Cover Image
close this bookImpact des Échanges Régionaux de Céréales sur la Sécurité Alimentaire en Afrique de l'Ouest. (Club du Sahel, 1989)
View the document(introduction...)
View the documentLes limites des politiques d'autosuffisance alimentaire
View the documentL'impact des échanges extérieurs sur la sécurité alimentaire
View the documentConclusion
View the documentBibliographie

Les limites des politiques d'autosuffisance alimentaire

Les politiques d'autosuffisance alimentaire visent essentiellement ccroe la production vivri nationale. Les instruments utilispar ces politiques varient selon les pays ouest-africains, mais leur essence reste une incitation a production vivri ravers des mnismes de soutien du prix au producteur avec ou sans des subventions accord aux intrants agricoles. Le soutien de prix va production se fait gralement ravers des achats des offices caliers nationaux comme au Sgal, ou la protection du marchational par la rementation des anges exteurs comme au Mali.

Que ce soit ravers des achats ou la protection du marchational, les pays ouest-africains ont incapables de dndre les prix minimums qu'ils ont voulu garantir eurs producteurs pendant les ann d'excnts caliers, soit parce que leurs offices ne disposent pas de suffisamment de fonds pour assurer des prix vpar voie d'un stock rlateur, soit parce que la permilite leurs frontis rend difficile une augmentation des prix ravers les politiques commerciales. Ainsi au Mali durant la campagne 1985/86, l'OPAM (l'office calier du Mali) avait charge dndre un prix minimum au producteur de 55 F.CFA/kg. Compte tenu du fait que les prix du marchibre ient largement infeurs 5 F.CFA/kg, tous les commerts se sont prpitpour vendre 'OPAM. Au bout de trois mois, l'OPAM avait achetrde 82 900 tonnes de cales quand ses fonds s'isnt. Avec l'isement des fonds de l'OPAM, les prix au producteur baissnt fortement en passant de 51 F.CFA/kg 8 F.CFA/kg sur certains marchruraux (Voir Staatz, Diont Demb, p. 13).

M si les pays sahens ient en mesure d'assurer des prix va production, ils devront faire face es probls de sritlimentaire dans le court terme, car des prix va production supposent des prix va consommation, oins que les consommateurs ne soient subventionn L'expence du Mali a cependant montrue les pays sahens n'ont pas la capacite supporter ong terme de telles subventions gralement financ par des dcits budgires sans appui exteur.

Il n'est pas certain que des prix vau producteur puissent aboutir ne augmentation de la production, du moins dans le court terme. Le degruquel les producteurs peuvent accroe leur production en rnse ne augmentation des prix est fonction de leur accessibilit davantage d'intrants, de capitaux et de duchpour la commercialisation. Cela, demment, varie d'une ron 'autre en Afrique de l'Ouest. Par exemple, l'augmentation des prix des denr alimentaires de premi nssitu Nigeria, due 'interdiction d'importations du riz, semble avoir stimul'accroissement de la production du gari (manioc) (Spencer). Dans la plupart des pays sahens d'autre part, il semble que la pluviomie et des contraintes technologiques aient plus d'influence sur la production cali que les prix dans le court terme.

M si les politiques de soutien de prix va production sont nssaires pour encourager ong terme la production locale et rire la dndance d'un pays vis-is de l'exteur, ces politiques posent dans le court terme des probls aigus de sritlimentaire, surtout en milieu rural mal desservis en importations calis. En effet, ces politiques ignorent trop souvent la disparitntre producteurs en supposant qu'ils constituent une classe homog qui s'autosuffit.

Contrairement es suppositions, des des ont rlu'au Mali, 43% des producteurs de mil, sorgho et mais dans les zones les plus productrices du pays (CMDT et OHV) ient acheteurs nets de cales en 1985/86 et 1986/87 (ann de bonnes rltes) et que seulement 16% des producteurs risent prde 75% des ventes nettes de cales (voir Dion Ainsi, toute politique de soutien des prix au producteur au Mali heurtera au moins 43% des producteurs et accentuera la disparitntre producteurs. Des rltats similaires ont trouvdans plusieurs autres pays africains, y compris le Burkina Faso (Reardon, Matlon, et Delgado), le Zimbabwle Sgal, la Somalie, et le Rwanda (Weber et al.). Au Burkina Faso par exemple, durant l'annde seresse de 1984/85, moins de 5% des exploitations di par Reardon, Matlon, et Delgado dans le plateau Mossi et la ron sahenne ient autosuffisantes en cales. Les exploitations qui ient les plus aptes aire face a seresse furent celles ayant des sources de revenus qui leur permettaient d'acheter les cales au marchEn clair, de telles exploitations seraient affect ntivement dans le court terme par des augmentations des prix des cales.

Dans le long terme, le dilemme relatif a protection d'un grand nombre de consommateurs as revenus contre les prix vdes produits alimentaires et le maintien des incitations pour la production nationale peut e rlu seulement en diminuant les conitaires de production ravers des changements technologiques en agriculture. De tels changements pourraient permettre une chute rle des prix des produits alimentaires et maintenir en m temps la rentabilite la production agricole.

L'impact ntif des mesures de soutien des prix a production sur la sritlimentaire des ruraux dans le court terme implique que des politiques d'augmentation de la production nationale vivri doivent e partie intante d'une politique globale de sritlimentaire. En effet, des politiques d'augmentation de la production nationale coupl avec des politiques d'angexteurs, d'aides alimentaires et de crion d'emplois, devront permettre n Etat de poursuivre en m temps des objectifs d'indndance alimentaire et de sritlimentaire.