intensité de l'accumulation est fonction de la texture et du taux d'humidité des sols.

Demi-vie:

Dans les sols, environ 95% d'une application de 3,1 à 5,6 kg/ha sont éliminés au bout de 12,8 ans en moyenne. Seulement 9% environ sont éliminés par évaporation au bout de 60 jours dans les sols sablonneux ou argileux. Entre 75 et 100% de la dieldrine sont dégradés ou décomposés en l'espace de 3 à 25 ans (VERSCHUEREN, 1983).

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Dégradation, produits de décomposition:

La dieldrine se décompose dans l'organisme humain en 1,2-dihydroxy-dieldrine et 4,5-aldrine-trans-dihydrodial. Sous l'effet des rayons U.V., elle se transforme en CO2.

Chaîne alimentaire:

La dieldrine s'accumule dans les tissus adipeux et, chez l'être humain, dans les glandes mammaires. (WIRTH, 1981).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

D

L

0,1 mg/l


Substance indiv.

sel. RIPPEN, 1992


Eau pot.

D

L

0,5 mg/l


Pesticides cumulés

sel. RIPPEN, 1992


Eau pot.

CE

L

0,1 mg/l


Substance indiv.

sel. RIPPEN, 1992


Eau pot.

CE

L

0,5 mg/l


Pesticides cumulés

sel. RIPPEN, 1992


Eau pot.

USA

R

1 mg/l


Dans l'Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984

Sols:


NL

R

0,5 mg/kg SSA


Substance indiv., Référence

sel. TERRA TECH 6/94



NL

L

2,5 mg/kg SSA


Aldrine + dieldrine + endrine Intervention

sel. TERRA TECH 6/94

Air:

Amb.prof.

D

L

0,25 mg/m3

MAK

Peau

DFG, 1989


Amb.prof.

SU

(L)

0,01 mg/m3

PDK

Peau

sel. KETTNER, 1979


Amb.prof.

USA

(L)

0,25 mg/m3

TWA

Peau

ACGIH, 1986

Aliments:


OMS

R

0,03-0,3 mg/(kg/j)


Limite de tolér. des résidus

sel. VERSCHUEREN, 1983

Remarques:

Depuis 1988, l'utilisation de la dieldrine est totalement interdite par la loi en Allemagne ("Pflanzenschutz-Anwendungsverordnung").

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine

Pays

Valeur

Source

Eaux superficielles / souterraines:




Lac d'Irlande (suspension)

IRL

0,2-140 ng/g

sel. VERSCHUEREN, 1983

Hawaii (sédiments)

USA

2-39,5 ppb

sel. VERSCHUEREN, 1983

Los Angeles (port)

USA

0,6 x 4,5 ppb

sel. VERSCHUEREN, 1983

Mer Baltique occid. (en surface)


0,17x10-9 g/l

sel. VERSCHUEREN, 1983

Mer du Nord , SE Angleterre/Pays-Bas


0,4-17 ppb (1974-76)

sel. VERSCHUEREN, 1983

EVALUATION ET REMARQUES

La dieldrine est une substance hautement toxique pour les organismes aquatiques et est très persistante dans le milieu naturel. En outre, elle provoque également de sérieuses intoxications chez l'homme. Son utilisation doit donc rester aussi limitée que possible.

Dinitro-o-cresol

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 534-52-1

Nom dans le registre: Dinitro-o-crésol

Nom de la substance: 2-méthyl-4,6-dinitrophénol

Synonymes, noms commerciaux: 4,6-Dinitro-o-crésol, DNOC , DNC , Detal , Etzel

Nom(s) anglais: Dinitro-o-cresol

Nom(s) allemand(s): Dinitro-o-kresol, 2-Methyl-4,6-dinitrophenol

Description générale: Poudre ou cristaux jaunes de goût amer.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C7H6N2O5

Masse atomique relative: 198,14 g

Point d'ébullition: (décomposition)

Point de fusion: 86-86,9°C

Tension de vapeur: 6,5 x 10-3 Pa à 25°C

Point d'éclair: Difficilement inflammable

Solubilité: Dans l'eau: faible solubilité 125 ppm (à 25°C); dans l'acétone: 100,6 g/100 g; dans l'éthanol: 4,3 g/100 g; dans le benzène: 37,5 g/100 g; dans le chloroforme: 37,2 g/100 g; soluble dans l'éther diéthylénique, le méthanol, l'éther de pétrole, le tétrachlorure de carbone.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le DNOC est un herbicide sélectif utilisé pour les céréales, le houblon, les vignobles et les cultures fruitières (insecticide, acaricide, effet fongicide accessoire).

Origine/fabrication:

Le DNOC est uniquement un produit de synthèse. Les préparations en vente dans le commerce contiennent en général des formulations aisément solubles dans l'eau des sels alcalins, ammoniacaux et aminés du DNOC.

TOXICITE

Homme:

DL 0,35-3 g

sel. DFG, 1986

Mammifères:



Rat

DL50 25-85 mg/kg, v. orale

sel. DFG, 1986

DL50 28,5 mg/kg, intrapéritonéale

sel. DFG, 1986


DL50 23,1-26,1 mg/kg, v. sous-cutanée

sel. DFG, 1986


Souris

DL50 20,0 mg/kg, v. orale

sel. DFG, 1986

DL50 21,5-27,3 mg/kg, v. sous-cutanée

sel. DFG, 1986


DL50 1.000 mg/kg, v. cutanée

sel. DFG, 1986


DL50 24-26 mg/kg, intrapéritonéale

sel. DFG, 1986


Cobaye

DL100 500 mg/kg, voie cutanée

sel. DFG, 1986

Chien

DL50 15 mg/kg, voie intraveineuse

sel. DFG, 1986

DL50 10-23,5 mg/kg, intrapéritonéale

sel. DFG, 1986


Organismes aquatiques:



Vairon d'Amérique

1,5-2 mg/l létal (6 h)

sel. DVGW, 1988

Epinoche

3 mg/l létal

sel. DVGW, 1988

Daphnie

CE50 0,013 mg/l

sel. DVGW, 1988

Algues bleues

CE10 0,15 mg/l

sel. DVGW, 1988

Algues vertes

CE10 13 mg/l

sel. DVGW, 1988

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Le DNOC est un produit très toxique, à effet cumulatif, pouvant entraîner la mort. L'absorption se fait surtout par voie pulmonaire, mais aussi par le tube gastro-intestinal et par la peau. Les quantités accumulées dans l'organisme ne sont éliminées que très lentement.

Les premiers signes d'intoxication sont les suivants: hausse de température de l'organisme (de hautes températures ambiantes augmentent la toxicité), transpiration, accélération de la respiration et du pouls, forte soif, coliques douloureuses, diarrhée et vomissements. Symptômes caractéristiques des effets sur le système nerveux central: euphorie suivie de vertiges, tendance au collapsus, états d'anxiété et d'agitation, confusion mentale, perte de conscience et convulsions.

Les intoxications chroniques se manifestent par des maux de tête, de la fatigue et une perte de poids significative. Elles provoquent également des lésions du coeur, du foie et des reins. Les lésions hépatiques font généralement suite à une absorption par voie buccale.

Végétaux : L'action des dioxines se manifeste par un déphasage entre la respiration cellulaire et la phosphorylation.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Malgré une très faible hydrosolubilité, une pollution des eaux de surface est possible sous l'action de l'érosion de sols traités au DNOC . Les risques sont plus importants pour le plancton et les micro-organismes que pour les poissons. La concentration limite pour les daphnies est de 3 mg/l, pour les moustiques de 500 mg/l.

La toxicité de solutions de DNOC est fortement tributaire du pH. Les solutions acides sont plus toxiques que les solutions alcalines (DFG, 1986).

Sols:

Dans le sol, le DNOC est très mobile et la décomposition microbienne est très lente. Le DNOC demeure sans effet sur la plupart des micro-organismes du sol, la production de CO2 n'est pas affectée, mais les micro-arthropodes (acariens, etc.) et les lombrics ne survivent pas.

Dégradation, produits de décomposition:

On a identifié dans l'organisme de nombreux métabolites, dont certains ont un effet détoxiquant, la plupart étant cependant plus toxiques encore que le DNOC lui-même (p.ex. 6-amino-4-nitro-o-crésol ou 4,6-diamino-o-crésol). On ne dispose pas de données sur les métabolites dans les végétaux ou dans le sol.

Le DNOC peut encore être décelé dans le sol au bout de 14 semaines (sel. DFG, 1986).

Chaîne alimentaire:

Des résidus de cette substance ont été décelés dans certaines parties de plantes.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau de surface

CE

(L)

1 mg/l


Tous pesticides conf.1)

sel. DVGW, 1988


Eau de surface

CE

(L)

2,5 mg/l


Tous pesticides conf.2)

sel. DVGW, 1988


Eau de surface

CE

(L)

5 mg/l


Tous pesticides conf.3)

sel. DVGW, 1988


Eau pot.

CE

(L)

0,1 mg/l



sel. DVGW, 1988


Eau pot.

D

L

0,1 mg/l



sel. DVGW, 1988

Air:

Amb.prof.

D

L

0,2 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb.prof.

SU

(L)

0,05 mg/m3

PDK


sel. KETTNER, 1979


Amb.prof.

USA

(L)

0,2 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986

Aliments:


D

(R)

0,01 (ng/kg/j)


ADI provisoire

sel. DFG, 1986

Remarques:

En République fédérale d'Allemagne, il est interdit d'utiliser le DNOC comme insecticide dans les bassins versants de zones d'alimentation en eau. Dans les zones de protection des eaux classées I et II, son utilisation en tant qu'herbicide est interdite. Il est également interdit de l'utiliser à proximité de plans ou cours d'eau.

1) Valeur imposée pour traitement et désinfection par des procédés physiques simples

2) Valeur imposée pour traitement et désinfection par des procédés physiques et chimiques normaux

3) Valeur imposée pour traitement, oxydation, adsorption et désinfection par des procédés physiques et des méthodes chimiques sophistiquées

EVALUATION ET REMARQUES

Le DNOC est hautement toxique et donc particulièrement dangereux. Etant donné que cette substance pénètre aisément dans l'organisme par les poumons et par la peau, des mesures de protection sont de rigueur au moment de l'application. Son utilisation doit surtout être évitée à proximité de plans et cours d'eau.

Dioxines

APPELLATIONS

Remarques: Au sens strict du terme, l'appellation «dioxines» fait référence au groupe des dibenzo-p-dioxines polychlorées (PCDD). Du point de vue chimique et toxicologique, ce groupe est étroitement apparenté au groupe des dibenzo-p-furannes (PCDF). Dans le sens plus large du terme, l'appellation "dioxines" peut ainsi s'étendre aux deux groupes de (PCDD/F). Le groupe des substances PCDD/F est formé de 210 substances apparentées qui diffèrent par le nombre et la position des atomes de chlore. Les propriétés physico-chimiques se réfèrent à la substance la plus toxique et la mieux décrite, notamment 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine qui est souvent appelée "dioxine" dans le langage courant.

Numéro du CAS: 1746-01-6

Nom dans le registre: 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine

Nom de la substance: 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine

Synonymes, noms commerciaux: Dioxine , 2,3,7,8-TCDD, TCDD, 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-1,4-dioxine

Nom(s) anglais: 2,3,7,8-Tetrachlordibenzo-p-dioxin, Dioxin

Nom(s) allemand(s): 2,3,7,8-Tetrachlordibenzo-p-dioxin, Dioxin

Description générale: Copeaux cristallins, incolores.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C12H4Cl4O2

Masse atomique relative: 321,96 g

Masse volumique: 1,83 g/cm3

Point d'ébullition: Environ 900°C

Point de fusion: Environ 300°C

Tension de vapeur: 150 x 10-9 Pa

Solubilité: 13 x 10-9 g/l

Facteurs de conversion: 1 ppm = 13,38 mg/m3

1 mg/m3 = 0,08 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Comme tous les PCDD/F, la 2,3,7,8-TCDD est un sous-produit indésirable qui est produit uniquement à des fins analytiques.

Origine/fabrication:

Il n'existe pas de source géogène connue à l'heure actuelle. Les dioxines se forment sous l'effet de processus thermiques, par manque d'oxygène, à des températures variant entre 300-800°C, et ce à partir de chlore fixé de type organique ou inorganique (par exemple, incinération des déchets ou pyrolyse). La formation de dioxines est souvent secondaire à la production industrielle de composés chlorés. C'est pourquoi ces substances peuvent contenir des impuretés dues à des dioxines. La production et le traitement de substances aromatiques chlorées, telles que les chlorophénols et les chlorobenzènes doit faire l'objet d'une attention particulière. Pour garantir une décomposition complète des dioxines, des températures supérieures à 1000°C sont nécessaires.

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 22-100 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Souris

DL50 70 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Singe

DL50 114-280 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Souris

LDLo 80 mg/kg, v. dermale

sel. RIPPEN, 1989

Lapin

LDLo 10 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Lapin

DL50 100-115 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Lapin

LDLo 275 mg/kg, v. dermale

sel. RIPPEN, 1989

Hamster

DL50 1 160-5.000 mg/kg v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Cobaye

DL50 0,5-2,0 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Chien

DL50 30-300 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Oiseaux:



Poulet

DL50 25-50 mg/kg, v. orale

sel. RIPPEN, 1989

Remarques: La majeure partie des données toxicologiques disponibles se rapportent à la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD). Etant donné que les profils toxicologiques des PCDD/F sont tous très similaires, leurs potentiels sont décrits ici par référence à des facteurs d'équivalence (TEF) s'appliquant à la 2,3,7,8-TCDD.

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: La 2,3,7,8-TCDD est le composé le plus toxique de toutes les substances du groupe PCDD/F. Une intoxication aiguë provoque principalement des lésions de la peau et du foie, de même que du système nerveux périphérique et central. On a pu observer en outre des troubles psychiques et des effets sur le système immunitaire (dans les expériences sur l'animal). L'acné chlorique est un symptôme typique et persistant d'une intoxication aiguë à la TCDD. La peau peut également présenter des signes de pigmentation excessive. Les lésions du foie se traduisent par une élévation du taux de transaminase et des graisses dans le sang. Des troubles intestinaux s'accompagnant de diarrhées ont été observés, de même que des lésions des vaisseaux coronaires, ainsi que des voies urinaires. Les effets sur le système nerveux se manifestent sous forme d'irritabilité et de nervosité et de céphalées, d'insomnie temporaire et de capacité visuelle et auditive réduite. A ce jour, les effets carcinogènes ont été établis que dans les expériences sur l'animal; des effets tératogènes n'ont pas pu être démontrés jusqu'ici.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

En raison de leur très faible solubilité dans l'eau, les dioxines sont rapidement fixées sur les matières en suspension. La biodisponibilité est faible, mais la toxicité pour les organismes aquatiques est très élevée.

Atmosphère:

Les dioxines parviennent dans l'atmosphère en se fixant sur les particules de poussière (cendres volantes).

Sols:

La mobilité des dioxines est extrêmement faible en raison de leur faible hydrosolubilité et d'une forte capacité d'adsorption. Par conséquent, les sols constituent un milieu d'accumulation privilégié pour les dioxines.

Demi-vie:

La demi-vie dans le sol est de plus de 10 ans pour les dioxines (ROTARD, 1987). Dans l'organisme humain, elle atteint jusqu'à 6 ans (BECK et al., 1987).

Dégradation, produits de décomposition:

Les dioxines sont faiblement dégradées par les micro-organismes. Une dégradation photochimique est possible.

Chaîne alimentaire:

En raison de leur bonne liposolubilité, les dioxines ont une forte tendance à s'accumuler dans la chaîne alimentaire. La bioaccumulation est importante dans les poissons ainsi que dans les graisses et le foie d'organismes terrestres, mais en revanche, les dioxines ne s'accumulent que faiblement dans les végétaux.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Sols:


D

R

5 ng/kg


Usage non limité

sel. RIPPEN, 1991



D

R

40 ng/kg


Usage agricole non limité

sel. RIPPEN, 1991



D

R

100 ng/kg


Echange de sol sur les aires de jeux des enfants

sel. RIPPEN, 1991



D

R

1000 ng/kg


Echange de sol dans les aires d'habitation

sel. RIPPEN, 1991



D

R

10.000 ng/kg


Echange de sol sur tous les sites

sel. RIPPEN, 1991

Air:

Amb.prof.

D

L

1)

MAK


sel. RIPPEN, 1991

1) Aucune valeur n'est indiquée en raison des effets carcinogènes démontrés dans les expériences sur l'animal (Groupe III A2) 1990

EVALUATION ET REMARQUES

Compte tenu de leur extrême toxicité et de leurs effets carcinogènes et tératogènes présumés, il importe d'éviter autant que possible les émissions de dioxines. Etant donné que l'incinération des déchets et la production de composés aromatiques chlorés sont les principales sources d'émission des dioxines, des mesures devraient être prises en particulier dans ces domaines d'activité. Des recherches portant sur la formation de dioxines ainsi que sur les mesures techniques pouvant être prises en vue de réduire les émissions de dioxines et leurs effets toxicologiques sont actuellement en cours.

Dioxyde de soufre

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7446-09-5

Nom dans le registre: Dioxyde de soufre

Nom de la substance: Dioxyde de soufre

Synonymes, noms commerciaux: Oxyde de soufre (IV), Oxyde de soufre, anhydride sulfureux, gaz sulfureux

Nom(s) anglais: Sulfur dioxide

Nom(s) allemand(s): Schwefeldioxid

Description générale: Gaz incolore, non inflammable, d'odeur suffocante similaire à celle du soufre en combustion; en dilution, odeur rappelant celle du vinaigre.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: SO2

Masse atomique relative: 64,06 g

Masse volumique: 1,46 g/cm3 à -10°C (liquide); 2,93 g/l à 20°C (gaz)

Densité de gaz: 2,26

Point d'ébullition: -10°C

Point de fusion: -75,5°C

Tension de vapeur: 331 kPa à 20°C, 462 kPa à 30°C, 842 kPa à 50°C

Seuil olfactif: 0,3 - 1 ppm (dans l'air)

Solubilité: Dans l'eau: 112,7 g/l à 20°C (1013 mbar),

228,3 g/l à 0°C (1013 mbar);

Aisément soluble dans l'alcool, le benzène, l'acétone, le tétrachlorure de carbone; entièrement miscible à l'éther, au sulfure de carbone, au chloroforme et aux glycols.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 0,376 mg/m3

1 mg/m3 = 2,663 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Parmi les multiples utilisations de SO2, on peut notamment mentionner les suivantes: agent de réduction dans la métallurgie, agent réfrigérant dans l'industrie du froid, agent de désinfection et de blanchiment, de conservation et d'amélioration de la qualité des produits alimentaires, agent de déchloration et fumigant. Le dioxyde de soufre constitue le principal composé de l'industrie chimique. 98% du SO2 utilisé dans l'industrie sert à la fabrication d'acide sulfurique anhydre, puis de l'acide sulfurique.

Origine/fabrication:

Les sources naturelles d'émission sont le volcanisme et les processus de combustion. Les sources d'émission de nature anthropogène sont liées en premier lieu à la combustion de matières contenant du soufre (charbon, pétrole brut, gaz naturel, etc.) dans les centrales électriques et systèmes de chauffage urbain, dans l'industrie, les ménages et la circulation routière. La synthèse du So2 s'effectue à partir de soufre élémentaire, de pyrite, de minerais sulfurés de métaux non-ferreux, de gypse, d'anhydrite et de gaz de fumée (concernant les différentes procédés, cf. ULLMANN, 1984).

Chiffres de production:

- Sauf production à base de soufre élémentaire et de pyrites (en 1.000 t de soufre, (1982):

production mondiale: 5.820
Union soviétique: 1.700
Etats-Unis: 1.380
Japon: 1.370

- Production à partir de pyrites (en 1.000 t de soufre, 1975):

production mondiale: 11.000

- Production à partir de minerais métalliques et de soufre métallique (en 1.000 t de soufre, 1992):

production mondiale: 20.000
(toutes données reprises de ULLMANN, 1994)

Chiffres d'émission (estimation):

Les émissions totales en République fédérale d'Allemagne ont été chiffrées à environ 2,3 x 106 tonnes. Pour 1982, les émissions naturelles à l'échelle mondiale étaient estimées à 750 x 106 tonnes, les émissions anthropogéniques représentant 100 x 106 tonnes environ (RÖMPP, 1988).

TOXICITE

Homme:

25 mg/m3 (moy.ann.)

Fréquence croissante d'affection



des voies respiratoires inférieures (sel. UN-ECE, 1984)


225 mg/m3 (moy.ann)

Fréquence croissante des symptômes respiratoires; fonction pulmonaire réduite chez les enfants âgés de 5 ans (sel. UN-ECE, 1984)


200 mg/m3 (max.journ., 30 mn)

Augmentation significative des cas de «pseudo-croup» chez les enfants (sel. AFRL, 1987)


200 mg/m3 (val. 24 h)

Augmentation de la mortalité chez les personnes âgées (sel. AFRL, 1987)


1,3 mg/m3 (40 mn)

Rétraction des voies respiratoires chez les asthmatiques (sel. AFRL, 1987)


53,3 mg/m3 (10-30 mn)

Irritations violentes et très désagréables (sel. DFG, 1988)


133,2 mg/m3 (60 mn)

Fortes irritations des muqueuses, hémorragie et oedème pulmonaire, spasmes du larynx avec risque d'étouffement (sel. DFG, 1988)

Mammifères:



Souris

CL50 346 mg/m3 (24 h)

sel. DFG, 1988

Souris

CL 1.598 mg/m3 ( 5 h)

sel. DFG, 1988

Souris

CL 2.130 mg/m3 (20 mn)

sel. DFG, 1988

Lapin

CL50 679 mg/m3 (24 h)

sel. DFG, 1988

Lapin

CL (après 7 j) 2 130 mg/m3 (1 h)

sel. DFG, 1988

Hamster

CL 1.065 mg/m3 (6 h)

sel. DFG, 1988

Cobaye

CL50 1.076 mg/m3 (24 h)

sel. DFG, 1988

Insectes:

CL 2 vol% (6 h)

sel. RÖMPP, 1988

Flore:



Espèces diverses

>20 mg/m3 (moy. an., lésions visibles)

sel. AFRL, 1987

Epicéa

30-40 mg/m3 (moy. an., lésions)

sel. VDI, 1978

Epicéa

50-70 mg/m3 (moy. an., fortes lésions)

sel. VDI, 1978

Plantes cultivées

50 mg/m3 (90 j, lésions)

sel. DFG, 1988

Pins (région de la Ruhr)

>80 mg/m3 (moy.pér.d.végét.prem. lésions)

sel. VDI, 1978

Espèces diverses

2,7-5,5 mg/m3 (qqs.heures, fortes lésions)1)

sel. ULLMANN, 1984

Sensibilité de végétaux supérieurs (UBA, 1980):

Très sensibles:

Féverole commune

Groseille

Vesce commune

Noyer

Pois

Lupin

Groseille à maquereau



Sapin Douglas

Trèfle

Epinard



Epicéa

Luzerne

Sapin



Sensibles:

Tilleul

Pin

Avoine

Haricot

Hêtre commun

Pin Weymouth

Seigle

Colza


Pomme

Mélèze

Blé



Noisette

Orge

Salade



Peu sensibles:

Erable

Pomme de terre

Platane

Tomate

Bouleau

Chou

Prunes

Genévrier


If

Poireau

Rhododendron

Saule


Chêne

Thuya

Robinier

Vigne


Fraise

Maïs

Betterave



Aulne

Carotte

Chamaecyparis



Lilas

Peuplier

Pin noir



Remarques:

1) Nécroses foliaires, inhibition de la photosynthèse

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Opacification de la cornée, difficultés respiratoires, inflammations des organes respiratoires, irritations oculaires (formation d'acide sulfureux sur les muqueuses humides); troubles psychiques et oedème pulmonaire; bronchite, troubles circulatoires et cardiaques. Effets similaires lors d'intoxication à l'acide sulfurique anhydre (SO3).

Plantes: Lésions visibles des parties aériennes en contact direct avec du SO2. Le dioxyde de soufre s'introduit par le stomate dans les feuilles, entraînant une perturbation physiologique et biochimique de la photosynthèse, de la respiration et de la transpiration due à ses effets nocifs sur le mécanisme d'ouverture des pores. Les lésions indirectes sont liées notamment à l'acidité des sols (dommages causés à la micorrhize) et donnent lieu à des troubles de la croissance.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:

Le dioxyde de soufre s'introduit dans les eaux de surface et les eaux souterraines par des dépôts secs et humides. La solution aqueuse réagit à la manière d'un acide puissant. En Allemagne, le SO2, de même que l'acide sulfurique et l'acide sulfureux sont classés parmi les substances dangereuses pour l'eau.

Atmosphère:

Le dioxyde de soufre fixe l'humidité de l'air et forme des aérosols d'acide sulfurique et d'acide sulfureux se déposant comme pluie acide. L'intensité de la formation d'aérosols et leur durée de séjour dans l'atmosphère dépend des conditions météorologiques et de la présence de polluants catalysants dans l'air. La durée moyenne de séjour dans l'atmosphère est de 3-5 jours env., si bien que le dioxyde de soufre peut être transporté sur de longues distances.

Sols:

Des dépôts secs et humides provenant de l'atmosphère sont les principales sources d'accumulation de sulfate dans les sols. Sous la forme de dépôts secs, il s'agit surtout de (NH4)2SO4, (NH4)3H(SO4)2, CaSO4, MgSO4, à faible teneur de composés organiques de soufre.

Le dioxyde de soufre et ses produits de transformation sont les principales sources d'acidification des sols, en particulier lorsque les systèmes tampons des sols ne sont pas en mesure de neutraliser les acides qui, soit sont directement introduits dans les sols, soit résultent de la transformation de sulfates solides. Les dommages induits ne sont pas précisés de façon spécifique pour chaque substance. La quasi totalité des réactions du sol est fonction du pH: aussi bien la désorption de nombreuses substances toxiques que le lessivage des éléments nutritifs augmentent avec l'acidification des sols.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

Comme décrit ci-dessus, 'Atmosphère' et 'Sols', le dioxyde de soufre s'oxyde rapidement et est très réactif. Les principaux produits de réaction ayant un impact sur l'environnement sont l'acide sulfurique et l'acide sulfureux.

Synergies/Antagonismes:

Il existe à ce sujet toute une série d'études - pour la plupart réalisées dans des conditions standardisées -, mais la complexité des facteurs entrant en jeu ainsi que des voies de contamination ne permettent pas d'obtenir des indications chiffrées sur les phénomènes qui se produisent dans le milieu naturel. Il est certain en tout cas qu'en association avec d'autres gaz polluants (p.ex. NOx, HF), les effets du SO2 s'intensifient dans des proportions plus fortes que l'addition des effets des diverses substances impliquées.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Air:


CDN

(L)

0,06 mg/m3



sel. DORNIER, 1984



CDN

(L)

0,06 mg/m3


moy.an.

sel. DORNIER, 1984



CDN

(L)

0,3 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



CDN

(L)

0,9 mg/m3


1 h

sel. DORNIER, 1984



CH

(L)

0,03 mg/m3


moy.an.

sel. WEIDNER, 1986



CH

(L)

0,4 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



CH

(L)

0,26 mg/m3


1 mois

sel. DORNIER, 1984



CH

(L)

0,7 mg/m3


2 h

sel. DORNIER, 1984



CS

(L)

0,15 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



CS

(L)

0,5 mg/m3


30 mn

sel. CES, 1985



D

L

0,14 mg/m3

IW1

1 an moy. arith

sel. TA-Luft, 1986



D

L

0,40 mg/m3

IW2

1 an 4)

sel. TA-Luft, 1986



D

L

1 mg/m3

MIK

30 mn

sel. BAUM, 1988



D

L

0,3 mg/m3

MIK

24 h

sel. BAUM, 1988



D

L

0,1 mg/m3

MIK

1 an

sel. BAUM, 1988



D

R

0,05-0,06 mg/m3


zones peu polluées

UBA, 1989



DDR

(L)

0,15 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



DDR

(L)

0,5 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984



DK

(L)

0,14 mg/m3


1 an

sel. WEIDNER, 1986



E

(L)

0,065


1 an

sel. WEIDNER, 1986



CE

R

0,1- 0,15 mg/m3


24 h

CE, 1980



CE

R

0,04-0,06 mg/m3


1 an

CE, 1980



CE

R

0,08 mg/m3


1 an > 403)

CE, 1980



CE

R

0,12 mg/m3


1 an <= 403)

CE, 1980



CE

R

0,13 mg/m3


1 j hiver > 603)

CE, 1980



CE

R

0,18 mg/m3


1 j hiver <= 603)

CE, 1980



CE

R

0,25 mg/m3


1 an > 1503)4)

CE, 1980



CE

R

0,35 mg/m3


1 an <= 1503)4)

CE, 1980



F

(L)

comme CE


1 an

sel. WEIDNER, 1986



GB

(L)

comme CE


1 an

sel. WEIDNER, 1986



GR

(L)

comme CE


1 an

sel. WEIDNER, 1986



H

(L)

1,15 mg/m3


24 h zones prot.

sel. DORNIER, 1984



H

(L)

1 mg/m3


30 mn zones prot.

sel. DORNIER, 1984



H

(L)

0,5 mg/m3


24 h zones spéc. prot.

sel. DORNIER, 1984



H

(L)

0,5 mg/m3


30 mn zones spéc. prot.

sel. DORNIER, 1984



I

(L)

comme CE


1 an

sel. WEIDNER, 1986



I

(L)

0,38 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



I

(L)

0,75 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984



IL

(L)

0,26 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



IL

(L)

0,78 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984



IRL

(L)

comme CE


1 an

sel. WEIDNER, 1986



J

(L)

0,11 mg/m3


24 h/1 an

sel. DORNIER, 1984



J

(L)

0,29 mg/m3


1 h

sel. DORNIER, 1984



COL

(L)

0,07 mg/m3


1 an

sel. DORNIER, 1984



L

(L)

comme CE


1 an

sel. WEIDNER, 1986



N

(L)

0,025-0.06 mg/m3


1 an

sel. WEIDNER, 1986



N

(L)

0,2 mg/m3 (+2%)


24 h

sel. DORNIER, 1984



N

(L)

0,4 mg/m3 +2%


1 h

sel. DORNIER, 1984



NL

R

0,075 mg/m3


1 an 50% d.moy. 24 h

sel. WEIDNER, 1986



NL

R

0,20 mg/m3


1 an 95% ds. moy. 24 h

sel. UBA, 1980



NL

R

0,25 mg/m3


1 an 98% ds. moy. 24 h

sel. WEIDNER, 1986



NL


0,15 mg/m3


1 an

sel. DORNIER, 1984



NL


0,3 mg/m3 (+2%)


24 h +2%

sel. DORNIER, 1984



NL


0,5 mg/m3


24 h +0,3%; 1 j/an

sel. DORNIER, 1984



PL


0,075 mg/m3


24 h zones spéc. prot.égées

sel. DORNIER, 1984



PL


0,25 mg/m3


20 mn zones spéc. prot.égées

sel. DORNIER, 1984


Emission

D

L

500 mg/m3


flux massique ³ 50 g/h5)

sel. TA-Luft, 1986


Amb.prof.

D

L

5 mg/m3

MAK


sel. DFG, 1994



PL


0,35 mg/m3


24 h zones prot.

sel. DORNIER, 1984



PL


0,9 mg/m3


20 mn zones protégées

sel. DORNIER, 1984



RU


0,25 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



RU


0,75 mg/m3


20 mn

sel. DORNIER, 1984



S


0,06 mg/m3


1 an

sel. DORNIER, 1984



S


0,75 mg/m3


1 h

sel. DORNIER, 1984



S


0,10 mg/m3


oct. à mars

sel. DORNIER, 1984



S


0,30 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



SF

(L)

0,04 mg/m3


1 an

sel. WEIDNER, 1986



SF

(L)

0,25 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



SF

(L)

0,7 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984



SU

(L)

0,05 mg/m3


24 h zones résidentielles

sel. DORNIER, 1984



SU

(L)

0,5 mg/m3


30 mn zones résidentielles

sel. DORNIER, 1984



TU

(L)

0,15 mg/m3


24 h zones résidentielles

sel. DORNIER, 1984



TU

R

0,30 mg/m3


24 h zones industrielles

sel. DORNIER, 1984



USA

(L)

2 ppm

TWA


sel. ACGIH, 1986



USA

(L)

5 mg/m3

TWA


sel. ACGIH, 1986



USA

(L)

5 ppm

STEL


sel. ACGIH, 1986



USA

(L)

10 mg/m3

STEL


sel. ACGIH, 1986



OMS

R

0,1-0,15 mg/m3


24h1)

OMS, 1979



OMS

R

0,04-0,06 mg/m3


1 an

OMS, 1979



OMS

R

0,5 mg/m3


10 mn2)

OMS, 1987



OMS

R

0,35 mg/m3


1 h2)

OMS, 1987



OMS

R

0,125 mg/m3


24 h2)

OMS, 1987



OMS

R

0,05 mg/m3


1 an2)

OMS, 1987



YU

(L)

0,15 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



YU

(L)

0,5 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984









Effluents:


D

R

WGK 1



sel. ROTH, 1989

Remarques:

1) Valeur moyenne, 7 dépassements par an max.
2) Recommandations pour l'Europe
3) Pour une certaine teneur de poussières en suspension (en m g/m3); valeurs médianes
4) Valeur égale à 98% de la fréquence cumulée de toutes les moyennes quotidiennes de l'année
5) SO2 et SO3 sont désignés sous SO2

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

En République fédérale d'Allemagne, les valeurs moyennes annuelles se situent entre 0,01 et 0,08 mg/m3. Pour les plaines d'Allemagne du Nord, ces valeurs se limitent à 0,01-0,02 mg/m3 par suite de conditions météorologiques favorables. Des valeurs similaires sont également observées dans les régions montagneuses de moyenne altitude du Sud de l'Allemagne et dans la région des Alpes . Des valeurs plus importantes variant entre 0,06 et 0,08 mg/m3 sont relevées dans de grandes agglomérations de la Ruhr, de la région Rhin/Main ou à Berlin. Dans les régions se trouvant à la frontière orientale de la République fédérale d'Allemagne, des émissions émanant de sources régionales (surtout Pologne et Tchécoslovaquie) contribuent pour une large part à la concentration de SO2 dans ces régions. A certaines périodes, la concentration dans ces régions rurales peut atteindre 2 mg/m3, soit les seuils d'alerte des décrets sur le smog dans les différents Laender [UBA, 1989].

Valeurs moyennes annuelles indicatives des immissions de SO2 [SRU, 1988]:

Zones "non polluées"

0,005 mg/m3

Zones rurales

0,005 - 0,04 mg/m3

Zones urbanisées

0,03 - 0,1 mg/m3

Centres urbains

0,14 mg/m3

Dans les zones urbanisées, les taux de pollution ponctuels (98-percentile des valeurs demi-horaires) se situent entre 0,2 et 0,3 mg/m3. Dans les régions les plus fortement polluées, des valeurs de 1,2 mg/ m3 (Bottrop, 1982) et même de 1,7 mg/m3 (Lünen-Brambauer, 1981) ont été atteintes à certaines stations de mesure.

EVALUATION ET REMARQUES

De toute évidence, les animaux de laboratoire utilisés jusqu'ici pour les études de toxicité sont nettement moins sensibles au dioxyde de soufre que l'homme. L'espèce animale la plus sensible, le cobaye, supporte - même pendant une période prolongée - des concentrations qui ne sont même pas tolérées par l'homme pendant de courtes périodes (DFG, 1988).

Le dioxyde de soufre compte parmi les composés chimiques le plus souvent traités dans les textes réglementaires. Il existe pour un grand nombre de pays des valeurs limites et indicatives basées sur des références diverses. Par rapport aux valeurs concernant de nombreuses autres substances, celles se rapportant au SO2 sont soumises à des changements relativement rapides.

Une étude comparative de toutes les données actuellement disponibles doit avant tout tenir compte du mode de calcul utilisé (médiane, moyenne arithmétique, périodes de référence, percentiles, etc.). Les valeurs émanant des Pays-Bas et de la CEE sont de bons exemples à cet égard.

UBA, 1980 fournit des informations concernant la comparaison d'installations techniques, la teneur en soufre des matières premières provenant de différents pays et les différents scénarios en jeu. Une distinction doit être opérée entre le SO2 produit à des fins industrielles (par exemple, production d'acide sulfurique) et les émissions de SO2. Bien que la majeure partie du SO2 ait une origine naturelle, il importe de réduire les émissions anthropogènes et, en particulier, celles provenant de processus de combustion.

Endosulfan

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 115-29-7

Nom dans le registre: Endosulfan

Nom de la substance: 6,7,8,9,10,10-hexachloro-1,5,5a,6,9,9a-hexahydro-6,9-méthano-2,4,3-benzodioxathiepin-3-oxyde

Synonymes, noms commerciaux: Beosit , Thiodan , Thiofor , Malix

Nom(s) anglais: Endosulfan, 6,7,8,9,10,10-Hexachlor-1,5,5a,6,9,9a-hexahydro-6,9-methano-2,4,3-benzodioxathiepin-3-oxide

Nom(s) allemand(s): Endosulfan, 6,7,8,9,10,10-Hexachlor-1,5,5a,6,9,9a-hexahydro-6,9-methano-2,4,3-benzodioxathiepin-3-oxid

Description générale: Substance cristalline de couleur jaune à brun jaune; odeur rappelant celle du SO2

Remarques: Le produit technique est un mélange d'isomères d'endosulfan (80% d'isomères-a -/20% d'isomères-b -).

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C9H6Cl6O3S

Masse atomique relative: 406,95 g

Masse volumique: 1,745 g/cm3

Densité de gaz: 14,1

Point d'ébullition: 106°C à 0,9 hPa (décomposition partielle)

Point de fusion: produit technique 70-100°C isomères-a - 108-109°C isomères-b - 206-208°C

Tension de vapeur: < 1 x 10-3 Pa

Solubilité: Dans l'eau: 1.4 mg/l; dans le benzène: 33 g/l; dans le xylène: 45 g/l; dans le chloroforme: 50 g/l; dans le tétrachlorométhane: 29 g/l; dans le méthanol: 11 g/l.

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

L'endosulfan est un insecticide.

Origine/fabrication:

L'endosulfan est fabriqué à partir d'hexachlorocyclopentadiène par réaction diénique avec le butane-diol, suivie d'une cyclisation avec du chlorure de thionyle et cis-butène-1,4-diol.

Chiffres de production:

KOCH (1989) estime que la production annuelle en République fédérale d'Allemagne se chiffre à env. 2 500 t.

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 30-110 mg/kg, v. orale

sel. PERKOW, 1992

CL50 10-30 mg/m3, inhalation (4 h)

sel. PERKOW, 1992


DL50 730 mg/kg, v. dermale

sel. PERKOW, 1992


Souris

DL50 6,9-13,5 mg/kg, v. orale

sel. KOCH, 1989

Organismes aquatiques:



Poissons

CL50 1,2-1,5 mg/l (96h)

sel. PERKOW, 1992

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Après absorption par voie orale, la résorption est lente, mais favorisée par les graisses. Dans l'organisme, l'endosulfan se métabolise rapidement avec formation du métabolite diol. L'endosulfan non métabolisé est éliminé par les urines au même titre que les produits de dégradation. Selon Koch (1989), il n'existe pas de risque de bio-accumulation. Des lésions du foie et des reins n'ont jusqu'ici été observées que dans le cadre d'expériences sur l'animal. Il n'existe pas de données concernant la mutagénicité ou la cancérogénicité de ce produit.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Dans des conditions normales, l'endosulfan est stable; en milieu aqueux acide ou alcalin se produit une hydrolyse avec formation de diol de moindre toxicité et de dioxyde de soufre. De par sa structure chimique, l'endosulfan est plus réactif que le DDT ou le lindane.

Le comportement dans l'environnement se caractérise par une faible hydrosolubilité et par la volatilité du produit. En raison de sa forte réactivité, l'endosulfan ne s'accumule pas en milieu biotique et abiotique. La dégradation est rapide.

Il convient de tenir compte de la haute toxicité de cette substance pour les organismes aquatiques (catégorie de risque WGK 3 en République fédérale d'Allemagne = très polluant pour l'eau).

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

D

L

0,1 mg/l



sel. KOCH, 1989


Eau pot.

D

L

0,5 mg/l


Tous pesticides conf.

sel. KOCH, 1989


Eau pot.

DDR

L

5 mg/l



sel. KOCH, 1989



SU


1-3 ng/l


Eaux piscicoles

sel. KOCH, 1989

Air:

Amb.prof.

SU

(L)

0,1 mg/m3

PDK


sel. SORBE, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

0,1 mg/m3

TWA


ACGIH, 1989

EVALUATION ET REMARQUES

En raison de la forte toxicité de cette substance pour les organismes aquatiques, son utilisation à proximité de plans ou de cours d'eau doit être jugée de manière très critique

Endrine

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 72-20-8

Nom dans le registre: Endrine

Nom de la substance: 1,2,3,4,10,10-hexachloro-6,7-époxy-1,4,4a,5,7,8,8a-octahydro-1,4-endo,endo-5,8-diméthanonaphthalène

Synonymes, noms commerciaux: Hexadrin , Mendrin , Composé 269

Nom(s) anglais: Endrin, 1,2,3,4,10,10-Hexachlor-6,7-epoxy-1,4,4a,5,7,8,8a-octahydro-1,4-endo,endo-5,8-dimethanonaphthalene

Nom(s) allemand(s): Endrin; 1,2,3,4,10,10-hexachloro-6,7-époxy-1,4,4a,5,6,7,8,8a-octahydro-1,4-endo,endo-5,8-diméthanonaphtalin

Description générale: Poudre cristalline incolore (produit technique avec 92% d'endrine de couleur jaune-brun); les produits commerciaux sont le plus souvent dilués dans des solvants organiques.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C12H8Cl6O

Masse atomique relative: 380,93 g

Masse volumique: 1,77 g/cm3 (produit technique)

Point de fusion: > 200°C (décomposition)

Tension de vapeur: 2,6 x 10-5 Pa

Limites d'explosivité: 1,1-7 vol.% dans l'air (produit technique)

Solubilité: Pratiquement insoluble dans l'eau (0,23 mg/l); soluble dans l'acétone, le benzène, l'éthanol, les hydrocarbures aromatiques, les esters et les cétones.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 15,8 mg/m3

1 mg/m3 = 0,06 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

L'endrine trouve des applications comme insecticide, acaricide et rodenticide non systémique pour les cultures céréalières.

Origine/fabrication:

En tant que produit dérivé des hexachlorocyclopentadiènes et du chlorure de vinyle, l'endrine est fabriqué avec des cyclopentadiènes. Il est aussi produit par époxydation d'isodrine avec l'acide peracétique et l'acide perbenzoïque. La dégradation de la dieldrine dans l'environnement donne naissance à l'endrine (voir aussi fiche d'information 'Dieldrine').

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 7-43 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981


DL50 15 mg/kg, v. dermale

sel. UBA, 1986

Souris

DL50 1 370 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986


DL50 2 300 mg/kg, v. intraveineuse

sel. UBA, 1986


TDLo 11 mg/kg, v. orale, 7.-17. j. d.gestation

sel. UBA, 1986

Singe

DL50 3 mg/kg, v. orale

sel. MERCIER, 1981

Lapin

DL50 60 mg/kg, v. dermale

sel. UBA, 1986

Cobaye

DL50 16 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986

Porc

DL50 5 600 mg/kg, v. orale

sel. UBA, 1986


DL50 1 500 mg/kg, v. intraveineuse

sel. UBA, 1986

Organismes aquatiques:



Carpes

TL 0,005 ppm (48h)

sel. UBA, 1986

Poissons

0,013-0,004 mg/l

sel. UBA, 1986

Org. ingérés par les poissons

0,1 mg/l

sel. UBA, 1986

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: L'endrine est très toxique pour l'homme. Ce produit exerce principalement son action au niveau du système nerveux central. Une résorption par voie cutanée est possible. L'ingestion de 1 mg/kg de poids corporel est suffisante pour que les symptômes caractéristiques se manifestent (UBA, 1986). 5 à 50 mg/kg de poids corporel ont un effet toxique et plus de 6 g sont mortels (MERCIER, 1981). Une élimination très lente se produit par voies rénale et intestinale (risque d'accumulation!). On observe aussi des lésions du foie, des reins et du système nerveux central. Souvent, la métabolisation de ce produit dans l'organisme entraîne une intoxication au dioxyde de chlore .

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

L'endrine étant pratiquement insoluble dans l'eau, elle tend à se déposer, mais les produits commerciaux se mélangent ou se dispersent dans l'eau pour donner des bouillies laiteuses, toxiques. En outre, ce produit est réactif face aux acides forts. Il est de ce fait très toxique, en particulier pour les poissons et les organismes dont ils se nourrissent, et représente un risque pour tous les types de milieux aquatiques. En République fédérale d'Allemagne, il figure dans la catégorie de risque WGK 3 (= très polluant) dans le catalogue des substances dangereuses pour l'eau.

(Voir aussi fiche 'Dieldrine').

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

USA

L

0,0002 mg/l

MCL

Val.l.durée

sel. SCHROEDER, 1985


Eau pot.

USA

R

0,0005 mg/l


Etat d'Illinois

sel. WAITE, 1984


Effluents

CE

L

5 mg/l


Eau de mer

sel. LEROY, 1985


Effluents

CE

L

5 mg/l


Eau douce

sel. LEROY, 1985

Air:

Amb.prof.

D

L

0,1 mg/m3

MAK


DFG, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

0,1 mg/m3

TWA


ACGIH, 1986

Aliments:




0,2 ng/kg/j

ADI


sel. MERCIER, 1981

Remarques:

Depuis 1988, l'utilisation de ce produit est totalement interdite en République fédérale d'Allemagne.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

(Voir fiche 'dieldrine')

EVALUATION ET REMARQUES

(Voir fiche 'dieldrine')

Epichlorohydrine

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 106-89-8

Nom dans le registre: Epichlorohydrine

Nom de la substance: 1-chloro-2,3-époxypropane

Synonymes, noms commerciaux: Epichlorohydrine, chlorométhyloxirane , oxyde de chloropropylène

Nom(s) anglais: Epichlorhydrine

Nom(s) allemand(s): Epichlorhydrin

Description générale: Liquide incolore ayant une odeur rappelant celle du chloroforme.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C3H5ClO

Masse atomique relative: 92,53 g

Masse volumique: 1,18 g/cm3

Densité de gaz: 3,2

Point d'ébullition: 116,5°C

Point de fusion: -48°C

Tension de vapeur: 1,6 x 103 Pa

Point d'éclair: 26°C

Température d'ignition: 385°C

Limites d'explosivité: 2,3-34,4 %vol.

Solubilité: Dans l'eau: 60 g/l; soluble dans l'éthanol et l'éther.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 3,83 mg/m3

1 mg /m3 = 0,26 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

L'épichlorohydrine est utilisée comme solvant dans l'industrie du caoutchouc et pour la fabrication de résines époxy et phénoxy. L'épichlorohydrine intervient par ailleurs dans différentes synthèses organiques.

Origine/fabrication:

L'épichlorohydrine n'existe pas à l'état naturel. La synthèse de ce composé s'opère généralement par chloration de proprène à 600°C suivie d'une hydrolyse avec l'hydroxyde de calcium. Le produit technique contient toujours un certain nombre d'impuretés.

TOXICITE

Mammifères:



Rat

DL50 40 mg/kg, v. orale

sel. KOCH, 1989

LCLo 250 ppm, inhalation (4 h)

sel. KOCH, 1989


Souris

DL50 178 mg/kg, v. orale

sel. KOCH, 1989

Organismes aquatiques:



Cyprin doré

CL50 23 mg/l (24 h)

sel. KOCH, 1989

Daphnie

CL50 30 mg/l

sel. KOCH, 1989

Algues

6 mg/l concentration limite toxique

sel. KOCH, 1989

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: L'épichlorohydrine est une substance toxique et cancérogène possédant également un pouvoir mutagène. Quand elle est résorbée par contact cutané, une période de latence s'écoule avant l'apparition de symptômes. L'intoxication aiguë provoque des irritations de la peau et des muqueuses, une paralysie respiratoire ainsi que des lésions du foie et des reins. L'épichlorohydrine a un effet toxique sur les poumons, le foie et le système nerveux central. L'intoxication chronique se manifeste par des réactions allergiques et des altérations oculaires et pulmonaires.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Dans l'environnement, l'effet d'accumulation est modéré. L'épichlorohydrine est plus toxique dans l'eau en raison de sa forte hydrosolubilité. Il s'agit d'une substance mobile qui est répandue dans l'hydrosphère et dans l'atmosphère.

La métabolisation s'effectue aisément par hydrolyse. Une combustion incomplète de l'épichlorohydrine peut entraîner la formation de phosgène.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :

Eau pot.

DDR

(L)

10 mg/l



sel. KOCH, 1989

Air:

Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 25 g/h

sel. SCHMEZER et. al., 1987



DDR

L

0,2 mg/m3


Val.c.durée

sel. HORN, 1989



DDR

L

0,06 mg/m3


Val.l.durée

sel. HORN, 1989


Amb.prof.

AUS

(L)

20 mg/m3


1978

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

B

(L)

20 mg/m3


1978

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

CH

(L)

19 mg/m3


1978

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

D

L

12 mg/m3

TRK


DFG, 1989


Amb.prof.

DDR

(L)

10 mg/m3



sel. HORN, 1989


Amb.prof.

DDR

(L)

5 mg/m3



sel. HORN, 1989


Amb.prof.

NL

(L)

4 mg/m3


1978

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

PL

(L)

1 mg/m3


1976

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

RO

(L)

10 mg/m3


Charge max.

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

S

(L)

2 mg/m3


1978

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

SF

(L)

19 mg/m3


1975

sel. SCHMEZER et. al., 1987


Amb.prof.

SU

(L)

1 mg/m3

PDK


sel. SORBE, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

10 mg/m3

TWA

Peau

ACGIH, 1986

EVALUATION ET REMARQUES

L'épichlorohydrine est très toxique dans l'eau. Son pouvoir cancérogène et mutagène est maintenant démontré. Il convient d'éviter l'élimination de cette substance par incinération ou par mise en décharge.

Fluorure d'hydrogene

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 7664-39-3

Nom dans le registre: Fluorure d'hydrogène

Nom de la substance: Fluorure d'hydrogène

Synonymes, noms commerciaux: Acide fluorhydrique (solution aqueuse), fluorure d'hydrogène (anhydre)

Nom(s) anglais: Hydrogen fluoride (anhydre), anhydrous hydrofluoric acid, AHF

Nom(s) allemand(s): Fluorwasserstoff (wasserfrei), Flußsäure (wasserfrei)

Description générale: Liquide incolore, très mobile, caustique, d'odeur âcre très irritante.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: HF (généralement sous forme (HF)6 à (HF)x)

Masse atomique relative: 20,01 g

Masse volumique: 1,015 g/cm3 à 0°C, 0,901 g/cm3 au point d'ébullition

Densité de gaz: 1,77

Point d'ébullition: 19,51°C

Point de fusion: -83,55°C

Tension de vapeur: 105 Pa à 20°C, 1,.5 x 105 Pa à 30°C, 2,8 x 105 Pa à 50°C

Seuil olfactif: 0,03 mg/m3

Solubilité: - HF est très hygroscopique et soluble en toutes proportions dans l'eau et de nombreuses substances organiques (par exemple, alcool, éther, acétone et nitriles).

- Pratiquement insoluble dans les hydrocarbures et leurs dérivés halogénés.

Facteurs de conversion: 1 ppm = 0,832 mg/m3

1 mg/m3 = 1,20 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:

Le fluorure d'hydrogène anhydre est principalement utilisé pour la fabrication d'hydrocarbures fluorés (gaz propulseurs, réfrigérateurs) utilisés comme aérosols, pour la production de fluorures métalliques, de fluorure d'hydrogène ammoniaqué et d'acide sulfurique fluoré. Il sert également d'agent de désulfuration pour les gasoils et, souvent, de solvant dans les laboratoires chimiques.

Origine/fabrication:

Le fluorure d'hydrogène se dégage du magma rocheux, et on le trouve donc essentiellement dans les zones volcaniques actives (p.ex. env. 200.000 t par an dans la vallée dite "des 10.000 vapeurs" dans l'Alaska, d'une superficie de 72 km2).

Le fluorure d'hydrogène est produit industriellement par échauffement de fluorures en présence d'acide sulfurique concentré ou par dissociation thermique d'acide fluorosilicique avec formation de tétrafluorure de silicium.

Chiffres de production:

Dans le monde "occidental": 1964 env. 555.000 t; 1970 env. 960.000 t; 1972 env. 1.045.000 t; 1980 env. 1.820.000 t (ULLMANN, 1985), 1982 env. 860.000 t (ULLMANN, 1988).

Emissions:

En dehors des sources d'émission naturelles, des émissions de fluorure d'hydrogène sont provoquées par toutes les industries utilisant cette substance, comme par exemple les fonderies d'aluminium, verreries, briqueteries, émailleries et usines de phosphates.

TOXICITE

Homme:

DL50 ppm, inhalation (30-60 mn)

sel. HOMMEL, 1987

Mammifères:



Rat

DL50 1276 ppm, inhalation (1 h)

sel. ROTH, 1988

Organismes aquatiques:



Poissons

CL 60 mg/l

sel. HOMMEL, 1987

Poissons

CL0 0,63 mg/l

sel. HOMMEL, 1987

Bactéries

0,63 mg/l (inhibition de la divis. cellulaire))

sel. HOMMEL, 1987

Végétaux :



Crocus

2 mg/m3 (276 h, très fortes nécroses foliaires)

sel. VDI, 1987

Epicéa

5,4 mg/m3 (270 h, fortes nécroses)

sel. VDI, 1987

Maïs

4,7 mg/m3 (7 d, 7% chloroses foliaires)

sel. VDI, 1987

Narcisse

2 mg/m3 (276 h, phyllonécr. faibles à moyennes)

sel. VDI, 1987

Chrysanthème

25 mg/m3 (114 h, très faibles chloroses)


Classement des espèces végétales selon leur sensibilité aux fluorures (selon VDI, 1987):

Très sensibles

Abricot
Acer palmatum
Airelle rouge
Bois de corail
Charme
Crocus
Epicéa de Serbie
Epicéa épineux
Epicéa rouge
Erable negundo
Glaïeul
Iris
Lilas
Mahonia
Millet sanguin
Mélèze du Japon
Millepertuis rouge
Mélèze d'Amérique
Muguet
Myrtille
Oignon potager
Pêche
Pin de Benthan
Pin Weymouth
Pin des montagnes
Pin sauvage
Pin de Californie
Prune
Sapin argenté
Sapin Douglas
Sorbier sauvage
Sorgho commun
Tulipe
Vigne

Sensibles

Abies nordmanniana
Abricot
Ambroisie à f. d'armoise
Amélanchier du Canada
Aster
Avoine commune
Bégonias
Bette
Bistorte
Blé tendre
Bouleaux
Cerisier de Virginie
Chénopode blanc
Dactyle aggloméré
Dahlias
Epicéa épineux
Epicéa rouge
Epinard
Erable argenté
Erable champêtre
Erable de Norvège
Fétuque des prés
Framboise
Fraise des jardins
Fraxinus lanceolata
Géraniums
Guigne
Hêtre rouge
If japonais
Juglans nigra
Lilas
Luzerne
Maïs
Mélèze commun
Mélilot
Millet sanguin
Mouron blanc
Mûrier rouge
Narcisses
Noix
Oeillet
Oseille
Patate douce
Pêche
Peuplier hybride
Peuplier noir
Peuplier tremble
Picea glauca
Pin nain
Pin noir
Pin sauvage
Pivoines
Pomme
Prunier cérasifère
Ray-grass anglais
Rhododendrons
Rhubarbe crépue
Rose thé
Sapin du Colorado
Sapin Douglas
Sapin de Vancouver
Saules
Seigle
Sorgho sauvage
Sorbier sauvage
Sumac écarlate
Sumac de Virginie
Tilleul pet. feuilles
Thuyas
Tomate
Tournesol
Trèfle incarnat
Verges d'or
Vignes
Violette
Vitis labrusca
Vulpin des champs

Peu sensibles

Achillée
Ailante glanduleux
Amélanchier du Canada
Ancolies
Asperges
Aubergine
Aulne noir
Bardane
Blé
Bouleau blanc
Bouleau à papier
Buisson ardent
Chamaecyparis
Caféier
Camélia
Canne à sucre
Carotte
Chamaecyparis
Chênes
Chou
Chou moellier
Chrysanthèmes
Grande ciguë
Citrouille
Concombre
Cornouiller
Coton
Cytisus praecox
Elaeagnus angustifolia
Epine-vinette
Fraise des jardins
Frêne rouge
Framboise
Forsythia
Genévrier de Chine
Groseille
Haricot potager
If
Nerprun
Liquidambar
Luzerne
Merisier à grappes
Morelle noire
Muflier des jardins
Néflier nain
Orme de Chine
Orme blanc
Orme de Sibérie
Oseille
Pétunia
Platane
Peuplier baumier
Platane d'Amérique
Poire
Pois
Plantain
Pomme de terre
Prunier cérasifère
Prunus serrulata
Robinier
Saules
Sellerie
Seringat
Soja
Sorbier sauvage
Sumac de Virginie
Sureau noir
Symphoricarpus albus
Tabac
Thuya
Tilleul d'Amérique
Tomate
Troènes
Vigne sauvage
Vulpin des champs

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Le HF est caustique et peut provoquer des lésions des voies respiratoires, qui peuvent entraîner des oedèmes pulmonaires. Les symptômes d'une intoxication aiguë sont des irritations des yeux, de la peau, des muqueuses du nez et du pharynx. Une inhalation prolongée de HF peut, même en faibles concentrations, être à l'origine d'une fluorose (= ostéosclérose). Sur des animaux à l'herbage intoxiqués par cette substance, on a observé une baisse de la production laitière, un ralentissement de la croissance, des paralysies et des lésions dentaires. Des fluoroses peuvent également se manifester parmi les animaux d'élevage. Le fluorure d'hydrogène peut être dangereux pour la santé dès le moment où son odeur devient perceptible. Le fluor est un oligo-élément nécessaire pour la vitalité des dents et des os. Une carence en fluor peut être à l'origine de lésions dentaires (caries, etc.) chez l'homme.

Végétaux : HF est le gaz le plus fortement toxique pour les plantes. Il existe cependant à ce niveau des différences sensibles selon les espèces végétales, mais aussi selon l'âge des feuilles et le stade végétatif. De manière générale, HF a une influence sur l'activité des enzymes, et provoque des nécroses dont les effets visibles rappellent ceux de la sécheresse.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :

Le HF se dissout intégralement dans l'eau en dégageant une forte chaleur. Des mélanges caustiques et toxiques peuvent se former à la surface de l'eau. Forte acidité jointe à une faible dissociation en solution aqueuse.

Atmosphère:

Le HF dégage des fumées plus ou moins abondantes en présence d'humidité. Des brouillards caustiques se forment, lesquels demeurent au ras du sol en raison de leur faible densité par rapport à l'air.

Sols:

Selon le type de sol, on trouve du fluor à l'état naturel sous forme de fluorure à des concentrations s'élevant entre 10 à 150 ppm. Le HF ne provoque guère d'acidification des sols, dans la mesure où il est rapidement fixé sous l'effet de la chaux. Les dégâts éventuellement causés aux plantes sous l'effet d'absorption de HF à partir du sol représentent un problème négligeable.

Dégradation, produits de décomposition, demi-vie:

La dégradation de HF peut donner naissance à des fluorures. La plupart des fluorures métalliques sont solubles dans l'eau, mais en revanche, PbF2, CuF2 et certains fluorures alcalino-terreux ne le sont pas ou très peu.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu

Secteur

Pays/ organ.

Statut

Valeur

Cat.

Remarques

Source

Eau :


D

R

1

WGK


sel. HOMMEL, 1987

Air:


D

L

1 mg/m3

IW1

11)

BImSchVwV, 1986



D

L

3 mg/m3

IW2

11)

BImSchVwV, 1986



D

R

200 mg/m3

MIK

30 mn moy.13)

VDI, 1974



D

R

100 mg/m3

MIK

24 h moy.30 mn moy.13)

VDI, 1974



D

R

50 mg/m3

MIK

Moy. an. arithm.30 mn moy.13)

VDI, 1974



CDN

(L)

20 mg/m3


7 j30 mn moy.13)

sel. UBA, 1981



CDN

(L)

40 mg/m3


24 h30 mn moy.13)

sel. UBA, 1981



CDN

(L)

1,5 mg/m3


24 h, Manitoba

sel. UBA, 1981



CDN

(L)

4,5 mg/m3


24 h, Terre-Neuve

sel. UBA, 1981



CDN

(L)

26 mg/m3


24 h, Ontario1)

sel. UBA, 1981



CDN

(L)

7 mg/m3


24 h, Ontario2)

sel. UBA, 1981



CDN

(L)

3 mg/m3


24 h, Saskatch.

sel. UBA, 1981



DDR

(L)

5 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



DDR

(L)

20 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984



E

(L)

10 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



E

(L)

30 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984



H

(L)

20 mg/m3


24 h3)

sel. DORNIER, 1984



H

(L)

1,3 mg/m3


24 h4)

sel. DORNIER, 1984



H

(L)

5 mg/m3


30 mn4)

sel. DORNIER, 1984



NL

(L)

10 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



RO

(L)

5 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



RO

(L)

20 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984



SU

(L)

10 mg/m3


24 h5)

sel. DORNIER, 1984



SU

(L)

30 mg/m3


30 mn5)

sel. DORNIER, 1984



YU

(L)

5 mg/m3


24 h

sel. DORNIER, 1984



YU

(L)

20 mg/m3


30 mn

sel. DORNIER, 1984


Amb.prof.

D

L

2 mg/m3

MAK

8 h moy.

DFG, 1989


Amb.prof.

D

L

3 ml/m3

MAK

8 h moy.

DFG, 1989


Amb.prof.

USA

(L)

2,5 mg/m3

TLV-C

Valeur plafond

ACGIH, 1986


Amb.prof.

USA

(L)

2 ppm

TLV-C

Valeur plafond

ACGIH, 1986


Amb.prof.

D

L

4 mg/g (aq)

BAT

Urine11)

DFG, 1988



D

R

1 mg/m3


1 j, plantes6)

VDI, 1987



D

R

0,25 mg/m3


1 mois, plantes6)

VDI, 1987



D

R

0,15 mg/m3


7 mois, plantes6)

VDI, 1987



D

R

2 mg/m3


1 j, plantes7)

VDI, 1987



D

R

0,6 mg/m3


1 mois, plantes7)

VDI, 1987



D

R

0,4 mg/m3


7 mois, plantes7)

VDI, 1987



D

R

6 mg/m3


1 j, plantes8)

VDI, 1987



D

R

1,8 mg/m3


1 mois, plantes8)

VDI, 1987



D

R

1,2 mg/m3


7 mois, plantes8)

VDI, 1987



USA

R

2,7 mg/m3


1 j, prot. végét.

sel. ULLMANN, 1985



USA

R

0,78 mg/m3


1 mois, prot. végét.

sel. ULLMANN, 1985



USA

R

0,5 mg/m3


Période végét.

sel. ULLMANN, 1985


Emission

D

L

5 mg/m3


flux massique ³ 50 g/h12)

sel. TA-Luft, 1986

Aliments:








Bétail

Pl. fourr.

D

L

30 mg/kg (88% MS)


9)

sel. BAFEF, 1987


Pl. fourr.

D

L

50 mg/kg


10)

sel. BAFEF, 1987


Pl. fourr.

D

L

100 mg/kg


Porcs

sel. BAFEF, 1987


Pl. fourr.

D

L

350 mg/kg


Volaille

sel. BAFEF, 1987


Pl. fourr.

D

L

150 mg/kg


Animaux divers

sel. BAFEF, 1987

Remarques:

1) Pour centres industriels et commerciaux
2) Pour zones résidentielles et rurales
3) Pour zones protégées
4) Pour zones spécialement protégées
5) Pour zones résidentielles
6) Plantes très sensibles
7) Plantes sensibles
8) Plantes peu sensibles
9) Bovins, ovins, caprins allaitants
10) Autres bovins, ovins, caprins
11) HF et dérivés inorganiques gazeux du fluor sont désignés sous HF
12) F et ses dérivés volatiles/gazeux sont désignés sous F
13) Valeurs douteuses car trop élevées, à prendre avec precautions

EVALUATION ET REMARQUES

Lorsqu'il migre dans l'atmosphère, le fluorure d'hydrogène est hautement toxique pour certaines plantes, et par conséquent, les émissions doivent être maintenues à un niveau aussi bas que possible. Pour cette raison, le VDI (1987) a fixé pour les végétaux une série de valeurs limites pour des temps d'exposition différents.

L'addition de fluor dans l'eau potable est controversée. Il ne fait pas de doute qu'un carence de fluor entraîne des lésions dentaires, mais il est certain aussi que des quantités trop importantes de fluor dans l'organisme humain et animal sont dangereuses pour la santé.

Les informations disponibles à l'heure actuelle sont insuffisantes pour permettre une évaluation définitive.

Formaldehyde

APPELLATIONS

Numéro du CAS: 50-00-0

Nom dans le registre: Formaldéhyde

Nom de la substance: Méthanal

Synonymes, noms commerciaux: Formaldéhyde acétique , Formalin , méthyl aldéhyde , oxyméthylène , Formol , Fannoform , BFV , Formalith , Ivalon , Lysoform , Superlysoform , Tannosynt , Antverruc , Sandovac , Vobaderin

Nom(s) anglais: Formaldehyde, Methanal

Nom(s) allemand(s): Formaldehyd, Methanal

Descript