La culture du caféier d'Arabie au Burundi (AGCD - Coopération Belge, 1988, 196 p.)
close this bookLa culture du caféier d'Arabie au Burundi (AGCD - Coopération Belge, 1988, 196 p.)
close this folder5. Germination des graines et pépinière
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View the documentChoix de l'emplacement
View the documentPréparation du germoir
View the documentLa pépinière

La technique de culture des caféiers en pépinière dépend essentiellement du mode de mise en place définitive qui sera pratiqué.

Anciennement, les plantules provenant du germoir étaient repiquées dans les plates-bandes ou bien les graines y étaient semées directement. Les caféiers obtenus étaient alors transplantés à racines nues (caféiers âgés au plus de douze mois ou caféiers recépés pour donner des «stumps» d'environ dix-huit mois). Cette modalité de mise en place, à racines nues, étant fortement déconseillée et abandonnée depuis de nombreuses années, nous n'envisagerons que l'établissement et la conduite de pépinières éduquant les caféiers en sacs de polyéthylène.

Construction de la pépinière

L'emplacement de la pépinière est débarrassé de la végétation et le sol labouré puis nivelé. Les plates-bandes sont ensuite piquetées. Elles ont en général une largeur de 1, 20 m pour 10 à 12 m de longueur. Des sentiers de 50 cm les séparent.

La pépinière est ombragée par un écran du même type que celui utilisé pour le germoir. L'adaptation progressive des plants à la lumière est obtenue en ne renouvelant pas ou peu les herbes ou feuilles formant écran. Deux mois environ avant la date de la plantation les caféiers doivent être exposés à la pleine lumière.

Préparation des sacs

Les sacs sont en polyéthylène noir, de 0, 05 mm d'épaisseur, afin de limiter le développement d'algues vertes entre le substrat et la paroi interne du sac.

Les sacs sont simples ou à soufflets (fig. 5.3) et sont pourvus, dans leur moitié inférieure, de 3 à 4 rangées de 10 trous de 5 à 6 mm de diamètre. Le fond est percé d'une ouverture de 1, 5 à 2 cm de diamètre destinée à permettre l'écoulement de l'eau qui s'accumule dans le fond du sac.

Le substrat servant au remplissage des sacs est composé de terre humifère de surface si possible améliorée de compost ou de fumier très décomposé dans les proportions de 2 à 3 parties en volume pour 10 parties de terre. Celle-ci peut également être enrichie par un apport d'engrais composé NPK 2-1-1 à raison de 4 à 5 kg par m ou à défaut de 2 kg de phosphate diammonique. L'engrais est parfaitement mélangé à la terre. Les débris de racines, les pierres et mottes compactes d'argile sont éliminés. Un m3 de terre préparée permet de remplir environ 500 sacs. Après remplissage et léger compactage du substrat, les sacs sont déposés sur les plates-bandes à raison de 10 sacs dans la largeur soit environ 90 sacs par mètre courant. On veillera à compléter le remplissage des sacs jusqu'à un cm du bord. Cette précaution est indispensable à l'obtention de mottes suffisamment hautes pour permettre le développement normal de l'appareil radiculaire.


Fig. 5.3: Modèles de sacs en polyéthylène recommandés pour les pépinières de caféiers

Le repiquage

Les deux stades de développement couramment admis pour le repiquage sont le stade «cavalier» et le stade «feuilles cotylédonaires déployées» (Fig. 5.4). Par temps sec, les plantules «cavalier» dont les cotylédons sont toujours inclus dans la parche présentent l'avantage d'une transpiration réduite.

En pratique, toutes les plantules n'arrivent pas, en même temps, au même stade de développement. Comme l'enlèvement des plantules ne peut se faire, vu la densité du semis, qu'en les déterrant toutes, ligne par ligne, le moment le plus opportun pour cette opération est celui où le stade «cavalier» est encore prédominant. Le repiquage est donc effectué dès que plus de 10% des plantules du germoir ont déployé leurs feuilles cotylédonaires soit 2 à 3 mois maximum après le semis. Lors d'une extraction trop tardive, les plantules présentent des racines pivotantes trop développées pour être repiquées dans de bonnes conditions.

La veille du repiquage, on procède à l'arrosage du germoir. Il faut aussi s'assurer que les sachets destinés à recevoir les plantules soient bien remplis avant d'effectuer le repiquage.


Fig. 5.4: Plantules en germoir arrivées aux stades «cavalier» et feuilles cotylédonaires - Cl. J. Flémal

L'approvisionnement de la pépinière en plantules est effectué au fur et à mesure des besoins.

Le prélèvement s'opère en utilisant un déplantoir (morceau de bois). Celui-ci est enfoncé sur une bonne dizaine de cm dans le substrat et à 4-5 cm des jeunes plantes puis incliné et relevé lentement en soulevant et en extrayant les racines, sans les blesser. Les plantules sont alors déposées sur un van (panier) et protégées de la dessiccation par quelques morceaux de feuilles de bananier.

Le repiquage des plantules demande de la dextérité et beaucoup de soins de la part du travailleur. Un repiquage mal fait (pivot recourbé ou extrémité tire-bouchonnée) se répercute sur l'état végétatif futur du caféier, les malformations empêchant le développement normal de l'appareil radiculaire. Le travail est donc confié uniquement à de la main-d'œuvre consciencieuse et bien formée.

Les plantules sont examinées une à une. Celles dont la racine pivotante est atrophiée, fourchue... sont impitoyablement écartées et détruites. Il en est de même des plantules chétives ou présentant des anomalies, des nécroses (pourriture du collet) de la tigelle.

Pour faciliter le repiquage, les pivots sont raccourcis. On sectionne les extrémités trop fines et trop souples qui se prêtent mal à une bonne mise en place des racines. L'usage du plantoir (bâton de bois effilé) est indispensable et permet d'effectuer, au centre du sac, une cavité plus profonde que les racines à y loger. On saisit une plantule d'une main et on introduit les racines profondément dans le trou en veillant à ne pas déformer l'extrémité du pivot (Fig. 5.5), puis on remonte la plantule pour amener le collet au niveau de la surface du sol. Ce mouvement a pour effet de redresser les racines. De l'autre main, on referme le trou en enfonçant le plantoir sur le bord du sac et en l'actionnant latéralement pour combler le fond du trou et éviter la formation de poches d'air.


Fig. 5.5: Repiquage des plantules en sacs de polyéthylène. Le plantoir est visible dans le coin gauche - Cl. J. Flémal

Semis directement en sacs

Pour éviter le repiquage en pépinière, le semis en sacs de polyéthylène peut être pratiqué. L'utilisation de graines à haut pouvoir germinatif est alors une condition indispensable pour retirer un maximum d'avantages de la méthode.

Il faut s'assurer que les sacs soient bien remplis avant d'effectuer le semis. Les graines sont alors semées à faible profondeur (1 cm) et une graine par sac. Il faut en outre prévoir un petit germoir permettant de disposer de plantules à repiquer dans les sacs où la germination n'a pas eu lieu.

Entretien de la pépinière

L'entretien proprement dit des caféiers se résume à l'enlèvement périodique des mauvaises herbes et aux arrosages. Ceux-ci sont pratiqués de façon modérée et interrompus durant les périodes pluvieuses. L'excès d'eau est nuisible car il provoque une baisse sensible de la température des sacs, favorise le développement des mousses et des algues et crée un milieu asphyxiant dans la partie inférieure des sacs.

La fertilisation est le plus souvent pratiquée pour accélérer la croissance de caféiers accusant du retard dans leur développement.

La fumure consiste généralement en un complément en azote et parfois en phosphore, qui s'applique sur des plants ayant formé au moins deux paires de feuilles.

La fumure azotée se fait par arrosage à la dose de 0, 5 g d'urée par plant et par passage. Sept à huit passages sont effectués à un mois d'intervalle. On dissout 30 g d'urée par arrosoir de 10 litres et on répartit son contenu sur 60 sacs.

Si le substrat n'a pas été préablement enrichi, on peut procéder à une seule application de 4 à 5 g de phosphate diammonique par sac, au cours du mois qui suit le repiquage.


Fig. 5.6: Vue générale de la pépinière peu de temps avant la mise en place définitive des plants - Cl. J. Flémal

La dégradation lente de la toiture qui ombrage les plants va progressivement habituer ceux-ci au plein éclairement. Deux mois environ avant la plantation, l'ombrage de la pépinière doit avoir pratiquement disparu. Ce n'est que dans le cas d'une dégradation trop rapide de la toiture que celle-ci fait l'objet de nouveaux apports de matière végétale (Fig. 5.6).

Soins phytosanitaires

Une surveillance constante du germoir et de la pépinière s'impose.

Les principaux symptômes de maladies et de dégâts en pépinière sont décrits dans le chapitre 18 traitant des ravageurs (voir p. 146 et 151).

La fonte des semis n'est signalée au Burundi que dans les cas de germoirs mal drainés, très humides.

La présence de larves ou d'insectes prédateurs des jeunes plantules se rencontre rarement.

Occasionnellement la chenille défoliante Epicampoptera andersoni peut ravager les feuilles des jeunes plantules.