La sécurite transfusionnelle dans les pays en développement - Les leçons de l'Ouganda (Commission Européenne, 1997, 162 pages)
close this bookLa sécurite transfusionnelle dans les pays en développement - Les leçons de l'Ouganda (Commission Européenne, 1997, 162 pages)
close this folderQuatrième partie. Evaluation: l'opinion de Kampala
close this folderChapitre sept. Coûts et bénéfices de la sécurité transfusionnelle en Ouganda
View the documentA. Les coûts
View the documentB. les bénéfices pour la prévention du VIH.
View the documentC. Quelques autres bénéfices

Selon un récent rapport d'évaluation (1995) concernant l'UBTS environ 7.200 personnes auraient reçu du sang contaminé par le VIH en 1994 si le programme de dépistage de l'UBTS n'avait pas existé. Une certaine proportion de ces personnes aurait toutefois été contaminée avant de recevoir ce sang, vu l'ampleur du taux de contamination de la population ougandaise. Le rapport suggère donc qu'un total net de 5.400 nouveaux cas d'infection furent évités par la simple utilisation de sang ayant subi les tests de dépistage du VIH. La majeure partie de ces 5.400 cas auraient été des enfants, les adultes ne représentant que 2.160 cas.

Que représente véritablement ce chiffre de 5.400 infections évitées dans le contexte plus large de l'effort total fourni pour la lutte contre le sida en Ouganda? Ici aussi, le rapport d'évaluation de l'UBTS de 1995 établit quelques comparaisons intéressantes. Si l'on s'en tient aux chiffres établis par les responsables d'un projet de recherche basé dans le district ougandais de Masaka, et si on les transpose à l'ensemble du territoire ougandais, le rapport calcule qu'au cours des années 90, la diminution du nombre de cas de transmission du VIH s'élèverait à 21.000 par an au sein de la population sexuellement active, ou adulte. Parmi eux, comme nous l'avons vu plus haut, 2.160 cas - environ 10 pour cent - auront été évités grâce au programme de sécurité transfusionnelle.

Il n'est donc pas excessif d'affirmer que l'UBTS a contribué de manière substantielle à limiter la propagation du VIH au sein de la population adulte d'Ouganda, sans tenir compte là du nombre d'enfants qui ont évité une contamination par le sang. En d'autres termes, le nombre total d'infections par le VIH évitées chaque année par l'utilisation de sang non-contaminé, 5.400 si l'on inclut enfants et adultes, peut se comparer favorablement aux 18.800 cas d'infection (21.000 moins 2.160) évités par d'autres moyens, comme le changement des comportements sexuels ou la diminution naturelle de la séro-incidence.