
| Accélérer la promotion des moustiquaires imprégnées en Afrique - Cadre stratégique pour la coordination de l'action nationale (WHO - OMS, 2002, 16 p.) |
| Le cadre de travail |
Les moustiquaires sont des objets domestiques bien connus même là où elles sont encore peu utilisées. Elles sont disponibles sur les marchés et chez les commerçants dans la plupart des grandes villes africaines. En revanche, l'utilisation des insecticides pour le traitement des moustiquaires est encore peu connue en Afrique. Ces insecticides mal identifiés ne font pas encore partie de la vie courante et leur disponibilité commerciale est extrêmement limitée. Alors que le traitement d'une moustiquaire avec un insecticide double au moins son efficacité en termes de santé publique, cet avantage est moins facilement perçu par les utilisateurs que ceux de la moustiquaire elle-même. La plupart des projets de promotion de MTI ont constaté qu'il était plus facile de stimuler la demande pour les moustiquaires que celle pour les insecticides.
Pour le moment, les perspectives en termes de marché local, sont bien meilleures pour les moustiquaires que pour les insecticides. Il faut donc rechercher pour la distribution des insecticides un équilibre particulier entre le secteur public et le privé, avec sans doute une place plus importante faite aux subventions et au financement public. C'est le système qui est utilisé en Chine et au Vietnam, où le gouvernement fournit gratuitement la réimprégnation des moustiquaires tandis que celles ci sont directement achetées sur le marché local par la population. Ces pays hébergent les deux programmes de MTI les plus importants au monde et les plus durables Un tel système comporte plusieurs avantages. Il tient compte du fait qu'une moustiquaire traitée protège non seulement l'utilisateur, mais confère aussi une protection partielle et indirecte aux autres personnes qui dorment à côté. Il tient également compte du fait qu'on ne doit pas espérer obtenir un taux de retraitement élevé des moustiquaires par l'intermédiaire du seul système commercial. Par ailleurs, la fourniture gratuite du traitement insecticide constitue une motivation supplémentaire pour acheter les moustiquaires. En Asie, les services de retraitement sont bâtis sur les mêmes systèmes qui, dans le temps, assuraientles pulvérisations intra-domiciliaires d'insecticides à effet rémanent. Un système équivalent pourrait fonctionner dans certaines régions d'Afrique.
Les technologies nouvelles d'imprégnation des fibre textiles permettent d'envisager la production de moustiquaire dont le traitement insecticide réalisé en usine résiste au lavage et dont l'efficacité dure aussi longtemps que la moustiquaire elle-même. L'avènement des moustiquaires durablement imprégnées modifiera sans doute l'approche du traitement des moustiquaires tout en créant des opportunités nouvelles dans la planification des programmes nationaux et régionaux de moustiquaires imprégnées. De nouveaux mécanismes de subvention des insecticides pourront sans doute être envisagés, notamment en appuyant le transfert des technologies de traitement insecticide durable vers les producteurs de moustiquaires africains qui écoulent déjà des millions de moustiquaires non traitées sur les marchés africains. Le traitement durable et à faible coût peut offrir l'opportunité d'une intervention avec un excellent rapport coût-efficacité. Toutefois, il faudra veiller à ce que toute intervention de cette nature stimule le développement d'autres procédés de traitement durable et évite la création de situations de monopole. Dans tous les cas, les consommateurs auront besoin d'informations claires et indépendantes sur les performances des différents produits.
Entre-temps, il ne faudra pas oublier les millions de moustiquaires déjà en usage en Afrique qui dans leur grande majorité, ne sont pas traitées. Le développement et l'introduction des Moustiquaires Durablement Imprégnées (MDI) prendront sans doute du temps, aussi la mise en oeuvre de stratégies efficaces de retraitement sera-t-elle encore nécessaire pendant de nombreuses années.