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close this book18. Mobilisées mais prudentes: Les efforts des organisations internationales pour mettre la Maternité Sans Risque à l'ordre du jour
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Ce n'est pas juste une maladie comme les autres

Reconnaissant que se reposer sur la dimension du problème serait inadéquat pour la cause de leur plaidoyer, les défenseurs d'une Maternité sans Risque avancent l'argument que les morts maternelles sont différentes des autres décès. La grossesse n'est pas une maladie, mais un processus normal et physiologique dans lequel les femmes doivent s'engager pour la cause de l'humanité (Fathalla 1997). Alors que l'élimination ou l'éradication de la maladie est une entreprise rationnelle et louable, la même stratégie ne peut pas être appliquée à la mortalité maternelle. Il n'y a pas de pathogène à contrôler, pas de vecteur à éradiquer. Les femmes vont continuer à avoir besoin de soins pendant leur grossesse et leur accouchement tant que l'humanité continuera à se reproduire. Ne pas réussir à poser les actions nécessaires pour prévenir les morts maternelles équivaut à de la discrimination, parce que seules les femmes sont confrontées au risque. Cette perception de la différence de nature de la mortalité maternelle, dans le contexte général de la maladie et de la souffrance, a suscité un intérêt nouveau pour une action motivante, dans une approche basée sur les droits de l'homme.

En définissant la mortalité maternelle comme une “injustice sociale”, ou bien encore comme un “désavantage de santé”, on oblige les gouvernements à faire face aux causes des résultats médiocres obtenus dans la lutte contre la mortalité maternelle, à travers leurs systèmes politiques, sanitaires, et légaux. Ceci permet d'utiliser les traités internationaux et les constitutions nationales qui abordent les droits fondamentaux de l'homme, pour plaider la cause d'une Maternité sans Risque, et pour tenir les gouvernements redevables de leurs actions - ou de leur inaction (Cook 1997). Une approche axée sur les droits de l’homme s'est révélée très efficace pour augmenter l’imputabilité des décideurs dans le domaine de la santé de l'enfant. La Convention des Droits de l'Enfant est devenue un outil puissant pour suivre les progrès dans ce domaine, et elle a été intégrée dans les mécanismes internationaux des droits de l'homme comme le standard auquel tous devraient aspirer. La Convention est l'instrument des droits de l'homme le plus universellement accepté dans l'histoire: elle a été ratifiée par tous les pays au monde, à l'exception de deux. En ratifiant cet instrument, les gouvernements nationaux se sont engagés à protéger et à rendre effectifs les droits des enfants, et ils ont accepté d’être redevables devant la communauté internationale.

Des efforts pour résoudre les problèmes pratiques qui permettraient d'en faire de même pour la santé maternelle ont presque abouti ces dernières années, mais ils restent coincés par la difficulté de définir des indicateurs permettant de suivre les progrès.