Population et développement durable au Sahel : Programme d'Action de Ouagadougou, (Institut du Sahel / CILSS, Septembre 1998, 28 p.)
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La fécondité reste encore très élevée: une femme en fin de vie féconde avait en 1995 en moyenne 6.5 enfants (1), contre 5,8 (1) pour l'ensemble de l'Afrique, 2,9 (1) pour l'Asie, 3,1 (1) pour l'ensemble du monde. Le Cap Vert avec une moyenne de 5,3 (1) avait l'indice le plus faible, et le Niger avec 7,4 (1), l'indice le plus élevé. La Mauritanie, elle a un indice synthétique de fécondité de 6,4 en 1995 (2).

Une amorce de baisse n'est pas encore perceptible dans la plupart des pays du Sahel bien que par endroits, la fécondité ait légèrement baissé, de 6,3 en 1980 l'indice est passé à 5,3 en 1995 au Cap Vert (4), de 6,6 en 1986 il est passé à 6,0 en 1992 au Sénégal et 5,7 en 1996 (5) et de 6,4 en 1983 à 6 en 1993 en Gambie.

Une mortalité encore élevée, notamment la mortalité de la petite enfance et la mortalité maternelle, malgré les progrès réalisés au cours des 30 dernières années:

Avec des quotients de mortalité infantile de 111 pour 1000 (1), contre 90 (1) pour l'ensemble de l'Afrique, et des taux de mortalité juvénile de 134 pour 1000 (1), le Sahel connaît une situation inacceptable par rapport à celle des pays développés.

Dans certains pays sahéliens, prés d'un enfant sur trois nés vivants, meurt avant d'avoir 5 ans.

La mortalité maternelle est estimée à 800 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes au Tchad (2),652 au Niger (Cf EDSN 1992), 576 au Burkina Faso (2), 577 au Mali (2) et 510 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes au Sénégal (2). En Gambie, la natalité maternelle était estimée à 1050 décès maternels pour 100000 naissances vivantes en 1990.

La population est jeune: La répartition par âge de la population sahélienne révèle une forte proportion de jeunes: 47 pour cent ont moins de 15 ans tandis que 4 pour cent (1) seulement ont plus de 60 ans. Cette structure par âge induit un taux de dépendance élevé.

Des migrations internationales importantes: Les migrations internationales constituent un facteur important dans la démographie sahélienne. Un nombre considérable de Sahéliens, dont la plupart sont à la recherche d'un emploi, émigre chaque année en direction d'autres pays du continent, d'Europe et d'ailleurs. Les principaux pays d'accueil sont la Côte d'ivoire, le Gabon, la France et récemment, les Etats Unis d'Amérique. Du fait de la complexité des mouvements migratoires, l'ampleur des flux et leurs conséquences sur les zones de départ sont encore mal connues, dans certains pays. Toutefois il apparaît que la balance des échanges avec l'extérieur est au détriment du Sahel dans la mesure où il sort plus de Sahéliens qu'il n'y a d'immigrants.

Les résultats préliminaires du Réseau d'Enquêtes sur Migrations et Urbanisation en Afrique de l'Ouest (REMUAO) coordonné par le CERPOD montrent que de 1988 à 1992 près de 1,8 millions de migrations ont été effectuées entre 7 pays du réseau: Niger, Burkina Faso, Côte d'ivoire, Mali, Guinée Conakry, Sénégal et Mauritanie; les données du Nigéria (huitième et dernier pays du réseau) n'étant encore pas disponibles.

Plus de 420000 migrations ont été enregistrées en provenance des autres pays du monde vers les 7 pays du réseau et, près de 690 000 dans le sens inverse. Il apparaît une croissance migratoire négative avec le reste du monde.

Une urbanisation accélérée et un exode rural massif: la population sahélienne est essentiellement rurale; les trois quarts de la population résident en milieu rural. L'importance de la population urbaine diffère d'un pays à l'autre. Avec un taux d'urbanisation de 45% en 1993 (6), le Sénégal et la Mauritanie (3) sont les plus urbanisés du Sahel. Les pays les moins urbanisés (3) sont le Burkina Faso (13%), le Niger (17%), le Tchad (21%), et le Mali (25%). En Gambie 37% de la population vit en zone urbaine. Les pays du Sahel sont, depuis ces dernières années, le théâtre d'une croissance importante de la population urbaine due en partie à l'exode rural qui vide les zones rurales de leurs éléments les plus dynamiques et contribue à la «bidonvillisation» des centres urbains.

Une population de plus en plus nombreuse dans l'avenir: Le temps de doublement de la population est de 22 ans en moyenne (1), contre 25 pour l'ensemble de l'Afrique, il est de 19 ans au Mali, 20 ans au Niger (les pointes les plus basses), et 36 ans en Guinée-Bissau. Ce temps est de 43 ans en Asie, et 116 (1) ans en Amérique du Nord.

Selon une publication du CERPOD, «Les défis de la croissance rapide de la population» (1988), la population Sahélienne s'est fortement accrue au cours des dernières décennies. En l'espace d'une génération; son effectif total a pratiquement doublé, passant de 20 millions d'habitants en 1960 à 40 millions en 1988. En 1996, le Sahel comptait 52,2 millions d'habitants. D'après les conclusions de plusieurs études et recherches démographiques pertinentes réalisées par le CERPOD ou d'autres institutions de recherche spécialisées dans le domaine de la population et du développement, les Etats membres du CILSS connaîtront dans l'avenir un accroissement rapide des effectifs de leurs populations. Si l'on se réfère aux perspectives démographiques élaborées par le CERPOD, pour la région Sahélienne, on constate que quelque soit le scénario envisagé, la population du Sahel va plus que doubler en 2020. Elle passera de 53,8 millions en 1997, à 72. millions en 2010, pour s'établir entre 95 et 115 millions d'habitants en 2020. A cette date la population de l'Afrique de l'Ouest aura également doublé, passant de 220 millions en 1995 à 430 millions en 2020, pour une population mondiale estimée à la même époque à 8,1 milliards d'habitants (cf Sahel 21). Cette population sahélienne est répartie sur une superficie de 5,343 millions de km2. Elle est composée de 4 pays ayant chacun moins de 3.000.000 d'habitants (Cap Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mauritanie), et de 5 pays dont la population de chacun est comprise entre 6.000 000 et 10.0-00.000 d'habitants.