Contrôler la mosaïque africaine du manioc. (CTA, 1990, 24 p.)
close this bookContrôler la mosaïque africaine du manioc. (CTA, 1990, 24 p.)
close this folderMéthodes de lutte contre la maladie
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View the documentAutres maladies et infections parasitaires du manioc

Le manioc est vulnérable vis-à-vis non seulement de la MAM, mais aussi de diverses autres maladies et prédateurs. La maladie la plus grave est la bactériose, les ravageurs principaux sont la cochenille Phenococcus manihotis et l'acarien Mononychellus tanajoa.

La bactériose du manioc, causée par la bactérie Xanthomonas manihotis, provoque sur les feuilles des taches angulaires qui brunissent. Avec l'extension de la maladie à toute la plante, des lésions chancreuses apparaissent sur les tiges dont les extrémités se dessèchent et meurent. Xanthomonas cassavae provoque des symptômes similaires (Persley et al., 1976).

Il est fort possible que la bactériose du manioc ait été introduite en Afrique au début de ce siècle, en provenance du Brésil. Ses atteintes sont restées limitées et sporadiques jusqu'à la flambée de 1970, au Zaïre. Depuis, la maladie a gagné rapidement de nombreuses régions où elle cause aujourd'hui d'énormes dégâts. La sensibilité du manioc à la bactériose diffère d'une variété à l'autre. Les mesures de lutte consistent essentiellement en l'utilisation des variétés plus résistantes et la sélection de plants sains pour la multiplication. L'IITA a développé de nouvelles variétés de manioc dont beaucoup résistent à la fois à la bactériose et à la MAM.

Les infections parasitaires dues à la cochenille farineuse Phenococcus manihotis et au petit acarien de couleur verte, Monouychellus tanajoa, ont été toutes deux importées accidentellement d'Amérique du Sud au début des années 70. N'ayant pas d'ennemis naturels, ces parasites se sont multipliés rapidement et causent des dégâts importants dans beaucoup de régions. Une vaste campagne de lutte biologique a été lancée, qui vise à identifier puis utiliser contre ces espèces leurs ennemis naturels (Herren, 1987).

La cochenille farineuse s'attaque à l'extrémité des jeunes rameaux qui se déforment et dépérissent. Les feuilles sont petites et vrillées, les entre-noeuds courts, et la production de tubercules diminue fortement. Les tubercules pourrissent parfois. Cette infestation est facile à reconnaître.

Mononychellus tanajoa s'attaque aux jeunes feuilles qui restent petites et s'étiolent. Lors de fortes invasions, le bourgeon terminal meurt et, comme dans le cas de la cochenille farineuse, les pertes de rendement sont importantes.


Rameau infesté par la cochenille farineuse Phenococcus manihotis


Plant atteint par la bactériose du manioc


Plant infesté par l'acarien Mononychellus tanajoa


Feuille de manioc attaquée par Mononychellus tanajoa