Analyse:Jeunes rurale, Burkina Faso
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Affiché le 15 juin 1998

Engager les jeunes burkinabés dans la vie productive: Un défi qu'entend relever le Burkina Faso

par Jacques Jallade
Fonctionnaire chargé de l'éducation
Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication
Courrier électronique: jacques.jallade@fao.org

LA JEUNESSE RURALE, aux effectifs constamment croissants, occupe une place prépondérante dans les préoccupations des Gouvernements des pays en développement, plus particulièrement de ceux à faible revenu et à déficit alimentaire. Dégagés du poids de la tradition, les jeunes sont plus aptes que leurs anciens à adopter les innovations technologiques. Ces forces actives trouvent donc leur place dans la consolidation de la sécurité alimentaire nationale, dans la communauté rurale, dans l'amélioration des conditions de vie en milieu rural et l'allégement de la pauvreté. Il s'agit d'ouvrir l'accès aux jeunes, à parité entre les genres, au développement national en les aidant à y prendre activement part. Saisir cette opportunité pour moderniser de façon durable et développer une agriculture de marché, intégrée dans la vie socioculturelle de la communauté, valorisant les ressources disponibles tout en respectant l'environnement naturel est l'une des alternatives possibles pour les pays à dominante agricole.

Le Burkina Faso

Le Burkina Faso couvre une superficie de 274. 000 km2; la population totale du pays estimée à 10. 316.000 habitants en 1996 croît à un rythme de 2.7 % par année. Essentiellement agricole, 80 % de la population vit de l'agriculture dont ( 80 % vivent de l'agriculture et 49.1 % de cette population agricole a moins de 15 ans. Le PIB par habitant est faible (300 $US en 1996), 45 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (83 $US/hab./an). Le Burkina Faso est l'un des pays les plus pauvres au monde., dans le classement des pays suivant l'indice de développement humain, il, le Burkina Faso occupe le 172 ième rang sur 175.

Les indicateurs de développement demeurent très préoccupants malgré les efforts consentis: l'espérance de vie à la naissance est de 52 %; la mortalité infantile est de 101 ( en 1995; le taux brut de scolarisation était de 37.72 % en 1995/96 et le taux d'analphabétisme de 82 %, bien en dessous du seuil critique permettant le développement. Le Burkina Faso doit faire face à plusieurs contraintes qui affectent la croissance économique:

  • la désertification et la pression démographique sur des ressources limitées et fragiles;
  • les conditions climatiques aléatoires;
  • le développement des ressources humaines nettement insuffisant à l'échelle de l'encadrement et le faible niveau de formation et d'organisation des producteurs;
  • les faibles performances et l'insuffisante maîtrise par un secteur privé, à peine émergeant, des fonctions d'appui à la production alors que l'Etat se dégage des fonctions productives et commerciales;
  • des systèmes de crédits agricoles déficients et un coût élevé des investissements;
  • une situation sanitaire alarmante (nutrition et présence croissante du SIDA);
  • des mouvements migratoires internes qui présentent, à terme, le risque de conflits fonciers;
  • un chômage important chez les jeunes, y inclus les jeunes diplômés, dont les effets potentiellement déstabilisateurs inquiètent les autorités.

Qui est le jeune burkinabé?

Les définitions démographiques du concept "jeune" se réfèrent au critère "âge". Au Burkina Faso les populations interrogées prennent en compte à la fois "l'âge", la "fraîcheur" physique et la "maturité d'esprit". Aussi, le Burkina Faso a-t-il retenu comme tranche d'âge prioritaire les 15 à 35 ans, sans distinction de niveau de formation, de genre et de statut civil.

L'activité principale en saison de pluies est l'agriculture pour 86.1% de la population active. En saison sËche les activités, peu diversifiées, occupent seulement 58% de la population active. Durant cette période les jeunes sont improductifs et désoeuvrés. Les jeunes de moins de 35 ans constituaient 74% des migrants en 1974 contre 93% en 1994.

La population agricole de de la tranche d'age de 7 ans et plus est à 84.3% analphabètes (scolarisés, 6.7% chez les femmes, 18.5% chez les hommes). Le taux de chômage des diplômés en 1995 varie de 65.56% (CAP/BEPC) à 89.3% (BAC et plus).

La situation des jeunes se caractérise par:

  • Une forte dépendance vis-à-vis du système familial; le revenu issu de l'agriculture reste entre les mains du chef de famille. La part qui revient aux jeunes est sans rapport avec leurs attentes.

  • Un vif besoin de changement (autonomie, ouverture vers le monde extérieur et loisirs).

  • Le manque de système de crédit adapté, la dégradation du patrimoine foncier, les difficultés d'accès à la terre, aux intrants, au crédit, aux équipements et le poids de la tradition font de l'agriculture, par ailleurs peu productive, un métier peu attractif.

  • Selon les statistiques sur le phénomËne de l'émigration:
    • 68.3% des jeunes de 20-29 ans évoquent des motifs économiques notamment la recherche d'un travail pour expliquer leur départ;
    • 17.8% migrent pour des raisons de famille (malaise engendré par le poids de la tradition, esprit d'indépendance),
    • 10% évoquent le besoin de distraction et d'affirmation de soi.
Les hommes émigrent 2,5 fois plus que les femmes, notamment les jeunes de moins de 35 ans qui représentent environ 93 % des migrants en 1994, contre 74 % en 1985.

L'alimentation de base est faite de céréales notamment le mil et le sorgho (190/kg/an/tête). Le jeune est partie intégrante de sa famille, il participe à cette production destinée essentiellement à la consommation familiale. Lorsque la production ne couvre pas les besoins familiaux tous les actifs, résidents ou non, sont interpellés. Les non-résidents envoient de l'argent, les résidents peuvent être obligés de rechercher des revenus monétaires hors du village. Cela peut donner lieu à une migration saisonnière à des fins alimentaires.

Disposer d'un moyen de déplacement (bicyclette: 100.000, mobylette: 450.000 FCFA) est un désir exprimé par la majorité des jeunes. Vient ensuite, pour les jeunes célibataires, la préoccupation du financement de leur mariage (montant plancher 100.000 FCFA). Enfin, le besoin de s'affirmer occupe une place importante dans la hiérarchie des motifs du départ. L'émigration est souvent perçue comme une phase initiatique à la vie adulte actuelle. Pour certains c'est un défi que l'on se sent obligé de relever. Quitter son village puis y revenir est souvent synonyme de "on sait plus", "on est plus moderne", "on est civilisé".

Les jeunes sont soucieux de leur niveau technique et de formation. Ils veulent avoir d'avantages de connaissances en techniques de production, en gestion d'exploitations, en organisation paysanne, etc.. Enfin au plan socioculturel, les besoins le plus souvent cités sont ceux relatifs à la santé, à la scolarisation des enfants et aux loisirs ( Ddanse, théâtre, sport, cinéma, télévision, musique).

Face la pauvreté en milieu rural , les jeunes réagissent par des migrations internes vers les villes ou les zones agricoles favorables. En ville, les perspectives d'emploi sont minces à cause du chômage. Dans les campagnes, les zones de départ sont dépeuplées au profit des zones d'accueil qui connaissent une dégradation rapide de leurs ressources environnementales qui est à l'origine de problèmes fonciers entre autochtones et migrants.

Les jeunes qui migrent vers les pays côtiers font face au chômage dans ces pays d'accueil. Ces dernières années, la pandémie du SIDA s'est adjointe au chômage pour rendre les perspectives de succès plus aléatoires. Une étude de la FAO sur l'impact du VIH/SIDA sur les systèmes de production agricole au Burkina Faso a montré que la majorité des victimes du SIDA dans les communautés rurales sont des jeunes. Les séro-positifs, après avoir épuisé leurs ressources en soins, reviennent au village pour y mourir. Autrefois l'émigration synonyme de transfert de revenu au profit de la famille, représente aujourd'hui une charge pour les exploitants agricoles des zones de départ qui dépensent leurs biens pour soigner leurs jeunes et entretenir les veuves et les orphelins.

Le Gouvernement relève le défi

Le Burkina Faso s'est engagé depuis 1991 dans un processus de démocratisation et d'amélioration de ses performances économiques et sociales dont les grandes orientations et stratégies sont présentées dans le Document Cadre de Politique Economique 95-97 (DCPE) et la Lettre d'Intention de Politique de Développement Humain Durable 1995-2005 (LIPDHD). La finalité de cette politique, inscrite dans la LIPDHD, est de centrer le développement du pays sur le concept "de sécurité humaine permettant l'accès de chaque burkinabé à un emploi rémunérateur, aux soins médicaux préventifs et curatifs, à la sécurité alimentaire, à la sécurité environnementale, et à la sécurité individuelle et politique". En 1994, alors qu'il s'adressait aux délégués de 8000 villages burkinabé, le Président du Faso a lancé une nouvelle orientation nationale sous la forme de la déclaration des "6 engagements":
  1. la sauvegarde de l'environnement et la lutte contre la désertification;
  2. l'accroissement de la production agro-pastorale;
  3. l'organisation et l'appui au secteur informel et à l'artisanat;
  4. le développement du réseau des petites et moyennes entreprises;
  5. le soutien aux activités productrices des femmes;
  6. l'élévation du niveau général des connaissances à la base et le développement du sport et des activités culturelles.
Les grandes orientations de politique et de stratégie agricole nationale du Gouvernement, définies en 1998, fixent les objectifs à atteindre d'ici l'an 2010: (i) l'émergence de nouveaux types d'exploitants agricoles, (ii) l'émergence d'un monde rural fort, autonome et structuré, (iii) un changement qualitatif important dans les systèmes de production.

Des expériences et des enseignements

Le Gouvernement a lancé très tôt de nombreuses activités dans le domaine de la formation et de la fixation des jeunes dans leur terroir. Parmi les plus récentes on peut citer: Les Brigades de Production, le Centre de Formation et de Production pour les Jeunes Filles, le Programme de Fixation des Jeunes dans leur Terroir, l'opération "Zanu", le Programme d'Appui aux Initiatives Communautaires de Base pour la Lutte contre la Pauvreté, le Programme d'Appui aux Initiatives des Jeunes de "Hope 87". Au total elles ont mobilisé plusieurs centaines de millions de francs et la participation de nombreux donateurs multinationaux, bilatéraux, ONGs, etc..

L'analyse des interventions, ponctuelles et éparses au succès variable, met en évidence plusieurs contraintes:

  • retard dans la distribution ou manque d'intrants;
  • manque de moyens pour assurer le suivi des opérations;
  • faible niveau d'équipement des groupes de jeunes;
  • absence de sécurité foncière;
  • manque de formation technique des adhérents;
  • faiblesse des organisations associatives.
Outre ces interventions ciblées, il y a lieu de rappeler que de nombreuses institutions et projets ont accumulé, au fil des ans, des savoir-faire et des techniques de production dans les domaines de l'agriculture, des forêts, de l'élevage et des pêches. Ces techniques de production et méthodes sont disponibles, mais pas toujours accessibles aux jeunes. Le Programme Spécial de Sécurité Alimentaire de la FAO les a rassemblées et traduites en actions démonstratives dans des zones pilotes. Les résultats de ces démonstrations ont servi à l'élaboration de fiches techniques justifiées, scientifiquement et économiquement, qui pourront valablement être utilisées pour le développement et la mise en oeuvre de projets économiques de jeunes, dans le secteur agricole.

Quelle stratégie?

Elle comporte trois volets interdépendants: (i) un appui institutionnel visant à rendre opérationnel les institutions d'appui à la production du Ministère de l'agriculture et plus particulièrement le Secrétariat permanent d'appui aux jeunes producteurs agricoles (SPAJPA), (ii) l'appui à la mise en oeuvre de projets agricoles émanants et exécutés par des jeunes ou des groupes de jeunes, (iii) l'élaboration du Plan d'action pour la mise en oeuvre de la Stratégie nationale de fixation des jeunes dans leur terroir.

Le Gouvernement a opté pour la libéralisation et le désengagement de l'Etat. Dans ce contexte, tout appui institutionnel doit être pensé en termes de développement accru du secteur informel, privé et associatif et de prise en considération du caractère durable de l'intervention. C'est ainsi que, partant de ces options et vu les maigres ressources humaines et matérielles du SPAJPA, le premier élément de la stratégie vise à dégager ce dernier des activités de terrain, pour le conforter dans les fonctions, qui sont siennes, de définition des politiques et stratégies, d'orientation, d'appui à la formation, de suivi et d'évaluation, et de mobilisation des ressources humaines et matérielles. Les activités de terrain seront conduites à l'aide d'accords de partenariat établis sur le principe du partage des ressources et des coûts avec des institutions publiques, privées ou ONG locales. C'est ainsi que les activités, par exemple, de formation des jeunes et responsables de groupes, d'appui à la formulation, au suivi de l'exécution et à l'évaluation des projets seront sous-traitées à des organisations spécialisées. Dès lors qu'ils seront suffisamment organisés et structurés les groupes seront amenés à traiter directement ces sous-traitances. L'application de cette démarche vise à l'amélioration de la productivité et de l'efficacité du SPAJPA et des services étatiques techniques spécialisés. Par ailleurs, elle permet de valoriser et maîtriser les effectifs humains et, par voie de conséquence, les charges récurrentes. Elle a enfin pour finalité la professionnalisation du monde rural.

L'économie nationale n'autorise, pour l'instant, que l'appui au développement de projets techniquement et économiquement viables. Le SPAJPA mettra en place, avec la participation des structures décentralisées d'appui à la production, les procédures garantissant la qualité des requêtes et d'approbation des projets agricoles et para-agricoles émanants des jeunes, individuels ou organisés en groupes (production, stockage, transformation, commercialisation, approvisionnement en intrants, etc.). A cet effet, au niveau des provinces seront érigés des Comités locaux d'approbation des projets (CLAP) constitués de représentants de la communauté villageoise concernée, des spécialistes matières et d'un représentant de l'institution de crédit. Lors de l'examen des projets le CLAP vérifie qu'ils répondent aux critères relatifs au renforcement de la sécurité alimentaire, à la protection de l'environnement, à la vie socioculturelle de la communauté, à la participation égalitaire des genres, à l'utilisation rationnelle de l'eau, etc.. De plus, ses membres sont directement impliqués dans les activités de suivi de gestion au cours de l'exécution du projet.

Les jeunes étant dépourvus de toutes ressources, il s'agira de mettre en place un système d'appui au crédit. Il sera suffisamment incitatif pour faire que les services spécialisés mettent effectivement à la portée des jeunes les fonds dont ils ont besoin. En regard du volume envisageable, ce système devra également pouvoir être réapprovisionné au rythme des capacités de mobilisation des apports et permettre son auto-renouvellement. En aucun cas le SPAJPA ne devra être impliqué directement dans l'octroi et le recouvrement du crédit, ces opérations resteront du seul et unique ressort des organismes de crédit.

Les interventions antérieures ont favorisé l'émergence de nombreux groupes de jeunes. Sans autre base de rassemblement que l'espoir de bénéficier d'une offre de service, quel qu'il soit et qu'il réponde ou non à une attente réelle, et avec une perspective à court terme, la solidité et la viabilité de ces groupes laissent trop souvent à désirer. Ces groupes ont toutefois déjà des projets, souvent mal formulés ou insuffisamment justifiés. Il s'agira de démarrer le programme avec ces groupes existants auxquels il faudra ouvrir des perspectives à plus long terme et qu'il faudra consolider par des actions de formation et des aides à la structuration. En raison du volume prévisible de la demande nationale, des zones pilotes seront sélectionnées sur la base de critères établis par le SPAJPA. Dans ces zones, en raison de leur connaissance du milieu, les agents de base de la vulgarisation agricole joueront un rôle décisif dans les étapes d'identification des groupes et de sélection de leurs projets. Dans un premier stade, on évitera dans toute la mesure du possible de promouvoir de nouveaux groupes et de nouveaux projets. Le jeune pourra se faire parrainer par un spécialiste matière ou une ONG locale pour la formulation et, plus tard, le suivi de son projet. Pour justifier son projet et ses composantes il sera invité à défendre son dossier devant le CLAP.

La formation des membres des groupes de jeunes, par les institutions partenaires, occupera une place de choix et visera le développement des capacités entrepreneuriales des bénéficiaires. Organisée, à proximité du lieu de résidence, pour les jeunes membres volontaires cooptés par le groupe elle appliquera les principes de l'alternance (théorie-pratique) et de formation en cascade (membre, formateur des membres de son groupe). Elle sera de courte durée, pratique, accessible aux différentes catégories de publics et appliquée au contenu de l'activité projetée durant toutes ses étapes (identification, formulation, exécution, évaluation). A chacune d'entre elles, elle intégrera: l'organisation du groupe, la technique, la gestion des ressources, l'analyse économique, la vie communautaire, la protection des ressources naturelles. Des canevas guides pour la formulation de projets, véritables instruments pédagogiques assortis de matériels didactiques appropriés, seront expliqués et remis aux formés. La formation des agents d'encadrement technique en poste fera l'objet d'un soin identique. Il s'agira en plus de développer chez eux des changements de comportement et de provoquer leur adhésion à cette nouvelle approche du développement.

Les techniques de production dans tous les domaines de l'agriculture, au sens large, existent. Dans le cadre d'expériences antérieures des méthodologies et approches ont été mises au point dans divers domaines: formation, crédit, etc.. Il s'agira de capitaliser ces acquis d'en constituer des référentiels techniques et économiques, de les "traduire" en forme pédagogique accessible aux différents niveaux d'éducation, de les tenir à la disposition et de les partager avec les jeunes et les institutions partenaires.

Les institutions décentralisées existantes devront rendre accessible aux jeunes les appuis techniques, organisationnels et financiers (approvisionnement en facteurs de production, livraison du crédit, formation, etc.). Si jugé nécessaire et faisable l'accélération de la décentralisation de certaines d'entre elles devra être envisagée. On n'oubliera pas qu'accessibilité signifie également facilité de procédures et simplicité de langage.

Pour qu'il y ait développement harmonieux et fixation durables filles et garçons doivent avoir la possibilité d'évoluer de concert, à parité, faute de quoi l'un ou l'autre migrera pour chercher le partenaire qu'il ne trouve pas au village. Au tout premier stade du projet, il s'agira donc de mettre en place un processus et les outils de suivi et d'évaluation permanente de la participation égalitaire des genres permettant la mise en oeuvre des mesures correctives jugées nécessaires.

Le développement des jeunes concerne les parents, le village, le terroir et l'environnement naturel dans lequel ils évoluent. Il s'agira de mettre en place des procédures d'implication des jeunes, de la communauté villageoise et des agents d'encadrement technique, pourvoyeurs de services conseils également concernés par le succès du projet.

Il paraît évident que l'agriculture ne soit pas en mesure d'offrir suffisamment d'opportunités d'emploi pour tous les jeunes ruraux et, de surcroît, de répondre à la diversité de leurs aspirations. Toutefois le SPJAPA, en l'occurrence centralisateur des requêtes, sera amené à recevoir des dossiers débordant le cadre des prérogatives techniques du Ministère. Dans ce cas, ne pouvant ni donner suite, ni les renvoyer à des fins de non recevoir le SPAJPA devra être en mesure de les orienter vers les services compétents. A cette fin, après avoir identifié les principaux centres d'intérêt des jeunes il dressera un inventaire national des institutions susceptibles de fournir compétences techniques et appui. Pour sa part, le Ministère développera des relations horizontales suffisamment fluides pour garantir le suivi du dossier. A ce propos il faut rappeler que le SPAJPA n'a pas de responsabilités techniques directes, celles-ci revenant de droit aux services compétents, tant du Ministère de l'agriculture que des institutions partenaires.

Ce vaste programme passe par le développement des éléments de la stratégie ébauchée ci-dessus (travaux en cours), son approbation par les autorités nationales et l'élaboration du plan d'action pour sa mise en oeuvre. Ce dernier abordera l'ensemble des composantes du dispositif concourant à la fixation des jeunes dans leur terroir. Il précisera les actions à prendre aux niveaux; institutionnel, financier, organisationnel, et traitera des problèmes cruciaux à résoudre tels que: le foncier, le crédit, la professionnalisation des groupes, etc.. Le caractère durable reposera sur la disponibilité de cadres et agents compétents et sur des groupes de jeunes capables de participer effectivement et de façon autonome au développement. Il s'agira donc de préparer rapidement des personnels aux nouveaux métiers qui découlent de cette approche: entrepreneurs, service-conseil, etc.. Au regard de l'étendue du programme en termes de volume des effectifs à fixer, de couverture géographique et de diversité des domaines techniques le plan d'action sera développé par filières et appliquera le principe du co-financement. Ce dernier permettant à chacun des partenaires de se situer et de situer leurs contributions. Un projet Gouvernement-PNUD-FAO, d'une durée de 36 mois, assistera le SPAJPA dans l'ensemble de ces activités.


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