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close this bookFormation Professionelle en Afrique: Technologie Generale pour Construction Métallique - Tome 2
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19. Pratiques du travail du tôle - Le dressage des tôles

I. Définition et but

Dresser une tôle c'est la rendre aussi plane que possible et, en même temps, la raidir suffisamment pour qu'elle se maintienne dans son plan sans aucune déformation.

Le dressage se pratique sur les tôles qui doivent rester planes. On dresse également les tôles sur lesquelles on exécutera des tracés, car aucun tracé précis, aucune vraie grandeur ne peuvent être obtenus sur une surface gauche ou sur une surface présentant des creux et des bosses.

Remarque:

Quand une tôle doit être cintrée ou formée au marteau, il est inutile de la dresser d'une façon impeccable. Un dressage sommaire est suffisant, les irrégularités disparaissent au cintrage ou en cours de fabrication.

II. Méthodes de dressage

Pour dresser une tôle, il faut donc chercher à obtenir une tension, c'est-à-dire une répartition des molécules, aussi homogène que possible.

Ce résultat peut être obtenu:

1. en réduisant une surface trop longue par refoulement du métal sur lui-même, par rétreinte, procède applicable seulement dans certains cas particuliers;

2. en allongeant les parties les plus courtes (c'est le procédé le plus fréquemment employé), soit par une action de martelage: dressage à la main, soit par une action de pression conditionnée: dressage à la machine;

3. en soumettant la tôle à un effort de traction engendrant un allongement permanent.

III. Dressage des tôles minces

Outillage - très simple, il comprend:

Un tas ou marbre, de forme rectangulaire en fonte, quelquefois en acier. Sa surface doit être unie, exempte de trous ou de marques quelconques; une légère convexité de deux ou trois millimètres par mètre est utile, car elle permet de mieux assurer les coups de marteau qui doivent toujours "porter".


marbre

Souvent on préfère dresser, ou simplement commencer le dressage, sur un tas à planer place contre le marbre qui forme table support, sur lequel s'appuie et se déplace la tôle a dresser. Ce tas en acier a l'avantage d'être plus efficace que le marbre en fonte, le coup de marteau porte mieux.


Figure

Un marteau à dresser relativement lourd pour permettre l'allongement du métal sur toute son épaisseur. Ses têtes ont un grand diamètre pour éviter que l'effet du choc soit trop localisé.


Figure

Un maillet, généralement en bois, est utilisé pour terminer le dressage en raison de la grande surface de ses touches et de son faible poids. Cecilité une meilleure répartition de l'allongement du métal tout en supprimant les petits défauts qui subsistent encore.

IV. Technique du dressage

Déceler d'abord les défauts des tôles, pour déterminer les parties qui doivent être martelées.

Le dresseur place la tôle sur le marbre et la soulève légèrement en la saisissant par un angle. Les parties longues Où les tensions sont moindres, fléchissent plus que les parties courtes; en soulevant et en reposant la tôle, on les voit tour à tour fléchir, former un creux puis former une bosse.

Si les parties longues sont localisées vers le centre de la tôle, les bords sont droits, la tôle est bombée.

Au contraire, si les parties longues sont situées vers les bords, ceux-ci ne se maintiennent pas dans leur plan. En faisant pression sur les bosses on produit un mouvement ondulatoire du bord, la tôle est voilée.

Principe du martelage:

Réduire les basses en allongeant le métal dans ses parties courtes qu'il est nécessaire de distendre pour que les tensions moléculaires s'équilibrent, diriger le métal, "l'écouler" vers les parties courtes.

V. Quelques exemples types de dressage

1. Dressage d'une tôle bombée.

Supposons que la tôle soit circulaire. Frappons en partant de l'origine de la bosse vers les bords, suivant des rayons, en resserrant de plus en plus les coups de marteau au fur et à mesure que l'on approche du bord, sans toutefois frapper juste sur la tôle où l'allongement se produirait de façon plus intense. Les coups doivent aussi être plus forts vers le bord (fig. 4).

Après un premier martelage, le bombé a diminué, la tôle se raidit, la partie longue n'occupe plus que le cercle B (fig. 5). Recommencer l'opération en évitant de frapper aux mêmes endroits (fig. 5 et 6).

A la fin du dressage, réduire l'intensité des coups de marteau. Il est recommandé de terminer en employant le maillet.

Remarque:

Retourner fréquemment la tôle pendant le dressage afin que l'allongement soit le même sur chaque face.


Fig. 4


Fig. 5


Fig. 6

2. Dressage d'une tôle voilée.

Le martelage s'effectue du bord vers le centre (fig. 7 et 8). agir prudemment en se gardant de ne pas allonger trop le centre, ce qui produirait la déformation inverse.

Comme précédemment, alterner les lignes de frappe et retourner fréquemment la tôle.


Fig. 7


Fig. 8

Généralement, les tôles à dresser sont de forme rectangulaire. La figure 9 indique schématiquement le dressage d'une tôle bombée. La figure 10 montre le procédé applicable pour le dressage d'une tôle ne présentant qu'un léger voile sur chaque bord.


Fig. 9


Fig. 10

- a: martelage d'une face
b: martelage de l'autre face.

3. Dressage d'une tôle présentant une cloque dans un angle.

Allonger le métal vers l'angle le plus rapproché de la cloque, c'est-à-dire marteler une surface réduite a la partie A (fig. 11).


Fig. 11


Fig. 12

4. Dressage d'une tôle présentant des déformations multiples.

Les exemples simples que nous venons de traiter se présentent rarement d'une manière isolée. Fréquemment les tôles ont à la fois des parties bombées et des parties voilées, disséminées dans la surface. Pour dresser des tôles ainsi déformées, il faut revenir à l'un des cas précédents (1° ou 2°) en allongeant systématiquement soit les bords, soit le centre.

Le dressage d'une tôle bombée étant plus facile que celui d'une tôle voilée, on commence par rendre la tôle uniformément bombée, en frappant surtout vers le centre et en évitant les bosses (fig. 12).

Avant de dresser une tôle à déformations multiples, ou après une première passe de dressage, il est utile de "la briser", c'est-à-dire de la cintrer à la machine à rouler, alternativement sur chaque face, en desserrant progressivement le rouleau cintreur jusqu'à obtenir une tôle sensiblement droite (fig. 13, 14, 15 et 16).


Fig. 13


Fig. 14


Fig. 15


Fig. 16

5. Dressage dune tôle été cisaillée à l'atelier.

Le cisaillage occasionne toujours une bavure sur les bords qui sont également plus ou moins déformés. La tôle présente souvent "du gauche" quand sa largeur est très petite par rapport a sa longueur.

Le dressage d'une tôle cisaillée commence par l'aplatissement des bavures: on frappe légèrement (pour éviter l'allongement excessif) sur toute la longueur du bord.

Si la tôle est gauche, placer la partie à redresser en dehors du marbre et frapper à faux avec le maillet (fig. 17).


Fig. 17

VI. Considérations sur le dressage par martelage des tôles minces

C'est une opération délicate, demandant beaucoup d'expérience et d'adresse. Il faut posséder une grande sûreté de frappe afin d'éviter de marquer la tôle avec la carre du marteau.

L'attention doit toujours être maintenue en éveil. Quelques coups de marteau en trop provoquent souvent des déformations difficiles à corriger et qui nécessitent toujours beaucoup de travail.

VII. Dressage des tôles d'épaisseur moyenne

A partir d'une épaisseur de 5 mm, le marteau à dresser n'a pas un effet suffisant; on emploie alors une masse dite "de chaudronnier".

Le dressage s'opère dans les mêmes conditions que pour les tôles minces; plus facilement toutefois, car les défauts sont moindres.

On termine souvent le dressage à l'aide d'une chasse a parer et d'un marteau à devant.

VIII. Dressage des tôles épaisses

Les tôles de petites dimensions (exemple: brides déformées par le découpage au chalumeau) peuvent être dressées a chaud sur le marbre en employant la chasse et le marteau à devant, les parties bombées sont ainsi refoulées.

Les tôles épaisses (10 mm et plus) ne sont jamais très déformées, les différences de tensions moléculaires ne sont pas, en effet, suffisantes pour déterminer des cloques ou des voiles; les déformations sont limitées à des cintres ou a du gauche.

Elles sont redressées par étirage

L'effet du martelage sur une tôle épaisse est toujours superficiel; si donc on martèle une face, seule cette face s'allongera et provoquera un cintrage de la tôle.

Repérer à l'aide d'une règle les parties creuses qui seront allongées par martelage, soit:

1. sur un marbre à l'aide d'un marteau à garnir de 28 à 32 mm en martelant à coups très serrés (fig. 18).
Le martelage peut être exécuté simultanément par deux compagnons;

2. au marteau pneumatique.


Fig. 18

La tôle est placée, de préférence, verticalement, position qui évite tout fléchissement dû à la masse du métal.

IX. Le dressage à la machine

Les premières machines à dresser les tôles n'étaient que des machines à cintrer appelées encore machines à cintrer type planeur. Ces machines ne permettaient que le dégauchissage et le brisage de la tôle (fig. 21).

Aujourd'hui, on trouve couramment dans les ateliers des "machines à planer les tôles" comportant un grand nombre de rouleaux (de 5 a 23).


Fig. 21 - B fixe en translation et A mobile verticalement entraînent la tôle. C: cylindre cintreur.

Ces machines sont construites suivant deux conceptions différentes:

les rouleaux sont rigides ou déformables.


(re)dresser en étirant


(re)dresser en torsadant


dresser par cylindre


dresser a la flamme