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close this bookL'hygiène du Milieu après une Catastrophe Naturelle (PAHO)
close this folderDeuxième partie - L'hygiène du milieu après un désastre
View the documentChapitre 1- Facteurs essentiels à une gestion efficace
View the documentChapitre 2 - Première phase: mesures à prendre avant une catastrophe
View the documentChapitre 3 - Deuxième phase: mesures à prendre pendant et après un désastre
View the documentChapitre 4 - Troisième phase: activités de réhabilitation

Chapitre 1- Facteurs essentiels à une gestion efficace

Le choix de mesures appropriées

Lors d'un désastre, il faut prendre des mesures appropriées afin d'arrêter la détérioration de l'environnement, de maintenir les services de santé en activité et d'assurer à la communauté des conditions de vie normales. Les mesures de protection de l'hygiène du milieu doivent être prises avant et immédiatement après le désastre et, dans toute la mesure du possible, pendant le désastre. L'ordre de priorité des mesures à prendre, à chaque moment, dépend non seulement des possibilités techniques et des ressources disponibles, mais également de l'aptitude de chaque mesure à rétablir les conditions existant avant la catastrophe.

Il faut tenir compte, en décidant de la marche à suivre, des zones d'intervention prioritaires, de l'ordre de priorité des besoins d'assainissement et des disponibilités en personnel. Le choix des régions prioritaires est essentiellement déterminé par la présence ou l'absence de risque de maladie dans les régions hébergeant les sinistrés. La périphérie des centres urbains et les centres d'hébergement temporaire pour réfugiés méritent une attention particulière.

Il faut accorder une priorité absolue aux services nécessaires au maintien du bien-être individuel dans les zones vulnérables et y susciter la collaboration active de tous. Certaines prestations sont indispensables et doivent être assurées:

1. un abri adéquat pour les personnes déplacées;

2. de l'eau potable en quantité suffisante et d'accès facile;

3. des installations pour l'élimination des eaux usées et des excréments;

4. la protection des ressources alimentaires de toute contamination;

5. la protection des personnes, dans les régions sinistrées, contre les maladies transmises par vecteurs, par la lutte antivectorielle et les méthodes chimioprophylactiques.

Le manque de personnel sanitaire compétent peut limiter les interventions d'urgence après un désastre. La participation d'experts locaux est donc essentielle. Grâce à leurs connaissances des conditions antérieures au désastre et des, conditions socio-économiques des régions sinistrées et, ce qui est plus important encore, grâce à leur expérience de travail dans des conditions similaires à celles prévalentes dans les régions frappées par un désastre, ils sont généralement mieux préparés à faire face aux situations d'urgence. Ces conditions ne sont souvent pas remplies par les experts étrangers, leur inexpérience nuisant au succès des activités de secours. Il faut donc être attentif à ce point lors de l'engagement d'experts étrangers.


Photo J. Vizcarra Brenner/OPS -
La corvée d'eau à une pompe, en Bolivie. L'approvisionnement en eau potable est prioritaire à la suite d'une catastrophe naturelle.

Le calendrier des mesures d'urgence

La planification des mesures d'hygiène du milieu doit se faire en trois grandes phases qui seront présentées ici, assorties de recommandations quant au moment de prendre les mesures et à la durée de chaque phase. Toutefois, celle-ci variera en fonction de la situation créée par chaque désastre.

La première phase comprend les mesures prises avant le désastre et destinées à créer et à maintenir un état de préparation au désastre. Elle doit être particulièrement développée dans les régions vulnérables, c'est-à-dire celles où des désastres se sont déjà produits, et celles où l'on craint qu'il ne s'en produise.

La deuxième phase débute lors de l'impact du désastre et se termine généralement sept jours plus tard. Les mesures de protection de l'hygiène du milieu sont mises en oeuvre, si possible, déjà pendant le désastre et immédiatement après lui. Cette phase se subdivise en deux sous-phases: les mesures immédiates, prises pendant les trois premiers jours de l'impact et les mesures de renforcement, engagées dès l'exécution des premières.

La troisième phase concerne la restauration et la réhabilitation de l'environnement. La mise au point des mesures de réhabilitation doit être faite dès l'engagement des mesures de la deuxième phase. Comme pour la phase précédente, les mesures de la troisième phase se divisent en deux: les mesures à court terme visant à ramener les conditions de salubrité et les activités des services de l'hygiène du milieu au niveau antérieur au désastre, et les mesures à long terme de reconstruction comprenant toutes les étapes nécessaires pour améliorer l'environnement et le fonctionnement des services de l'hygiène du milieu, ce qui nécessite beaucoup plus de temps.

Toutes les mesures des phases 2 et 3 devraient être exécutées dans les trois semaines qui suivent le désastre, exception faite des activités de reconstruction à long terme. Le Tableau 3 donne un calendrier d'exécution et d'achèvement des mesures.


Tableau 3. Calendrier des mesures à prendre dans des situations d'urgence, à la suite de désastres naturels

Chacune des mesures d'hygiène du milieu à prendre au cours des différentes phases sont décrites dans les prochains chapitres et quoique l'analyse détaillée des mesures à long terme de réhabilitation dépasse le cadre de ce manuel, quelques recommandations essentielles sont proposées.