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close this bookManuel sur l'Environnement Volume I: Instructions, Planification Multisectorielle, Infrastructure (GTZ/BMZ, 1996, 587 pages)
close this folderInfrastructure
close this folder11. Alimentation en eau des régions rurales
View the document1. Présentation du domaine d'intervention
View the document2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
View the document3. Aspects à inclure dans l'analyse et l'évaluation des effets sur l'environnement
View the document4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
View the document5. Appréciation récapitulative de l'impact sur l'environnement
View the document6. Bibliographie

3. Aspects à inclure dans l'analyse et l'évaluation des effets sur l'environnement

L'évaluation des ressources en eau utilisables constitue un préalable essentiel, aussi bien pour analyser que pour estimer les effets environnementaux de l'approvisionnement en eau des zones rurales. La capacité de régénération des eaux souterraines ainsi que le bassin versant du cours d'eau de surface et la courbe caractéristique de ses ressources en fonction du temps sont d'une importance essentielle pour déterminer l'intensité possible d'utilisation de l'eau.

L'utilisation d'eaux souterraines fossiles, qui ne sont pas renouvelables, présente des risques particuliers.

Les erreurs d'estimation des ressources disponibles en eau sont possibles surtout dans les zones arides et semi-arides, à cause de la forte fluctuation de l'offre d'une année à l'autre, mais aussi en raison de la non-régénération des ressources due à l'absence de pluies sur des périodes de plusieurs années. Les estimations basées sur des moyennes pluriannuelles ne sont possibles qu'avec des nappes aquifères importantes et de grande dimension.

Lorsque les ressources se caractérisent par des conditions naturelles défavorables, les possibilités d'approvisionnement décentralisé sont restreintes, surtout pour les centres ruraux dans lesquelles une forte concentration démographique demanderait plusieurs puits proches les uns des autres, qui risqueraient alors de s'influencer dans leur rendement. La contamination des eaux souterraines par des fosses à déchets ou puits d'infiltration, par des points de lavage et abreuvoirs, constituent des restrictions supplémentaires.

Il est nécessaire de procéder à des bilans et à des études prévisionnelles de développement (population, consommation par tête, entreprises, etc.), en y incluant les effets locaux des potentiels de risque.

Les conditions climatiques et hydrologiques générales (sens et force du vent, précipitations, évaporation, température, niveaux des cours d'eau et eaux souterraines) sont un des préalables essentiels à l'analyse et à l'évaluation des effets environnementaux de l'alimentation en eau des zones rurales. On observera ces conditions d'abord par rapport aux ressources, à la reconstitution de ces dernières et aux possibilités d'utilisation. Beaucoup de pays ne disposent pas de mesures complètes effectuées pendant plusieurs années ou peuvent seulement fournir des valeurs relevées en des points trop rares ou situés à l'extérieur de la zone du projet. Ce travail peut donc exiger des campagnes de mesure supplémentaires, d'une durée de plusieurs années.

Bien que nécessaire pour planifier et réaliser des installations correctes et pour assurer une utilisation durable, cette procédure se heurte toutefois souvent à l'urgence des besoins, et peut susciter l'incompréhension des personnes concernées. Une collaboration étroite s'accompagnant de campagnes de sensibilisation est donc nécessaire dès le début de la planification.

Ce domaine sensible de l'alimentation en eau exige non seulement une expertise technique, mais aussi et surtout des connaissances sociologiques et ethnologiques. Dès les premières études, il convient si possible de chercher en collaboration avec les personnes concernées des réponses à des questions importantes comme la structure de la société, l'organisation villageoise officielle et traditionnelle, les habitudes de consommation d'eau, l'hygiène dans les foyers, la situation des revenus (à cause de la tarification de l'eau), les droits de l'eau et du pâturage et le rôle des femmes.

En règle générale, les normes (valeurs-limites et directives) portent sur la qualité de l'eau, y compris les conditions d'hygiène, d'une part, et sur les limites du degré de concurrence entre utilisations (secondaires) concomitantes, d'autre part. Il n'existe pas de normes absolues sur les situations et effets écologiques et socio-économiques, et des divergences d'interprétation sont possibles.

En ce qui concerne la composition de l'eau potable, il existe dans le monde des recommandations portant sur un certain nombre de constituants (cf. point 6), auxquelles de nombreux pays ne disposant pas d'une réglementation nationale se tiennent déjà officiellement en partie. Toutefois leur vérification et leur contrôle dans la pratique posent encore des problèmes considérables.

Quant aux coefficients d'utilisation (consommations par tête pour l'homme et les animaux par exemple, cf. a. 1.), des normes approximatives ont été établies. Mais la multitude des facteurs à prendre en compte permet de douter de leur universalité de sorte qu'on donnera toujours la priorité à une étude régionale fondée sur des données concrètes.

Par une action adaptée de sensibilisation et d'éducation, chaque projet doit tenter d'imposer un respect maximum de l'environnement, dans le cadre des données socio-économiques et socioculturelles, en conférant aux femmes un rôle particulier en leur qualité de responsable de l'approvisionnement en eau dans les régions rurales.