ALGERIE

ALGÉRIE

Version: Octobre 1995

 
DONNEES PHYSIQUES ET POPULATION

L'Algérie, située au nord-est du continent africain en bordure de la Méditerranée a une superficie totale d'environ 2,4 millions de kilomètres carrés. La superficie cultivée est de 7,5 millions d'hectares, soit à peine 3% du total, localisée pour la plupart dans la partie côtière du pays.

 La population était estimée à 27 millions d'habitants en 1994. Le taux annuel de croissance démographique est estimé à 3,2%. Environ 50% de la population est rurale.

 Le développement de l'agriculture s'est concentré dans la région Nord du pays, où l'on trouve les meilleures terres et les conditions climatiques les plus favorables. L'agriculture occupe 25% de la population active et contribue, selon les années, à concurrence de 9 à 13% du PNB.

Climat et ressources en eau

Le climat varie du type désertique au sud au type méditerranéen au nord. La pluviométrie moyenne est de 68 mm/an, mais varie de 0 mm au sud du pays à 1 500 mm/an au maximum dans la région côtière du nord-est du pays vers Skikda. Cependant, même dans cette zone, la saison sèche dure cinq mois. Les précipitations, qui ont surtout lieu en hiver et au début du printemps, sont très aléatoires avec une très grande variabilité interannuelle.

 Les ressources en eau renouvelables produites à l'intérieur du pays s'élèvent à environ 14 km3/an. Le potentiel utilisable des ressources en eau du nord du pays et des hauts plateaux est estimé à 8,1 km3 par an, dont 6,5 régularisables par des barrages et 1,6 exploitables annuellement à partir des eaux souterraines. L'estimation des ressources "exploitables" annuellement à partir des nappes fossiles du Sahara varie selon les hypothèses prises en compte entre 2 et 5 km3/an. La mobilisation de l'eau et l'exhaure à partir de ces nappes sont coûteuses. Les prélèvements en eau s'élèvent chaque année à 4,5 km3 (cf. figure 1).

 

Les barrages construits ou en construction en 1992 étaient au nombre de 79, avec une capacité totale de 4,3 km3. La capacité des barrages alimentant les Offices de périmètres irrigués est estimée à 1,207 km3.

DEVELOPPEMENT DE L'IRRIGATION

Répartition des superficies équipées en maîtrise totale/partielle (1992)

Le potentiel de terres irrigables est évalué à 1,24 million d'hectares, mais si l'on considère les ressources en eau moyennes disponibles (8 km3/an), le potentiel de développement n'est plus que de 730 000 ha. Il faut cependant noter que, durant la période très sèche des années 1980-90, les ressources en eau étaient loin de suffire aux superficies actuellement équipées en maîtrise totale/partielle. Le recours à l'irrigation est en effet devenu primordial en Algérie, non seulement pour stabiliser les cultures d'hiver mais aussi pour permettre de mener à terme les cultures de printemps et d'été.

 La superficie totale avec contrôle de l'eau s'élève à 555 500 ha (figure 2). La superficie qui bénéficie de l'épandage de crues est estimée à 110 000 ha, et la superficie équipée en maîtrise totale/partielle s'élève à 445 500 ha. Cette dernière peut être divisée (figure 3) en 45 000 ha d'oasis situées dans le sud du pays et 400 500 ha dans le nord que l'on a l'habitude de séparer en "grande hydraulique" d'une part et "petite et moyenne hydraulique" d'autre part.

 La grande hydraulique se compose de 17 périmètres variant entre 1 500 et 22 500 ha. Ces périmètres peuvent être regroupés en fonction de leur autorité de tutelle. On distingue ainsi:

•10 périmètres allant de 2 200 à 22 500 ha regroupés dans 4 Offices de périmètres irrigués régionaux (OPIR d'El Tarf, de Mitjdja, de Cheliff et de Habre-Sig), totalisant 146 200 ha équipés dont 80 100, soit 55%, sont considérés comme régulièrement irrigables. En effet, la détérioration des infrastructures, l'abandon des terres rendues stériles pas salinisation explique cette différence entre les deux chiffres. Par ailleurs, en 1991, seuls 32 000 ha ont été effectivement irrigués, soit 22% de la superficie équipée, à cause de la faiblesse des ressources en eau disponibles cette année-là. Ces périmètres sont vieux puisque 63% des superficies de ces périmètres ont été équipées de 1937 à 1943.

•7 périmètres de 3 000 à 5 500 ha regroupés dans 7 Offices de périmètres irrigués de Wilaya (OPIW), totalisant 29 300 ha équipés dont 16 200 sont considérés comme régulièrement irrigables pour les mêmes raisons que précédemment (en 1991, seuls 10 000 ha ont été effectivement irrigués) (figure 4). Ces périmètres sont pour la plupart plus récents.

•Le périmètre de Saf Saf autrefois rattaché à sa Wilaya a été rattaché à l'OPIR d'El Tarf en 1992, auquel devrait aussi être rattaché le périmètre de Guelma, d'une superficie équipée de 12 000 ha, en cours d'achèvement en 1993 (superficie non prise en compte dans les précédents chiffres).

 De la surface totale équipée des OPIR et des OPIW considérée comme irrigable, soit 96 300 ha, 62 560 ha (ou 65%) sont irrigués par irrigation de surface et 33 740 ha (ou 35% par aspersion (figure 5).

 L'arboriculture fruitière dans les grands périmètres irrigués (OPIR et OPIW) occupe près de 31 000 ha, soit 17% des surfaces équipées pour l'irrigation dans les grands périmètres, mais 74% des superficies réellement irriguées dans les grands périmètres en 1991. Les cultures arboricoles sont en effet prioritaires lors de la distribution de l'eau. Aussi, pour pallier les fréquents arrêts de distribution de l'eau, en particulier dans le cas de cultures maraîchères qui ne reçoivent l'eau qu'après les cultures arboricoles, de nombreux agriculteurs ont creusé des puits au sein même des périmètres.

 Le coût moyen de développement de 1 ha irrigué dans les grands périmètres est évalué à 11 000 $EU en irrigation de surface et à 15 000 $EU en aspersion. La redevance dans les grands périmètres, qui n'a pas évolué entre 1985 et 1992, était de 0,35 DA/m3 en 1992 (soit 0,046 $EU en 1989 mais seulement 0,015 $EU en 1992), ce qui ne couvre pas les coûts

Principales cultures irriguées en maîtrise totale/partielle (1984)

Origine de l'eau d'irrigation pour les surfaces en petite et moyenne hydraulique (1992)

d'entretien et de gestion des périmètres. Elle est en effet établie sur la base du volume délivré qui vient s'ajouter à un droit annuel, en tenant compte des cultures et des périmètres.

 Les principales cultures irriguées en maîtrise totale et partielle sont le maraîchage, l'arboriculture fruitière et les palmiers (figure 6).

 La petite et moyenne hydraulique couvrait 225 000 ha en 1992, à partir de puits, forages, sources, petites rivières par dérivation traditionnelle ou pompes individuelles, ou encore à partir de retenues collinaires derrière de petits barrages en terre. L'origine de l'eau d'irrigation pour cette petite et moyenne hydraulique est présentée à la figure 7.

ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL

Les autorités compétentes dans le domaine de l'eau sont les suivantes:

•Le Ministère de l'équipement et du logement (MEL) est compétent pour l'ensemble des activités dont le but est la recherche, l'exploitation, la production, le stockage et la distribution de l'eau pour tous les usages.

 Au niveau central, les directions concernées sont les suivantes:

- la Direction de la planification et des affaires économiques (DPAE),

 - la Direction des grands aménagements et des infrastructures hydrauliques (DGAIH),

- la Direction de l'irrigation petite et moyenne hydraulique (DIPMH),

 - la Direction de la réglementation, de la protection et de l'usage de l'eau (DRPUE).

 Les Agences compétentes, placées sous la tutelle du MEL, sont:

 - l'Agence nationale pour les ressources hydrauliques (ANRH),

- l'Agence nationale des barrages (ANB),

 - l'Agence nationale de réalisation et de gestion des infrastructures hydrauliques pour l'irrigation et le drainage (AGID). Celle-ci est chargée de conduire les activités de conception, d'études et de réalisation des infrastructures hydro-agricoles qui seront exploitées par les OPI.

•Le Ministère de l'agriculture (MA). Les directions concernées par le secteur de l'eau sont:

 - la Direction de la vulgarisation et des institutions rurales (DVIR),

 - la Direction du génie rural (DGR).

•Au niveau régional, on trouve:

- les 4 OPIR sous la tutelle du MEL,

- les 7 OPIW sous la tutelle des Wali (Wilaya),

- le Service de l'hydraulique (dépendant du MEL) pour chaque Wilaya, et

- la Direction des services agricoles (dépendant du MA) pour chaque Wilaya.

 Un code des eaux a été établi le 17 juillet 1992.

EVOLUTION DE LA GESTION DES RESSOURCES EN EAU

Les ressources en eau de l'Algérie sont limitées et doivent être préservées. Une attention particulière devra être portée à l'envasement des barrages, qui atteint parfois des proportions inquiétantes, le cas extrême étant représenté par le barrage de Cheurfas qui serait envasé à 96% selon certaines estimations.

 La qualité des sols est aussi l'un des facteurs à surveiller. En ce qui concerne les terres irriguées, la salinisation des sols s'est aggravée avec la sécheresse des années 80 et certaines terres sont en voie de stérilisation. D'autre part, le besoin en drainage des sols dans les OPIR est évalué à 61 000 ha.

 Un tiers des surfaces cultivées en Algérie ont une pente supérieure à 12,5%, ce qui pose des problèmes d'érosion et de conservation des sols.

 L'Algérie a formulé au début des années 90 un vaste programme de réhabilitation et d'extension des périmètres existants, qui devrait porter la superficie totale équipée et irriguée en maîtrise totale et partielle dans le nord du pays à 500 000 ha en 2010.
 
 
 
 

PRINCIPALES SOURCES D'INFORMATION

Banque mondiale. 1988. Democratic and Popular Republic of Algeria: Irrigation engineering project. Washington DC.

FAO. 1992. Algérie. Projet d'appui à l'irrigation (PAI). Rapport d'identification. FAO Centre d'investissement, programme de cooperation FAO/Banque mndiale. Rapport Nº 4/92 CP-ALG 36. Rome.

Pérennes, J.J. 1993. L'eau et les hommes au Maghreb: Contribution à une politique de l'eau en Méditerranée. Karthala: CNRS.

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