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Affiché le 26 septembre 1996
Consultation FAO/IFAP
pour le Renforcement de la Collaboration,
Rome, Siege de la FAO
21-22 mai 1996
Rapport de la Consultation
I. INTRODUCTION
L'objet de la Consultation était d'étudier les moyens, d'une
part, d'instaurer une collaboration plus systématique entre la Fédération
internationale des producteurs agricoles (FIPA) et la FAO, et d'autre part,
de renforcer la "synergie" entre les programmes FIPA et FAO pour
ce qui est de promouvoir la sécurité alimentaire, les organisations
d'agriculteurs et la participation populaire.
Ces cinquante dernières années, les deux organisations ont
établi des relations étroites de collaboration et d'appui
mutuel. La FAO a toujours reconnu le rôle crucial que joue la FIPA,
la plus grande des organisations internationales représentant les
agriculteurs du monde entier, pour sauvegarder et défendre les intérêts
des agriculteurs sur les plans mondial et régional. En effet, Sir
John Boyd Orr, premier Directeur général de la FAO, est intervenu
lors de la Conférence qui a marqué la naissance de la FIPA
à Londres en 1946 et M. Jacques Diouf, l'actuel Directeur
général de la FAO, a prononcé le discours inaugural
lors du Congrès mondial des agriculteurs tenu à Versailles
en avril 1993 à l'occasion du cinquantième anniversaire de
la FIPA. Autre signe de sont importance: la FIPA est dotée du statut
consultatif de la catégorie I auprès de la FAO et du Conseil
économique et social depuis 1946.
Au fil des années, la FIPA a appuyé et aidé à
promouvoir un certain nombre d'initiatives de la FAO fondées sur
la participation: la campagne mondiale contre la faim au début des
années 60 (le premier Secrétaire général de
la FIPA était aussi le Coordonnateur de la campagne), la Conférence
mondiale sur la réforme agraire et le développement rural
(CMRADR) et les activités auxquelles elle a donné lieu, la
Conférence internationale sur la nutrition et, depuis quelque temps,
le Sommet mondial de l'alimentation. En outre, c'est dans le cadre du Comité
pour la promotion de l'action coopérative (COPAC) que s'est instaurée
la collaboration systématique la plus intense depuis la création
du Comité en 1971. (Les organisations membres du COPAC sont: Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, Alliance coopérative
internationale, Fédération internationale des producteurs
agricoles, Organisation internationale du travail, Union internationale
des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de l'hôtellerie-restauration,
du tabac et des branches connexes, Organisation des Nations Unies, Conseil
mondial des coopératives d'épargne et de crédit.)
La Consultation FAO/FIPA de 1996 s'est ouverte sur la situation créée
par la décision de nombreux gouvernements de ne plus apporter d'appui
direct au secteur de l'agriculture et du développement rural. En
raison des problèmes d'endettement et des programmes d'ajustement
structurel auxquels doivent faire face maints pays en développement
et en transition ainsi que de la réduction considérable de
l'aide publique au développement décidée par les pays
de l'OCDE, il importe de redéfinir d'urgence la répartition
des rôles entre les agriculteurs et les organisations qui les représentent,
les gouvernements et les institutions du secteur privé. Dans de nombreux
pays, le retrait de l'Etat a créé un vide institutionnel.
Il est donc impératif que les agriculteurs et les organisations -
coopératives comprises - se mobilisent pour assumer un rôle
nouveau et central dans le développement rural. Les administrations
nationales doivent cependant continuer à faciliter la tâche
aux organisations d'agriculteurs. Dans cette optique, la Consultation s'est
efforcée de désigner des secteurs dans lesquels la collaboration
entre la FIPA et la FAO pourrait offrir plus d'avantages aux Etats membres
des deux organisations.
Les domaines abordés lors de la Consultation ont permis un échange
de vues animé et productif entre les représentants de la FIPA
et de la FAO. On trouvera ci-après un résumé des principales
conclusions et recommandations à propos du suivi pour les différents
points de l'ordre du jour selon l'ordre où ils ont été
traités dans le programme.
II. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
A. Renforcement des organisations d'agriculteurs
6. Il a été convenu que la FIPA et la FAO devaient s'efforcer
de concevoir un programme systématique et détaillé
pour renforcer les capacités des organisations d'agriculteurs existantes
et créer des organisations dans les pays où il n'en existe
pas actuellement pour représenter les intérêts des petits
exploitants. A cette fin:
- la base de données de la FAO sur les organisations membres de
la FIPA et sur les organisations d'agriculteurs en général
sera renforcée; les deux organisations s'efforceront conjointement
de dresser une liste des organisations d'agriculteurs dans les pays en développement
et en transition;
- la FIPA et la FAO travailleront ensemble pour promouvoir des réseaux
représentant les organisations des agriculteurs comme les comités
régionaux de la FIPA, le COPAC et le Réseau régional
pour le développement des coopératives agricoles, de même
que des organisations sous-régionales comme la Plate-forme des organisations
des paysans du Sahel. Cette collaboration portera avant tout sur les domaines
suivants: dialogue à propos des orientations, échanges d'informations
et activités conjointes concernant les programmes;
- la FAO et la FIPA mèneront des activités communes pour
renforcer les organisations d'agriculteurs existantes en s'appuyant sur
l'expérience que l'une et l'autre ont acquise dans ce domaine. La
nécessité de dispenser une formation en matière de
gestion et de commercialisation a notamment été soulignée.
Exemple concret de ce type d'activité conjointe: la FAO et la FIPA
enverront une mission en Turquie en 1996 pour aider à la création
d'une Union nationale des producteurs agricoles.
La FAO est convenue d'appeler, quand cela est possible, l'attention des
Etats Membres sur la Charte des organisations d'agriculteurs de la FIPA
qui définit les politiques et principes de fonctionnement desdites
organisations.
La FIPA et la FAO sont convenues de rechercher les moyens de collaborer
pour aider les organisations d'agriculteurs à évaluer l'impact
de l'ajustement structurel, des accords conclus dans le cadre des Négociations
d'Uruguay et des initiatives prises en matière d'intégration
régionale sur l'agriculture en général et les petits
exploitants en particulier, et de faciliter la participation de ces derniers
au dialogue sur les politiques concernant ces questions avec les pouvoirs
publics et le secteur privé.
B. Liens entre les organisations d'agriculteurs et les établissements
de recherche et de vulgarisation agricoles
Il été reconnu que la FIPA avait conçu des méthodes
et acquis une longue expérience dans le renforcement des liens entre
organisations d'agriculteurs, d'une part, et établissements de recherche
agronomique et de vulgarisation agricole, d'autre part. Plusieurs de ces
méthodes ont été adoptées par des organisations
telles que la Banque mondiale, le Service international de la recherche
agronomique nationale (SIRAN) et l'Institut de développement outre-mer.
Il a été proposé i) d'étudier les méthodes
appliquées par la FIPA pour les utiliser dans le cadre des activités
FAO; et ii) d'élargir le champ d'application de ces méthodes
en créant des liens avec des établissements d'enseignement
et de formation agricoles, par exemple, au moyen d'une action conjointe
FAO/FIPA dans la région de l'Amérique centrale et des Caraïbes,
qui permettrait de réaliser, entre autres, une série d'études
de cas et d'organiser un atelier commun pour analyser ces études
et définir des domaines pour la réalisation d'activités
complémentaires.
Parmi les autres secteurs dans lesquels des activités communes pourraient
être entreprises, on peut citer des études sur le rôle
des organisations d'agriculteurs dans les domaines de la vulgarisation et
de la communication pour l'aide du développement.
C. Place des femmes dans les organisations d'agriculteurs
Il a été souligné que les deux organisations accordaient
un degré de priorité élevé à deux activités:
promouvoir la participation des femmes au développement agricole
et rural durable et veiller à ce qu'elles aient accès aux
avantages qui peuvent en découler. Les deux organisations ont rappelé
qu'il fallait traiter les problèmes liés aux différences
entre les sexes de façon intégrée dans le cadre de
leurs programmes techniques aux niveaux international, régional et
national.
La collaboration ancienne et fructueuse entre la FAO et la FIPA dans le
domaine des inégalités entre les sexes se poursuivra, et visera
plus particulièrement à:
- promouvoir et reconnaître le statut professionnel des agricultrices;
- faire campagne en faveur du renforcement du rôle des femmes dans
les organisations d'agriculteurs à tous les niveaux, y compris à
des postes de décision, à la fois pour responsabiliser les
femmes et renforcer les organisations d'agriculteurs et créer des
moyens pour ce faire;
- collecter des données sur la place des femmes dans l'agriculture
et leur participation aux organisations d'agriculteurs;
- organiser une réunion ouverte à tous sur les femmes rurales
et les agricultrices à l'occasion du Sommet mondial de l'alimentation;
- Etudier la possibilité d'instaurer une journée mondiale
annuelle des femmes rurales le 15 octobre, comme l'ont proposé les
représentantes des agricultrices à la Conférence mondiale
sur les femmes tenue à Pékin. En 1996, cette célébration
se fera en étroite liaison avec les préparatifs du Sommet
mondial de l'alimentation et le rôle de la femme en ce qui concerne
la sécurité alimentaire.
D. Liens entre les représentants de la FAO et les organisations
d'agriculteurs: collaboration aux niveaux régional et sous-régional
Il a été convenu qu'une démarche différenciée
devait être adoptée à l'égard des ONG en général
et des organisations d'agriculteurs représentatives, comme la FIPA,
et les organisations qui en font partie en particulier. Cet aspect pourrait
être analysé plus en détail dans le document sur l'examen
des politiques générales que l'Unité de la coopération
avec le secteur privé et les ONG doit rédiger sur la coopération
de la FAO avec les ONG. La volonté manifestée par la FIPA
d'apporter sa contribution à cet examen a été saluée.
Les deux organisations sont tombées d'accord sur la nécessité
de renforcer les liens opérationnels entre elles aux niveaux national
et régional. Dans ce domaine, les représentants de la FAO
dans les pays ainsi que les bureaux régionaux et sous-régionaux
pourraient jouer un rôle croissant. La FIPA demandera à ses
membres de prendre l'initiative de rencontrer les représentants de
la FAO à ces différents niveaux. A cette fin, la FAO et la
FIPA échangeront les listes des noms et adresses de ces représentants
nationaux et régionaux.
E. Sommet mondial de l'alimentation et suivi
La FAO s'est félicitée de la contribution utile de la FIPA
et des organisations nationales d'agriculteurs à toutes les activités
préparatoires du Sommet mondial de l'alimentation. Jusqu'à
présent, ces activités ont notamment été les
suivantes:
- participation de la FIPA au Comité de la sécurité
alimentaire mondiale (CSA), au Groupe de travail intersessions créé
par celui-ci et chargé de mettre au point les documents pour le Sommet
de l'alimentation, et à toutes les conférences régionales
de la FAO et manifestations avec des ONG tenues dans le cadre du Sommet;
- présentation au CSA et à son Groupe de travail intersessions
des propositions d'ajouts et de modifications au Projet de déclaration
de politique générale et Plan d'action du Sommet mondial dont
une proposition d'engagement supplémentaire ainsi libellé:
"Nous encouragerons, en donnant les moyens nécessaires, les
agriculteurs et les organisations d'agriculteurs, en particulier les exploitations
familiales et les petites exploitations, à assumer davantage de responsabilités
en matière d'alimentation et d'agriculture" ainsi que des mesures
correspondantes entrant dans le cadre du Plan d'action. Le représentant
de la FIPA a proposé cet engagement supplémentaire lors de
la réunion du Groupe de travail intersessions tenue le 21 mai
1996;
- adoption par le Congrès mondial des agriculteurs, organisé
à l'occasion du cinquantième anniversaire de la FIPA à
Versailles (avril 1996) d'une "Stratégie des agriculteurs pour
le développement agricole et la sécurité alimentaire
mondiale". Ce document, rédigé et proposé par
les agriculteurs eux-mêmes, est une contribution spécifique
des agriculteurs du monde au Sommet mondial de l'alimentation. Le Directeur
général de la FAO a inauguré ce Congrès en soulignant
les liens historiques entre la FAO et la FIPA et la contribution essentielle
des agriculteurs à la sécurité alimentaire mondiale.
La FAO a toujours encouragé les Etats Membres à inviter les
représentants d'organisations de la société civile
et du secteur privé à faire partie des comités nationaux
chargés de préparer et d'orienter les activités complémentaires
du Sommet mondial de l'alimentation. La FIPA encouragera ses organisations
nationales à participer à ces comités. Le Secrétariat
de la FIPA adressera à ses membres un exemplaire des documents pertinents
sur ces comités et les encouragera à les contacter et y adhérer.
Au nom du COPAC, la FIPA a proposé l'organisation d'une réunion
spéciale du COPAC ouverte à tous sur le thème suivant:
"Organisations populaires à l'appui du développement
agricole et rural durable et de la sécurité alimentaire mondiale"
pendant la période où se tiendra le Sommet mondial de l'alimentation.
Des dispositions préliminaires ont été prises à
ce sujet avec le Secrétariat du Sommet.
F. Programme spécial de production alimentaire à l'appui
des pays à faible revenu et à déficit vivrier
La FAO s'est déclarée prête à coopérer
plus étroitement avec la FIPA et ses organisations membres à
la mise en oeuvre du Programme spécial au niveau national, notamment
en concevant des méthodes et des procédures capables d'assurer
une participation active des petits exploitants à la conception,
la mise en oeuvre, le suivi et l'évaluation du Programme spécial
par l'intermédiaire de leurs organisations représentatives.
La FAO a proposé que la FIPA et ses organisations membres prennent
part à l'examen externe de la composante de la phase pilote du Programme
spécial fondée sur la participation.
G. Suivi
Les deux organisations ont estimé qu'il était indispensable
d'assurer le suivi de la Consultation et la nécessité d'organiser
systématiquement et régulièrement des réunions
et des échanges d'informations aux niveaux international, régional
et national a été unanimement soulignée.
Au sein de la FAO, c'est la Division du développement rural qui continue
d'assumer la responsabilité générale et la coordination
des activités complémentaires. Toutefois, d'autres divisions
compétentes du Siège de la FAO, les bureaux régionaux
et sous-régionaux, et les représentations des pays ainsi que
les comités régionaux et les organisations membres du FIPA
ont été invités à appliquer les recommandations
ci-dessus dans leurs domaines respectifs.
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