| Enquête internationale sur les documents informatiques dans les archives des pays en développement (UNESCO, 1987, 129 p.) |
9.1. Sri Lanka
9.1.1. National Archives
9.1.1.1. La loi des archives du Sri Lanka passée le 11 décembre 1973 ne fournit pas une définition explicite des documents informatiques: record means any original or copy of any manuscript, paper, letter, register, report, book, magazine, map, chart, plan, drawing, picture, photograph, or any other record or part thereof either handwritten, drawn, printed or produced in any other way on paper or on any other material except granite...and inclues any cinematograph, film, recording, tape, disc or production In any other media. De fait les supports informatiques sont donc inclus dans la définition de documents d'archives. Les archives dépendent du Ministère de la Culture.
Le Directeur des Archives possède aussi un droit d'accès à tous les endroits où se trouvent des documents publics et le droit de les examiner en vue de leur transfert éventuel aux Archives
Le délai de dépôt des documents publics aux Archives est de 25 ans minimum. Ce délai est évidement fort long pour les archives Informatiques, mais ce problème pourrait être résolu grâce à l'exercice du droit de regard du Directeur des Archives
La loi du Sri Lanka connaît donc les archives Informatiques, même si elle ne le précise pas réellement.
9.1.1.2. Il n'y a, à l'heure actuelle, aucun matériel Informatique aux Archives Aucun projet d'utilisation d'ordinateur appartenant à une autre Institution n'existe à l'heure actuelle. Toutefois, il serait possible d'établir une collaboration en la matière grâce au Computer any Information Technology Council of Sri Lanka.
9.1.1.3. Il n'y a pas de personnel qualifié en matière informatique aux Archives Nationales. Il ne semble pas possible de recruter ou de former sur place des personnes aptes à assurer la conservation des documents Informatiques. L'informatique est bien enseignée à l'Université mais l'archivage de ces nouveaux matériaux n'est pas envisagée dans le cadre de ces cours. Cependant l'intérêt de la Direction et de certains archivistes pour ces problèmes est certain, même si la formation demeure un point Important à résoudre.
9.1.1.4. Dans le nouveau dépôt (Inauguré en août 1986), des locaux ont été prévus pour les archives Informatiques. Toutefois, ils ne sont pas équipés pour recevoir ce type de documents: absence d'air conditionné, de contrôle d'humidité... tous aménagements Indispensables surtout en climat tropical (à ce propos, il faut noter que même dans les centres informatiques des administrations publiques le conditionnement d'air ne fonctionne que pendant les heures de bureau!)
9.1.1.5. Il n'existe pas de méthodologie d'évaluation et d'archivage des archives Informatiques. La démarche semble prématurée. Une enquête a été lancée en 1986 auprès des administrations publiques susceptibles de produire des archives Informatiques. Après dépouillement et analyse, les responsables des archives envisagent d'organiser un séminaire avec les services concernés dans les administrations et d'élaborer de commun accord la méthodologie indispensable.
Dans cette optique, on compte également profiter des enseignements fournis par le séminaire qui sera organisé par SWARBICA, avec la collaboration du Comité de l'Informatique du CIA, en Juin 1987 à Colombo.
9.1.1.6. L'enquête en cours auprès des administrations révèle la production d'un grand nombre de documents Informatiques. Dés 1967, on trouve trace d'archives Informatiques au Sri Lanka; cependant ce n'est qu'à partir de 1977 que l'usage de l'ordinateur s'est largement répandu après l'abolition des restrictions commerciales. Il n'est cependant pas possible à l'heure actuelle d'évaluer de manière précise le nombre de documents informatiques créés. Les types de documents produits seront mieux définis lors du dépouillement exhaustif de l'enquête en cours, mais Il semble bien que les documents statistiques et comptables occupent une large part.
Les supports de conservation sont la bande magnétique et les disquettes; l'exploitation se fait souvent à partir de fichiers enregistrés sur disque magnétique.
Déterminer le pourcentage de documents Informatiques à conserver à long terme ne sera possible qu'au vu des résultats du Survey on Computer Records selon la procédure envisagée au point 9.1.1.5. avec l'aide du CINTEC (Computer and Information Technology Council of Sri Lanka).
9.1.1.7. La méthodologie de conservation et de consultation des archives Informatiques devra être mise au point selon les procédures prévues au point 9.1.1.5. Il faudra là aussi prévoir la formation de personnel, probablement à l'étranger.
9.1.1.8. L'informatisation des Archives Nationales du Sri Lanka Implique un apport direct et total en matériel, logiciel et formation du personnel.
9.1.1.9. La Direction des Archives Nationales est fortement Intéressée par les problèmes posés par les archives Informatiques. L'enquête en cours auprès des administrations en est une preuve Indubitable, mais les moyens font à l'heure actuelle entièrement défaut, même si des collaborations pouvaient éventuellement s'établir avec l'aide du CINTEC.
9.1.2. Administrations publiques
La direction des Archives Nationales avait prévu deux visites en dehors des Archives: l'une auprès du directeur du CINTEC, coordinateur des activités Informatiques dans le pays, l'autre au Census and Statistics Department, créateur d'archives informatiques.
9.1.2.1. Le Computer and Information Technology Council of Sri Lanka (CINTEC) a pour but de coordoner et de guider les développements Informatiques dans le pays; Il est présidé par le professeur V.K. SAMARANAYAKE, Chef du Département de statistique et d'informatique de l'Université de Colombo, représentant du Sri Lanka pour le programme Informatique de l'UNESCO.
La réunion a porté essentiellement sur une vue d'ensemble des problèmes posés par l'exploitation Informatique. Le CINTEC joue en effet un rôle de conseiller et participe à la maintenance des fichiers. D'un point de vue archivistique, le fait que les supports magnétiques ne fassent pas preuve en justice n'encourage pas l'archivage des données Informatiques. Seuls des comités multidisciplinaires pourraient promouvoir une nouvelle loi concernant la preuve par ces nouveaux média. Il semblerait également souhaitable de créer un comité mixte pour les problèmes de conservation des archives Informatiques.
D'un point de vue pratique, on notera également que, dans un domaine parallèle aux archives, on a entrepris l'indexation par ordinateur des bandes télévisées afin de faciliter leur consultation: la méthode utilisée prévoit le recours à des mots clés comme descripteurs. Ce travail est effectué sur micro-ordinateurs IBM (à ce propos, Il faut souligner que jusqu'à présent il n'est effectué aucune copie de sécurité des disquettes où sont stockées les Informations).
En ce qui concerne la sensibilisation des créateurs de documents informatiques aux problèmes de l'archivage et de la valeur historique, le Directeur de CINTEC fait une proposition. Parallèlement au séminaire sur les problèmes des archives nouvelles qui sera organisé en juin 1987 par SWARBICA à Colombo, on pourrait prévoir une ou plusieurs séances d'informations pour les Informaticiens Sri Lankais. Les experts présents à Colombo pourraient de la sorte évoquer devant les spécialistes les impératifs relatifs à la protection des archives Informatiques.
9.1.2.2. Le Census and Statistics Department assure la gestion des recensements et des documents statistiques de l'Etat. Il est Informatisé depuis 1970, mais a connu certains deboires (pertes de documents).
En matière de préservation, la législation prévoit que les documents de base seuls doivent être conservés; des documents dérivés, on ne garde que des échantillons. A l'heure actuelle, le département est équipé d'un ordinateur IBM de la quatrième génération et les fichiers enregistrés précédemment ont été rendus compatibles avec l'ordinateur en fonctionnement. On note aussi la présence d'une bibliothèque de bandes bien aménagée mais trop exiguë. On y trouve également toute la documentation nécessaire à l'exploitation des fichiers (chaque fichier fait l'objet d'une copie, malheureusement conservée dans le même local). Les conditions de conservation apparaissent bonnes à première vue (air conditionné, contrôle du degré d'hygrométrie)... cependant ces appareillages ne fonctionnent que pendant les heures de bureau et sont donc débranchés de 4h 30' de l'après-midi au lendemain matin. Les variations des conditions de conservation sont très certainement dommageables. On se trouve donc devant un problème de deux ordres :1 un manque de place qui, faute de transfert dans un véritable dépôt d'archives, risque de conduire à la destruction de documents juges Inutiles; 2 des conditions inadéquates de conservation qui peuvent amener des pertes irrémédiables. Il est donc urgent de prévoir une solution au niveau des Archives Nationales. Le département semble d'ailleurs favorable à un transfert aux Archives, si les conditions matérielles sont réunies.
9.1.3. Au Sri Lanka, on se préoccupe du devenir des Archives Informatiques. L'intérêt de la Direction est évident puisqu'on attend, pour les tous prochains mois, les résultats de l'enquête menée sur ce thème dans les différentes administrations. Cependant, Jusqu'à présent, aucune exploitation n'a été réalisée au niveau des Archives qui ne disposent ni de matériel ni de locaux aménagés pour les traitements Informatiques. Néanmoins l'environnement Informatique au niveau national, surtout grâce à l'appui du CINTEC, doit permettre un apport Intellectuel et logistique non négligeable.
9.2. Philippines
9.2.1. Records Management and Archives Office
9.2.1.1. La loi des Archives des Philippines date de 1958 et est donc trop ancienne pour mentionner l'existence des Archives Informatiques. Cependant la définition de Record est suffisamment générale pour pouvoir comprendre de manière implicites les documents Informatiques. Des nouvelles Rules and Regulations concernant les Archives devraient normalement être publiées dans l'Official Gazette en 1986 encore. Ici également, la définition de document n'est pas explicite et permet d'inclure Les documents Informatiques. Les réformes en cours dans l'administration des Philippines, suite au changement de régime, devraient Influer de manière bénéfique sur les relations entre administrations et Archives
Comme pour les autres pays, la loi des Philippines connaît aussi les Archives Informatiques même si elle ne le précise pas réellement.
9.2.1.2. Aucun matériel Informatique n'est présent aux Archives On n'a pas non plus recours à du matériel appartenant à une autre institution. Le ministère des Services généraux dont dépendent les Archives prévoit l'acquisition d'un ordinateur de grande capacité qui serait partagé entre les différentes administrations dépendantes; les Archives y auraient donc également théoriquement accès.
Il y a deux ans, les Archives ont étudié l'éventualité d'achat d'un micro-ordinateur avec, en premier lieu, un projet d'indexation des actes notariés; mais le matériel proposé n'a pas répondu aux désidérata et l'affaire a échoué.
9.2.1.3. Les Archives Nationales ne comptent pas de personnel qualifié en matière informatique. Toutefois depuis peu de temps un employé du Civil Service, spécialiste de l'informatique, travaille en collaboration avec les archives; Il s'agit d'un enseignant chargé de cours d'informatique. En outre, il existe dans le pays de nombreuses possibilités de formation complémentaire en Informatique tant en cours de jour que du soir. Ces cours devraient être accessibles aux archivistes.
Le problème de la formation se pose donc aux Philippines mais pourrait être aisément résolu par une formation sur place, peut être accompagnée de stages dans des pays où l'archivage de documents Informatiques est pratique courante.
9.2.1.4. Le problème principal des Archives des Philippines réside dans le manque de place. A l'heure actuelle, elles occupent une partie du rez-de-chaussée et deux étages de la Bibliothèque Nationale. Ces locaux sont trop peu nombreux, mal équipés et mal aménagés.
Toutefois la nouvelle direction des archives espère obtenir sous peu l'attribution d'un nouveau dépôt qui comprendrait de vastes locaux facilement aménageables pour la conservation de documents Informatiques, à un coût très faible. Une solution provisoire pourrait être trouvée grâce à un accord avec les archives du BATASANG (Parlement) qui, situées dans les locaux du nouveau Congrès ultra moderne, disposent de pièces prévues pour la conservation des bandes magnétiques.
9.2.1.5. Il n'existe pas de méthodologie d'évaluation et d'archivage des archives Informatiques. A l'heure actuelle, aucun transfert n'a encore été effectué. Cependant la création d'une telle méthodologie semble urgente car certaines administrations, dont le Parlement, sont prêtes a transmettre des documents informatiques aux Archives Nationales. Une solution envisagée par le service des Current Records consisterait dans l'adoption des normes américaines.
9.2.1.6. Aux Philippines, l'informatique est surtout appliquée dans le secteur privé. Cependant le National Computer Center travaille tant pour le secteur privé que pour le public. La plupart des documents produits sont de nature statistique et consistent essentiellement en rôles de payement et en émissions de chèques. Les médias sont essentiellement les bandes magnétiques et les disques.
Le National Economic Development Authority (NADEA) suscite chaque année une enquête sur l'emploi de l'informatique; les résultats pourraient en être communiqués aux Archives L'opinion actuelle de la Direction est que tout ce qui est Informatisé pour le moment peut être considéré comme de valeur permanente au point de vue historique. Parallèlement, on prévoit un fort pourcentage d'accroissement des documents Informatisés.
9.2.1.7. Il n'existe aucune méthodologie de conservation et de consultation des Archives Informatiques. Cependant la division chargée des Archives courantes compte appliquer en la matière des directives américaines telles qu'elles sont stipulées dans les manuels les plus récents.
9.2.1.8. L'informatisation des Archives des Philippines Implique un apport direct et total en locaux et matériel. La méthodologie, le logiciel et la formation du personnel pourraient être effectués sur place moyennant aménagements et accord pour d'éventuels stages à l'étranger.
9.2.1.9. La visite d'un membre du Comité de l'informatique du CIA a permis de poser une série de questions dont la plupart ne relevaient pas des priorités immédiates des Archives philippines. Cependant cette visite aura normalement des prolongements puisque la Direction des Archives envisage dés maintenant l'organisation d'une enquête auprès des différentes administrations sur l'utilisation des ordinateurs dans leurs services.
9.2.2. Administrations
La visite prévue par la Direction des Archives concernait les Archives et la Bibliothèque du nouveau Congrès (BATASANG).
9.2.2.1. La Bibliothèque du Batasang n'est pas Informatisée mais dispose de vastes locaux et fait preuve d'une grande vitalité.
9.2.2.2. Les Archives du Batasang utilisent essentiellement des procédés de microfilmage; à ce titre, elles disposent de locaux climatisés pour la conservation des films et microfilms, locaux qui pourraient éventuellement abriter des Archives Informatiques pour le compte des Archives Nationales.
9.2.3. Les Philippines présentent du point de vue de l'informatisation une situation complexe. D'une part, l'intérêt pour ce type de problème est réel: Il existe un projet d'indexation informatisée des actes notariés (extrêmement nombreux) ainsi que de réalisation d'inventaires de fonds d'archives reposant dans les différents dépôts régionaux. D'autre part la Direction projette de lancer une enquête nationale dans les administrations créatrices d'archives informatiques. On peut donc être assuré de l'intérêt suscité par ces problèmes. Cependant, Il n'a pas été possible de visiter le National Computer Center qui travaille tant pour le secteur public que les secteur privé et les priorités des Archives Nationales semblent se situer ailleurs. En effet les Archives ont avant tout besoin de locaux personnels, valablement aménages pour les Archives traditionnelles. Les Archives Informatiques pourraient aisément et à faible coup s'intégrer dans ce nouveau dépôt, ou provisoirement être stockées aux Archives du Parlement. Les besoins restent, Importants: en premier lieu le matériel informatique fait défaut. Si la formation du personnel peut être assurée sur place, Il n'en resterait pas moins nécessaire de fournir un appui logistique par l'apport de logiciels et grâce aux conseils de consultants. A ce dernier point de vue, la Direction souhaite cependant que leurs missions ne soient pas trop nombreuses afin d'éviter une certaine diminution des sommes consacrées à l'éventuel projet-pilote lui-même.
9.3. Thaïlande
9.3.1. National Archives
9.3.1.1. Il n'existe pas à proprement parler de loi des Archives en Thaïlande; mais certaines directives de l'Education recommandent la prise en compte des archives Informatiques.
9.3.1.2. A l'heure actuelle, aucun matériel Informatique ne se trouve aux Archives. Cependant on a élaboré un projet de réseau d'archives à partir du maxi-ordinateur UNIVAC du Ministère de l'Education, relié par terminaux aux Archives Nationales et aux différents dépôts de province ainsi qu'aux différents Ministères. Ce réseau n'est pas encore opérationnel. A ce propos, on notera que les rapports étroits existant entre les Archives et la Bibliothèque Nationale sont de nature à favoriser l'implantation d'un système Informatique: cette dernière Institution est informatisée depuis plusieurs années, possède ses propres micro-ordinateurs et est déjà reliée par terminal au Ministère de l'Education. Grâce à l'UNESCO, la Bibliothèque Nationale a pu installer le système MARC pour la gestion de ses collections; elle est le siège du Centre régional pour l'Asie du Sud Est de l'International Serials Data System (on y a notamment résolu le problème de l'alphabet thaï).
9.3.1.3. Le personnel des Archives compte parmi ses membres une archiviste qualifiée en matière Informatique. Cette personne a suivi des cours d'informatique à l'Ecole de bibliothécaires de Bangkok (initiation au langages PLI, Basic et Cobol ainsi qu'à l'utilisation des progiciels); elle a également participé à Singapour à un congrès tenu sur le thème New Information Professionnals ainsi qu'au séminaire de cinq Jours consacré aux Quantitative Methodes in Library and Information Services Managers.
Il n'en demeure pas moins nécessaire de prévoir des séjours dans d'autres dépôts d'archives familiarisés avec les procédures informatiques. D'autres membres du personnel devraient également pouvoir bénéficier d'une formation dans le pays.
9.3.1.4. Dans l'état actuel du dépôt de Bangkok, il n'y a pas de locaux prévus pour abriter des archives Informatiques. Toutefois les pièces équipées pour la conservation des microfilms sont parfaitement adaptées aux conditions de préservation du matériel Informatique en climat tropical: air conditionné, contrôle du degré d'humidité... Les transformations à apporter seraient donc tout-à-fait mineures.
9.3.1.5. Il n'y a pas à l'heure actuelle de méthodologie pour l'évaluation et l'archivage des archives Informatiques. Cependant la présence aux archives de personnel qualifié, parmi lesquels plusieurs titulaires de diplômes de bacheliers et maîtres en bibliothéconomie et sciences de l'information (dont un est formé aux techniques Informatiques) ainsi que l'existence d'un comité chargé d'estimer la valeur des collections, permet d'envisager à brèves échéances la mise au point d'une telle méthodologie. On notera que ce Committee for Assessment of Archives est composé de manière différente en fonction des problèmes à traiter. De plus, les Archives disposent d'un conseiller en la personne du Professeur MAMMAS CHEVALIT, membre par ailleurs du comité de l'UNISIST. On peut donc penser que ces spécialistes pourront mettre au point la méthodologie adéquate pour l'évaluation et l'archivage des archives informatiques, peut-être avec l'aide de spécialistes et d'experts étrangers.
9.3.1.6. On ne possède pas d'idée précise sur la masse d'archives informatiques produites en Thaïlande. Toutefois les statistiques de 1985 font état de la présence dans le pays de 1485 micro-ordinateurs - dont 300 à la Bangkokbank, banque gouvernementale, - et 850 autres ordinateurs (mini et maxi machines), sans qu'il soit possible de différencier entre secteur public et privé. Cela laisse donc présager une production importante de documents. Ceux-ci, de l'avis des archivistes, sont, avant tout, de nature statistique et sont conservés sur les supports habituels: bandes, disques et disquettes magnétiques.
Il n'existe pas d'enquête sur les fichiers créés par ordinateur, et, vu l'état des choses, Il serait présomptueux d'estimer dès maintenant le volume des documents dont la conservation à titre permanent devrait être assurée. Les prévisions d'accroissement de la masse des documents Informatiques devront tenir compte du développement exponentiel de l'emploi des ordinateurs. En effet si jusqu'à présent leur usage en Thaïlande semble s'être cantonné dans le domaine statistique, le sixième plan de développement du pays qui donne les grandes lignes de la politique gouvernementale souhaite l'utilisation des données Informatiques pour la réalisation des programmes de développement; cela entraînera automatiquement la production de données textuelles en grand nombre et donc la perspective d'une véritable explosion dans le domaine de la préservation des archives informatiques.
9.3.1.7. La méthodologie de conservation et de consultation des archives Informatiques devra être conduite selon les modalités prévues au point 9.3.1.5.
Pour l'élaboration de cette méthodologie, les Archives thaïlandaises ont l'avantage d'un précédent: la mise au point totalement réussie par eux d'une méthodologie comparable pour l'archivage des films, microfilms et bandes enregistrées. Cette expérience parallèle pourrait aisément servir de modèle.
9.3.1.8. L'informatisation des Archives Nationales de Thaïlande implique la fourniture de matériel ainsi que le soutien logistique d'experts; des locaux sont très aisément aménageables à peu de frais dans la section réservée aux microfilms qui répond bien aux exigences d'archivage des supports magnétiques. La formation du personnel devrait être approfondie et entreprise sur une plus large échelle. On notera également que la présence, dans un bâtiment voisin, de la Bibliothèque Nationale est un élément très favorable. En effet, des liens étroits unissent les deux Institutions et la Bibliothèque est Informatisée depuis plusieurs années. Il est donc possible d'envisager un soutien logistique direct lors de la mise en place d'un système Informatisé aux archives.
9.3.1.9. L'intérêt de la direction est marqué pour les problèmes posés par les archives Informatiques. On songe aussi aux avantages de l'établissement d'un réseau entre Archives et secteurs public et privé. La réussite du service des microfilms au sein des Archives Nationales permet d'espérer une mise au point aussi rigoureuse pour un futur service d'archives informatiques.
9.3.2. Administration
La visite prévue par la direction des Archives concernait la Bibliothèque Nationale.
9.3.2.1. La Bibliothèque Nationale est située dans le même complexe de bâtiments que les Archives. L'ancienne Directrice des Archives Nationales vient d'ailleurs d'être nommée Directrice de la Bibliothèque. Les rapports entre les deux institutions sont très bons et l'archiviste désigné pour prendre la responsabilité du service Informatique a d'ailleurs suivi des cours d'informatique auprès du bibliothécaire chargé de l'informatisation. La Bibliothèque Nationale de Thaïlande est responsable depuis 1976 du Centre régional pour l'Asie du Sud Est du projet UNESCO pour le répertoire Informatisé des périodiques. Ce projet englobe l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande. Pour réaliser ce projet-pilote, la Bibliothèque dispose de deux ordinateurs personnels IBM dont les disquettes sont jusqu'à présent exploitées sur le gros ordinateur IBM du Service de statistiques. Cette situation est sur le point d'être modifiée car le Ministère de l'Education a acquis un ordinateur UNIVAC et entend que toutes les administrations dépendantes s'y rattachent. Pour le moment, un terminal est Installé à la Bibliothèque Nationale et le bibliothécaire-informaticien procède au transfert de logiciel. Aucun délai et aucune procédure d'interface ne sont encore prévus pour le contenu des disquettes enregistrées sur les IBM PC qui continuent provisoirement à être exploitées sur l'ordinateur IBM du Service de statistiques. Le logiciel utilisé est le système MARC adapté aux périodiques. La Bibliothèque Nationale publie ISDS-SEA Bulletin depuis 1980, un répertoire des périodiques publiés dans les pays membres depuis 1977. Les responsables de la Bibliothèque sont tout disposés à accorder un Important support Intellectuel et logistique au futur service d'informatique des Archives. Le travail Informatique et la conservation des disquettes et bandes magnétiques se font dans de bonnes conditions: air conditionné, contrôle d'hygrométrie, armoire spécialement concue pour la protection des bandes... mais sans locaux séparés pour originaux et copies.
9.3.3. Comme au Zimbabwe, la situation de la Thaïlande paraît fort Intéressante. De nombreuses conditions sont réunies pour aborder la question de la conservation des archives informatiques: Intérêt de la Direction et de certains membres du personnel, locaux adaptés, environnement Informatique (relations étroites avec la Bibliothèque Nationale) très favorable. On y est également sensible aux perspectives d'un accord à conclure avec les Administrations sur une harmonisation des méthodes et la compatibilité du matériel, lorsque l'emploi de l'ordinateur touchera l'ensemble des matières administratives. La Direction et le consultant local pensent également que le recours aux experts étrangers serait très profitable, de même que l'envoi en stage à l'étranger du responsable du service d'informatisation des archives. On envisage aussi très favorablement les possibilités d'indexation Informatisée des collections d'archives traditionnelles ainsi que des documents préservés sous forme de films ou microfilms.
9.4. Synthèse: Sri Lanka, Philippines, Thaïlande
Aucune des Institutions d'archives de ces trois pays n'a, à l'heure actuelle, développé des applications Informatiques. Les Directions et personnels du Sri Lanka et de Thaïlande semblent particulièrement sensibilisés aux problèmes des archives nouvelles et, entre autres, des archives Informatiques. Le Sri Lanka procède actuellement à une vaste enquête sur ce thème auprès des administrations. Aux Philippines et en Thaïlande, on marque également un grand Intérêt pour l'informatisation du travail archivistique: élaboration d'index, réalisation d'inventaires...
Aucun des dépôts d'Archives visités ne possède de matériel informatique, toutefois partout des collaborations pourraient s'établir avec des Centres nationaux de traitement de l'information. Dans ce domaine la situation de la Thaïlande paraît la plus favorable grâce aux rapports étroits avec la Bibliothèque Nationale (déjà informatisée).
Nulle part, les conditions de préservation d'Archives Informatisées ne sont réunies; toutefois la Thaïlande pourrait être équipée à peu de frais puisque les Archives Nationales possèdent déjà des locaux aménagés pour la conservation des films, microfilms et bandes. Au Sri Lanka, des locaux existent mais devraient être pourvus d'un système de conditionnement d'air et autres équipements nécessaires à la préservation de ce nouveau type d'archives. Au Sri Lanka et en Thaïlande, on a déjà désigné une personne responsable du futur service des archives Informatiques. Partout le problème de la formation reste cependant capital. SI aux Philippines et en Thaïlande on pense pouvoir assurer sur place l'apprentissage de l'informatique appliquée aux Archives, tous les experts consultés s'accordent sur la nécessité de stages à l'étranger et l'aide de consultants locaux ou étrangers.