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close this bookManuel sur l'Environnement Volume II: Agriculture, Secteur Minier et Énergie, Industrie et Artisanat (GTZ/BMZ, 1996, 751 pages)
close this folderAgriculture
close this folder31. Services vétérinaires
View the document1. Présentation du domaine d'intervention
Open this folder and view contents2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
View the document3. Aspects à inclure dans l'analyse et l'évaluation des effets sur l'environnement
View the document4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
View the document5. Appréciation récapitulative de l'impact sur l'environnement
View the document6. Bibliographie

1. Présentation du domaine d'intervention

Les activités des services vétérinaires ont une incidence plus directe encore sur l'environnement que la production végétale ou animale par exemple. Leur but principal est de maintenir ou de rétablir la santé des animaux et, de ce fait, elles exercent en principe un impact positif sur l'environnement. Toutefois, leurs interventions peuvent également entraîner des effets écologiques préjudiciables - la plupart du temps indirects. La médecine vétérinaire a principalement pour fonction de fournir des services aux secteurs de la production animale et de l'exploitation des ressources de la pêche et de la pisciculture, et joue en outre un rôle important dans le contrôle sanitaire des denrées alimentaires.

Ses principaux domaines d'activité peuvent être subdivisés comme suit:

- dépistage et lutte contre les maladies, comprenant le traitement, la prophylaxie, la lutte contre les vecteurs et les mesures de police sanitaire contre les épizooties,

- insémination artificielle et transfert d'embryons,

- activités de laboratoire comprenant le diagnostic au laboratoire, la fabrication de vaccins et l'analyse des résidus,

- analyse des denrées alimentaires, en particulier l'inspection sanitaire de la viande dans les abattoirs et l'hygiène des denrées alimentaires.

Dans le domaine du dépistage des maladies, de leur traitement et de la lutte contre les vecteurs, on peut distinguer entre les mesures "modernes", appliquées par des vétérinaires de profession et les pratiques traditionnelles, appliquées par l'éleveur lui-même ou par un guérisseur.

Dans le domaine de l'agro-industrie (transformation de la viande et des produits laitiers, hygiène des aliments du bétail), la médecine vétérinaire exerce une fonction de contrôle. A cause de ses besoins en médicaments et en vaccins, elle a des liens étroits avec l'industrie pharmaceutique.

(introduction...)

Les services vétérinaires ont une importante fonction à remplir en raison de leur mission principale qui est de lutter contre les épizooties et de surveiller l'état sanitaire des produits alimentaires d'origine animale. La nécessité d'entreprendre des mesures dans ce domaine en vue de protéger le milieu naturel et la santé est due essentiellement aux effets secondaires ou aux dommages causés par les résidus ainsi que par l'utilisation incorrecte ou négligente des médicaments vétérinaires et des pesticides, par les activités de laboratoire et par la fabrication des vaccins. Les aspects relatifs à l'élimination des déchets et des carcasses ou parties de carcasse impropres à la consommation humaine et éventuellement infectées est traitée dans le dossier consacré aux abattoirs et à la transformation de la viande.

- En ce qui concerne les médicaments, il importe d'une façon générale, d'assurer un contrôle rigoureux de leur distribution et de leur emploi; le cas échéant, de contrôler leur production; d'informer les éleveurs sur leurs effets secondaires; de promouvoir davantage l'emploi des produits traditionnels. Les préparations d'origine végétale ne sont, certes, pas tout à fait inoffensives pour l'environnement, mais elles sont en général moins préjudiciables que les produits pharmaceutiques "modernes". De plus, en modifiant les systèmes d'élevage, il est possible de réduire la nécessité de recourir aux médicaments.

- Dans le domaine de la prophylaxie et de la lutte contre les vecteurs, il importe de renoncer aux produits qui se dégradent lentement ou qui ne se dégradent pas du tout dans le milieu naturel (comme p. ex. le DDT). Il faudrait accorder plus d'attention aux aspects épidémiologiques et à la mise en oeuvre de modes d'élevage plus aptes à réduire les infections parasitaires.

Les activités vétérinaires peuvent affecter des structures sociales établies et entraîner des conséquences négatives sur les droits et les revenus des producteurs. Souvent, ceci touche en particulier les femmes, qui jouent un rôle important dans beaucoup de sociétés en qualité de guérisseuses traditionnelles et d'éleveurs ainsi que dans la transformation et la commercialisation des produits animaux.

2.1 Lutte contre les maladies

2.1.1 Dépistage et traitement des maladies

Le dépistage et le traitement cliniques des maladies sont effectués d'une part par les éleveurs eux-mêmes ou par des guérisseurs traditionnels, d'autre part par des médecins vétérinaires. Le diagnostic clinique n'a lui-même que peu d'effets directs sur l'environnement (voir le dossier "Analyse, diagnostic et test").

Les méthodes thérapeutiques traditionnelles recourent non seulement à des extraits végétaux, que les guérisseurs ou les éleveurs préparent eux-mêmes, mais aussi et de plus en plus à des médicaments modernes. L'emploi d'extraits végétaux (la plupart du temps aqueux) peut avoir des répercussions sur la biodiversité de la flore si les plantes médicinales sont cueillies en des quantités telles que leur existence s'en trouve menacée. Par contre, il y a lieu de supposer que les médicaments "naturels" ne conduisent que dans une moindre mesure à l'accumulation de résidus.

L'utilisation des moyens de traitement modernes (chimiothérapie) peut avoir des effets nocifs pour l'environnement, si une conservation adéquate des produits n'est pas assurée. Si, par exemple, des médicaments tels que des antibiotiques très efficaces sont administrés trop fréquemment ou à des doses incorrectes, ceci peut rendre les germes pathogènes résistants aux antibiotiques utilisés et nécessiter le remplacement de plus en plus rapide de ceux-ci par d'autres produits.

A cela s'ajoute le danger de l'accumulation des substances pharmaceutiques ou de leurs résidus dans les produits destinés à la consommation humaine, lorsque les délais d'attente obligatoires avant l'abattage ou toute autre forme d'utilisation (lait) ne sont pas respectés. La santé humaine peut s'en trouver menacée.

Certaines méthodes thérapeutiques, telles que le traitement des dermatophiloses avec de l'huile usée, peuvent apporter un soulagement à court terme aux animaux malades, mais risquer de polluer l'eau et le sol.

L'utilisation de canules et de récipients non recyclables en matière plastique et synthétique cause des problèmes d'élimination de ces matériels. Leur incinération pollue l'air (p. ex. par la Dioxine), tandis que les résidus d'incinération polluent probablement l'eau et le sol.

Lorsque des animaux malades sont traités avec succès, ceci peut provoquer un accroissement du cheptel et, par voie de conséquence, une surexploitation des ressources fourragères disponibles, entraînant des risques supplémentaires d'érosion du sol et de dégradation générale de la végétation fourragère arbustive et arborée ainsi que des pâturages.

Si l'apparition des maladies est favorisée par la malnutrition ou la sous-alimentation des animaux, il faut que la lutte contre les maladies soit combinée à des mesures d'amélioration de l'alimentation du bétail.

2.1.2 Prophylaxie

· Immunisation

L'immunisation préventive isolée (vaccination) contre les maladies infectieuses peut conduire à un accroissement du cheptel puis au surpâturage. Une carence alimentaire due au manque de fourrage peut à son tour affaiblir les animaux jusqu'à entraîner leur mort.

Le matériel non recyclable utilisé pour les immunisations (seringues, canules, récipients contenant les vaccins) a des incidences directes sur l'environnement. S'il n'est pas éliminé de manière adéquate, il risque de blesser les hommes et les animaux (canules) et de polluer l'eau et le sol sur les décharges. Lorsqu'il est incinéré, il pollue l'air, et les résidus provenant d'une telle opération polluent l'eau et le sol.

· Chimioprophylaxie

On entend par chimioprophylaxie l'application de traitements préventifs, tels que l'administration quotidienne de doses sous-thérapeutiques d'un vermifuge ou l'utilisation prophylactique de produits trypanocides. La chimiothérapie peut contribuer à faciliter le processus d'adaptation d'animaux à un nouveau milieu, p. ex. lorsque ceux-ci sont introduits dans de nouvelles zones de pâturage. Le traitement met les animaux en état de se prémunir contre l'infection. Grâce à la chimioprophylaxie, il est aujourd'hui possible de garder des espèces ou races animales dans des régions où leur élevage n'était pas possible auparavant, p. ex. les zébus dans des régions infestées par la mouche tsé-tsé.

Mais la chimioprophylaxie peut également contribuer à rendre les agents pathogènes résistants aux médicaments administrés. Elle peut en outre influencer négativement le processus d'acquisition de défenses immunitaires et de prémunition chez les animaux traités, avec pour conséquence une augmentation de la mortalité pendant la période allant de l'arrêt du traitement à la constitution d'une immunité propre.

Afin d'éviter les tensions sociales lors de la mise en oeuvre de mesures vétérinaires, il importe de tenir équitablement compte des intérêts de tous les groupes de population concernés.

· Mesures préventives au niveau de la gestion des troupeaux

Au niveau de la gestion des troupeaux, les mesures préventives permettant de réduire les risques d'infection consistent à:

- Adapter la répartition des troupeaux. Ainsi, en fonction de la propagation des maladies spécifiques à une espèce animale, certaines régions seront uniquement réservées à l'élevage des bovins et des petits mammifères ou au contraire à l'élevage des chameaux.

- Eviter certains pâturages (à certaines heures ou saisons, ou pendant toute l'année). Ainsi, en évitant de mettre le bétail au pâturage tôt le matin, lorsque l'herbe est humide, on contribue à réduire les infestations de parasites gastro-intestinaux à un stade larvaire infectieux. Les régions fortement envahies par les moustiques pendant la saison des pluies devraient servir de pâturages seulement pendant la saison sèche ou ne pas être utilisées du tout. Les surfaces infestées d'oeufs et de larves de vers ou de tiques (enclos abandonnés) sont à éviter pendant quelques mois.

- Garder le bétail hors des pâturages humides afin d'éviter les infestations parasitaires (douve hépatique). Ceci permet également de réduire la contamination de l'homme.

- Organiser les déplacements du bétail de manière à éviter les régions infestées par des parasites (larves de vers, mouches tsé-tsé, tiques) pendant les périodes ou les saisons de pullulation maximum (Sutherst 1987, Sykes 1987).

Ces méthodes de prévention sont appliquées depuis longtemps déjà par certains groupes ethniques qui pratiquent l'élevage traditionnellement. En ménageant les aires de pâturage, elles exercent à de multiples égards une influence positive sur la biodiversité et la densité du couvert végétal des surfaces concernées.

L'assèchement de surfaces à des fins d'aménagement du paysage ou de la végétation peut occasionner la perte de biotopes humides. Par contre, lorsque des zones humides sont clôturées et laissées inexploitées, il en résulte un effet positif sur la diversité des espèces et des paysages.

Si, pour des raisons sanitaires, l'élevage du bétail au pâturage est remplacé par la stabulation (voir le dossier sur la production animale), ceci implique une plus grande charge de travail pour les éleveurs, mais peut également contribuer à réduire les risques d'érosion grâce à la culture et au fauchage des plantes fourragères (au lieu du pacage).

La résistance des animaux aux maladies peut être renforcée par l'amélioration de leur alimentation, en particulier par la fourniture d'aliments riches en énergie et en protéines ainsi que d'éléments minéraux. En ce qui concerne les effets écologiques de l'alimentation complémentaire donnée au bétail mis au pâturage, voir également le dossier sur la production animale.

2.1.3 Lutte contre les vecteurs

La lutte contre les vecteurs vise à modifier l'équilibre des espèces de façon à rendre difficile la transmission des maladies par des hôtes intermédiaires et des vecteurs ou à interrompre le cycle de transmission à l'homme ou au bétail.

La lutte chimique contre les vecteurs englobe l'emploi d'insecticides, entre autres sous forme de bains anti-tiques, de pulvérisation générale ou ponctuelle pour détruire les mouches et les moustiques et d'application de molluscicides pour détruire les mollusques vecteurs. Si les traitements sont appliqués continuellement, des souches parasitaires résistantes peuvent se multiplier, rendant nécessaire un changement fréquent des produits de lutte, p. ex. des acaricides contre les tiques. En outre, d'autres espèces d'arthropodes risquent également de subir les conséquences de telles mesures de lutte. L'application des pesticides peut entraîner la pollution des sols et des eaux et la présence de résidus dans le lait et la viande, lorsque les délais d'attente ne sont pas respectés. La toxicité aiguë et chronique des insecticides peut nuire directement à la santé de l'homme et des animaux domestiques. A cela s'ajoutent les problèmes liés à l'élimination des récipients contenant les produits chimiques, en particulier lorsque la lutte contre les vecteurs est effectuée à grande échelle, comme c'est le cas dans la lutte contre les mouches tsé-tsé, où l'insecticide est épandu par avion ou par hélicoptère. Ces récipients doivent être traités comme des déchets spéciaux et ne pas être utilisés pour le stockage et la transformation des produits alimentaires.

La lutte chimique contre les vecteurs, menée de façon systématique, présente en outre le désavantage d'entraîner éventuellement la disparition de la résistance naturelle ou de la prémunition des populations animales autochtones à de nombreuses maladies. Là où la continuité de la lutte chimique n'est pas assurée, il arrive souvent qu'après l'interruption des mesures de lutte, les animaux et les hommes deviennent encore plus réceptifs à la maladie transmise par le vecteur qu'ils ne l'étaient auparavant.

L'emploi d'attractifs et de pièges imprégnés d'insecticide, p. ex. dans la lutte contre les glossines, ne permet pas une éradication aussi radicale du vecteur que la lutte chimique appliquée à grande échelle, mais offre l'avantage de ne laisser pratiquement pas de résidus d'insecticides. De plus, avec cette méthode les animaux domestiques ne risquent guère de perdre leur prémunition. Les méthodes de lutte biologique, telles que l'emploi de mouches stérilisées dans la lutte contre les glossines ou contre les mouches des plaies du bétail - à part l'irradiation radioactive pratiquée au laboratoire - ne présentent généralement aucun danger.

L'élimination sélective des animaux sauvages considérés comme réservoirs de certains germes pathogènes a des effets destructifs sur la diversité et l'équilibre des espèces de la faune sauvage et, en réduisant les possibilités de chasse, risque d'amoindrir les revenus et la base alimentaire de certains groupes de population.

L'impact exercé par le défrichement est encore plus complexe. Cette opération, en détruisant l'habitat des mouches tsé-tsé et d'autres insectes nuisibles, crée un environnement présentant un moindre risque d'infection pour les animaux et l'homme. Mais en même temps, elle a pour effet de modifier l'équilibre des espèces au profit des graminées et des herbacées et recèle le danger d'un accroissement de l'érosion du sol et d'une diminution de la capacité de rétention d'eau des sols. Les techniques de défrichement traditionnelles qui, comme en Afrique de l'Ouest, laissent en place 30 à 50 arbres/ha et laissent largement intact l'horizon de surface du sol, sont moins perturbantes que les méthodes techniques recourant à de gros engins. Les zones de pâturage conquises par défrichement peuvent facilement se dégrader par érosion en cas de surpâturage. D'un autre côté, de telles opérations de défrichement peuvent décharger les zones surpâturées et contribuer à y réduire le risque d'érosion et à permettre à la végétation de se régénérer.

Les feux de brousse sont rarement allumés dans le but d'améliorer la santé des animaux. Une telle intervention a des répercussions complexes sur la flore, et la faune et la réduction des vecteurs, tels que les tiques p. ex. (West 1965), n'en est qu'un effet secondaire. Le feu peut contribuer à garder la savane ouverte et donc à maintenir les populations d'insectes nuisibles à un bas niveau. Mais il est aussi plus facile aux insectes nuisibles de pénétrer et de se multiplier dans des régions épargnées jusque-là, mais où la composition de la végétation a été bouleversée .

La sélection d'animaux domestiques particulièrement résistants à une maladie ou à un vecteur (p. ex. aux tiques) offre théoriquement la possibilité d'ouvrir l'accès de nouvelles régions à une espèce animale déterminée (Sutherst 1987). Mais bien souvent les animaux autochtones possèdent déjà une grande résistance aux maladies. Ainsi, les zébus d'Afrique occidentale peuvent acquérir une certaine "trypanotolérance" lorsqu'ils vivent depuis plusieurs générations dans des régions à glossines et sont régulièrement en contact avec les agents pathogènes.

2.1.4 Mesures de police sanitaire

Les mesures de police sanitaire visent à empêcher la propagation des maladies et sont indispensables à l'exportation ou à l'importation d'animaux ou de produits d'origine animale. Elles comprennent le contrôle général des épizooties (p. ex. interdiction d'exportation ou d'importation), les vaccinations obligatoires, les vaccinations d'urgence en cas d'apparition d'épizootie, les mesures de quarantaine, l'abattage des animaux malades et les règlements relatifs à l'élimination des cadavres.

La vaccination obligatoire constitue un moyen efficace pour prévenir à long terme certaines maladies.

La vaccination d'urgence s'accompagne souvent d'une mise en quarantaine. La restriction consécutive des déplacements des troupeaux peut entraîner un surpâturage ponctuel et causer alors, dans certaines régions, des tensions entre éleveurs sédentaires et nomades. Les règlements publics en matière de quarantaine devraient, pour des raisons d'acceptabilité, tenir également compte des pratiques traditionnelles visant à endiguer la propagation des épizooties.

L'abattage est un moyen radical d'éradication des épizooties, mais il est rarement appliqué. Une telle mesure peut entraîner de lourdes pertes économiques pour les exploitations touchées et peut les forcer à modifier leur mode de gestion. Ainsi, des pasteurs peuvent se voir obligés de restreindre leur mobilité lorsque l'effectif de leur troupeau est inférieur au seuil critique indispensable aux déplacements.

L'élimination des cadavres par incinération est source de pollution atmosphérique et de nuisances par les odeurs et, si l'opération est exécutée avec du bois, ceci augmente la consommation de bois de feu et donc la charge de travail des femmes lorsque ce sont elles qui assurent l'approvisionnement en bois (voir également le dossier sur les abattoirs et la transformation de la viande).

L'abattage est une mesure d'urgence destinée à empêcher la propagation de maladies contagieuses et exerce de ce fait un effet positif sur la santé humaine et animale.

2.1.5 Lutte contre les zoonoses

La médecine vétérinaire contribue, par le traitement des animaux malades, la prophylaxie, la lutte contre les vecteurs et les mesures de police sanitaire, à réduire les zoonoses et donc à améliorer la situation sanitaire des hommes. Des mesures de police sanitaire, telles que l'interdiction d'avoir des chiens afin d'empêcher la propagation de l'échinococcose et de réduire les risques de transmission de la rage, peuvent rendre plus difficile le gardiennage des troupeaux ou la garde des campements de nomades et constituer ainsi une intervention majeure dans le domaine socioculturel. Ceci peut forcer les éleveurs à modifier le mode de gestion de leurs troupeaux et, en réduisant la mobilité des animaux, entraîner également le surpâturage dans certaines régions.

2.2 Activités de laboratoire

2.2.1 Diagnostic de laboratoire

Des pollutions et nuisances ponctuelles peuvent être causées par les travaux de laboratoire par suite du traitement, du transport et de la manipulation de matériels infectés. La manipulation et l'élimination inadéquates de matériels infectieux peuvent menacer la santé humaine et contribuer à la propagation d'épidémies.

A cela s'ajoutent les problèmes d'élimination des matériels non recyclables ainsi que les risques de pollution de l'air, de l'eau et du sol lors du transport, du stockage et de l'élimination des produits chimiques et des réactifs. L'incinération des prélèvements analysés peut être également une source de pollution de l'air.

Les mesures nécessaires de protection de l'environnement comprennent: le respect rigoureux des consignes de sécurité; la collecte, le recyclage et l'élimination en bonne et due forme des récipients en verre et en plastique, des réactifs et des produits chimiques ainsi que des prélèvements analysés (voir OECD 1983). Dans certains cas, le choix de méthodes d'analyse appropriées peut permettre de réduire l'emploi de produits chimiques toxiques.

2.2.2 Fabrication de vaccins

En plus des pollutions et nuisances habituelles pouvant découler des travaux de laboratoire, la préparation des vaccins comporte tous les risques qu'impliquent les travaux avec des germes vivants.

Les mesures nécessaires de protection de l'environnement comprennent: le respect rigoureux des consignes de sécurité, l'amélioration éventuelle des dispositifs de sécurité; le respect des précautions sanitaires requises lors de l'élimination des déchets et matériels.

2.2.3 Analyse des résidus

Les analyses de résidus servent à détecter les pollutions et à protéger la santé de l'homme et constituent donc un important instrument de protection de l'environnement. Dans beaucoup de cas, les analyses détaillées de résidus ne peuvent être effectuées que dans des laboratoires spécialisés (voir également le dossier: "Analyse, diagnostic et test").

2.3 Insémination artificielle et transfert d'embryons

L'insémination artificielle (IA) et le transfert d'embryons (TE) sont considérés comme une voie moderne d'introduction de races à haut rendement (surtout bovins) dans les pays tropicaux et subtropicaux. Les animaux ainsi conçus et nés dans le pays d'importation sont mieux adaptés à leur milieu respectif que ceux qui sont importés sur pied. L'insémination artificielle constitue en outre un moyen permettant d'empêcher la propagation des maladies vénériennes.

L'IA et le TE ne nuisent pas à l'environnement. Indirectement, la restriction des risques épizootiques peut conduire à une plus forte fécondité des animaux domestiques et par conséquent à une plus grande productivité et à des effectifs plus élevés. Dans ce cas, les effets sur l'environnement dépendent du système d'élevage pratiqué.

L'importation d'animaux à haut rendement exige une lutte rigoureuse contre les vecteurs et les ectoparasites et, le cas échéant, l'application plus fréquente de mesures chimio-prophylactiques (voir le point 2.1 de ce chapitre). Le rôle joué par l'IA et le TE dans l'accroissement de la production animale risque toutefois d'être surestimé au point de faire négliger les systèmes de production existants.

2.4 Contrôle sanitaire des denrées alimentaires

Le contrôle vétérinaire des denrées alimentaires d'origine animale a pour but de prévenir les dangers que la consommation de produits alimentaires gâtés ou infectés peut entraîner pour la santé humaine.

2.4.1 Inspection sanitaire de la viande

Jusqu'ici, l'inspection sanitaire des viandes n'est effectuée d'une façon générale que dans les grands abattoirs modernes. Elle est une condition indispensable à l'exportation des viandes vendues en carcasse et contribue, de ce fait, à améliorer les revenus des marchands de bétail ainsi que des producteurs et productrices.

L'adoption irréfléchie de consignes pour le contrôle sanitaire des viandes et leur application en l'absence de l'infrastructure nécessaire (services d'inspection, capacités d'analyse) peuvent faire baisser les revenus des producteurs et productrices et, lorsque de telles réglementations sont étendues aux boucheries villageoises, elles peuvent constituer un facteur limitant pour les boucheries artisanales. Ceci peut avoir une répercussion négative sur l'approvisionnement en viande de la population villageoise. Comme dans certains pays les femmes jouent un rôle important dans l'abattage et la commercialisation de la viande, en particulier du petit bétail, les revenus des femmes et leur position dans la vie économique peuvent en être particulièrement affectés.

D'un autre côté, l'inspection de la viande et l'élimination adéquate des parties confisquées empêchent la propagation des épizooties et des zoonoses. Ainsi, les peaux contaminées par les germes du charbon p. ex. sont une source d'infection extrêmement dangereuse pour les tanneurs.

2.4.2 Hygiène alimentaire

Dans le domaine de l'hygiène des produits alimentaires, l'hygiène laitière joue un rôle important. Le contrôle bactériologique vise à empêcher la propagation de maladies telles que la tuberculose et la brucellose. Les analyses de la composition du lait servent à assurer la qualité du produit. Les examens sanitaires du lait et les interdictions éventuelles de vente peuvent avoir des conséquences sociales graves s'ils sont étendus aux petites et très petites exploitations qui, la plupart du temps, transforment seulement quelques litres de lait par jour et qui ne risquent guère de contaminer de grandes quantités de lait. La vente directe du lait et des produits laitiers constitue souvent une source de revenus importante pour les femmes. L'avantage que présentent les produits dérivés du lait caillé réside dans le fait que le processus d'acidification tue les germes pathogènes. Bouillir le lait pour tuer les agents pathogènes a une incidence sur les besoins énergétiques.

Les lois relatives à l'hygiène laitière peuvent, le cas échéant, être utilisées abusivement dans le but d'éliminer la transformation et la commercialisation artisanales du lait.

En conseillant et en informant les femmes sur les mesures d'hygiène à observer dans la transformation des produits laitiers, il est possible de combattre les risques sanitaires.

3. Aspects à inclure dans l'analyse et l'évaluation des effets sur l'environnement

Un bilan des effets de la médecine vétérinaire traditionnelle sur l'environnement n'existe pas encore. Les pratiques vétérinaires traditionnelles sont, la plupart du temps, limitées à certains groupes. Des références à ce sujet sont résumées dans les annotations de quelques bibliographies (p. ex Mathias-Mundy et McCorkle 1989).

Des indications sur les effets des analyses de laboratoire sur l'environnement sont contenues dans les directives de l'OCDE relatives à de bonnes pratiques de laboratoire contiennent, de même que dans le dossier: "Analyse, diagnostic et test".

Les incidences écologiques des analyses de résidus sont traitées dans des publications spécialisées sur le sujet (p. ex. Barke et al. 1983, DSA 1984, Rico 1986, Großklaus 1989).

4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention

Les activités vétérinaires de traitement des maladies, de contrôle des épizooties et de lutte contre les vecteurs influent sur l'environnement en synergie avec la production animale et l'exploitation des ressources de la pêche. Dans le domaine de la production et de la transformation des denrées alimentaires, la médecine vétérinaire vise, par le biais du contrôle sanitaire, à contribuer à la protection de l'environnement dans d'autres secteurs (p. ex. "Agro-industrie", "Abattoirs et transformation de la viande"). Pour son approvisionnement en médicaments modernes, la médecine vétérinaire est tributaire de l'industrie pharmaceutique. Des liens étroits existent en outre, au niveau des activités des laboratoires vétérinaires, avec les secteurs de l'assainissement et de l'élimination des eaux usées et des déchets et, en raison de l'utilisation de réactifs et de produits chimiques, avec l'industrie chimique.

5. Appréciation récapitulative de l'impact sur l'environnement

Les principales tâches des services vétérinaires consistent à lutter contre les maladies et à surveiller la salubrité des denrées alimentaires. Les mesures de lutte contre les maladies et les travaux de laboratoire peuvent toutefois nuire directement ou indirectement au milieu naturel et à la santé. Les réglementations relatives à la lutte contre les épizooties et à l'hygiène alimentaire peuvent fortement affecter la situation sociale des producteurs et productrices.

Les méthodes traditionnelles de lutte contre les maladies appliquées par les éleveurs sont souvent basées sur l'emploi d'extraits végétaux, en particulier pour le traitement du petit bétail.

Les traitements thérapeutiques et prophylactiques peuvent entraîner, d'une part, le développement de mécanismes de résistance chez les agents pathogènes et, d'autre part, l'accumulation de résidus de substances nocives dans les denrées alimentaires.

Les méthodes traditionnelles de traitement ne provoquent que peu d'effets négatifs sur l'environnement, contrairement à l'emploi des produits pharmaceutiques modernes, surtout s'ils sont administrés de façon inadéquate.

Les laboratoires vétérinaires risquent, dans l'exercice de leurs activités de polluer l'eau et l'air et, par l'élimination de leurs déchets, de polluer l'air, l'eau et le sol.

Une meilleure santé animale, en réduisant la mortalité, contribue à accroître la productivité, à sécuriser les revenus et à assurer la subsistance des producteurs et des productrices. Une expansion consécutive de l'élevage peut renforcer le surpâturage si les activités vétérinaires ne s'accompagnent pas d'une amélioration de la situation fourragère des animaux et de la gestion des troupeaux.

Les mesures de police sanitaire, le contrôle des zoonoses et la surveillance sanitaire des produits alimentaires ont en principe une répercussion positive sur la santé humaine et la sûreté des revenus des producteurs et productrices. Dans certains cas cependant, il peut en découler des effets négatifs sur les revenus. L'application trop rigoureuse des règlements d'hygiène alimentaire risque de refouler les petits et très petits producteurs et artisans dans les secteurs de la boucherie et de la transformation des produits laitiers. Ceci peut avoir des conséquences négatives sur l'approvisionnement des zones rurales et sur les revenus des producteurs, spécialement des femmes.

6. Bibliographie

Barke, E. et al. 1983: Rückstände in Lebensmitteln tierischer Herkunft. Situation und Beurteilung. Verlag Chemie.

DSA 1984: Safety and quality in food. Proceedings of a DSA symposium "Wholesome food for all". Views of the animal health industries. Bruxelles 29/30.03.1984. Amsterdam: Elsevier.

Großklaus, G. 1989: Rückstände in von Tieren stammenden Lebensmitteln. Berlin: Parey Verlag.

Mathias-Mundy, E. & McCorkle, C.M. 1989: Ethnoveterinary medicine: an annoted bibliography. Bibliographies in Technology and Social Change No. 6. Ames: Technology and Social Change Program, Iowa State University.

OECD-Grundsätze zur guten Laborpraxis: Avis publié dans le Bundesanzeiger n° 42 du 2 mars 1983, p. 1814 et s.

Putt, S.N.H., Shaw, A.P.M., Matthewman, R.W., Bourn, D.M., Underwood, M., James, A.D., Hallam, M.J. & Ellis, P.R. 1980: The social and economic implications of trypanosomiasis control: A study of its impact on livestock production and rural development in Northern Nigeria. Reading: Veterinary Epidemiology and Economics Research Unit, Study n° 25.

Rico, A.G. 1986: Drug residues in animals. London: Academic Press.

Sutherst, R.W. 1987: Ectoparasites and herbivore nutrition. In: Hacker, J.B. & Ternouth, J. H. (Editeurs) The nutrition of herbivores. Sydney: Academic Press. Pages 191-209.

Sykes, A.R. 1987: Endoparasites and herbivore nutrition: In: Hacker, J.B. & Ternouth, J.H. (Editeurs) The nutrition of herbivores. Sydney: Academic Press. Pages 211-232.

West, O. 1965: Fire in vegetation and its use in pasture management with special reference to tropical and subtropical Africa. Hurley: Commonwealth Agricultural Bureaux (CAB), mimeographed publications 1/1965.