Eurêka N° 24/25 - Publication Trimestrielle du CNRST - La société Dagara, «une société contre l'état?». (Documents du Burkina Faso, Mars - Juin 1998, 20 p.)
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Réparer une disparité flagrante

L'UNESCO et la firme de cosmétiques Helena Rubinstein ont décerné le premier prix pour "les femmes et la science". Les lauréates de cette récompense qui devrait être attribuée dorénavant tous les deux ans sont choisies sur les quatre continents.

La mise en place du prix UNESCO/Helena Rubinstein pour "les femmes et la science" part d'un constat simple mais éloquent. Dans le domaine scientifique, la notoriété d'un chercheur se mesure au nombre de fois où il est cité dans des publications par ses pairs. Or, si l'on s'en tient à ce critère, seuls 0,17 % des noms cités sont féminins parmi les 54 200 articles scientifiques parus les 18 derniers mois dans le monde!

L'UNESCO, qui a choisi depuis quelques années de se préoccuper du sort des femmes, a tenté en quelque sorte de réparer cet écart en pratiquant une discrimination sexuelle: ne récompenser que des femmes scientifiques. Les femmes ne représentent que 0,3 % des personnalités scientifiques dans le monde. "L'alliance entre une marque de cosmétiques et un programme de l'UNESCO sur l'égalité des sexes peut sembler un paradoxe, voire même une provocation". Mais qui pourrait regretter qu'une entreprise privée tente de donner un sens à ses aspirations plutôt que de se cantonner à une logique de profit?

La règle du jeu consiste à récompenser des femmes qui se sont distinguées par leurs travaux dans les sciences fondamentales et appliquées. Quatre prix d'une valeur de 20 000 dollars chacun seront décernés tous les deux ans par un jury international composé de treize scientifiques (Afrique du Sud, Belgique, Brésil, Chine, France, Hongrie, Inde, Russie, Suisse).

On peut regretter que, parmi les 94 candidates sélectionnées, l'Amérique du Nord ne soit pas représentée pour la simple raison que c'est un marché auquel n'a pas accès Helena Rubinstein et que les candidates russes aient été désignées par leur gouvernement sans vraiment laisser la possibilité d'une présélection.

Gloria Montenegro, la Chilienne

La première lauréate est Gloria Montenegro, Chilienne. Cette botaniste mondialement reconnue fut une première dans les années 70 en étudiant les convergences de plantes vivant dans les écosystèmes de. type méditerranéen. Elle travaille à la préservation de certaines espèces végétales sur la flore du Chili et introduit des programmes de réhabilitation dans les zones sinistrées par le feu, les animaux ou les insectes ou désertifiées comme par exemple les contreforts des Andes. Cette mère de deux enfants, d'un enthousiasme chaleureux, reconnaît qu'une femme doit être doublement motivée pour effectuer le même parcours professionnel qu'un homme. Ses travaux sont essentiels dans la connaissance de la biodiversité végétale dont il nous reste énormément à découvrir.

Grâce Oladunni L. Taylor, la Nigériane

Grâce Oladunni L. Taylor est Nigériane et mère de cinq enfants. Cette biochimiste est spécialiste du métabolisme des lipides. Ses recherches ont permis des avancées considérables dans la compréhension des mécanismes et des facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires par comparaison de l'origine ethnique et du mode de vie des personnes atteintes. Pour elle, poursuivre une carrière professionnelle pour une femme au Nigeria, c'est un vrai combat, et élever simultanément cinq enfants n'a pas toujours été de tout repos. Mais on a du mal à croire que cette femme séduisante à 64 ans.

Myeong-Hee Yu, la Coréenne

Pour le continent asiatique, c'est la république de Corée qui a été récompensée en la personne de Myeong-Hee Yu. Depuis quinze ans, ses recherches portent sur les problèmes de repliement et de stabilité d'une protéine. En fait, ses découvertes lui valent une notoriété mondiale, car elles ont permis d'établir un lien direct entre un marqueur biologique et une maladie génétique. Un mécanisme de blocage de repliement voisin pourrait être impliqué dans d'autres affections humaines telles que la mucoviscidose ou l'hypercholestérolémie familiale. Et malgré tout, son mari et ses deux enfants ont encore un peu de mal à prendre son travail au sérieux...

Pascale Cossart, la Française

Professeur à l'Institut Pasteur, la Française Pascale Cossart est mère de trois enfants. Elle s'est spécialisée en génétique bactérienne pour traquer la "listeria monocytogènes", particulièrement dangereuse chez la femme enceinte puisqu'elle est responsable d'avortements, d'accouchements prématurés mais aussi de méningites chez le nourrisson. Elle reconnaît qu'en France les femmes sont mieux loties aussi bien pour la reconnaissance professionnelle que pour les facilités de crèches et de gardes d'enfants. Elle affirme que même s'il existe une inégalité flagrante entre hommes et femmes scientifiques, il serait absurde d'instaurer des quotas comme cela se pratique aux États-Unis, car ceux-ci induisent aussi parfois des discriminations. Une position qui a semblé recueillir l'assentiment de tout le monde.