Le Courrier ACP - No. 139 - Les facteurs du développement (Commission Européenne, 1993, 100 p.)
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View the documentPresse et démocratisation en Afrique

Sur ce thème la Commission des Communautés européennes et l'Association «Reporters sans Frontières» ont réuni à Bruxelles, du 2 au 5 mars 1993, des éditeurs et des journalistes africains et haitien, ainsi que des organisations non gouvernementales et professionnelles de la presse du Nord et du Sud. L'objectif de cette rencontre était de parvenir à un programme d'action concret et opérationnel ainsi que de s'assurer de son suivi (voir en encadré la Déclaration finale du Colloque).

Quels sont les défis auxquels la presse doit faire face dans l'Afrique en voie de démocratisation? Ils sont de trois ordres: politique, déontologique et économique.

Le défi politique

Au premier rang de ses éléments figure le durcissement de certains régimes autoritaires. En 1992, 8 journalistes ont été tués en Afrique au Sud du Sahara et 10 autres emprisonnés. La torture est une pratique courante, sans compter le harcèlement dans la vie privée des journalistes. 31 pays sur 45 sont encore dotés d'un audiovisuel d'Etat.

Pour faire face à cette situation, il s'agit de mieux faire circuler l'information nord-sud mais aussi sud-sud, y compris sur les atteintes portées aux journalistes et à leurs moyens d'expression. Les solidarités concrètes doivent être mieux organisées et l'opinion publique plus souvent mobilisée. Un des principaux problèmes est celui de l'impunité des auteurs des violations de la liberté de la presse. Des enquêtes internationales doivent être menées ainsi que la mise en place de réseaux régionaux d'autodéfense. L'information dans ce domaine doit provenir des pays du sud vers ceux du nord pour permettre des pressions internationales. La liberté de la presse reste un des meilleurs baromètres du respect des droits de l'homme.

Le rôle de l'impact des médias internationaux et internes a été rappelé dans l'origine du processus démocratique ainsi que l'apport des journalistes dans la sensibilisation des citoyens africains à la culture démocratique.

Un des participants a souligné le rôle de la presse dans des situations de crise en insistant sur la nécessité d'une circulation de l'information dans un contexte démocratique, concurrentiel et pluraliste. Prenant l'exemple des rapports entre famine et liberté de la presse, à partir des expériences du Kenya, de l'Ethiopie et de l'Inde, il a affirmé: « on a rarement vu de famine dans des pays jouissant d'une presse libre et active ». En effet les famines ne sont pas inévitables mais prévisibles et le rôle de l'information dans cette connaissance de la prévisibilité est essentiel.

Le défi déontologique

Ce défi est d'autant plus important à relever qu'une baisse de crédibilité de la presse, par exemple par insuffisance de formation des journalistes ou suite à des pratiques relevant de la corruption, entraîne des dérapages qui servent de prétexte aux pouvoirs en place.

Un cadre législatif et réglementaire est nécessaire mais pas suffisant. Les pouvoirs ne respectent souvent pas leur propre législation ni la protection des sources d'information: « nous n'avons pas seulement besoin de garanties juridiques mais de leur respect par les autorités ». Il faut aussi mieux définir la notion d'ordre public et lutter contre la censure en général et, là où elle existe, contre la subjectivité de ses critères. L'essentiel est de créer un espace de liberté tout en rappelant que le cadre législatif est très différent d'une véritable déontologie.

La formation à la déontologie doit être relancée soit au travers des écoles de journalisme, soit par une prise en charge directe par la profession.

Le défi économique

Que faire? Quelques réponses ont été apportées: ne pas faire fi des lois du marché, aider à la formation en général mais aussi en termes de gestion et de management, enfin aider à la capitalisation. La nécessité de la mise en place de systèmes nationaux d'aides aux medias a été rappelée.

Pour certains participants africains, «la presse en Afrique relève du secteur informel, c'est de l'artisanat ». Tout reste à faire en matière de fourniture de papier, d'impression, de distribution. Ces deux derniers secteurs «sont souvent trustés par des sociétés étrangères».

Faire vivre un journal en Afrique ne doit plus relever du miracle! Comment? Grâce à un contexte juridique favorable, à des journalistes formés et honnêtes et à des commerciaux capables de capter des ressources publicitaires limitées.

Le problème du difficile accès à l'information a été posé soit par le biais d'agences nationales d'information, soit de la part de l'Etat qui refuse souvent de diffuser les informations dont il est la source. L'information économique et financière n'est souvent pas transparente en Afrique, même dans les pays démocratiques. Il est parfois plus facile d'y accéder grâce aux acteurs du Nord.

Autour du thème: « Quel projet rédactionnel: journaliste ou militant ? », le problème de la crise de la presse a été posé vu d'Europe et vu d'Afrique. Face à la concurrence de l'audiovisuel la presse européenne répond par une élitisation du texte et un journalisme mode d'emploi de la réalité. Il en va de même en Afrique où les demandes d'information de la part des lecteurs portent souvent sur la santé, l'éducation et l'environnement. Ceci suppose en particulier une formation spécialisée dans des domaines précis, si on ne veut pas tout réduire à la seule presse politique.

En conclusion chacun a estimé qu'une presse indépendante ne pouvait l'être qu'à condition de l'être économiquement. De ce point de vue la situation est identique entre la presse privée et la presse d'Etat. Le secteur public doit être indépendant même si des lois sont nécessaires pour assurer la concurrence économique entre les organes d'Etat et les autres.

Quelles réponses à quels défis?

La Déclaration finale (voir encadré) analyse les réponses en matière de cycles de formation, de développement des structures professionnelles régionales, de défense de la liberté de la presse, d'accès aux sources d'information et du cadre législatif et déontologique.

Pour sa part, Manuel Marin, Membre de la Commission des Communautés européennes responsable de la Coopération et de l'Aide Humanitaire, a apporté la réponse politique communautaire.

Il a notamment déclaré: «Nous pouvons dire aujourd'hui ouvertement que la défense des droits de l'homme, de la démocratie, et donc de la liberté de l'information, sont un élément essentiel et indispensable de toute politique de développement.

... La Communauté a désormais les moyens budgétaires spécifiques pour la promotion des droits de l'homme dans les PVD. Mais encore une fois, l'apport essentiel doit venir des populations concernées. Et c'est là précisément que la presse a un rôle crucial à jouer.

... L'expérience des démocraties même les plus avancées montre que, dans une société quelconque, l'existence d'une presse libre et indépendante est un élément essentiel et irremplaçable de l'équilibre des pouvoirs.

S'il est vrai qu'il n'y a pas de développement véritable sans Etat de droit et sans démocratie, il est également certain qu'il n'y a pas de démocratie, sans liberté d'expression.

Pour cette raison, les donateurs et organisations internationales qui travaillent en faveur du développement devront à l'avenir accorder une priorité beaucoup plus grande aux moyens de communication dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique.

Au nom de la Commission, le Commissaire Manuel Marin a tiré les conclusions suivantes:

« Pour ce qui concerne la Commission, les renseignements tirés de cette rencontre nous permettront sans doute d'intervenir de façon plus cohérente et plus efficace dans la défense de la liberté d'information.

Nous devrons en effet à l'avenir rélléchir à la meilleure manière d'incorporer le critère de l'appui à la consolidation d'une presse démocratique et indépendante dans le cadre de nos programmes de coopération avec les pays en développement».

D.D.

DÉCLARATION FINALE

VENDREDI 5 MARS 1993

Préambule

La Commission des Communautés européennes, soucieuse d'aider au développement d'une presse indépendante en Afrique, a réuni à Bruxelles, du 2 au 5 mars 1993, des éditeurs et des journalistes africains et haïtien, ainsi que des organisations non gouvernementales et professionnelles de la presse du Nord et du Sud. Les participants réaffirment qu'on ne peut concevoir de processus de démocratisation et de développement sans une presse indépendante et pluraliste.

Aussi, est-il impératif que les organisations internationales prennent en considération dans l'octroi de leurs aides le respect de la liberté de la presse. La Communauté européenne a déjà appliqué ce principe en gelant son aide à certains régimes particulièrement répressifs. Ce principe doit être plus strictement appliqué. En effet, en Afrique subsaharienne, treize Etats bafouent régulièrement, et souvent violemment, le droit de leurs propres peuples à disposer d'informations honnêtes et crédibles.

Par ailleurs, les organisations internationales, et en premier lieu la Communauté européenne, doivent renforcer les médias indépendants, faisant preuve de professionnalisme, dont l'existence et le développement conditionnent les processus de démocratisation. Cette aide doit se fixer pour objectif de permettre à ces médias d'atteindre une position suffisamment stable pour remplir leur mission.

La liberté de la presse ne doit pas rester le privilège de quelques uns; elle est universelle. Aucun peuple ne saurait en être privé. Une vraie solidarité, au quotidien, s'impose.

Dispositions générales

L'aide apportée aux médias africains doit dépendre moins de leur caractère privé ou public que du respect de certains principes d'indépendance et de déontologie professionnelle, conformément à la déclaration de Windhoek.

La nature et le volume de cette aide doivent être modulés selon les spécificités nationales ou régionales. Le degré plus ou moins grand de respect de la liberté de la presse ainsi que le «potentiel économique » de chaque pays constituent des critères importants de distinction.

Les propositions formulées ci-dessous exigent que soient prévues dès à présent des structures responsables du suivi des orientations adoptées.

Programme d'action

1. Cycles de formation. La formation au management des entreprises de presse doit poursuivre plusieurs objectifs:

- la rationalisation de la gestion courante,
- l'accroissement des recettes publicitaires,
- le développement et le meilleur contrôle du réseau de distribution,
- le suivi des relations avec les bailleurs de fonds.

Les programmes de formation au management pourraient être coordonnés (accueil et suivi des projets) par la Fédération Internationale des Editeurs de Journaux (FIEJ).

Dans un premier temps, afin de servir certains de ces objectifs, la Commission des Communautés européennes pourrait, d'une part, s'engager à financer le recensement de l'information existante relative à l'audience des médias africains, et d'autre part, commander auprès d'un organisme indépendant une étude plus systématique sur l'audience de ces médias.

Quelques priorités ont été reconnues en matière de formation des journalistes:

- la formation de journalistes spécialisés (environnement, questions économiques, fonctionnement des Etats de droit...),

- la formation de jeunes journalistes peu ou pas du tout formés,

- la prise en compte de la dimension déontologique.

Ces questions pourraient être coordonées par la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ).

Les journalistes devant être formés dans le contexte où il seront appelés à travailler; il est préférable que les cycles de formation soient organisés au niveau des sous-régions (Afrique de l'Ouest, Afrique australe, etc.) en collaboration avec des organisations professionnelles régionales: Union des journalistes de l'Afrique de l'Ouest (UJAO), Media Institute of Southern Africa (MISA), etc.

Parallèlement, des échanges pourraient être organisés entre médias du Nord et du Sud ainsi qu'entre médias du Sud (sous la forme de «jumelages » tels qu'ils ont déjà été mis en place par la FIEJ et Reporters sans Frontières).

L'ensemble des actions en faveur de la formation pourrait être notamment financé par la Commission des Communautés européennes et la «Communication Assistance Fondation» (Pays-Bas).

2. Le développement des structures professionnelles régionales. Des structures de regroupement existent déjà dans plusieurs régions du continent africain: Fédération des Journalistes d'Afrique de l'Est (FEAJ), MISA, Société des Editeurs de la Presse Privée (SEPP), UJAO, etc. Elles s'emploient à améliorer la circulation de l'information, à défendre la liberté de la presse, à fournir des aides aux organisations locales dans leurs négociations avec les pouvoirs publics, etc.

Ces associations ont souvent des difficultés à assurer leur fonctionnement au quotidien. Une aide pourrait leur être apportée dans le cadre de projets dont elles seraient responsables. La présentation d'un dossier sur les atteintes à la liberté de la presse en Afrique à l'occasion de la Conférence de Vienne de juin 1993 constitue un exemple de projet susceptible d'être aidé financièrement.

Parallèlement, un groupement d'intérêt économique (GIE), réunissant différents éditeurs de la presse indépendante, pourrait être aidé s'il réalise, en toute indépendance et en toute responsabilité des études dans les domaines de l'amélioration de l'impression, de la diffusion, des techniques de PAO ou de la distribution.

La formule du GIE présente deux avantages importants: c'est une structure qui responsabilise directement ses membres et leur perment de se protéger, dans leurs démarches de regroupement, de la participation indésirable de professionnels trop proches de régimes autoritaires.

Le GIE pourrait également mettre en place des systèmes de coopération en matière d'achat de papier. Ce GIE pourrait, enfin, profiter des mécanismes de financement mis en place par la Communauté européenne et destinés à des structures à but lucratif (centre de développement industriel) ou réservés à la «coopération industrielle».

3. La défense de la liberté de la presse. Trop souvent, aujourd'hui encore, certaines informations sur les violations de la liberté d'expression en Afrique ne sont pas connues, ou trop tard, par les organisations de défense de la liberté de la presse.

Face à cette situation deux initiatives pourraient être envisagées:

- la multiplication des commissions d'enquête sur le terrain,
- la mise en place d'un système de collecte et de diffusion de ces informations.

Reporters sans Frontières pourrait être chargé de coordonner ces projets en liaison avec les autres organisations de la liberté de la presse internationales et régionales ainsi que de gérer un fonds destiné à financer une assistance judiciaire (dans le cas de procès mettant en cause un journaliste ou la liberté de la presse) et des actions de solidarité particulièrement symboliques.

L'ensemble de ces opérations pourrait faire l'objet d'un programme de financement par la Commission des Communautés européennes.

4. Les sources d'information. Le souhait de voir les médias se doter de véritables services de documentation ainsi que de correspondants susceptibles de couvrir des événements concernant au premier chef les pays d'Afrique a été plusieurs fois souligné.

S'il semble pour l'instant difficile de mobiliser les moyens nécessaires à la création de tels services de documentation dans tous les organes de presse qui en auraient besoin, deux types d'actions sont envisageables:

- le soutien à des structures spécialisées dans la production d'informations relatives au continent africain. Il a par exemple été envisagé d'appuyer le processus de transformation de l'Agence Panafricaine de Presse (PANA);

- des recommandations aux Etats membres de la Communauté et à la Commission pour qu'ils mettent à la disposition de la presse indépendante les centres de documentation dont ils disposent dans différentes capitales africaines et accroissent les moyens dont disposent des agences telles que MFI.

5. Cadre législatif et déontologie. La déontologie et les problèmes liés au cadre législatif doivent être dissociés, en particulier parce qu'ils impliquent des acteurs différents. La déontologie relève de la seule profession alors que toute action relative au cadre législatif suppose la participation des pouvoirs publics. L'action dans le domaine législatif concerne à la fois les dispositions légales et les réglementations ayant une influence sur l'environnement économique de la presse.

La priorité accordée à l'un ou l'autre de ces problèmes (déontologie ou cadre législatif) varie d'un pays à l'autre. La nature de l'action à envisager dépend directement de l'état de la liberté de la presse dans chacun des pays.

Dans les pays où la liberté de la presse est le plus gravement menacée, la priorité revient à une action politique de dénonciation des lois et réglements «liberticides ».

Dans les pays où un processus démocratique a été amorcé, il importe de mettre à la disposition de la profession des éléments lui permettant de participer efficacement à l'établissement de règles légales et de structures réglementaires favorables à la liberté de la presse.

Dans les pays où la situation est la plus satisfaisante, la priorité revient à la déontologie professionnelle.

L'action dans ces domaines pourrait être coordonnée par l'Institut Panos et Article 19. L'Unesco et la Commission des Communautés européennes pourraient en assurer conjointement le financement.

Remise du Prix de Journalisme «Lorenzo Natali»

En marge du Colloque « Presse et démocratisation en Afrique», Manuel Marin, membre de la Commission chargé du développement a décerné, pour la première fois en 1992, le Prix de journalisme Lorenzo Natali, à la mémoire de celui qui fut le Vice-Président de la Commission des Communautés européennes chargée de la coopération au développement.

Le Jury du Prix Lorenzo Natali 1992 a octroyé le Prix à la Lettre de «Reporters sans Frontières», une organisation qui se caractérise par son travail de défense des droits de l'homme et de la démocratie dans les pays en développement.

Le Jury a également décidé de décerner une Mention spéciale à M. Nicoué Broohm pour son article « La servitude volontaire et la problématique des droits de l'homme en Afrique», paru dans le premier numéro de « Droits et Libertés », revue de la Ligue Togolaise des droits de l'homme. Avec cette Mention spéciale, le Jury a voulu rendre hommage à un article et une revue représentatifs du mouvement de lutte pour les libertés qui caractérise désormais un grand nombre de pays en développement.

La remise du prix à M. Robert Menard, Directeur de Reporters sans Frontières et de la Mention spéciale à M. Broohm a eu lieu le 5 mars 1993.

A l'occasion de la remise de ce prix, M. Manuel Marin a notamment déclaré: «Je voudrais seulement indiquer que le Jury du Prix a voulu, dans sa première édition, saluer le travail accompli par une Organisation Non Gouvernementale qui remplit une fonction essentielle de suivi et de surveillance des violations des droits de l'homme à l'égard des journalistes du monde entier.

La lettre « Reporters sans Frontières », ainsi que son célèbre rapport annuel sur la liberté de la presse dans le monde, constituent une référence précieuse sur l'évolution de la lutte pour les libertés.

Mais, bien entendu, Reporters sans Frontières n'était pas le seul candidat méritant. Nous avons reçu plus de 50 candidatures au Prix, dont la plupart de grande qualité.

Le Jury a donc décidé également de décerner à l'unanimité, une Mention spéciale à Monsieur Nicoué Broohm.

M. Broohm, qui est aujourd'hui parmi nous, est Docteur en Philosophie de l'Université de la Sorbonne, actuellement Professeur à l'Université du Bénin.

M. Broohm a écrit un remarquable article dans la Revue Togolaise des droits de l'homme. J'ai retenu de ce texte une phrase particulièrement significative adressée à tous les africains:

«Nous sommes tous responsables de la politique africaine; il dépend de nous qu'elle se soumette au Droit, qu'elle s'humanise et qu'elle serve enfin sa fin authentique: des hommes libres!».

Voilà un message plein de courage et d'espoir.

M. Broohm représente toute une génération d'Africains qui croient en la démocratie et qui luttent dans des conditions parfois extrêmement difficiles.

La Commission a voulu donc souligner, par cette Mention spéciale, l'importance du mouvement en faveur de la démocratie en Afrique, car la demande de liberté provient du courage et de l'engagement des citoyens eux-mêmes, et M. Broohm en est un excellent exemple. »