Le cotonnier au Zaïre - (no. 29). (AGCD - Coopération Belge, 1991, 247 p.)
close this bookLe cotonnier au Zaïre - (no. 29). (AGCD - Coopération Belge, 1991, 247 p.)
close this folderChapitre 6 - L'amélioration du cotonnier
View the document(introduction...)
View the document6.1. Généralités
View the document6.2. Les techniques d'amélioration
View the document6.3. Les critères de sélection
View the document6.4. Les méthodes de sélection
View the document6.5. Historique des travaux d'amélioration menés sur le cotonnier au Zaïre
View the document6.6. Multiplication et diffusion des nouvelles variétés

Le cotonnier est une plante semi-autogame. Le pourcentage d'allogamie est extrêmement variable (0 à 50 %). La connaissance du taux d'allogamie est une notion très importante qui permet de choisir certaines méthodes de sélection ou au contraire d'en éliminer d'autres.

D'une manière générale, les autofécondations et les hybridations chez le cotonnier seront contrôlées.

6.2.1. L'AUTOFECONDATION DES FLEURS DE COTONNIER

La fleur du cotonnier, quoique à fécondation autogame prépondérante, est, par sa forme et la nature de ses organes, largement ouverte à l'accès du pollen étranger. En matière d'amélioration, il est donc nécessaire de contrôler la pollinisation en autofécondant artificiellement les fleurs. Les principales méthodes utilisées pour réaliser cette autofécondation sont les suivantes.

La ligature

Elle consiste à lier le sommet des jeunes boutons floraux avec un fil de quelque nature qu'il soit (cuivre, aluminium, agave, etc.) de manière à empêcher la fleur de s'ouvrir (Planche VI.2). L'opération est effectuée soit le soir du jour précédant l'anthèse, soit le jour même avant 8 heures (Planche VI.1). Pour distinguer les fleurs autofécondées de celles qui ne le sont pas, on attache au pédoncule des premières, au moment de l'intervention, une marque quelconque (fil, étiquette, etc.).

Le gommage

Une gomme liquide est placée dans une petite bouteille dont le goulot suffisamment étroit ne laisse pénétrer que le sommet de la fleur. Celui-ci est enduit d'une petite quantité du produit, ce qui a pour effet de souder les pétales entre eux par leur sommet.

Le baguage

C'est une méthode dérivée de la ligature et qui consiste à employer de petites spirales métalliques.

L'ensachage

II consiste à isoler les parties florales dans un petit sac qui peut être réalisé en diverses matières.

Ces diverses méthodes d'autofécondation sont appliquées lorsqu'il s'agit de lignées pedigree, c'est-à-dire lorsque le nombre de plantes à contrôler est assez restreint.

Lorsqu'on désire isoler des parcelles de multiplication de façon à permettre à tous leurs plants de se croiser librement entre eux tout en évitant l'immixtion de pollen étranger on pratique un certain éloignement des parcelles. La distance capable d'assurer cet isolement est variable suivant les circonstances: elle dépend de l'abondance des insectes et de la nature de la végétation subsistant entre les parcelles. Quelle que soit l'importance du couvert végétal, on estime qu'au-delà d'une distance de 400 m entre deux parcelles de cotonniers, les risques de fécondation croisée sont quasi nuls.

6.2.2. L'HYBRIDATION DES FLEURS DE COTONNIER

La pratique des croisements entre lignées en vue de l'amélioration des qualités du cotonnier, oblige le génétiste à effectuer des hybridations dirigées. Il s'agit d'empêcher l'autofécondation et d'assurer la pollinisation avec les éléments sexuels mâles d'un cotonnier déterminé tout en évitant le dépôt sur le stigmate de tout autre pollen que celui qui a été choisi.

La castration

On détache tout l'androcée d'une seule pièce en dénudant la partie supérieure de l'ovaire et le style sur toute sa longueur. Aucun instrument n'est nécessaire pour cela. Il suffit de fendre avec l'ongle du pouce la base de la corolle un peu en dessous des sépales, puis de détacher les pétales adjacents par un effort des doigts, entraînant en même temps toute la colonne staminale. La séparation des tissus se fait au point faible de la soudure corolle - androcée, à l'endroit où normalement se forme la couche de cellules séparatrices entamant la chute de la fleur fanée. Grâce à ce procédé, on ne risque pas d'écraser les anthères et on laisse le pistil absolument dénudé et susceptible de recevoir du pollen sur toute sa surface. Après l'émasculation, l'isolement du gynécée est obtenu soit à l'aide d'un petit sachet, soit en glissant un morceau de paille de céréale sur le pistil, paille obturée par un tampon de fibre de coton.

La pollinisation

La fleur mâle utilisée pour la production de pollen sera ligaturée pour la protéger contre le pollen des autres fleurs. Dans la matinée du jour qui suit la castration, la fleur est prête pour la pollinisation. La fleur destinée à fournir le pollen est toilettée et frottée contre le pistil de la fleur femelle. Le pollen peut également être apporté sur le stigmate au moyen d'un pinceau (Planche VI.3). On observe aisément à l'œil nu l'amas de pollen sur les stigmates. Le sachet ou la paille est replacé sur la fleur et y est maintenu 2 à 3 jours, c'est-à-dire jusqu'au moment où le style se détache du sommet de la capsule.