ADAPTATION DES MÉCANISMES D’AGRIS POUR TENIR COMPTE DE LA DÉCENTRALISATION ET DU RÉSEAU AGRIS PROPOSÉ


 
Quatrième Consultation technique des centres participant à AGRIS et CARIS
 

 
Rome,   8 - 11 juin 1998
 

 
DAPTATION DES MÉCANISMES D’AGRIS POUR TENIR COMPTE DE LA DÉCENTRALISATION ET DU RÉSEAU AGRIS PROPOSÉ
 

Introduction
1. Le Système international d’information pour les sciences et la technologie agricoles (AGRIS) a été initialement mis en place avec pour objectif spécifique de renforcer les capacités des pays membres en matière d’accès, d’échange et d’utilisation de la littérature agricole selon des modalités qui stimulent le développement agricole. Pendant ses 23 ans d’existence, le système s’est étoffé et est devenu une structure dont la principale mission consiste à saisir des informations sur la littérature agricole mondiale dans les pays en développement, de façon aussi exhaustive que possible. Si on obtient ainsi un accès aisé, économique à ces informations selon une présentation commune et à une base de données intégrée, le système AGRIS n’a pas encore concrétisé son objectif principal consistant à fournir un cadre en vue de renforcer les capacités de gestion durable de l’information au sein des pays participants.

2. On comprend aisément que les conditions dans lesquelles opère AGRIS ont énormément changé depuis le début des années 70. En effet, si l’on regarde de plus près le rôle que jouent l’information, les connaissances et les technologies dans le processus du développement aujourd’hui, on s’aperçoit qu’il devient de plus en plus systématique et qu’il a une importance croissante dans la prise de décisions à tous les niveaux.

3. Compte tenu de l’évolution récente des techniques informatiques – telles que l’accès à Internet – et des recommandations formulées par la Consultation d’experts sur la refonte d’AGRIS et CARIS, tenue en janvier 1998, on a le sentiment que le système AGRIS lui-même et ses mécanismes de traitement des données devraient être réexaminés et restructurés de manière à mieux incorporer les nouvelles techniques d’information mais aussi à réaliser l’objectif initial d’AGRIS, à savoir le renforcement des capacités de gestion de l’information des pays membres.

4. Le présent document vise à proposer un modèle techniquement réalisable de restructuration du système AGRIS, ainsi qu’une série de mesures et d’outils qui favoriseront le passage d’AGRIS d’un système centralisé de traitement des données à un système décentralisé dans lequel chaque centre participant est responsable du traitement des informations qu’il possède et qu’il a réunies et l’effectue.

5. Un certain nombre d’outils et de processus seront élaborés pour aider les centres participants pendant cette période de réforme. Il est à souligner que, comme par le passé, nous tiendrons compte du fait que les centres participants disposent de matériel et de technologies plus ou moins perfectionnés, certains étant en possession des outils technologiques d’information les plus récents, d’autres travaillant sur un simple ordinateur personnel.

6. La présente proposition vise à donner à tous les pays des chances égales de jouer intégralement leur rôle dans le futur AGRIS et à favoriser la réalisation de l’objectif général de renforcement des capacités.

Procédures centralisées actuelles d’AGRIS
7. Aujourd’hui AGRIS repose sur un modèle centralisé de collecte de métadonnées préalablement analysées relatives aux publications agricoles. Il vérifie également la qualité des données entrées.

8. Selon la méthodologie actuelle d’AGRIS, les centres participants assurent la préparation des données - analyse des publications, préparation des données dans le format AGRIS prédéterminé et présentation des données au centre de traitement AGRIS de la FAO. Ces procédures ne comportent pas de vérifications intégrées. AGROVOC est utilisé pour l’indexation de chaque publication, mais le plus souvent, cette opération est effectuée sans contrôle ni validation. Lorsqu’un centre participant a entré un certain volume de données, un fichier de sortie normalisé est créé, qui est ensuite envoyé au centre de traitement AGRIS pour traitement supplémentaire.

9. Les données envoyées par les centres participants sont reçues par le centre de traitement AGRIS puis entrées dans un système de traitement des données pour vérification. Le système du centre de traitement AGRIS effectue ensuite une vérification de matrice AGRIS, une vérification AGROVOC, une vérification des noms de pays, de la catégorie matière, de la langue, etc. La vérification du contenu est effectuée par le personnel du centre de traitement AGRIS. Après vérification concluante de la forme et du fond, tous sont insérés dans le processus de production une fois par mois. Ce processus crée des index attribués par l’ordinateur et attribue un numéro d’enregistrement permanent (RN). A l’issue du processus de production, les données AGRIS validées sont converties en format OSI, qui permet la diffusion, la recherche et l’interrogation.

10. Les données AGRIS sont pour l’essentiel diffusées par CD-ROM de SilverPlatter qui reproduisent les données AGRIS sur CD-ROM, accompagnées d’une série intégrée de moteurs de recherche et d’outils d’interrogation. Chaque centre participant reçoit une copie de ces CD-ROM. En outre, les données traitées sont chargées dans le système "Stairs" destiné à une utilisation interne au sein du centre de traitement AGRIS.

Encadré 1: Procédures AGRIS actuelles

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Nouvelle configuration proposée d’un système AGRIS décentralisé11. L’innovation la plus révolutionnaire des dernières années en matière d’informatique est sans conteste Internet qui, de par sa nature même, a ouvert la possibilité de créer des systèmes décentralisés d’information de manière efficace et efficiente.

12. Afin d’optimiser l’utilisation de cet outil technologique d’information dans le contexte d’AGRIS, il faut réévaluer et décentraliser la méthodologie et la configuration d’AGRIS pour le traitement et la diffusion des données. Cette restructuration accroîtra considérablement les flux d’informations et de données entre AGRIS et les centres participants, entre les membres du Réseau lui-même et entre le Réseau AGRIS et les utilisateurs finals. De surcroît, les avantages que comporteront les flux d’informations accrus et plus aisés qui découleront de ces réformes structurelles, se feront surtout sentir dans des zones isolées où l’accès à l’information est particulièrement limité.

13. Pour favoriser ce passage à une approche décentralisée, les centres participants seront équipés d’outils et de méthodologies nouveaux de gestion de l’information à utiliser à l’appui de leurs systèmes nationaux d’information agricole, et emploieront les moyens et capacités nationaux. Une aide extérieure ne sera nécessaire que pour le transfert initial de connaissances, de technologies et pour la formation. Le type d’outils fournis à chaque centre participant dépendra des technologies dont il dispose, et l’on veillera à répondre de manière satisfaisante à l’ensemble des besoins de chaque centre. Chaque centre participant recevra un progiciel personnalisé, appelé le serveur d’information AGRIS (SIA), qui permettra aux participants d’entrer, de gérer et de diffuser des informations concernant AGRIS pendant la période de transition. Le SIA sera construit à partir de technologies faisant appel à Internet, mais il permettra aussi l’utilisation autonome. La nouvelle configuration proposée, présentée dans le présent document, sera facile à utiliser et appliquée pendant tout le processus de transition, garantissant ainsi toute la transparence voulue.

La future configuration du Système AGRIS
14. La nouvelle configuration du traitement des données AGRIS vise à donner aux centres participants des outils de nature à leur permettre d’analyser, de traiter et de diffuser leurs propres données. Les centres participants seront responsables de l’exactitude et de la pertinence des données et de toutes les étapes de la préparation et du traitement des données. Initialement, AGRIS (par l’intermédiaire de la FAO) continuera à fournir les moyens nécessaires pour le traitement des données, mais cette opération sera progressivement confiée aux centres participants et AGRIS leur fournira une version du SIA pouvant être utilisée pour la préparation et le traitement des données.

15. La FAO et AGRIS continueront à se charger de la diffusion des données AGRIS. Dans des cas exceptionnels, les centres participants ayant besoin d’une aide concrète pourront utiliser les modules de diffusion du système AGRIS pour diffuser leurs propres données, ce qui leur permettra de mettre leurs ressources d’informations à la disposition des autres utilisateurs finals.

16. Les deux principaux modules du système sont la «couche d’entrée des données», autrement dit l’interface permettant à l’analyste agricole d’analyser et d’entrer des données selon les règles applicables aux métadonnées AGRIS, et la «couche de diffusion», qui diffuse les informations traitées sur différents supports (voir Figure 2).

  • • Couche d’entrée des données: Cet élément est destiné à l’utilisateur qui prépare et entre les données AGRIS. Il sert principalement à fournir une interface utilisateur graphique et à effectuer la vérification automatique en ligne des données entrées. La vérification en ligne a deux fonctions. Elle assure premièrement la vérification de la forme, qui contrôle que les données ont bien été entrées selon les règles AGRIS applicables aux métadonnées (ou règles pour l’entrée des données) et deuxièmement, la vérification d’autorité, qui se compose d’un certain nombre de tables à consulter telles que les codes de pays, les catégories matières, AGROVOC, les codes de langues, etc. Pour la mise en oeuvre du mécanisme de vérification, un langage aisé mais puissant de description des métadonnées (LDM) sera conçu, qui pourra représenter toutes les règles applicables aux métadonnées AGRIS. L’interprète du LDM appliquera toutes les règles décrites dans la base LDM et établira une liste des erreurs qui garantira la cohérence et la qualité des données.
  • • Couche de diffusion: Une fois que les informations auront été entrées avec succès dans la base de données, elles seront transférées à la couche de diffusion pour être traitées de manière que les informations d’AGRIS soient à la disposition des utilisateurs finals. Cette couche élabore des données en sortie à des fins de consultation. Les informations traitées par la couche de diffusion seront insérées dans une base de données qui sera accessible par Internet, sur CD-ROM, ou sous un format de sortie spécial pouvant être utilisé pour charger la base de données AGRIS dans un système extérieur.

Figure 2 : Configuration générale du serveur d’information AGRIS (SIA)

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Les trois étapes du passage au futur AGRIS
Le passage au futur système envisagé AGRIS a été réparti en trois étapes:
  • • Premièrement, veiller à ce que les activités AGRIS se poursuivent sans interruption;
  • • Deuxièmement, installer et mettre en service des outils, procédures et mécanismes afin de garantir un passage sans difficulté du système AGRIS actuel à un système décentralisé ;
  • • Troisièmement, procéder à une véritable décentralisation à l’aide d’outils spécialement conçus pour aider les centres participants à atteindre cet objectif.

17. Les serveurs d’information AGRIS (SIA) seront personnalisés et mis en service pendant les trois phases afin de répondre aux besoins, d’aider les centres participants et de leur donner les moyens nécessaires pendant la période de transition.

18. Trois versions des SIA seront produites. Les versions 1 et 2 seront essentiellement employées pendant les deux premières étapes de transition (chaque centre participant utilisant le SIA qui répond le mieux à ses besoins), tandis que la version 3 devrait être considérée comme le modèle optimal, qui satisfera intégralement les besoins d’un système AGRIS décentralisé efficace et efficient opérant au centre d’un éventuel réseau AGRIS (décrit dans le document GIL:AGRIS/CARIS/TC/4/2).

19. Les trois versions du système SIA sont les suivantes:

    1. a) Système AGRIS central - Les centres participants qui sont reliés à Internet auront accès au serveur central AGRIS et utiliseront donc le système central AGRIS. L’accès à cette version du SIA ne nécessitera que la possibilité d’accès à Internet et un logiciel de navigation Web. Quiconque est habilité à traiter les données AGRIS peut utiliser la couche d’entrée des données pour introduire de nouvelles données dans le système; le logiciel de navigation est la principale interface pour les utilisateurs de ce système dans lequel l’entrée et la consultation peuvent être effectuées et, chose plus importante, dans cette configuration, la diffusion des données AGRIS est absolument instantanée. En effet, la diffusion de toutes les informations AGRIS sera effectuée automatiquement par le serveur central, permettant l’accès immédiat aux utilisateurs d’AGRIS. Les couches d’entrée et de diffusion des données opèrent sur un serveur central, auquel ont accès tous les utilisateurs finals et l’option de consultation du système est ouverte au grand public.
    2. b) Système AGRIS autonome - Les centres participants qui n’ont pas accès à Internet recevront une version autonome du SIA dans laquelle ils peuvent entrer et traiter leurs propres données. La configuration du système de ce SIA est analogue à la version complète avec quelques limitations qui lui permettent de fonctionner sur un ordinateur personnel autonome. Les données traitées seront ensuite transférées vers le serveur central d’AGRIS en vue d’être diffusées. Cependant, le système contiendra tous les modules de vérification. Le PNUD utilise un programme appelé SDNP qui vise à conférer une connectivité à ceux qui souhaitent avoir accès à Internet, même dans les zones les plus éloignées, et qui est en première place parmi les activités visant à assurer à chacun dans un proche avenir la possibilité d’accéder à Internet.
    3. c) Système AGRIS réparti - Les centres participants qui sont en possession de leur propre serveur Web seront équipés d’une version du SIA répartie qui leur permettra d’entrer et de traiter leurs données localement. Les centres participants recevront le module d’entrée des données, les fichiers d’autorité et les règles applicables en matière d’entrée des données. S’ils possèdent également des installations de diffusion, ils pourront diffuser leurs propres données. Sinon, la diffusion des données sera assurée par le serveur principal AGRIS. Cette version du SIA sera une application répartie conçue pour fonctionner dans différents environnements. Le module d’entrée des données de cette version fonctionnera du côté du client (c’est-à-dire le centre participant) et le module de production fonctionnera sur un serveur principal. Les deux modules communiqueront par l’intermédiaire d’une "couche de transmission" qui servira de pont entre les centres participants et le serveur AGRIS. La couche de transmission suit l’ensemble des données des centres participants, et cherche de nouvelles entrées à traiter. Lorsque les nouveaux enregistrements sont trouvés, les données sont automatiquement transférées au serveur central AGRIS. Une fois le transfert terminé, un autre module est activé, qui prélève les données transférées et les prépare pour la diffusion. Pour chaque pays, cela devrait être considéré comme la première grande étape qui mène à un système national d’information agricole.
Conclusion
20. La future structure d’AGRIS est fondée sur un modèle décentralisé faisant appel aux technologies Internet et aux nouvelles techniques de l’information, l’accent étant très fortement mis sur le renforcement des capacités des pays membres en matière de gestion de l’information, compte tenu de l’importance reconnue de l’accès à l’information pour parvenir à un développement agricole durable.

21. Afin de favoriser ce processus et d’en assurer la réussite en cette période d’évolution continue, le système AGRIS lui-même doit être modifié pour être conforme à ce processus.

22. La décentralisation des mécanismes de traitement des données d’une unité centrale de traitement vers les centres participants eux-mêmes répond de manière optimale aux deux objectifs, à savoir la décentralisation d’AGRIS et le renforcement des capacités des Etats Membres en matière de gestion de l’information.

23. Cependant, la FAO est parfaitement consciente du fait que cette réforme ne peut être réalisée du jour au lendemain, en une seule étape. En conséquence, les trois étapes de la réforme et les outils qui seront produits et fournis aux centres participants pour leur permettre de passer de l’AGRIS centralisé d’aujourd’hui à l’AGRIS décentralisé de demain ont été envisagées. Elles ont été préparées spécifiquement pour donner une base solide à tous les centres participants qui doivent subir ces changements et, en définitive, pour fournir les outils nécessaires au renforcement des capacités de gestion de l’information des pays membres. Ainsi, le capital d’informations mis à la disposition des centres participants à AGRIS augmentera énormément et la mise en commun d’informations essentielles fournira un solide point d’ancrage pour un développement agricole durable dans les pays membres.

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