A l'écoute de la personne découragée - Lexique du psychothérapeute (Centre pour la Promotion de la Santé - Congo, 1986, 101 p.)
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tabou: interdit* sévère inscrit dans la culture et intériorisé par la personne. La culpabilité* de transgresser le tabou est si forte que la personne imagine* une punition automatique; exemple: tabou de l'inceste* (voir Oedipe*), tabou de la séparation* (voir système*). La force d'un tabou provient de ce qu'une menace imaginaire* ou réelle* a été perçue dans l'enfance, et est (ou est devenue) inconsciente*. En psychothérapie*, l'évolution se fera vers la prise* de conscience* d'une loi* symbolique* acceptable.

tendance: force* poussant à certaines pensées ou certains actes*; l'origine de ce comportement* est pulsionnelle*. Exemple: tendance phobique*, dépressive, délirante*, etc.

tendresse: composante de la sexualité* qui s'allie normalement à la sensualité (c'est-à-dire la recherche de plaisir* érotique*) pour atteindre le stade* de l'amour génital*. Elle provient du premier mode de relation* amoureuse de l'enfant à sa mère. En cas de conflits* psychiques*, elle restera une tendance* séparée de la sensualité.

tension psychique: état de tensions dans l'appareil* psychique*, accompagné d'anxiété* ou d'angoisse*, et qui est la traduction actuelle d'un conflit* psychique*. C'est une plainte générale et fréquente, qui exprime le vécu d'un patient, mais qui ne permet pas d'estimer de quelle nature peut être le conflit*; même l'intensité du conflit* n'est pas toujours reflétée par la tension psychique*, par exemple lorsque le patient amplifie et dramatise inconsciemment* ce qu'il ressent.

tentative de suicide*: acte* où la personne se met en danger pour faire appel à autrui. Elles sont fréquentes mais pas sans risques, et on les observe dans les moments dépressifs* de personnes hystériques* et anaclitiques*.

terminé: voir fini*. S'oppose à interminable, infini*.

théorie sexuelle infantile: compréhension par l'enfant des questions sur l'origine*, la naissance, la séparation*, la différence des sexes*, les relations* sexuelles*. etc. Avec sa méconnaissance des réalités*, l'enfant se construit une théorie imaginaire* basée sur les différents stades* de la libido*. Exemples: la naissance des enfants est imaginée* comme une évacuation anale*; la fécondation se ferait en mangeant une "graine"; l'urine est un moyen d'agresser* (comme aussi les selles) ou de se masturber (dans l'énurésie nocturne, par exemple); le pénis serait une arme aussi dangereuse qu'une source de feu, etc.

thérapeute - thérapeutique: qui exerce ou concerne un traitement. En psychothérapie*, "thérapeute" est utilisé comme équivalent à psychothérapeute*. Voir aussi formation* du thérapeute.

thérapie: équivalent de psychothérapie*. Exemples: thérapie de déconditionnement*, thérapie familiale. Voir système*.

tic: mouvement involontaire et répétitif* d'une partie du corps, ayant valeur de symptôme* et de décharge de tensions* psychiques*. Exemples: clignement des yeux, grimace, mouvement de la tête, bruit avec la bouche ou la langue, passage de la main dans les cheveux, tapotement rythmé des doigts ou des pieds; etc.

topique: théorie des différents systèmes* et instances* de l'appareil* psychique*, représentés* de façon figurée comme des lieux psychiques*. Les représentations* topiques n'ont rien à voir avec l'anatomie du système nerveux. On distingue:

- la première topique (1900): inconscient*, pré-conscient*, conscient* et les censures*. Exemple: ce qui est inconscient*, refoulé par exemple, est comme un lieu séparé de ce qui peut devenir ou est conscient*.

- la seconde topique (1920): ça*, moi*, surmoi* et les relations* dynamiques* entre instances*. Exemple: la conscience* serait comme un défilé étroit, qui ne laisse passer qu'un souvenir à la fois, du ça* vers le moi*, si le surmoi* l'autorise.

toute-puissance: fantasme* infantile ou la personne ne connaîtrait aucune limite à son pouvoir; les débuts de la vie psychique* en sont imprégnés. Cette toute-puissance fait partie de l'image* narcissique* que le jeune enfant se construit (stade* du miroir), à la fois pour s'unifier (limite à l'angoisse* de morcellement*) et pour se rassurer (vu sa fragilité). Normalement, cette toute-puissance est limitée par la position* dépressive* (séparation* d'avec la mère) et l'Oedipe* (rencontre avec le père); elle persiste par exemple dans les rêves*, les délires*.

toxicomanie: usage habituel et excessif de substances médicamenteuses (tranquillisants, analgésique...) ou toxiques (alcool, drogue...), chez des personnalités* situées entre névrose* et psychose*. On y retrouve des fixations* orales* (boire, avaler), anales* (perte* d'objet*, dépression*, masochisme*) et même phalliques* (injections sur soi-même). Les conflits* profonds sont ceux de l'adolescence (séparation*. identité*, castration*), mais sans accès structurant* à l'Oedipe*, et dérivant vers la perversion*.

transe: état d'excitation aboutissant à une décharge psychique* et motrice* complète, et amenant fréquemment le retour* du refoulé* sous forme de délires*, hallucinations*, projections* (voir chamanisme*). Sous l'effet de la suggestion* et de l'hypnose*, les affects* pathogènes* se déchargent et les événements traumatiques* peuvent même être joués* intensément. Mais cette répétition* en actes* (voir transfert*) n'apporte d'effets durables que si le conflit* profond a pu être exprimé en paroles*, analysé* puis élaboré* différemment. Voir PIP*, psychodrame*.

transfert: mécanisme* par lequel les désirs* inconscients* se rendent actuels, par exemple dans le cadre* d'une relation* psychothérapeutique*. Il s'agit de répétition* de modèles infantiles, et c'est à ce niveau que le traitement psychothérapeutique* doit jouer par son analyse*, son interprétation*, entraînant sa disparition une fois que le conflit* a trouvé une meilleure solution. Il s'agit d'un déplacement* des conflits* dans la cure* vers la personne du thérapeute* comme support*. Par exemple, le thérapeute* est vécu symboliquement* comme un parent, aimé et haï à la fois; cette "névrose* de transfert" permet la remémoration* de conflits* infantiles* restés inconscients* et hors du temps. Le risque de toute PIP* est que le transfert reste une simple répétition* au service de la résistance*; il faut donc veiller à ce que le patient reste en même temps capable de voir plus consciemment* la situation "de l'extérieur", pour qu'il continue l'élaboration* par des paroles*.

traumatisme psychique: événement de la vie de la personne qui par son intensité la rend incapable d'y. répondre adéquatement. Des effets pathogènes durables viennent de ce que les capacités d'élaboration* de l'événement sont dépassés. Le signal* d'angoisse* se déclenche alors, que le danger soit externe (menace physique) ou interne (menace pulsionnelle*), ou la sommation des deux. L'effroi paralysant survient quand fantasme* et réalité* se rejoignent; le refoulement* empêche l'élaboration*, et le "corps étranger" dans l'appareil* psychique* entraîne alors des défenses* névrotiques*. Exemple: événements sexuels* traumatisants parce que précoces ou violents, mais surtout parce que correspondant à des fantasmes*.

travail psychique: toute activité de l'appareil* psychique* qui entraîne des modifications des liens* associatifs* entre les représentations* et les affects*. On observe déjà ce travail* dans le deuil* (la personne, suite à la perte* d'un objet*, réussit à s'en détacher progressivement) et dans le rêve* (transformation de désirs* et souvenirs diurnes en un produit manifeste* censuré*). On l'observe plus directement encore pendant les psychothérapies* (association* libre, remobilisation*, élaboration*, perlaboration*). Ce travail est une fonction normale du psychisme*; s'il ne se produit pas, c'est en raison de conflits*, qui amèneront alors, par exemple:

- un deuil* pathologique (dépression*, mélancolie*);
- un cauchemar* (l'angoisse* éveille le dormeur parce que le rêve n'est pas assez déformé);
- une résistance* en psychothérapie* (qui s'oppose à la remémoration*, à la prise* de conscience*, etc.).

triangle oedipien: figuration utilisée pour évoquer les relations* inter-subjectives* des trois pôles de la famille nucléaire* (père-mère-enfant) dans le complexe* d'Oedipe*. Ce triangle servira à l'identification* de l'enfant et ces relations* deviendront alors intra-subjectives* pour lui, source éventuelle de conflit* névrotique*, mais aussi base de la structure* évoluée de la personnalité*. Ce triangle fait défaut dans la psychose* (relation* duelle ou fusionnelle: à deux et non à trois) et a été peu accessible dans les états-limites* (par exemple, dépression* par identification* insuffisante à un père). C'est cette triangulation qui était expressément visée par l'initiation dans les cultures traditionnelles, qui cherchaient à inscrire à coup sûr dans les personnalités* des adolescents un équivalent du complexe* d'Oedipe*.

trouble fonctionnel: maladie atteignant seulement le fonctionnement d'un organe, sans le léser. Exemples: gastrite psycho-somatique* sans ulcération; aménorrhée (arrêt des règles) par conversion* somatique*. Si la thérapeutique* modifie la source des tensions* qui se déchargeaient ainsi, le trouble fonctionnel peut disparaître rapidement et définitivement. Voir aussi: psychosomatique*, hystérie*, hypochondrie*, dépression* masquée*.

trouble psychique: équivalent de la maladie mentale*, avec connotation de difficultés dues à des angoisses* qui sont "plus fortes que moi*".