Action 21/15:Biodiversidad
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Rapports d'activité
FAO, juin 1997
Chapitre 15:
Préservation de la diversité biologique
pour l'alimentation et l'agriculture

L'enjeu

Les ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture constituent la base biologique dont dépend la sécurité alimentaire mondiale. Elles reposent sur la diversité du matériel génétique des plantes et des races animales traditionnelles et modernes, ainsi que des espèces sauvages apparentées qui sont couramment consommées. Cette diversité agrobiologique est aujourd'hui de plus en plus menacée. De nombreuses plantes ont disparu au cours de notre siècle car les agriculteurs ont abandonné les cultivars traditionnels et les races locales pour adopter des variétés génétiquement uniformes et à haut rendement. Près de 30 pour cent des races d'élevage sont en voie d'extinction. Dans le secteur des pêches, les espèces qui ont été introduites ont permis d'améliorer la production dans de nombreuses régions, mais elles risquent aussi de réduire la diversité génétique naturelle. Dans les forets, la diversité génétique est menacée par les pertes d'habitat, les pratiques forestières non durables et la contamination du capital génétique adapté aux conditions locales par les hybrides.

Le programme Action 21 a lancé une mise en garde contre l'érosion de plus en plus rapide de la diversité biologique de la terre, qui constitue une «sérieuse menace pour l'humanité». Les pays en développement, pour satisfaire les besoins en vivres de leur population en expansion, devront accroître rapidement la production agricole, en ayant recours principalement à une intensification durable, à l'accroissement de la productivité et à une gestion optimale des systèmes productifs naturels. La réussite tient à la conservation et à l'utilisation de l'ensemble du matériel génétique adapté aux conditions locales, y compris les gènes des espèces sauvages proches parentes des plantes cultivées et des animaux domestiques. Il est également fondamental d'éviter une ultérieure érosion des espèces cultivées et des races d'animaux domestiques.

Les progrès accomplis depuis la CNUED

Sous l'impulsion de la CNUED, la FAO a étendu le champ d'action de sa Commission intergouvernementale des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture à la diversité biologique de toutes les plantes, de tous les animaux d'élevage, des forêts et des pêches. La Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique a reconnu le rôle de la Commission, du fait de «la nature spéciale de la biodiversité agricole, de ses caractéristiques propres et de leurs problèmes qui nécessitent des solutions spécifiques». Conformément aux recommandations du programme Action 21, la Commission est en train de renforcer le Système mondial de la FAO su les ressources phytogénétiques. La Commission est un lieu de rencontre où se négocie, conformément aux dispositions de la Convention sur la diversité biologique, la révision de l'Engagement international sur les ressources phytogénétiques de 1983. Sous son égide, la FAO a publié le premier Rapport sur l'état des ressources phytogénétiques dans le monde et a préparé un Plan d'action mondial pour la conservation et l'utilisation rationnelle des ressources phytogénétiques, qui a été adopté par 150 gouvernements lors de la Conférence technique internationale qui s'est tenue en juin 1996 à Leipzig (Allemagne). Deux autres éléments essentiels du Système mondial ont vu le jour sous les auspices de la FAO: le Système d'information et d'alerte rapide sur les ressources phytogénétiques dans le monde (SIAM) et le Réseau international de collections ex situ de matériel génétique.

La FAO est également en train de mettre en place le Programme mondial de gestion des ressources zoogénétiques pour l'élevage. Une enquête, réalisée dans 180 pays, a marqué le début des travaux et a révélé la gravité de l'érosion génétique au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Ce programme reposera sur une structure nationale de points de convergence, sur des réseaux de parties prenantes et sur le Système mondial d'information sur la diversité des animaux domestiques (DAD-SI). Il est également prévu d'élaborer un programme technique de grande ampleur, d'établir un dialogue et des mécanismes de prise de décisions au niveau intergouvernemental et de mobiliser des experts pour définir les modalités d'application.

Dans le secteur des pêches, la FAO a déterminé, en 1992, les priorités et les principes généraux de l'utilisation durable et de la conservation de la diversité génétique des espèces aquatiques naturelles et d'élevage. Des plans d'action et des principes directeurs ont été élaborés en 1995 dans le cadre de la Conférence internationale sur la contribution durable des pêches à la sécurité alimentaire de Kyoto (Japon) et du Code de conduite pour une pêche responsable. En collaboration avec la Suède, la FAO a également mis au point des principes directeurs pour l'application d'une «approche de précaution» en matière de gestion des pêches et d'introduction d'espèces.

Dans le domaine des ressources génétiques forestières, la FAO a coparrainé, en 1995, une série d'ateliers internationaux sur les zones boréales et sur les ressources génétiques forestières des zones tempérées de l'Amérique du Nord et de l'Europe, susceptibles de servir de modèle en 1998 à des discussions similaires dans d'autres régions écologiques. En mars 1997, le Comité des forêts de la FAO a examiné la nécessité de préparer un plan d'action mondial pour les ressources génétiques forestières destiné à faciliter une prise en charge par les pays afin de renforcer et de simplifier, à l'avenir, les activités dans ce domaine. Il n'a pas été possible de parvenir à un accord, mais certains pays ont suggéré que la FAO devrait poursuivre ses efforts en vue de soutenir l'élaboration des plans d'action régionaux et sous-régionaux.

Les instruments créés après la CNUED ont insufflé une nouvelle vigueur aux structures juridiques existantes et notamment à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). La FAO a aidé les gouvernements à améliorer leur législation et leurs programmes de conservation et de développement durable des ressources de la faune et de la flore sauvages, des écosystèmes et des zones protégées.

Les questions clés

Plantes destinées à la production alimentaire

Elaborer des programmes nationaux vigoureux sur la diversité agrobiologique, prévoyant la participationde nombreuses parties prenantes, afin de pouvoir compter sur une structure capable de formuler des stratégies et de planifier des activités dans le secteur de la diversité agrobiologique en vue de contribuer au développement national.
  • Améliorer la conservation in situ et le développement en réalisant des prospections et des inventaires des ressources phytogénétiques existantes; en assurant le soutien de la gestion et de l'amélioration des espèces au niveau des exploitations; en prenant des mesures en vue de favoriser la conservation in situ des espèces spontanées et des espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées, et en aidant les agriculteurs en cas de catastrophe à rétablir leurs systèmes agricoles.

  • Soutenir les collections in situ existantes, régénérer le matériel végétal menacé et élargir les activités de conservation afin de mieux utiliser les ressources des jardins botaniques et autres structures de conservation.

  • Faciliter l'utilisation des ressources phytogénétiques en élargissant les principales collections, valoriser et élargir la base des ressources génétiques et favoriser l'exploitation et la commercialisation des cultures et des espèces sous-exploitées, soutenir la production et la distribution de semences et développer de nouveaux marchés pour les variétés locales et les produits intéressants du point de vue de la diversité biologique.

  • Encourager la création de réseaux, construire des systèmes d'information complets, développer les systèmes de surveillance et d'alerte rapide, améliorer et développer l'enseignement et la formation et favoriser la prise de conscience au niveau du public.

Elevage

  • Faire mieux connaître le rôle des animaux d'élevage et de la diversité des animaux domestiques dans le développement durable des écosystèmes agricoles.

  • Affiner les indicateurs et déterminer la valeur respective des espèces génétiques existantes pour fixer les priorités sur une base objective.

  • Entamer des activités de préservation, notamment par les systèmes de banques de gènes in situ, afin d'éviter la perte imminente de près d'un tiers de l'ensemble des ressources zoogénétiques.

  • Mettre au point des méthodes en vue d'une intensification durable des principaux écosystèmes agricoles mondiaux, où les apports d'intrants sont faibles à modérés.

  • Etudier point par point le Programme mondial de gestion des ressources zoogénétiques pour l'élevage et établir, sur cette base, un dialogue avec les pays à propos des politiques et des activités.

Pêches

  • Recenser la diversité génétique, au moins au niveau des espèces et, si cela est possible, au niveau des gènes, en tenant compte des caractéristiques phénotypiques et génotypiques.

  • Attirer l'attention sur les avantages et les inconvénients pouvant découler de l'introduction d'espèces et formuler des principes directeurs pour la mise en application des codes de pratiques existants. Il serait aussi souhaitable d'étoffer les bases de données de la FAO sur les introductions d'espèces et sur leur incidences.

  • Favoriser l'adoption de techniques génétiques en aquaculture et le respect des principes directeurs de sécurité biologique, compte tenu de l'approche de précaution, de la capacité des zones prévues pour leur utilisation et de leur innocuité pour l'homme et l'environnement.

  • Encourager une planification intégrée et intersectorielle et une gestion intégrée des zones afin de réduire les risques pour les autres secteurs.

  • Elaborer des principes directeurs pour la gestion des programmes d'aquaculture et analyser les interactions réelles entre espèces aquatiques d'élevage et espèces sauvages.

  • Concevoir les politiques applicables aux ressources génétiques aquatiques sur une base scientifique (accès, éthique, propriété et transfert de technologies).

Forêts, faune et flore sauvages et écosystèmes

  • Assurer, à un niveau adéquat, la conservation des forêts et des autres écosystèmes. L'Evaluation des ressources forestières mondiales en l'an 2000 de la FAO accorde une attention toute spéciale aux zones forestières protégées et aux unités de conservation.

  • Améliorer la connaissance de la flore et de la faune sauvages et de leur utilisation durable pour la sécurité alimentaire, conserver les écosystèmes dans les zones protégées et renforcer les réseaux, l'enseignement et la formation dans le domaine de l'aménagement de la faune et de la flore sauvages et des zones protégées.

  • Mettre au point de nouvelles approches pour la conservation des écosystèmes, en tenant compte des nouvelles tendances en matière de gestion des écosystèmes, notamment l'intégration de la conservation et du développement rural.

  • Adopter des techniques durables pour l'utilisation des ressources de la faune et de la flore sauvages, tout en assurant l'application des conventions sur la conservation et le commerce, notamment la CITES.

Le rôle de la FAO

Conformément à son mandat, la FAO s'intéresse à la conservation et à l'utilisation durable de la biodiversité agricole, qui est la source même des aliments et autres produits agricoles. Bien que le Chapitre 15 du programme Action 21 recouvre tous les types de diversité biologique, des éléments importants de biodiversité agricole sont également traités dans d'autres chapitres pour lesquels la FAO est maître d'uvre.

La FAO, par le truchement de sa Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture, a présenté des rapports sur l'état d'avancement de ses activités dans le domaine de la biodiversité agricole à la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique, et a collaboré étroitement avec le Secrétariat de la Convention. L'échange de rapports entre la Commission de la FAO et la Conférence leur permettront d'agir de manière complémentaire et en parfaite synergie.


Contacts

Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
José T. Esquinas-Alcázar
Tél.: (+39-6) 5225 4986
Courrier électronique: jose.esquinas@fao.org

Ressources phytogénétiques
H. David Cooper
Tél.: (+39-6) 5225 3789
Courrier électronique: david.cooper@fao.org

Diversité des animaux domestiques
Keith Hammond
Tél.: (+39-6) 5225 3364
Courrier électronique: keith.hammond@fao.org
WWW: ../../../../dad-is/

Diversité biologique des pêches
Devin M. Bartley
Tél.: (+39-6) 5225 4376
Courrier électronique: devin.bartley@fao.org

Ressources génétiques forestières
Mr. E.H. Sène
Tél.: (+39-6) 5225 5978
Courrier électronique: elhadji.sene@fao.org


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