| Encadré 11 - Valeurs des forêts tempérées Valeurs des forêts tempérées: stockage du carbone et biodiversité Outre leur importance économique, les forêts tempérées et boréales jouent un rôle majeur dans la biodiversité et le bilan mondial de carbone, c'est-à-dire l'équilibre entre l'émission et l'accumulation de carbone. Le gaz carbonique (CO2) est l'un des principaux gaz associés à l'effet de serre. Comme les forêts emmagasinent provisoirement une énorme quantité de carbone, elles influent sur la concentration de ce dernier dans l'atmosphère, à la fois en le dégageant via le brûlage, la décomposition, l'exploitation et la transformation, et en l'absorbant et en le stockant à mesure qu'elles poussent. L'évaluation 1990 des ressources forestières par la FAO fait état de l'expansion constante des forêts tempérées et boréales, expansion qui se solde par une absorption et un stockage accrus de carbone. Les effets potentiels du réchauffement de la Terre sur les forêts tempérées et boréales se traduiraient notamment par des changements dans les taux de croissance des arbres, la composition des espèces, l'étendue des dégâts dus au feu, aux ravageurs et aux maladies ainsi que dans les frontières forestières. Certains de ces changements, comme l'effet fertilisant des émissions de C02 sur la croissance des arbres, peuvent être bénéfiques. D'autres, comme le recul de la zone de forêt boréale à sa frontière méridionale, risquent de nuire aux économies tributaires des forêts1. Certains pays situés dans la zone de forêt boréale s'efforcent de combattre le réchauffement de la planète. C'est ainsi qu'au Canada, par exemple, les gestionnaires forestiers sont invités à prêter plus d'attention aux types de forêts exploitées, au volume de bois récolté et aux effets de la récolte sur les sols forestiers, tous facteurs qui influencent le volume de carbone stocké. Les forêts canadiennes sont une trappe à carbone, car elles en accumulent 45 pour cent de plus qu'elles n'en émettent. Pour améliorer encore le bilan de carbone, les décideurs canadiens étudient les moyens de promouvoir les processus de transformation et de consommation qui optimisent l'extension temporelle du carbone emmagasiné dans les forêts. Comme les forêts boréales renferment en général moins d'essences à l'hectare que les forêts tropicales, elles passent pour avoir un niveau de biodiversité assez faible. Toutefois, de nouvelles informations, notamment sur la flore et la faune du sol et les invertébrés, incitent à réévaluer la diversité de la zone boréale. De récentes études révèlent, par exemple, que les deux tiers de tous les micro-organismes, espèces végétales et animales du Canada se trouvent dans les forêts. Dans la zone boréale canadienne, les forêts qui se régénèrent après la récolte contiennent beaucoup de peupliers et de bouleaux et peu d'épicéas et de pins. En Suède, la conversion de forêts matures en plantations uniformes d'épicéas et de pins menace d'extinction 200 espèces végétales et animales forestières et de dépérissement 800 autres. Il s'agit notamment des lichens, des champignons et des invertébrés qui vivent de bois mort, lequel est rare dans les plantations. Quelque 880 espèces de coléoptères s'alimentent d'arbres morts et aident à recycler les éléments nutritifs dans les forêts. En Finlande, plus de 50 pour cent des 1 692 espèces florales et fauniques menacées se trouvent dans les zones restantes de forêts matures2. Les valeurs des forêts boréales étant désormais mieux perçues, les efforts de recherche et de protection s'intensifient. A citer notamment:
1 B. Street, B.J. Stocks, D.C. MacIver et R.B. Stewart. 1993. Impacts of climate change on Canadian forests. Document présenté à la quatorzième Conférence forestière du Common-wealth, Kuala Lumpur, Malaisie. 2 Taiga Rescue Network. 1992. Forests and forestry in Scandinavia: a status report. Taiga News (juillet). |
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Programme de plantation compensatoire de la Malaisie La Malaisie a une longue expérience des plantations. Pour satisfaire les besoins projetés de bois, elle a établi, à la fin des années 50, des plantations de teck dans le nord de sa péninsule. Dix ans plus tard, des pins tropicaux à croissance rapide étaient plantés en vue d'alimenter en pâte longue fibre une industrie de pâte et papier en expansion. Les forêts originelles naturelles de basses terres furent défrichées afin d'y planter Pinus caribaea, P. merkusii et Araucaria spp. Dans les années 80, divers facteurs poussèrent les dirigeants à amplifier les plantations. Premièrement, il apparut, d'après les projections révisées, que les seules forêts naturelles ne suffiraient pas pour répondre aux besoins croissants de grumes. Les estimations initiales des taux de croissance et de production du système national d'aménagement sélectif se révélèrent trop optimistes. Deuxièmement, 30 ans de développement agricole avaient réduit une grande part des forêts productives naturelles de la Malaisie à des aires montagneuses moins productives et plus difficiles à gérer. Troisièmement, une récolte excessive dans bien des zones s'était soldée par un arriéré sensible de forêts secondaires en mal de traitement sylvicole et de remise en état. Le gouvernement réagit à cette situation en lançant le Programme de plantation forestière compensatoire. Com-me son nom l'indique, ce vaste programme visait à compenser le déclin de la production de bois en provenance des forêts naturelles malaisiennes, moyennant l'établissement de plantations d'arbres à croissance rapide, de qualité utilitaire, sur 188 000 hectares. Comme les programmes de dé-veloppement avaient converti les forêts naturelles à l'agriculture et autres utilisations, le bois serait utilisé par une industrie de transformation du bois en expansion. Un objectif important de ce programme de compensation était de maintenir la production ligneuse à des niveaux permettant de soutenir la capacité nationale de transformation du bois. Au début des années 80, des donateurs internationaux commencèrent à promouvoir des essences à croissance rapide comme Acacia mangium, Gmelina arborea et Paraserianthes flacataria pour alléger les pressions sur les forêts naturelles. Le Gouvernement malaisien accepta de financer la plantation de ces essences, bien que la principale de celle-ci, à savoir Acacia mangium, fût loin d'avoir fait ses preuves en Malaisie, et n'eût pas encore une place bien établie sur les marchés intérieurs ou internationaux. Avec le temps, les problèmes posés par A. mangium devinrent évidents. Bien que cet arbre pousse rapidement, il est de forme médiocre, vulnérable à la pourriture du cour et ne constitue pas une source sûre de bois de qualité utilitaire. Aujourd'hui, son bois convient apparemment mieux à la fabrication de copeaux, utilisation finale de valeur très inférieure. Aussi le gouvernement a-t-il mis un terme au Programme de plantation forestière compensatoire. |
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Commerce et environnement: l'échange dette-nature Nombreux sont les pays en développement surchargés de dettes en devises auprès des banques commerciales, des gouvernements des pays industriels et des établissements de crédit internationaux. Pour les pays les plus pauvres, la possibilité de rembourser ces dettes avant plusieurs dizaines d'années, à supposer qu'elle existe, est extrêmement réduite. Avec l'échange dette-nature, on tente de tirer parti de la volonté des prêteurs de réduire (ou de vendre à un prix inférieur à sa valeur nominale) certains de leurs prêts à long terme et d'accepter un paiement réduit immédiat au lieu d'un paiement intégral échelonné qui risque de ne jamais être effectué. L'échange est organisé par un tiers, par exemple une ONG s'occupant d'environnement ou le gouvernement d'un pays industriel, qui rachète la dette à un prix réduit au prêteur et accepte de l'amortir à condition que le pays débiteur procède à un investissement précis dans un projet concernant l'environnement, par exemple une réserve forestière tropicale présentant une importance écologique particulière. Ainsi, le pays en développement se débarrasse de la dette sans avoir à débourser de devises, mais il assume la responsabilité de certaines activités écologiques. A la fin de 1992, 24 échanges au total, d'une valeur nominale de plus de 122 millions de dollars, avaient été conclus, dégageant plus de 75 millions de dollars de fonds de conservation pour un coût dépassant à peine 23 millions de dollars. Ces opérations ont une incidence globale faible par rapport à la dette totale du mon-de en développement et au rythme auquel la déforestation a lieu. En outre, il est difficile de garantir que les programmes de conservation sont réalistes et peuvent être mis en ouvre et poursuivis de manière durable. Une initiative de la Bolivie, par exemple, a rencontré des difficultés parce que les populations indigènes locales et les exploitants forestiers qui avaient reçu des concessions revendiquaient à la fois des droits sur la terre à aménager. L'échange dette-nature a également été critiqué comme étant une forme d'«éco-colonialisme», qui permettrait aux pays industriels de fixer les priorités des pays en développement. De tels échanges sont applicables dans des pays dont l'économie est mal gérée, mais pas dans ceux qui font preuve de discipline dans ce domaine. Les avantages économiques et écologiques des échanges dette-nature peuvent amener à ignorer les besoins des populations vivant dans la zone intéressée. Néanmoins, on reconnaît généralement que les échanges choisis avec prudence et bien planifiés constituent une mesure valable, bien qu'assez compliquée, qui peut contribuer à la conservation de la forêt. Source: FAO. 1994. Le défi de l'aménagement durable des forêts. Quel avenir pour les forêts mondiales? Rome. |
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Le rôle des forêts dans cinq domaines du bien-être social Services et influences utiles à la protection de l'environnement
Source: J.G. Laarman et R.A. Sedjo. 1992. Global forests: issues for six billion people. McGraw-Hill, New York. |
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Les produits forestiers secondaires en Afrique occidentale Par tradition, les forêts sont considérées comme des sources de bois, de pâte à papier et de combustible. Tous les autres produits, quelle que soit leur importance pour la population locale, sont classés par les forestiers comme produits secondaires. Toutefois, ce terme désigne souvent uniquement les produits comme les gommes, les résines et les tanins, pour lesquels il existe un marché industriel. Or, pour les paysans d'Afrique occidentale, les forêts sont la source de très nombreux autres produits. Comme beaucoup de forêts dans le monde, la région de forêts humides de l'Afrique occidentale présente une très grande diversité, englobant un grand nombre de systèmes politiques et économiques, de cultures, d'histoires et de modes d'utilisation des terres. Les forêts fournissent des aliments, des médicaments, du matériel pour l'équipement domestique, la construction et les industries de transformation. Elles soutiennent l'agriculture en fournissant des matériaux pour la fabrication d'outils agricoles, d'équipement pour la récolte et le transport, de récipients pour le stockage des récoltes et de séchoirs ainsi que du combustible pour la transformation des produits récoltés. Les forêts et les arbres ont aussi une grande importance au plan social et culturel, servant de temples, de symboles, de lieux de réunion et de sites pour des cérémonies comme les rites d'initiation. La multitude d'emplois «secondaires» possibles pour une seule essence forestière est bien illustrée par l'exemple de la Ceiba pentandra de Ho qui pousse au Ghana.Son fruit fibreux sert à faire des médicaments, des oreillers et un produit commercial pour boucher les trous dans les pirogues; avec ses graines, on fabrique une huile pour soigner les rhumatismes, qui est aussi vendue commercialement pour la fabrication de savons et utilisée pour allumer le feu; ses feuilles sont consommées sous forme de soupe et servent de fourrage pour les chèvres, ses cendres fournissent un bon paillis, son écorce et ses tiges servent à préparer un élixir dentaire et ses racines sont utilisées pour soigner la lèpre. Elle est aussi appréciée comme aliment pour les abeilles en apiculture. En outre, un champignon très prisé pousse au pied de l'arbre. Enfin, c'est un arbre sacré; ses feuilles et son écorce sont censés chasser les esprits. Source: FAO. 1990. L'importance des produits forestiers secondaires. Rome. |
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Le nouveau visage des forêts: cas de l'Inde, de la Thaïlande et des états-Unis Les régions boisées offrent des incitations tant au défrichage qu'à la préservation. L'équilibre national dépend de la manière dont des ensembles de conditions économiques, sociales, écologiques et politiques évoluent avec le temps. Parmi les facteurs qui jouent, il faut citer la qualité du site, la répartition des exploitations, les possibilités d'emplois non agricoles et la puissance des communautés. En Inde, par exemple, il y a eu simultanément appauvrissement des forêts domaniales et développement rapide des forêts agricoles loin des centres urbains. L'appauvrissement des forêts naturelles a été intensifié par la croissance de la population par rapport aux possibilités d'emplois non agricoles et la recherche de nouvelles terres qui a suivi. L'appauvrissement le plus grave s'est produit juste à la lisière des forêts domaniales protégées, entraînant la disparition des limites de protection. Le développement des forêts et l'investissement dans les cultures arboricoles loin des villes sont accélérés par les incitations du marché, notamment la hausse des prix des produits ligneux par rapport à ceux des produits des cultures, les prix des intrants et les écarts de salaires. Les forêts se développent également dans des zones irriguées, où les cultures arboricoles se marient bien avec d'autres activités de production grâce à l'emploi complémentaire des mêmes intrants, des mêmes systèmes de gestion familiale et des mêmes réseaux de marché. L'Inde continue d'enregistrer des taux officiels élevés de déforestation, mais ceux-ci traduisent généralement les définitions juridiques des forêts de l'intérieur et ne prennent pas en compte le développement impressionnant du couvert forestier sur les terres agricoles privées. Ce déplacement du couvert forestier de l'intérieur des terres vers des zones colonisées s'accompagne de changements importants dans la composition par essences et l'organisation sociale des forêts. En Thaïlande, on observe un rapport direct entre la déforestation et l'expansion des terres agricoles. Au cours des trois dernières décennies, cette expansion a été favorisée par l'essor des marchés urbains et des réseaux routiers, les nouvelles techniques de production et les possibilités d'exportation de produits des cultures. Des politiques libérales de commerce et de marchés des produits de base, le développement rapide du réseau routier du pays et une forte demande de terres rurales de la part des citadins ont, eux aussi, influé sur la répartition des forêts. Au début, les sans-terre ne trouvant pas d'emplois non agricoles ont mis les terres forestières en culture, faisant ainsi progresser la production agricole. Avec le temps, d'abord près des villes puis plus loin, les possibilités d'emplois non agricoles ont considérablement augmenté, faisant monter en même temps les salaires, réduisant la main-d'ouvre disponible etaugmentant le coefficient de capital de l'agriculture. Entre temps, des terres agricoles ont été converties en zones résidentielles et industrielles, conduisant à de nouveaux défrichements des forêts dans les zones plus éloignées. En 1989, le Gouvernement thaïlandais a interdit l'exploitation des forêts publiques. Cette interdiction a encouragé la production de bois sur les terres privées, alors que la sous-utilisation de la capacité industrielle a entraîné le développement des activités d'extraction forestière dans les pays voisins. En conséquence, le couvert forestier du pays s'est pratiquement déplacé vers les terres privées et les marchés; le débat entre partisans du contrôle local des forêts et partisans du contrôle national s'est fait plus intense: et le gros de l'exploitation forestière se fait désormais hors du territoire national. Aux Etats-Unis, l'Etat de Californie connaît les mêmes changements que l'Inde et la Thaïlande, mais de façon plus accentuée. La population de l'Etat a quadruplé en 40 ans; son économie est passée des activités primaires aux activités secondaires puis tertiaires. Les villes, bénéficiant d'importations massives d'eau, sont devenues tentaculaires, entourées d'immenses banlieues, créant des parcs boisés urbains, des rues bordées d'arbres et des jardins résidentiels sur d'anciennes terres agricoles et forestières. Les forêts industrielles de la Californie, base économique de nombreuses localités rurales, ont été appauvries et morcelées. Le bois importé est moins cher, les terres forestières ont plus de valeur si elles sont vendues pour la construction de résidences, et l'investissement dans le bois d'ouvre semble peu intéressant par rapport à d'autres solutions. Les forêts nationales, soumises à une pression croissante en faveur des services autres que la production de bois, ne peuvent plus assurer le plein emploi de la capacité industrielle et de la main-d'ouvre. L'ensemble des forêts domaniales augmente de surface mais la part relative des sites, régions et communautés forestières traditionnelles y diminue au profit des terres forestières urbaines, agricoles et «non forestières». Malgré l'importance de ces changements, la politique forestière reste axée sur la production de bois d'ouvre dans des exploitations forestières privées et fédérales de type traditionnel. Ces exemples montrent comment le développement national et les choix de politique influent sur la qualité et l'emplacement des forêts, alors que les mutations se produisant dans la situation des forêts déterminent les options disponibles et les limitent. On observe dans plusieurs pays africains le même rapport entre développement, énergie et dynamique des forêts. Dans de nombreux pays, le bois est toujours la principale source de combustible domestique, les énergies de substitution étant assez coûteuses. Dans certains cas, les pays manquent d'autres sources d'énergie ou de capital pour les exploiter. La rareté des sources d'énergie de remplacement et les moyens qui pourraient y remédier ont un effet sur la répartition et la qualité des forêts. |
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Services économiques fournis par les écosystèmes forestiers SERVICE IMPORTANCE ECONOMIQUE Réservoir génétique Les forêts abritent une grande diversité d'espèces et d'habitats. Elles constituent le réservoir génétique à même de protéger les souches commerciales contre les parasites et les changements du climat et du sol et la matière première pour la sélection de souches à haut rendement. Les espèces sauvages apparentées à l'avocat, à la banane, à l'anacardier, aucacao, à la cannelle, à la noix de coco, au café, au pamplemousse, au citronnier, au piment, au palmier à huile, à l'hévéa et à la vanille -dont les exportations ont atteint plus de 20 milliards de dollars en 1991 - vivent dans les forêts tropicales. Eau Quelque 40 pour cent des agriculteurs dans les pays en développement tirent des bassins versants boisés l'eau qui sert à irriguer leurs champs ou à abreuver le bétail. En Inde, les forêts assurent une régulation du régime des eaux et une protection contre les crues d'une valeur estimée à 72 milliards de dollars par an. Dans la majorité des pays d'Europe ainsi qu'aux Etats-Unis, au Japon et en Australie, plus de 20 pour cent de la superficie forestière est considérée comme importante pour la protection et la conservation des réserves d'eau. Bassins versants Les forêts protègent les sols de l'érosion qui les entraîne dans les cours d'eau. L'envasement des réservoirs représente pour l'économie mondiale un coût d'environ 6 milliards de dollars par an de pertes d'énergie hydroélectrique et d'eau d'irrigation. Pêches Les forêts protègent les poissons dans les cours d'eau, les lacs, les estuaires et les eaux côtières. Ainsi, les trois quarts des poissons vendus sur les marchés de Manaus (Brésil) sont élevés dans des forêts varzea inondées à certaines saisons, où ils se nourrissent de fruits et de plantes. La viabilité de 112 stocks de saumon et autres poissons du Pacifique Nord-Ouest (Amérique du Nord) dépend des forêts naturelles primaires; la pêche au saumon dans la région est une industrie de 1 milliard de dollars. Climat Les forêts stabilisent le climat. Sous les tropiques, la déforestation libère des gaz à effet de serre, de l'oxyde de carbone, du méthane et de l'oxyde nitreux. Remplacer le stockage de carbone assumé par toutes les forêts tropicales coûterait, selon les estimations, 3 700 milliards de dollars - soit le produit national brut du Japon. Activités récréatives Les forêts sont utilisées directement pour les activités récréatives. Le Service forestier des Etats-Unis estime que, dans huit de ses neuf régions administratives, les loisirs, la pêche, la faune et la flore sauvages et d'autres utilisations des forêts nationales ont plus de valeur que le bois d'ouvre, le pâturage, les industries extractives et autres utilisations. Dans la plupart des pays d'Europe et en Australie, plus de la moitié de la surface des forêts domaniales est considérée comme importante pour les activités récréatives. Source: Tableau 2 dans A.T. Durning. 1994. Saving the forests: what will it take? Worldwatch Paper 117. Worldwatch Institute, Washington; et CEE/FAO. 1993. Les ressources forestières des zones tempérées. Analyse des ressources forestières de la CEE-ONU/FAO de 1990. Vol. II. Rôle et fonctions de la forêt. Nations Unies, New York. |
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Les modèles de formation du paysage et les forêts L'histoire permet de dégager trois paradigmes généraux de transformation des forêts. Il s'agit de modèles dynamiques, dont le moteur principal est le développement urbain ou industriel, l'aménagement des ressources hydriques et la protection imposée, par les pouvoirs publics des limites des forêts. LE CADRE URBAIN Le tissu urbain ou urbain/industriel associant densité démographique et forte activité économique et politique i) pénètre un arrière-pays en régression au moyen de ses routes, de ses marchés, de son administrationet de sa technologie et ii) attire vers lui les populations et les produits de base. L'utilisation des terres et les configurations forestières qui en découlent évoluent en fonction des possibilités et des moyens de contrôle auxquels donne accès le système urbain. Nous présentons ci-après un exemple des effets du système urbain sur la répartition des zones boisées. La forêt d'arrière-pays classique -constituée de peuplements extensifs et clairsemés - disparaît à mesure que les réseaux routiers la pénètrent pour coloniser, développer et exercer le pouvoir. En revanche, on voit pousser des arbres à proximité des centres habités et le long des routes, c'est-à-dire là où les autorités sont assez fortes pour les protéger, où l'économie urbaine rend moins intense l'exploitation des terres en attirant la main-d'ouvre agricole vers des emplois non ruraux, et où les marchés fonciers urbains augmentent la valeur des propriétés non agricoles. A mesure qu'augmentent la richesse, la puissance et la base urbaine d'un pays, les surfaces boisées irradient vers l'extérieur à partir des centres de population et des réseaux routiers, formant des centres qui se ramifient et s'étendent, et entre lesquels les vides sont peu à peu comblés. La forêt de l'arrière-pays continue de reculer, mais de plus en plus lentement. Ce recul s'arrête au moment où la croissance de l'emploi non agricole dépasse la croissance de la main-d'ouvre; la forêt radiale touche alors les limites de l'arrière-pays, et finit par le protéger en répondant à des besoins qui, s'ils n'étaient pas satisfaits, encourageraient les populations à enfreindre ces limites. Tout au long de ce processus, la forêt s'étend d'abord là où les limites peuvent être respectées - c'est-à-dire sur les fermes ou sur les terres appartenant à des propriétaire riches et solidement établis, ou gérées par des organismes publics - et sur les sites où, pour des raisons écologiques ou institutionnelles, les arbres représentent le seul usage potentiel, le meilleur usage ou encore un usage complémentaire; la forêt s'étend en dernier lieu là où manque la cohésion sociale et où les pouvoirs extérieurs compensatoires qui favorisent sa protection sont absents. Les politiques propres à ce système s'inscrivent généralement dans des stratégies nationales de développement industriel et commercial ou de renforcement des institutions centrales et des mécanismes du marché. LE CADRE HYDRIQUE La distribution des ressources en eau détermine la répartition des arbres. La dynamique humaine qui modifie la distribution de l'eau dans l'espace et dans le temps caractérise parallèlement la formation des forêts. La maîtrise de l'eau intensifie la production dans les zones irriguées, «extensifie» ou intensifie cette production dans les hautes terres et stabilise l'environnement dans les villes. En modifiant profondément les potentiels de production, les perspectives agricoles et l'organisation sociale des terres, ces changements provoquent de nouvelles répartitions dans l'utilisation des terres et les configurations forestières. Les effets du cadre hydrologique sur les configurations forestières sont exposées ci-après. Dans un premier temps, les forêts ripicoles naturelles prennent des configurations qui s'élargissent sur les cônes de déjection, les courbes des rivières et les estuaires, et se rétrécissent dans les passages rectilignes ou à forte pente. La construction de barrages et de réseaux d'irrigation morcelle ces forêts ripicoles et augmente les possibilités d'exploitation biologiques, techniques et financières dans les zones irriguées ainsi que dans les villes qui ont besoin d'apports extérieurs d'eau et d'énergie électrique ainsi que d'une protection contre les crues. Grâce aux systèmes d'irrigation, les populations peuvent intensifier la production agricole et, à terme, disposent d'une réserve de terres - tout en améliorant les revenus et la stabilité sociale - qui permet de planter et protéger des arbres sur leurs propriétés. La forêt devient alors un réseau d'arbres suivant les digues et les chemins, avec des bosquets épars sur les éminences, dans les bassins de filtration et le long des segments résiduels du réseau ripicole. Dans les hautes terres non irriguées, les populations se trouvent défavorisées lorsque la production bénéficiant de l'irrigation fait baisser le prix des récoltes. Elles défrichent alors les terres disponibles afin d'étendre les surfaces arables, laissant çà et là des touffes d'arbres clairsemées; lorsque les terres sont rares, elles créent des bois familiaux de haute futaie, en utilisant les feuillages pour augmenter la superficie productrice; si aucune de ces deux options n'est viable, les habitants migrent vers les villes et vers les zones irriguées. Dans les zones urbaines, l'aménagement des eaux permet l'expansion des établissements humains et des activités économiques. Les restes épars des forêts naturelles sont, à terme, remplacés par des espèces exotiques selon des configurations structurées d'espaces libres tels que les jardins, les parcs et les rues. L'étendue du remplacement dépend de l'intensité de la migration rurale, c'est-à-dire, en partie, des conséquences de la redistribution de l'eau sur le potentiel agricole des zones irriguées et des hautes terres, et sur les prix des denrées alimentaires qui y sont produites. Avec le temps, la densité de population augmente et la taille des exploitations diminue dans les zones irriguées. La population crée des forêts familiales de haute futaie et se convertit à la production horticole. Les rangées d'arbres le long des digues et des chemins se dégradent et la forêt se morcelle en bosquets familiaux. La forêt ripicole d'origine est remplacée par une forêt façonnée par les ménages et les villages, avec de maigres lignes ou touffes d'arbres à la lisière des terres cultivées. La forêt des hautes terres s'est transformée en îlots de vestiges forestiers et de bosquets artificiels qui suivent l'implantation des habitations ou des villages. Les politiques propres à ces systèmes s'inscrivent généralement dans les stratégies nationales d'aménagement des ressources agricoles et hydriques et de renforcement des systèmes d'administration spécialisés dans les régions agricoles et autour des installations hydroélectriques. LE CADRE JURIDIQUE - LES RÉSERVES L'établissement de limites tend à déterminer l'utilisation des terres et à modeler la configuration des forêts environnantes. Ce dernier modèle montre comment un ensemble de forces interdit toute incursion dans certaines zones afin d'en conserver le contrôle total. Les conséquences, pour les forêts, découlent des différences de moyens entre les groupes qui occupent la région de la réserve. Citons quelques exemples: En interdisant l'accès aux terres et aux ressources, la réserve transfère vers les zones adjacentes les besoins des populations et risque de les entraîner vers des activités illicites. Ce phénomène favorise généralement les grands propriétaires jouissant d'appuis politiques, qui sont les mieux placés pour profiter des possibilités offertes par la réserve. Les autres occupants sont contraints d'aller défricher la forêt ailleurs, ou de braconner sur la réserve. La configuration forestière se présente alors comme suit: la réserve, au centre, constitue une grande île forestière entourée d'un tissu varié de grandes propriétés relativement boisées, au milieu d'une déforestation générale laissant subsister des touffes d'arbres dans les zones peu accessibles ou rocheuses. Avec le temps, les îlots forestiers se contractent à mesure que les pressions exercées par la population s'intensifient et que les capacités de défense des autorités s'affaiblissent; ils se maintiennent dans la mesure où des accords de coopération sont conclus avec les populations environnantes; ils s'étendent, au contraire, si l'Etat entreprend des programmes d'investissements publics ou de réforme foncière afin derenforcer la stabilité de la base économique régionale. Les politiques propres à ce système s'inscrivent généralement dans les stratégies nationales de finances publiques, de contrôle des limites intérieures et extérieures, de réglementation publique et de relations internationales. |
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La politique économique et ses répercussions potentielles sur la gestion des ressources forestières
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Les modalités financières d'octroi de concessions et de permis d'exploitation Hyde, Newman and Sedjo (1991) considèrent que les conditions financières d'octroi de concessions et de permis d'exploitation constituent des mécanismes incitatifs déterminants pour l'efficacité, tant privée que sociale, des niveaux d'exploitation du bois d'ouvre. En effet, si un concessionnaire s'engage à respecter un plan d'aménagement forestier qui privilégie la valeur future de la production de bois de la concession, ce concessionnaire atteint un palier d'exploitation efficace au plan privé. Si, de surcroît, le concessionnaire indemnise les coûts écologiques externes découlant de l'exploitation du bois d'ouvre, tels que la perte d'avantages virtuels non liés à l'extraction et de prestations écologiques (par exemple, la protection des bassins versants), le palier d'exploitation retenu par ce concessionnaire est également efficace au plan social. La figure ci-après illustre ces conditions. Si l'on pose que p est le prix concurrentiel des grumes livrées, V le volume de la récolte et MC1 la courbe de coût marginal privé à court terme du concessionnaire pour les grumes livrées, V1 représente alors le niveau de récolte optimal à court terme au plan privé. En d'autres termes, le concessionnaire privé se préoccupe exclusivement du rendement financier de la récolte, et non pas du rendement potentiel à long terme de la parcelle, sans s'intéresser aux conséquences écologiques externes de l'abattage. Cependant, le niveau V1 d'exploitation n'est pas efficace au plan privé à long terme, car il exclut le coût que représente l'abattage à court terme, à savoir la perte des recettes futures qu'aurait permis de réaliser la préservation d'une partie du peuplement en vue d'une croissance ultérieure, ou le non-recours à des pratiques telles que la sélection qui dégradent la parcelle. Ce niveau d'exploitation n'est pas non plus efficace au plan social, car il ne tient pas compte des coûts environnementaux externes de l'exploitation du bois d'ouvre (dégradation des bassins versants, sédimentation en aval, perturbation du cycle des éléments nutritifs, dégradation des habitats naturels, ou encore perte de produits non ligneux). L'amélioration des contrats entre le ministère des forêts et le concessionnaire pourrait amener ce dernier à internaliser les coûts d'utilisateur supplémentaires afin d'atteindre un niveau de récolte efficace au plan privé. Les contrats à long terme qui coïncident avec des rotations optimales de récolte/ régénération pourraient garantir que le concessionnaire a intérêt à tenir compte de ces coûts d'utilisateur, exprimés par MC2 dans la figure. D'autres dispositions, telles que le fait d'imposer des clauses liant la reconduction des contrats à court terme à l'application de pratiques «durables», voire à la vente pure et simple des terres, pourraient également être envisagées. Ces dispositions contractuelles, si elles devaient aider le concessionnaire à atteindre le niveau V2 de récolte optimale à long terme, l'encourageraient à détruire moins d'arbres. Enfin, si MC3 représente les coûts environnementaux supplémentaires hors-site de l'exploitation forestière, on peut aussi internaliser ces coûts en imposant au concessionnaire une taxe équivalant à bd. Le ministère des forêts d'un pays peut également décider d'imposer une taxe unique pour couvrir tant les coûts d'utilisateur que les coûts environnementaux; dans ce cas, le niveau optimal correspondrait à bc, toujours dans la figure. Cependant, Hyde, Newman et Sedjo soutiennent qu'une telle taxe ne contribuerait en rien à prolonger les perspectives d'un exploitant au-delà des gains à court terme, et qu'elle encouragerait en fait les pratiques sélectives, les empiétements et l'évasion fiscale, notamment pour les arbres et peuplements inframarginaux. Dans ces conditions, le concessionnaire récolte au niveau social optimal (V3), c'est-à-dire en dessous du niveau privé à court ou à long terme. Comme le montre le sché-ma, le concessionnaire réalise un profit économique égal àpap1, ou pbp1 si l'on incorpore tous les coûts sociaux. Le ministère des forêts peut s'approprier tout ou partie de ce profit en taxant la récolte. Une taxe ad valorem (forfaitaire), ou une redevance exprimée en pourcentage des recettes nettes, n'affectera pas le niveau de récolte (c'est-à-dire qu'elle ne fera pas passer le concessionnaire de V1 à V3); en revanche, elle l'encouragera à recourir aux pratiques sélectives et aux empiétements, et à ne pas tenir compte des coûts environnementaux hors-site. Une redevance fixe et uniforme (montant forfaitaire par unité de récolte), influe en revanche sur la décision de récolte marginale; cependant, elle augmente parallèlement l'incitation aux pratiques sélectives, aux empiétements et à la négligence des coûts environnementaux hors-site, dans le cas de terres inframarginales. En outre, l'augmentation de cette redevance risque, en fait, de réduire les recettes fiscales lorsque l'élasticité de la courbe des coûts marginaux est supérieure à 1, faisant ainsi tomber le niveau des récoltes en dessous du niveau social optimal, V3. L'incorporation des coûts d'utilisateur et des coûts environnementaux, tout en assurant une meilleure récupération des profits, requiert une gamme plus complexe de mesures, à savoir: dans un premier temps, la mise au point de contrats à long terme et l'établissement d'une taxe environ-nementale égale au bd du schéma; en deuxième lieu, la perception, comme droit d'exploitation de la parcelle, d'une redevance forfaitaire fixée par appel d'offres et égale à pbp1, afin de récupérer le profit économique réalisé au niveau V3. Source: W.F. Hyde, D.H. Newman and R.A. Sedjo. 1991. Forest economics and policy analysis: an overview. Document de synthèse 134 de la Banque mondiale, Washington. |
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Dans les forêts tempérées, la coupe rase est un mode de récolte extrêmement répandu parce qu'elle présente des avantages de simplicité, de souplesse et d'efficacité. Elle est cependant accusée de dégrader les sols, de perturber les ressources hydriques et de provoquer une détérioration rapide du milieu naturel, préjudiciable à la faune sylvicole. Par ailleurs, outre ses conséquences peu esthétiques, elle suscite des conditions d'instabilité physique et écologique à sa périphérie, altérant et morcelant les habitats d'espèces qui ont besoin de grands espaces intacts, comme la chouette tachetée. Les conséquences pour l'environnement des coupes rases en zone boréale sont particulièrement graves pour les raisons suivantes:
Cependant, un inventaire forestier entrepris par le Ministère des forêts du Canada, en 1991 fait état d'une proportion plus élevée de peupliers et de bouleaux dans les forêts exploitées que dans les forêts boréales intactes, ainsi que d'un déclin de l'épinette et du pin - alors que ce dernier repousse dans les forêts de pin ravagées par le feu. En revanche, l'inventaire ne fait ressortir qu'une différence minime derépartition par tranches d'âge entre les forêts reconstituées et les forêts intactes à ce jour. Les recherches effectuées au Canada et en Finlande font apparaître des différences marquées entre les populations d'oiseaux occupant les forêts anciennes soumises à exploitation et celles qui sont demeurées intactes. Il se peut que la densité neuf fois supérieure d'oiseaux enregistrée dans les forêts intactes par rapport aux plantations de jeunes épinettes s'explique par le stade de croissance différent de ces forêts. Les recherches montrent aussi que l'on peut atténuer bon nombre des effets néfastes des coupes rases en conservant les arbres à semences et les arbres anciens, pour garder des sources de semences et des sites de nidification pour les oiseaux; en ménageant des couloirs permettant le passage des mammifères; en ne déversant pas les déchets d'abattage dans les rivières; en construisant des routes et des pistes d'exploitation forestière aussi espacées que possible afin de réduire le morcellement; enfin en réduisant la superficie des zones d'abattage. |
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Influence du Nord sur les politiques forestières des pays tropicaux Dans les pays tempérés, les forêts tropicales sont au centre d'un grand nombre de recherches, de débats et de controverses à caractère international. La plupart des controverses portent précisément sur les conséquences économiques, au niveau régional et mondial, du défrichage, de l'abattage ou de la fragmentation des forêts tropicales. Nombreux sont ceux, dans les groupes écologistes et la communauté scientifique, qui affirment que les coûts économiques, écologiques et sociaux de la conversion, dans les années 80, de 154 millions d'hectares de forêts tropicales ont largement dépassé les bénéfices réalisés. Les programmes d'aide au développement préconisent - et telle est également l'orientation politique actuelle - à la fois l'arrêt du processus de destruction des forêts tropicales et leur aménagement durable. Le Fonds pour la protection de l'environnement, l'OIBT, la Banque mondiale, l'Institut mondial pour les ressources, le Fonds mondial pour la nature (WWF), les banques régionales de développement, les activités de suivi de la CNUED et le Programme d'action forestier tropical, ainsi qu'un grand nombre d'ONG et de donateurs bilatéraux invitent les pays tropicaux à adopter des pratiques durables d'exploitation forestière. Pour bon nombre de pays tropicaux, les objectifs des donateurs, à savoir la protection de l'environnement, sont en conflit avec leurs propres objectifs de développement économique. Récemment, à l'occasion de réunions internationales, les représentants des pays producteurs de bois tropicaux ont fait remarquer que les abattages annuels de forêts primaires sont plus importants en Amérique du Nord que dans la plupart des pays tropicaux; ils ont en outre affirmé que les forêts protégées et les réserves étaient souvent bien plus vastes dans les pays en développement que dans les régions boréales et tempérées et que les pays dont les superficies forestières sont très réduites, à la suite du déboisement considérable pratiqué dans le passé, se procurent le bois d'ouvre dans d'autres pays, sans tenir compte des critères de durabilité. Bref, le Sud accuse le Nord d'hypocrisie. Les propositions relatives à l'introduction de normes de production et de barrières commerciales, ainsi qu'à l'attribution d'un label écologique (voir Label écologique, certification et exploitation durable, p. 326), sont considérées comme discriminatoires uniquement à l'encontre des producteurs de bois tropicaux. Certains estiment que les pays tempérés exportateurs ont recours à ces expédients pour conserver leur part du marché mondial de bois d'ouvre, tout en se posant en partisans - par respect de l'environnement - du commerce de bois d'ouvre produit selon des critères de durabilité. Certains pays préfèrent contre-attaquer ainsi pour détourner l'attention de leurs propres pratiques dangereuses pourl'environnement. Accusé du déboisement de l'Amazonie, le Brésil a ainsi détourné l'attention sur la destruction de la forêt nationale de Tongass en Alaska et des forêts canadiennes1. A l'occasion d'un atelier international sur l'exploitation des forêts dans le monde, organisé à Bangkok en 1991, la représentante de la Malaisie a manifesté son désarroi face à l'attention, à son avis excessive, qui est accordée aux forêts tropicales et a invité à procéder à une analyse approfondie des problèmes qui affligent les forêts de la planète2. Elle a également fait sienne la proposition de quantifier la valeur des forêts dans les différentes zones, en termes tant de services écologiques que d'échanges internationaux. Une telle évaluation est un préalable nécessaire pour l'établissement d'objectifs nationaux dans l'intérêt de tous, comme les peuplements réservoirs à carbone. (Elle pourrait également permettre de déterminer la dotation du Fonds pour la protection de l'environnement.) Si la requête avancée par la Malaisie concernant la fixation de niveaux minimaux de couvert forestier devait être acceptée, notamment par les pays développés, il faudrait mettre au point des critères de développement durable. Les difficultés inhérentes à cette approche globale n'ont pas tardé à apparaître. Les pays développés et en développement ont signé, en janvier 1994, le texte révisé de l'Accord international sur les bois tropicaux, visant à promouvoir l'adoption dans le monde entier de pratiques de foresterie durables. Au cours des négociations, les pays en développement ont tenté d'atténuer l'importance accordée dans le texte aux forêts tropicales, en insistant pour que les pays industriels soient tenus de respecter des normes de durabilité similaires, comme proposé dans le texte original de l'Accord de 1983 pour les producteurs tropicaux. Les pays industriels ne souhaitaient s'engager qu'à adopter des directives et des critères appropriés pour l'aménagement durable de leurs forêts3. 1 N. Dudley, J.-P. Jeanrenaud et S. Stolton. 1993. Towards a definition of forest quality. WWF, Royaume-Uni. 2 W.L. He Ting. 1991. Intervention de l'Ambasseur de Malaisie en Italie. Dans Proceedings of Technical Workshop to Explore Options for Global Forestry Management. IIED, Londres. 3 Cutter Information Corp. 1994. Global Environmental Change Report, 6(2), Arlington. |
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Les études conduites récemment sur la certification au niveau national ont permis de mettre en évidence divers avantages d'une telle procédure:
Source: E.B. Barbier. 1993. Policy issues and options concerning linkages between the tropical timber trade and sustainable forest management. Document présenté à la 14e session du Conseil international des bois tropicaux, Kuala Lumpur, Malaisie. |
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La politique forestière actuelle de l'Inde met l'accent sur les besoins de subsistance des habitants des forêts et encourage la participation populaire à des programmes et projets d'aménagement et d'utilisation des ressources forestières. Les gouvernements des Etats invitent les communautés villageoises et les organisations de volontaires à participer, ensemble, à la remise en état des terres forestières dans le cadre du Programme d'aménagement conjoint des forêts. Ce programme comporte plusieurs volets:
Le Programme d'aménagement conjoint des forêts couvre désormais plus de 1,5 million de terres forestières dégradées dans 10 Etats. Cette approche s'est avérée nécessaire lorsque les responsables politiques se sont rendus compte qu'une forêt ne peut rester stable que si elle produit suffisamment pour répondre aux besoins des hommes et de la faune. A la fin des années 80, la recherche a montré que la demande de produits forestiers était au moins quatre fois supérieure aux disponibilités. Ainsi, la consommation de bois de feu atteignait 235 millions de m3 alors que le niveau durable de consommation était de 58 millions de m3, et quelque 90 millions de têtes de bétail paissaient dans les forêts alors que la capacité de charge maximale se situait à 31 millions de têtes. Dans le passé, les tentatives pour corriger cette situation insoutenable ont été rendues vaines par les contradictions entre la politique forestière nationale et le code forestier. En voici quelques exemples: des lois sur la propriété décourageant la sylviculture; le vide juridique empêchant de contrôler que les droits de propriété et les concessions y compris de pâturages sont limités à la capacité de charge; des promesses politiques assurant la protection totale des droits coutumiers des communautés tribales et autres populations vivant dans les forêts ou à proximité non suivies d'appui de la part du gouvernement; des déclarations politiques, également restées sans suite, annonçant la levée de taxes sur le pâturage afin de décourager la possession de trop grands troupeaux sans véritable nécessité. LES PROBLEMES TELS QUE LES PERÇOIVENT LES PARTIES CONCERNÉES Le Programme d'aménagement conjoint des forêts représente certainement un bon point de départ, mais il reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir passer de la planification et de la prise de décision «au sommet» à une véritable planification participative. A ce jour, seul un petit nombre d'Etats ont consulté les populations locales à propos du partage des revenus tirés des forêts et du contrôle exercé sur les zones forestières. Au Bengale occidental et dans le Gujarat, les groupes chargés de la protection des forêts réclament au moins 50 pour cent des revenus tirés de la récolte de perchis au lieu des 25 pour cent que l'Etat leur accorde. La remise en état des forêts grâce à la protection exercée par les communautés comporte peu de frais pour le gouvernement puisque la population locale en supporte la plupart des coûts, à savoir: le travail considérable fourni; les produits forestiers de subsistance qui ne peuvent être récoltés pendant la période de régénération de la forêt; le risque d'agressions de la part de contrebandiers ou d'autres groupes d'intérêts; les dégâts provoqués par la faune, qui se multiplie dans les forêts en régénération, aux cultures et aux habitations, sans oublier les risques de blessures pour les personnes. Malgré les risques encourus par les parties concernées et les coûts qu'elles doivent supporter, pratiquement aucune des résolutions prises par les Etats au titre du Programme d'aménagement conjoint des forêts n'autorise les populations locales à optimiser à leur profit un flux durable d'avantages ou à punir les contrevenants aux réglementations forestières. A ce jour, la discrimination entre les sexes est le principal point faible du Programme d'aménagement conjoint des forêts indien. La plupart des résolutions du Programme considèrent le ménage comme une unité économique et partent du principe que les bénéfices sont répartis à parts égales entre les membres de la famille (or, il est prouvé que cela ne se passe pas ainsi dans la réalité). D'où le risque, si seuls les hommes sont consultés et considérés comme les protagonistes des organisations communautaires, de ne pas tirer profit de la contribution que les femmes fournissent en matière de conservation et d'utilisation des arbres et des forêts. Certains Etats ont spécifié «un homme et une femme» par ménage ou l'adhésion conjointe du mari et de la femme dans les organisations locales. Récemment, et dans trois projets différents, les femmes ont demandé, lors de discussions réunissant tous les participants, hommes et femmes, que 50 pour cent des parts leur reviennent directement puisqu'elles assurent la moitié du travail. Le bois de feu n'est pasconsidéré comme un élément important du Programme d'aménagement conjoint des forêts parce que les femmes ont été exclues de fait du processus de prise de décisions. Aussi sont-elles maintenant obligées de réduire le temps consacré aux autres activités productives parce qu'elles doivent parcourir des distances plus longues pour se procurer le bois nécessaire à la cuisson des aliments. La seule solution pour elles serait de se contenter de combustibles plus pauvres. La participation des femmes à l'établissement des priorités permet d'éviter ce genre de problèmes ou bien de les résoudre plus rapidement: aussi le respect de la parité entre les sexes est-il essentiel pour un meilleur aménagement des arbres et des forêts. Sources: U. Bannerjee. In FAO. 1994. Community forestry in India; J.B. Lal. In FAO. 1984. Forestry planning: new challenges in Indian forestry; et M. Sarin. 1993. From conflict to collaboration: local institutions in joint forest management. Joint Forest Management Working Paper No. 14. Fondation Ford, New Delhi. |
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Le Canada est un pays riche, à faible densité démographique, qui compte 454 millions d'hectares de forêts. Les forêts sont toutefois une réalité lointaine pour la plupart des Canadiens, qui vivent en grande majorité dans les villes. De plus, 94 pour cent des forêts appartiennent à l'Etat et la plupart des terres forestières sont exploitées par des entreprises industrielles, loin des agglomérations. Pourtant, depuis une dizaine d'années, les Canadiens s'intéressent davantage aux questions forestières. Les groupes écologistes, les communautés autochtones et autres et les chercheurs ont su attirer l'attention sur le problème de l'aménagement actuel des forêts. La plupart de ces groupes sont d'accord sur quatre points: la production de bois d'ouvre prédomine au détriment des autres formes d'exploitation forestière; la participation des communautés à la prise de décisions est une nécessité; la dépendance excessive à l'égard des industries forestières constitue un facteur d'instabilité économique dans les zones rurales; certaines pratiques forestières comme le défrichage, l'application de pesticides et la construction de routes sont néfastes pour l'environnement. Résoudre ces problèmes à travers une action publique est une tâche complexe en raison des nombreuses parties concernées. Le gouvernement tend pour sa part à établir une distinction, au niveau des responsabilités, entre l'aménagement des forêts, la faune, les pêches, les affaires indigènes, les communautés, le développement rural, etc. La formulation d'une politique globale apparaît donc difficile, et les priorités sont établies par la voie réglementaire plutôt que dans le cadre de négociations. Les multiples obstacles à caractère législatif et politique auxquels se heurte l'exploitation du bois d'ouvre donnent lieu à des exigences conflictuelles, des tours de force administratifs et des controverses. Il semble parfois que les actes du gouvernement répondent plus aux règles de la bureaucratie qu'à celles du bon sens. Ces problèmes ont contraint les institutions forestières provinciales et fédérales à innover en matière de stratégies et de programmes pour mieux intégrer des valeurs publiques dans l'aménagement des forêts. La nouvelle approche prévoit la suppression des barrières entre les différentes institutions, l'adoption d'une philosophie d'aménagement des forêts qui fasse siennes toutes les valeurs et ne soit pas uniquement axée sur la production de bois d'ouvre, et l'instauration d'une coopération entre les institutions et les groupes d'intérêts vers des objectifs communs. Il s'agissait alors de mettre ces idées en pratique. Il existait des lois, normes et directives, et les permis, les baux et les taux de récolte étaient soumis à un contrôle très strict. Vouloir tout changer tout de suite était impossible, surtout en l'absence de solutions de remplacement. Aussi a-t-il été proposé que le Canada formule une série de projets opérationnels permettant d'assurer la transition entre le système traditionnel d'aménagement des forêts et leur développement durable. La mise en ouvre de ces projets, connus sous le nom de «Forêts modèles», devait être assurée par les principaux partenaires -les industries, les communautés, les institutions gouvernementales, les groupes écologistes, les institutions universitaires et scolaires, les groupes autochtones et les propriétaires privés, entre autres, selon le site; chaque projet devait être à échelle opérationnelle (c'est-à-dire couvrir entre 100 000 et 1,5 million d'hectares) et fournir un exemple pratique d'aménagement intégré de valeurs clefs, grâce au recours à des techniques de pointe et des pratiques forestières sans danger pour l'environnement. La recherche scientifique devait être un élément essentiel du programme d'activités. Des groupes ont été invités à s'associer et à soumettre des propositions. Celles-ci comprenaient un exposé de la «vision commune», avec la description des objectifs de l'aménagement forestier et l'identification des activités permettant d'atteindre des objectifs spécifiques. Les 10 projets soumis au Ministre des forêts en juin 1992 ont été acceptés. Source: D.G. Brand et R.W. Roberts. 1993. Canada's Model Forests. Document présenté à la quatorzième Conférence forestière du Commonwealth, Kuala Lumpur, Malaisie. |
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Les forêts, qui occupent une large place dans le Programme Action 21 de la CNUED, en particulier dans les chapitres 11 (Lutte contre le déboisement), 12 (Lutte contre la désertification et la sécheresse), 13 (Mise en valeur durable des zones de montagnes), 15 (Conservation de la diversité biologique) et 10 (Approche intégrée de la planification et de l'aménagement des ressources en terres), font également l'objet de trois conventions:
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Deux institutions des Nations Unies conduisent des projets forestiers, la FAO et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement). La FAO, chargée de ce secteur depuis 1945, intervient, en collaboration avec ses pays membres, dans les domaines suivants: développement rural, analyse des politiques, renforcement des capacités institutionnelles, foresterie de peuplement, foresterie communautaire, foresterie participative, aménagement durable des forêts, éducation, formation et production d'informations scientifiques et de statistiques mondiales sur les forêts. Elle représente un important forum pour la discussion des questions forestières de portée mondiale et régionale, dans le cadre de réunions comme celles du Comité des forêts (qui a lieu tous les deux ans) et du Comité de la mise en valeur des forêts dans les tropiques. Pour sa part, le PNUE s'attache à promouvoir un développement rural durable qui soit sans danger pour l'environnement, économiquement réalisable et socialement acceptable grâce à des projets coordonnés dans les domaines suivants: lutte contre la désertification, reboisement, ressources énergétiques et protection des sols. En 1985, la FAO, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Banque mondiale et l'Institut mondial pour les ressources ont mis au point une stratégie forestière mondiale dont l'objectif est de sensibiliser le grand public à l'état critique des forêts et de mobiliser les ressources humaines et financières pour stopper le déboisement dans les tropiques. Appelée initialement Plan d'action forestier tropical, rebaptisée Programme d'action forestier tropical en 1991 (PAFT), cette stratégie entend servir de cadre pour la formulation de programmes nationaux d'exploitation durable des forêts et pour l'harmonisation et le renforcement de l'aide internationale. Le PAFT met l'accent sur la planification et l'aménagement des forêts dans le contexte d'une meilleure utilisation générale des terres et préconise la participation des populations rurales. C'est un accord qui, à plusieurs égards, a fait date, car il reconnaissait explicitement l'importance de la souveraineté nationale, des approches multidisciplinaires, de la participation de ceux qui tirent leur subsistance de la forêt et des ONG. Récemment, les activités du PAFT ont évolué, passant de la coordination de l'aide des donateurs et de la formulation de projets à un programme de plus longue haleine centré sur le renforcement des capacités nationales et l'aide consultative en matière de politiques nationales de conservation et de développement durable des ressources forestières. La Banque mondiale est le plus grand investisseur multilatéral dans le secteur forestier; jusqu'en 1991, il avait dégagé près de 2,5 milliards de dollars à titre de prêts destinés à 94 projets forestiers. Son nouveau document de politique forestière a mis en évidence les deux grands défis à relever:
En 1991, le document de politique forestière de la Banque mondiale annonçait que, dorénavant, les évaluations préalables établiraient une distinction entre les projets respectant l'environnement ou destinés aux petits exploitants et les projets à caractère purement commercial. Il était indiqué que les prêts de la Banque au secteur forestier dépendraient des engagements des gouvernements en faveur d'une foresterie durable et axée sur la conservation. Il était en outre précisé que la Banque mondiale ne financerait en aucuncas l'exploitation commerciale de forêts humides primaires. L'OIBT, qui compte parmi ses membres les principaux pays producteurs et les principaux pays consommateurs de bois tropicaux, est née en 1986. Cette organisation de produit a pour objectif premier le développement d'un commerce durable de bois tropicaux. Sachant que tout commerce n'est durable que s'il a pour objet une ressource durable, l'OIBT consacre la plupart de ses efforts à l'aménagement durable des forêts tropicales; elle a pour ambition de faire en sorte que d'ici l'an 2000 toutes les exportations de bois tropicaux proviennent de forêts aménagées selon des critères de durabilité. L'Union internationale des instituts de recherches forestières (IUFRO), fondée en 1892, assure la liaison entre les instituts de recherches forestières dans le cadre d'un réseau mondial de groupes d'intérêts. Cette institution a lancé en 1983 un programme spécial pour les pays en développement dans le cadre duquel elle soutient des programmes de formation et d'auto-apprentissage et des services d'information, et encourage les contacts interinstitutions. Le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR), dont le siège est à Bogor (Indonésie), a été créé en 1993 et est membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI). Le CIFOR, qui a pour objectif la conservation et l'amélioration de la productivité des écosystèmes forestiers tropicaux, conduit pour ce faire des programmes concernant les forêts naturelles, les terres boisées découvertes, les plantations, les parcelles boisées et les terres dégradées et entreprend des actions pour le renforcement des institutions nationales de recherche forestière dans les pays tropicaux. Le Conseil international pour la recherche en agroforesterie (CIRAF) mène, depuis sa création en 1978, des recherches en agroforesterie au niveau mondial et travaille maintenant en collaboration étroite avec le CIFOR. Basé à Nairobi (Kenya), le CIRAF s'attache actuellement à promouvoir, en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Amérique latine, des façons culturales de remplacement de la culture sur brûlis. L'Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI), ancien Conseil international des ressources phytogénétiques, a été constitué en tant qu'organe détaché de la FAO à l'occasion de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement (Stokholm, 1972). L'IPGRI est chargé de la préservation de la diversité biologique et de la conservation du matériel génétique des essences forestières. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) accorde un intérêt particulier aux questions forestières. Cette ONG internationale conduit, notamment, dans le monde entier des programmes sur la biodiversité, la conservation et l'aménagement durable. L'Alliance mondiale pour la nature (UICN) intervient, pour sa part, par le biais de projets concernant la protection du milieu et l'aménagement des ressources, pour lesquels elle mobilise des fonds. Comme dans le cas du WWF, les activités de l'UICN ne sont pas directement exécutées par ses membres dans les divers pays. |