Unasylva 182 * REFLEXIONS: STANLEY L. PRINGLE
RÉFLEXIONS

STANLEY L. PRINGLE

En entrant à la FAO, en 1959, j'ai d'abord travaillé en Afrique de l'Est, à l'époque où le Kenya, l'Ouganda et l'ex-Tanganyika formaient une sorte de fédération administrée par la Haute Commission de l'Afrique de l'Est. J'étais chargé d'évaluer la demande de bois et ses perspectives, dans ces trois pays.

Le projet a mis au point plusieurs techniques d'échantillonnage pour évaluer l'utilisation des produits ligneux non transformés par les industries nationales ou importés. Il a mis en lumière la production substantielle de mobilier rudimentaire, la grande consommation de piquets utilisés dans le bâtiment et pour le clôturage et surtout l'énorme quantité de bois employé pour la cuisine et le chauffage.

Durant ma mission sur le terrain, à l'aube du jour de l'an 1960, au moment où le soleil se levait sur une plaine brûlée et dénudée dans le centre de la province de Karamoja, au nord-est de l'Ouganda, j'ai vu un spectacle qui restera gravé pour toujours dans ma mémoire. Un homme grand, complètement nu, traversait la plaine, avec sur la tête un fardeau de bois de feu. Qui sait combien de kilomètres il avait parcouru ou devait encore parcourir, beaucoup certainement, car il n'y avait ni bois ni habitation à perte de vue. A cet instant précis, j'ai compris la valeur exacte de ce produit dans cette région du monde. Par la suite, nombre de nos études sur la consommation de bois ont attiré l'attention sur l'utilisation du bois de feu qui épuise les maigres ressources des zones arides et semi-arides, et sur la situation critique des populations.

J'ai apporté, il y a longtemps, une contribution non négligeable à une évolution capitale de la foresterie internationale. Vers la fin des années 60, la FAO et la CNUCED ont organisé une série de réunions conjointes. En tant que cosecrétaire, j'ai suggéré la création d'un bureau du bois tropical composé des pays en développement exportateurs de bois tropicaux. Ce bureau aurait eu pour mission de promouvoir le commerce des bois tropicaux, notamment des espèces les moins connues, et de recueillir et de fournir aux pays membres des informations sur ces marchés. Une proposition de projet a été formulée mais n'a jamais pris corps.

Beaucoup plus tard, quand les approvisionnements de bois tropicaux ont commencé à diminuer et les prix à augmenter, les pays consommateurs industrialisés ont accepté de se joindre aux efforts de la CNUCED, avec le soutien technique de la FAO. Après de nombreuses réunions préparatoires, on a abouti à un accord sur les bois tropicaux et à la constitution de l'Organisation internationale des bois tropicaux.


Stanley L. Pringle, de nationalité canadienne, a travaillé à la FAO de 1961 à 1980, date à laquelle il occupait le poste de Chef du Service des politiques et de la planification. Il est actuellement consultant en foresterie internationale en Colombie britannique.


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