A l'écoute de la personne découragée - Lexique du psychothérapeute (Centre pour la Promotion de la Santé - Congo, 1986, 101 p.)
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déconditionnement: thérapeutique* visant à améliorer un comportement* psychique*, en tant que celui-ci serait le résultat d'un conditionnement, comme le développement d'un réflexe; le déconditionnement s'intéresse plus aux effets qu'aux causes, à la différence des psychothérapies* psychanalytiques*. La théorie des thérapies* comportementales* postule que celui-ci peut fonctionner de façon pathologique (exemples: phobies*, alcoolisme) sans être actuellement reliés à leurs éventuelles causes historiques; c'est une critique de la psychanalyse*, qui, pour sa part, ne voit dans le déconditionnement que des efforts de suggestion* et de résistance* à l'inconscient*.

découragement: diminution du dynamisme* de la personne, comme signe* de valeur dépressive*. La dépression* (littéralement: "diminution de la pression") utilise l'inhibition* comme défense*; il en résulte une tristesse, un ennui, une absence de goût et d'initiative, un pessimisme.

défense: ensemble des opérations psychiques* que le moi* effectue pour maintenir son intégrité et l'absence d'angoisse*; le moi* utilise pour cela des mécanismes* de défense inconscients*, au moins en partie, tel que le refoulement*. Comme devant les menaces de la réalité* extérieure, et pour prévenir l'angoisse* qui lui est douloureuse, le moi* défend son équilibre contre les représentations* des pulsions* (souvenirs, fantasmes*); la poussée pulsionnelle* est vécue comme une agression* interne, qu'on ne peut fuir, et qui est contenue par des processus* primaires. Exemple: renversement dans le contraire (une pulsion* à but actif acquiert un but passif).

délinquant: comportement antisocial (refus de l'école, vols, actes* de violence, usage de drogue, formation de bandes,...) d'adolescents en difficulté pour intégrer les lois* du groupe où ils vivent; au début ("pré-délinquance*") ces actes* délictueux* sont à considérer comme des demandes* "à l'envers" pour une aide psycho-sociale, avant que leur personnalité* défaillante ne fonctionne plus que sur les modes de l'oralité* et de l'agressivité*.

délire: désordre intellectuel avec association* d'idées* absurdes et (ou) dont le point de départ est inconscient*; ces idées apparaissent au patient comme réelles*. Cela se produit le plus souvent chez une personnalité* à structure* psychotique* en difficulté; perdant le contact avec la réalité*, elle en reconstruit une nouvelle, où les pulsions* du ça* trouvent par la projection* une satisfaction* imaginaire*. Exemples: délire de grandeur*, de persécution *, de jalousie*.

demande: en psychothérapie*, se rapporte à ce que le patient vient chercher chez le thérapeute*; elle est un des moteurs de la psychothérapie*, où elle ne recevra pas une réponse* complète, mais sera ramenée à ce qui l'a fait surgir chez le patient. La demande est comme un symptôme offert au thérapeute* (voir Balint*): ce qui y est manifeste* est l'expression censurée* d'un désir* et (ou) d'une souffrance* ayant source dans un conflit* psychique* inconscient*.

déni: mécanisme de défense*, par refus inconscient* de reconnaître une réalité* angoissante*, et entraînant une division de la personne; à ne pas confondre avec le résultat du refoulement*, et l'usage de la négation. Dans la psychose*, le déni porte sur la réalité extérieure; dans les perversions* (fétichisme, par exemple), le sujet* est clivé par le déni: une part du moi* reconnaît la castration* féminine, l'autre part du moi* la dénie. Par contre, une personnalité névrotique* va utiliser la négation quand le refoulement va être levé; cette résistance* à la prise* de conscience* prend pour le thérapeute* la valeur d'une preuve de ce qui est refoulé*. Exemple de déni: "ça n'existe absolument pas pour moi" (et je ne veux même pas y penser!). Exemple de négation: "je ne peux pas croire en votre explication" (mais je sous-entends que j'accepte d'y penser!).

déplacement: mode de fonctionnement de l'inconscient* par lequel l'intensité d'une représentation* passe à une autre représentation*, reliée* par association* à la première. Exemple: une cause d'angoisse* intérieure est déplacée dans une situation extérieure (phobie*). Il se retrouve dans le rêve* et dans les symptômes*, formés par le déplacement libre des forces* psychiques* suivant le processus* primaire; il est utilisé par la censure* dans un but de défense*. en liant* par simple rapprochement de contiguïté des représentations*, même sans ressemblance symbolique* entre elles.

dépression - dépressif: état psychique* de tristesse et d'apathie* dans lequel l'angoisse* de perte* d'objet* (par séparation*, deuil*, blessure narcissique*...) est contrôlée par l'inhibition*, les défenses* maniaques* ou la somatisation*; dans ce dernier cas on parle de dépression "masquée*". La dépression existe dans la psychogenèse* de tout enfant (exemple: deuil* de la mère lors du sevrage*), elle est réactivée en cas de perte* d'objet ou d'abandon, et les défenses* sont moins pathologiques quand la réparation* et l'introjection* de l'objet* sont stabilisées et sécurisantes, ce qui reste fragile chez les états-limites*. Voir aussi: position* dépressive.

désir: on entend par là le désir inconscient* qui fait partie du conflit* psychique* et forme le symptôme* par compromis*; ce sont les désirs inconscients* qui "alimentent" les rêves* et les fantasmes*. Le désir tend à s'accomplir en rétablissant par le processus* primaire le souvenir hallucinatoire* des expériences de satisfaction*; il donne naissance non pas à la recherche d'un objet* réel*, mais au scénario* d'accomplissement qu'est le fantasme*, et il se heurte à l'interdit* pour former le conflit* psychique*.

deuil: état quasi dépressif* après un décès: en psychothérapie*, "faire le deuil" signifie accomplir un travail* psychique* de séparation* affective* d'avec un objet*. Le deuil fait partie de la vie, depuis le début (naissance comme séparation*) jusqu'à la fin (mort comme séparation*) en passant par le sevrage*, le stade* anal, l'Oedipe*, l'adolescence, les événements de la vie adulte; si des conflits* surgissent et font obstacle à la séparation*, il en résulte un deuil pathologique (anaclitisme*), avec état dépressif* plus ou moins accentué.

didactique: "pour apprendre": se dit d'une psychothérapie* ou psychanalyse* personnelle dans la formation* d'un thérapeute*, dont elle est la partie la plus importante; la meilleure connaissance de son propre inconscient* permet de reconnaître et d'utiliser le contre-transfert*; l'inconscient* du thérapeute* doit devenir un récepteur pour l'émetteur qu'est celui du patient, et il faut en avoir fait suffisamment l'expérience, le plus complètement possible, avec quelqu'un d'expérimenté; une fois l'analyse* didactique assez avancée, la formation* se poursuit par deux analyses* de patients, entreprises sous le contrôle (ou la supervision*) d'autres thérapeutes* expérimentés.

distance: notion utilisée pour préciser certaines qualités d'une relation* interpersonnelle*: la distance entre deux personnes peut être nulle (relation* fusionnelle*), grande (très grande ou infinie* dans la séparation*), ou moyenne (ni fusionnelle* ni séparation*). En psychothérapie*, la distance dans la relation* dépendra de l'indication thérapeutique* (elle sera plus grande dans une psychanalyse* que dans une PIP*), et elle révélera également le transfert* du patient (qui réduira ou augmentera cette distance suivant le désir* manifesté*, les résistances* ou le moment de la thérapie*).

dynamique - dynamisme: en psychothérapie*, le conflit* psychique* est relié aux "forces*" d'origine pulsionnelle qui agissent de façon permanente et inconsciente*. Ce qui est refoulé* dans l'inconscient* ne le reste que parce qu'une force* permanente en sens contraire (voir refoulement*, contre-investissement*) le maintient dynamiquement.