| La rationalisation de la consultation curative par des stratégies diagnostic/traitement. (Medicus Mundi, 1995, 88 p.) |
Depuis 25 ans environ, des schémas de diagnostic/traitement ont été utilisés indépendamment dans des zones ou projets de santé dans des pays en développement, notamment en Afrique.
Citons, de manière non exhaustive (1), des exemples précis au Zaïre (2,3), en Tanzanie (4,5), au Niger (6), et au Lesotho (7).
Les objectifs recherchés concernaient une délégation de tâches médicales, diagnostic et traitement, à un personnel auxiliaire ou paramédical à formation limitée, dans le but d'augmenter la couverture en soins curatifs, tout en assurant ou en améliorant leur qualité (2,8).
La délégation des tâches médicales se voulait valorisante pour le personnel auxiliaire. L'exécution des tâches se voulait rationalisée et standardisée.
Actuellement, dans le cadre plus large de la gestion décentralisée des soins de santé primaires intégrés, c.à d. du concept de "district de santé opérationnel" (OMS, 1987) (9,10,11), la rationalisation et la standardisation des soins acquièrent un intérêt supplémentaire.
Bien plus qu'un moyen d'amélioration de la qualité des soins, elles deviennent un outil de gestion rationnelle des services de santé (12).
Ainsi, depuis quelques années, et dans plusieurs pays africains, un éventail d'instructions opérationnelles, allant de formulaires thérapeutiques (13) aux guides diagnostiques et thérapeutiques (14), a été mis à la disposition des travailleurs de santé, soit par le Ministère de la Santé, soit par un organisme intervenant dans le domaine de la Santé (non gouvernemental, bilatéral, international) (15,16,17).
Dans d'autres cas, des responsables de la santé se sont vus confiée, après initiation ou formation variables, la responsabilité d'élaborer ces outils et/ou de les (faire) appliquer dans leur(s) zone(s) de santé.
L'OBJECTIF DE CETTE MONOGRAPHIE EST DE DECRIRE L'OUTIL DES STRATEGIES DIAGNOSTIC/TRAITEMENT: CONCEPTION, UTILITE, ELABORATION, UTILISATION, SUPERVISION ET EVALUATION.
Les stratégies diagnostic/traitement (S D/T) constituent un outil de gestion rationnelle des soins curatifs.
Elles peuvent être appliquées dans un service de santé isolé, mais elles prennent toute leur signification si l'application est cohérente aux différents échelons d'un système de santé intégré.
Un système de santé est intégré si les compétences et les activités complémentaires de chaque niveau qui le composent, sont clairement définies, ainsi que les modalités d'articulation entre ces niveaux: référence/contre-référence des patients, supervision, soutien logistique.
Au niveau d'un pays, un tel système intégré prend l'aspect d'une "pyramide sanitaire". Le modèle, auquel est fait référence dans cette monographie, est basé sur les réflexions de l'OMS. (Figure 1.1.) (10).
A quelques variantes près, il est actuellement mis en oeuvre dans nombre de pays africains.
Les S D/T répondent à la logique du District de Santé, avec prise en charge des patients dans un système à 2 échelons. (Figure 1.2.).
* Les pathologies prises en charge au 1° échelon, ainsi que leur modalités de traitement, sont définies.* Les références/évacuations vers le 2° échelon se font selon des critères standardisés.
* Le 2° échelon remplit son véritable rôle de centre de référence: il contre-réfère les patients au 1° échelon pour y poursuivre le traitement.
Les soins sont rationalisés aux 2 échelons, par une application cohérente des approches diagnostiques et thérapeutiques consignées dans les S D/T.
Cette monographie s'adresse à chaque responsable de santé, où
qu'il se situe dans la pyramide
sanitaire.
Mais elle concerne en premier lieu ceux impliqués dans l'organisation des soins au niveau d'un District de Santé.

